FERDINAND
qui voulaient le faire déposer dans un concile. Ferdinand parvint sans peine à retirer l'empereur de son alliance avec la France ; il fit ensuite passer des troupes en Italie , et dans le même temps il persuada au roi d'Angleteire, son* gendre, de porter la guerre en France pour faire une diversion. La nouvelle ligue, formée entre lé pape , rempereur , le roi d'Aragon et les Yéniliens fut publiée solennellement à Rome , le U octobre 1511. La guerre se fit avec ardeur entre les Français et les confédérés ; nous n'entrerons dans ces interminables affaires d'Italie , qui sont étrangères à l'histoire d'Espagne proprement dite , qu'autant qu'elles / auront un rapport direct et intéressant.
Cette guerre amena un résultat mémorable , qui n'est pas très-glorieux pour Ferdinand. Désirant porter les hostilités en France, il demanda à Jean d'Albret, roi de Navarre , la permission pour ses troupes de traverser ce pays. Le Navarrais refusa , dans la crainte de se comprobettre avec la France. Aussitôt, Ferdinand réunit ses forces à Victoria , envahit la Navarre et en peu de temps acquit la possession de tout le royaume, réduisant la famille royale à se réfugier en France. Cette nouvelle conquête fut annexée au royaume d'Aragon , et Ferdinand la défendit avec succès contre l'invasion des Français (1512).
En 1513 , Ferdinand et Louis xii^firent une trêve pour un an ; dès-lors le roi d'Aragon parut peu s'occuper des affaires d'Italie , et il paraissait même disposé à convertir sa trêve avec la France en paix durable. Ses dispositions modérées avaient deux causes: des troubles sérieux en Aragon , puis l'affaiblissement de ses forces qui semblait lui présager sa fin prochaine. Il mourut le 23 janvier 1516, dans la soixante-quatrième année de son âge , après avoir régné quarante - deux ans en Castille et trente-sept en Aragon.
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Ferdinand eat tontes les qualités qui font les grands rois , excepté la pins essentielle , qui est la bonne foi. Jamais prince ne fnt moins esclave de sa parole. Il comptait pour rien ses engagements, lorsqn^il trouvait son avantage à les violer. Loin de rougir de sa mao* vafse foi , il s^en vantait On a souvent cité cette réponse qu'il fit en apprenant que Louis xn avait refusé d'entrer dans une négociation qu'il lui proposait, aDégnant pour raison qu'il avait été trompé deux fois , et qull ne voulait pas l'être une troi^ème : « Deux fois , s'écria Ferdinand, en jurant; il en a bien menti, Hvrogne, je l'ai trompé plus de dix fois. »
L'inquisition fnt établie en Espagne , sous le règne de Ferdinand et d'Isabelle.
A la mort de Ferdinand, voici l'état des provinces et royaumes que son successeur était appelé à pos* séder.
Du cbef disabelle : la Vieille et la Nouvelle Castille , les Asturies, Léon, Galice, l'Estramadure , l'Andalousie , Murcie et la Biscaye.
Du cbef de Ferdinand : L'Aragon , la Catalogne , Valence et MaTorque , la Sardaigne et la Sicile.
Acquisition de Ferdinand et d'Isabelle : le Houssillon, Grenade , Naples , la Navarre , et les contrées découvertes en Amérique.
A l'exception de Ja Sardaigne , de la Sicile et de Naples , toutes les autres possessions appartenant à la Péninsule formèrent le royaume d'Espagne , dont Ferdinand peut être considéré comme le premier roi, quoiqu'il n'en ait pas porté le titre.
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