‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 67 sur 84 · HE.\]U IV · texte numérisé non relu

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d' Aragon. Henri nr, qui s'était réservé le droit de choisir Tépoux de sa sceor, ne fut pas consolté, et pendant qnll était en Andalousie , Ferdinand , prévenu par ses partisans, arriva secrètement à Valladoiid, où le mariage fat célébré en présence de Tarchevéque de Tolède (lii09}. Le roi, irrité en apprenant cette nouvelle, légitima Jeanne, la proclama son héritière, et voulut conclure son mariage avec le duc de Guienne , qui la demandait , n^ayant pu obtenir Isabelle. Mais ce prince, sur les soupçons qoMl avait de son illégitimité, refusa de l^épouser.

An milieu de ces conflits, le tumulte et les troubles étaient plus fréquents que jamais dans toutes les parties de TEspagne. Les grands mettaient des armées nombreuses en campagne pour leurs querelles particulières ; ils assiégeaient et prenaient des villes. En plusieurs endroits , le peuple massacrait les Juifs et les nouveaux chrétiens. A Jaên , dans une sédition pareille , le connétable Michel Luc fut tué d'un coup d'arbalète, pen^ dant qu'il entendait la messe^Le duc de Médina Sidonia •et le marquis de Cadix s'étalent fait la guerre en Andalousie pendant plusieurs années, comme des princes soaverains; à la fin, le premier, pour s'autoriser en quelque façon, se déclara pour le prince Ferdinand et pour l'infante Isabelle, qu'on nommait alors le roi et la reine de Sicile.

Cependant un grand nombre de seigneurs travaillaient à réconcilier le roi avec sa sœur et son beau-frère. Henri parut se rendre à leurs raisons , et consentit à une entrevue avec Isabelle. Elle eut lieu à Ségovie ; le roi traita la princesse avec beaucoup d'égards; Ferdinand, averti de ce qui se passait, arriva bientôt à Ségovie, et reçut da roi l'accueil le plus gracieux. Pour célébrer la réconciliation, Henri alla publiquement à l'église cathédrale avec le roi et la reine de Sicile, le jour de TEpiphanie ; ils dînèrent ensuite ensemble. A la suite de ce

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repas, il fat attaqué d'-mt violent mal de côté et docteurs d^CBtraittes, qoi firent supposer à beaucoup de per-^ aoBBes qu^il avait été empoisonné. Il languit encore quelques mois, et mourut le 12 décombre WA.

Telle fut la fin d'Henri iv, roi de GastlUe, après airotr occupé le trône pendant nombre d'années, sans avoir jamais gouverné. Cependant ce prince ne manquait pas de bonnes qualités. Il n>ût pas déshonoré le trône, si la mauvaise éducation et la flatterie n'eussent oorrompu son naturel , et ne Tenssent précipité dans les vices les plus bonteox. « Sa vie, dit Ferreras, est on grand miroir où les souverains peuvent apprendre ce qu'ils doivent éviter pour régner benreosemenL »

Qoelqaes faits honorables signalèrent le règne de ce prince; il enleva aux Maures Gibraltar, que les duré* tiens avaient perda sous le r^gne d'Alphonse xi. A la vérité , il fat redevable du recouvrement de cette place importante, bien moins à son habileté qu'aux divisons de ses ennemis et à la trahison d*ao mahométati con* verti à la foi chrétienne. Ses prétentions sur le comté de Barcelone ne furent pas couronnés du même succès*

Les Catalans, opprimés par Jean ii, roi d'Aragon, avaient pris les armes pour se faire jostice; ils avaient révoqué , par un acte solennel , leur serment d'obéissance à ce prince, le déclarant, lui et leurs descendants, indignes de monter sur le trône; ils tentèrent ensuite d'établir en Catalogne une forme de gouvernement républicain. Dans cette fermentation, un parti se forma poor reconnaître le roi de Castiile. Henri se hâta de prendre le titre de roi de Barcelone; mais il ne sut pas mettre cette rébellion à profit. Son favori, Pacheco, marquis de Villena, qui ne voulait pas la guerre, négocia avec Louis xi, relativement à ce projet, et le résultat de ses intrigues fut de le faire avorter coraplètcment. Les deux rois, Louis xi et Henri , ayant eu

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une entrevae à Mauléon, retournèrent chacnn dans leurs états, i4eins àe mépris Tun pour Tautre. Henri trouva que Louis était mesquin et ignoble, et Louis, que Henri était fastueux et sot. Villena fut puni de sa perfidie par l*exi], et c^est alors qu'il se joignit à la ligue qui procéda un peu plus tard à la déposition du monarque dans la plaine d^Avila. Il joua même un des principaux rôles dans cette ignoble mascarade, ce qui ne Tempêcha pas de rentrer plus tard en grâce, et de conserver les faveurs de son maître jusqu'à sa mort.

Nous allons arriver à Tépoque où la nation espagnole va s'élever au plus baut point de puissance et de gloire. Tous ces petits royaumes , qui divisaient depuis si longtemps la Péninsule, ont déjà disparu en partie, et il ne reste que deux grandes monarchies, la Castille et l'Aragon; c'est de l'union de ces deux royaumes que va sortir la nationalité espagnole.

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