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CHAPITRE XII

Philippe IV. — Le comte duc d'OHvarez. — Guerre contre la Hollande. — Lutte de la maison d'Autriche contre la France et les princes protestants d'Allemagne. — Le Portugal recouvre son indépendance. — Don Luis de Haro. — Revers de l'Espagne. — Bataille de Bocroi, de Lens. — Révolte comprimée des Napolitains. — Paix de Westphalie. — Olivier Cromwell s'allie à la France contre l'Espagne. — Traité des Pyrénées. —Mort de Philippe IV — Charles 11. -Traité de Nimègue.— La Flandre française et la Franche-Comté cédées à la France. — Funeste caractère de Charles II. — Paix de Ryswick. — Les maisons de France et d'Autriche convoitent l'héritage de Charles II. — Les cinq prétendants. — Intrigues à la cour de Madrid. — Testament de Charles II.

Trois ministres, à celte époque, gouvernaient, sous le nom de leur faible maître, trois des plus grandes monarchies de l'Europe : Olivarez en Espagne; George Villiers, duc de Buckingham, en Angleterre; et Armand du Plessis- Kichelieu en France. Ce dernier, le plus capable, fut le seul qui fil tourner au profil de la couronne son ambition personnelle.

Gaspard de Guzman, comte- duc d' Olivarez, gentilhomme d'une illustre naissance, d'une réputation justement méritée par ses succès à 1* université de Salamanque, seigneur au\ manières

HISTOIKK D'ESPAGNE. m

élégantes et aux mœurs faciles, n'eut pas de peine à prendre de l'ascendant sur Philippe IV. Ce roi, âgé seulement de seize ans, au caractère doux et faible qu'il tenait de son père, joignait déjà un penchant marqué pour des plaisirs condamnés par la sévère morale de son prédécesseur. Olivarez, pour mieux complaire à son jeune maître, peut-être aussi par vanité personnelle, lui fit décerner le surnom de Grand, et voulut justifier ce titre en cherchant à ramener les provinces hollandaises sous l'obéissance de l'Espagne, et à établir l'influence de la maison d'Autriche sur toute l'Europe; politique facile à inculquer à Philippe IV, qui, comme tous les princes de sa famille, avait une ambition sans bornes. Mais Taccomplissement de si vastes projets fut entravé par le célèbre ministre de Louis XIII, Richelieu, qui , de son côté , rêvait la grandeur de la maison de France et sa prépondérance en Europe.

A son début, le ministre ne fut pas aussi heu reux qu'il l'espérait. Il fut contraint de céder aux instances menaçantes de la France, liguée avec le pape, la république de Venise et la Savoie, et de renoncer à la possession de la Valteline. On comprend aussi la facilité avec laquelle le

comte-duc d'Olivarez s'était prêté à cet accommodement, par l'importance qu'il devait y attacher, au moment où expirait la trêve de douze ans conclue en 1609 avec la république batave ; peut-être enfin allait -il s'offrir à lui une occasion d'illustrer son ministère , s'il triomphait de ces Provinces • Unies qui s'étaient jouées des efforts de Philippe ÏI et de Philippe II ï.

Le marquis de Spinola, commandant général des forces espagnoles dans les Flandres, ouvrit glorieusement la campagne par la prise de Leyde ; mais il échoua devant Berg-op-Zoom, dont le prince Maurice de Nassau, son rival de gloire, le contraignit de lever le siège. Spinola prit sa revanche en s'emparant de Bréda en 1625, après avoir surmonté mille difficultés et fait échouer une tentative sur Anvers du prince Maurice de Nassau, qui mourut cette même année. Ce succès servit à comprimer une insurrection qui se préparait dans les provinces belges. Ces États, depuis la mort de l'archiduc Albert , ne voulaient pas reconnaître l'autorité de sa veuve, l'infante Isabelle- Claire-Eugénie , dont il n'avait pas eu d'enfant ; et cette princesse fut maintenue gouvernante des Pays-Bas pour le roi d'Espagne, son neveu.

La paix qui unissait les cours , ou plutôt les trois ministres d'Espagne, d'Angleterre et de France, ne devait pas durer longtemps. Richelieu , devenu nouvellement cardinal et principal conseiller de Louis XIII, était trop fin politique pour dévoiler avant le moment opportun ses projets hostiles au gouvernement espagnol. Tout occupé des troubles de religion suscités dans l'ouest de la France par les princes de Rohan , il crut prudent de conserver sa neutralité , tandis que secrètement il était l'âme des intrigues qui se tramaient contre Philippe IV. Buckingham fut son instrument sans le savoir. Ce ministre, si inconséquent dans sa vie privée comme dans sa vie publique, avait d'abord pensé qu'il était avantageux de resserrer l'alliance de l'Angleterre avec la Péninsule en mariant le prince de Galles , depuis Charles Ier, à l'infante Marie-Anne , sœur de Philippe. Il s'était chargé lui-même de celte négociation. En 1623, il avait accompagné le prince Charles à Madrid ; mais il était trop léger et trop occupé de ses succès individuels pour bien conduire une affaire délicate. Olivarez, homme du monde autant que Buckingham, se crut outragé par lui , et peu de temps après , Buckingham

ramenait son jeune prince en Angleterre, avec un vif ressentiment contre le ministre espagnol, qui n'avait pas de meilleures intentions à son égard. Dès lors le favori de Jacques V* ne cessa d'animer ce prince contre la cour de Madrid, en rejetant sur elle la rupture de l'alliance proposée , et finit par triompher de l'humeur pacifique de Jacques, qui déclara la guerre à l'Espagne.

Richelieu avait songé à profiter du mécontentement de l'Anglais, en lui faisant proposer le mariage de Henriette, sœur de Louis XTII, avec le prince de Galles. Jacques Ier était mort sur ces entrefaites, et Buckingham, exemple rare pour un favori , sut conserver sur le (ils le même empire qu'il exerçait sur le père. Le mariage du nouveau roi de la Grande-Bretagne fut célébré le 11 mai 1625. En ce moment, Richelieu avait intérêt à le ménager; néanmoins il ne voulut pas entrer ouvertement dans la guerre de l'Angleterre contre l'Espagne, et se contenta de faire des voeux. Cette conduite double à l'égard de la Péninsule était d'autant moins explicable qu'Olivarez agissait avec une généreuse droiture; il assurait au cardinal des secours pour l'aider à comprimer l'insurrection protestante de l'Ouest, et lors du

blocus de la Rochelle , il envoya quarante voiles à Richelieu. Les Anglais ne réussirent pas dans l'attaque qu'ils avaient essayée sur Cadix , et mirent ensuite peu d'activité à continuer h s hostilités D'autre part, la cour de Madrid, après une nouvelle tentative sur la Valteline , avait consenti à signer, en 1626, à Monçon, en Aragon, un traité qui lui assurait momentanément la paix du côté de l'Italie, et lui permettait de tourner toutes ses forces contre la Hollande. Celte puissance semblait être le cancer de la monarchie espagnole. Ce ne fut pas d'abord dans les Pays-Bas mêmes que la guerre recommença avec le plus de vigueur ; la Hollande, devenue redoutable sur mer, choisit cet élément pour continuer sa lutte avec son ancienne suzeraine. Les Espagnols prirent leur revanche en déjouant une entreprise du stathouder sur Dunkerque. En Allemagne et en Italie, les armées de Philippe TV, alliées à celles de l'Empereur, remportaient des avantages signalés sur la ligue protestante, et entraient triomphantes dans Mantoue.

Ces succès ne devaient pas durer. Le cardinal de Richelieu , une fois maître de la Rochelle , qui lui avait ouvert ses portes le 28 octobre 1628, ne se voyant plus d'ennemis dans l'intérieur de

la France, se déclara ouvertement contre ceux que sa politique considérait comme tels à l'extérieur. La France se fit la protectrice de Charles de Gonzague , duc de Nevers, héritier du dernier duc de Mantoue. Ce prince avait à défendre ses droits sur cette principauté contre le roi d'Espagne, l'empereur et le duc de Savoie, qui voulaient se la partager. Philippe IV chargea Spinola d'aller soutenir ses prétentions ; ce général prit aussitôt l'offensive et assiégea Casai, capitale du Monlferrat. A cette nouvelle , le cardinal de Richelieu, pour mieux assurer son crédit auprès de Louis XIII , et l'arracher à l'influence de sa mère , le décida à venir lui même au secours du duc de Mantoue. Le 6 mars 1629, le roi de France, ayant sous lui les maréchaux de Créqui et de Bassompierre , força les trois barricades du Pasde-Suze, et contraignit les Espagnols à lever le siège de cette ville , et le duc de Savoie à demander la paix. Mais à peine Louis XIII est-il de retour en France, que Spinola fond sur la ville de Casai , la reprend et échoue devant la citadelle où s'était retiré le maréchal de Saint-Bonnet de Toiras; il en serait devenu maître, si la mort ne l'avait surpris le 25 septembre 1630.

Les saccès des Impériaux chez les Grisons, et la nouvelle levée de boucliers du duc de Savoie, obligèrent le roi de France à repasser les Alpes; alors le duc implora de nouveau la paix par l'intermédiaire de Jules Mazarin (depuis le fameux cardinal \ alors à son service. Louis XIII, pour réponse , ordonna à ses troupes d'occuper la Savoie, déjà dévastée par les propres alliés de Charles - Emmanuel , ce qui accabla ce prince de chagrin et le conduisit au tombeau. Cependant, comme les Impériaux venaient de s'emparer de la ville de Mantoue et de la piller, Mazarin en profita pour ménager une suspension d'armes entre les Français et les Espagnols ; puis , le 13 octobre, Louis XIII et l'empereur conclurent à Ralisbonne un traité par lequel le duc de Mantoue fut définitivement maintenu dans son duché.

Néanmoins Richelieu , dont la politique n'était pas satisfaite, détruisait par des moyens cachés ses négociations apparentes. Le 23 janvier 1631 , il conclut un traité avec le célèbre Gustave- Adolphe , roi de Suède , par lequel la France s'engageait à payer à ce prince 1,250,000 livres, somme énorme pour cette époque, et celui-ci s'obligeait à porter la guerre au sein de l'Aile-

magne. Le valeureux roi Scandinave s'était fait le chef de la ligue protestante du Nord. Seul, il pouvait lutter contre Walstein, Tilly et Pappenheim, ces champions les plus fermes de la maison d'Autriche et du catholicisme en Allemagne. Gustave-Adolphe justifia la contiance du ministre français par une suite de triomphes dont le terme glorieux fut la bataille de Lutzen , livrée le 16 novembre 1632, et gagnée, on peut le dire, par l'ombre du conquérant suédois; car il fut tué au commencement de l'action, à l'âge de trente -huit ans. La mort du grand Gustave , en relevant les espérances de la maison d'Autriche, ne rompit pas la ligue des puissances contre elle. Une nouvelle alliance se reforma entre la Suède, l'Angleterre, la Hollande et les princes protestants d'Allemagne. Richelieu, occupé alors à combattre ses ennemis personnels, continua d'en faire partie, de façon à ne pas rompre avec la maison d'Autriche.

Dans cette vue, le cardinal, sous prétexte d'envoyer au nom du roi de France complimenter la reine de Suède sur la mort de Gustave - Adolphe , chargea , le 23 décembre de cette année, Jacques du Hamel, ambassadeur extraordinaire à Stock-

holm, de s'entendre avec le chancelier suédois Oxenstiern , et de conférer à son passage en Allemagne avec le landgrave de Hesse-Cassel , le duc de Saxe-Weimar et les autres princes protestants d'Allemagne . pour les engager à défendre leurs libertés contre l'ambition de la maison d'Autriche, qui voulait substituer le système centralisateur et absolu à l'antique constitution fédérative de l'Allemagne.

Mais les événements obligèrent le cardinal à dévoiler sa ligne de conduite. En 1633 , il confia au marquis de Feuquières la mission de conclure plus ouvertement un traité d'alliance avec la Suède et l'Allemagne protestante. L'électeur de Trêves , qui avait pris parti contre la maison d'Autriche, vit ses États envahis par les armées coalisées du roi d'Espagne et de l'empereur. Lui même, conduit prisonnier à Bruxelles par les généraux de Philippe, eut recours à la France, qui lui promit son appui. Le cabinet de Madrid demeura sourd aux réclamations de Richelieu, et la guerre fut déclarée En soutenant ainsi les intérêts de son cousin d'Autriche en Allemagne, Philippe IV espérait qu'à son tour celui-ci l'aiderait à ramener les Provinces -Unis sous son

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obéissance. Le gouvernement espagnol persévéra dans celte voie de guerre si fatale à son pays. La chance des armes fut d abord favorable à l'Espagne; ses troupes, renforcées d'un corps d'Allemands, de Hongrois et de Croates, sous les ordres du fameux Jean de Werl, envahirent la Champagne et la Picardie, et, s'emparant des abords de la Somme , surprirent la ville de Corbie , le 15 août 1636.

Dans le Midi, l'amiranle de Caslille occupait le territoire français ; il avait mis le feu à Saint- Jean-de-Luz, et menaçait la Gascogne et le Languedoc. Une autre armée espagnole remportait aussi de glorieux avantages en Piémont , en Lombardie, et forçait les Français à se replier vers leurs frontières. Mais ces succès devaient être suivis de grands revers. Le 18 octobre 1639, les Espagnols essuyèrent un échec terrible sur mer; Tromp, l'amiral hollandais, remporta une victoire complète , dite des Dunes , à la suite de laquelle la flotte espagnole fut détruite et son amiral tué. L'administration trop absolue du premier ministre avait excité de grands mécontentements , surtout en Portugal ; ce pays aspirait au moyen de secouer le joug de l'Espagne. Le

1er décembre 1640 éclata l'insurrection ; le gouvernement espagnol, pris au dépourvu, n'eut pas le temps de conjurer l'orage , et le duc de Bragance , petit- fils des anciens souverains du Portugal , fut solennellement reconnu roi sous le titre de Jean IV.

La révolte de l'Andalousie acheva d'aggraver la position d'Olivarez. Cette province, obérée comme toutes les autres , se laissa aller aux insinuations captieuses de son gouverneur, Gaspard -Alonzo de Guzman, duc de Medina-Sidonia. Ce seigneur, séduit par l'exemple de son beau -frère, le nouveau roi de Portugal, voulait détacher l'Andalousie de la monarchie espagnole et s'en rendre souverain. Olivarez, informé des projets coupables de son parent, lui retira son autorité, et employa les troupes stationnées sur les frontières du Portugal à étouffer ce nouveau germe de rébellion. Néanmoins Philippe , affligé de la triste situation de son royaume, en rejeta la responsabilité sur son favori , et lui dit aigrement, en apprenant la révolte de l'Andalousie : « Votre famille est cause de tous les malheurs de l'Étal. » Cependant il hésitait encore à rompre avec son ministre ; tant il est difficile de se soustraire à l'ascendant de

celui par qui l'on esl depuis longtemps dominé. Les nombreux ennemis du ministre , accrus considérablement, redoublèrent d instances auprès du roi, et lui représentèrenl l'indignation générale se manifestant partout contre le duc Olivarez. Enfin, pour obtenir le renvoi du favori, ils se firent seconder de l' influence de la branche impériale de la maison d'Autriche. Cette lactique réussit. Le comte-duc, après \ingt-deux ans de ministère, fut exilé dans ses lerres, en janvier 1643, six semaines après la mort du cardinal de Richelieu.

Philippe IV, qui, dès sa jeunesse, s'était déchargé du poids trop accablant des affaires, éprouva bientôt le besoin d'avoir un autre premier ministre. Don Luis de Haro, neveu, par sa mère dona Françoise de Guzman, du duc d'Olivarez, avait été initié à la politique et admis au conseil du roi par l'intermédiaire de son oncle. Quand celui-ci fut disgracié, en courtisan adroit qui connaissait son maître, il sut se rendre nécessaire à Philippe IV, et bientôt il acquit sur l'esprit de ce prince le crédit qu'Olivarez avait perdu. Philippe ne fit donc que changer de directeur, mais non de système gouvernemental. Néan-

moins la nation se réjouit de la nomination du nouveau ministre , comme s'il devait en résulter pour elle quelque chose d'avantageux. Il est vrai que Luis de Haro passait avec raison pour plus prudent, plus modéré et beaucoup moins allier que son prédécesseur.

Louis XHÏ et Kichelieu venaient de mourir. Le nouveau ministre d'Espagne espéra tirer bon parti de la minorité du roi de France. Celle-ci s annonçait comme devant être fort orageuse. Don Luis expédie au comte de Fuenles, général des troupes espagnoles dans les Pays- Bas , l'ordre d'enlrer en France et d'assiéger Hocroi. Le duc d'Enghien, âgé de vingt -deux ans, préludant à sa gloire future, vole au secours de la place, et gagne, le 19 mai, la bataille de Rocroi.

Toutefois, pendant que le duc d'Enghien poursuivait le cours de ses triomphes en Flandre et en Allemagne , la fortune se montrait plus favorable aux Espagnols sur les frontières de la Péninsule. Don Juan d'Autriche faisait lever le siège de Tarragone aux Français, et le roi d'Espagne en personne reprenait sur eux la ville de Monçon, et les forçait à se replier vers les

Pyrénées. Les années suivantes, la guerre se poursuivit sur les mêmes points, dans le Nord comme dans le Midi , avec une fortune à peu près balancée de chaque côté, mais dont, en somme, la maison d'Autriche, d'Allemagne et d'Espagne , eut plus à souffrir que ses adversaires. Des chagrins domestiques étaient venus augmenter les soucis que Philippe IV ressentait des malheurs causés par des guerres aussi longues. Il avait eu à déplorer la perte d'Élisabeth de France, princesse estimée, et généralement chérie pour ses vertus. L'infant don Balthazar, le seul héritier qu'il eût eu d'elle, était mort en 1646. De nouvelles tribulations attendaient Philippe IV. Les lois fiscales et les charges qui ruinaient l'Espagne n'étaient pas épargnées aux États qui en dépendaient; elles étaient même rendues plus lourdes par l'administration confuse des fonctionnaires, qui profitaient de l'éloignement et des embarras de la mère patrie pour se livrer à des iniquités et à des concussions sans nombre.

Les Napolitains, lassés à la fin d'un joug si pesant , voulurent imiter le Portugal. Une conspiration éclata au commencement de juillet 1647. Un jeune pêcheur d'Amalfi , Mazaniello , la di-

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rigeait; mais don Juan d'Autriche, ayant pu pénétrer dans Naples , sut par son adresse et sa bonté ramener cette ville sous l'autorité de Philippe IV. Cependant, si la nation espagnole était lasse de tant de guerres et de réactions intérieures, les autres puissances belligérantes se trouvaient aussi fatiguées de cette lutte longue et onéreuse. La branche impériale d'Autriche, après avoir épuisé ses trésors et perdu ses plus vaillants capitaines, faisait des ouverlures de paix à la France. Ce royaume , alors en proie à toutes les agitations d'une régence, était partagé entre la cour et les frondeurs , et ne se trouvait pas en état de soutenir au dehors ses démêlés. De son côté, Philippe, se voyant moins secondé par son cousin l'empereur Ferdinand III , comprit qu'il ne devait pas plus longtemps exposer aux chances d'une guerre ruineuse ses provinces de Belgique restées sans protecteur. Il entama des négociations avec la Hollande. Celle république commençait à appréhender que la France, en approchant, comme elle le faisait, de ses frontières, ne devînt un jour pour elle plus dangereuse que l'Espagne. Munster, en Weslphalie, fut choisi pour le lieu de réunion des plénipotentiaires des deux puis-

sances , et le 30 janvier 1648, une paix définitive se conclut , par laquelle les Hollandais abandonnaient leurs conquêtes des possessions espagnoles, et Philippe IV renonçait , pour lui et ses successeurs, à tous droits sur les Provinces-Unies, qu'il reconnut pour États souverains et indépendants. Tel fut le résultat d'une guerre de quatrevingts ans, qui avait coûté tant de sang et de richesses.

Luis de Haro, quoiqu'il penchât vers la paix, crut qu'il importait à l'Espagne de profiter de l'épuisement où les guerres civiles réduisaient la France, pour obtenir d'elle des conditions plus avantageuses. Dans ce but , tandis que d'une part il s'assurait le concours de la république de Hollande , de l'autre il négociait le mariage du roi son maître avec Marie-Anne, fille de l'empereur, afin de paralyser ainsi la nouvelle alliance acquise à la France. L'esprit de famille qui , en dépit des événements, était toujours le môme entre les cours de Vienne et de Madrid , fit réussir les négociations, et cette union fut célébrée en 1649. Une pensée plus intime avait décidé Philippe IV à la contracter, c'était le désir d'avoir un fils à qui il laisserait sa couronne; car des six enfants qu'il

avait eus d'Élisabeth de France, il ne lui restait plus que l'infante Marie- Thérèse , mariée depuis à Louis XIV.

Cependant la reprise des hostilités n'avait pas d'abord beaucoup profité à l'Espagne. La victoire de Lens , en Artois , remportée par le prince de Condé l'année précédente , avait fait payer cher aux Espagnols leurs succès obtenus en Flandre , sous les murs de Court ray, et en Lombardie , sous ceux de Crémone.

Un nouvel et formidable ennemi , Olivier Cromwell , sélait élevé contre Philippe IV; sous le litre de protecteur, il avait ramassé la couronne tombée toute sanglante de l'échafaud de Charles Ier, le 30 janvier 1649. Il avait vu son alliance acceptée par Mazarin , et pour justifierla confiance du ministre français , déclarant la guerre à l'Espagne, il s'était emparé de la Jamaïque , précieuse colonie qui depuis est demeurée à la Grande-Bretagne. Ensuite la flotte anglaise , sous les ordres de l'amiral Blake , n'avait cessé de nuire au gouvernement et au commerce de l'Espagne , en interceptant les bâtiments marchands et les galions d'Amérique. En 1647, Mazarin, sentant la nécessité de l'appui de l'An-

glelerre pour résister à l' Espagne, conclut avec Cromwell un traité par lequel celui-ci seconderait la France , principalement par mer, et pour récompense recevrait la ville de Dunkerque , si Ton pouvait s'en rendre maître. Les forces combinées des deux puissances s'emparèrent d'abord de Montmédi , de Saint-Venant et de Mardick ; puis , dans le courant de juin 1658, le maréchal de Turenne , de concert avec la flotte anglaise , vint assiéger Dunkerque, commandée par le marquis de Leyde. Aussitôt , don Juan d'Autriche vole au secours de la place ; Turenne ne l'attend pas , il sort de ses lignes et lui offre la bataille , qu'il gagne complétemenl. Les Espagnols se retirent avec une perte de douze cents hommes tués et de deux mille prisonniers , et Dunkerque ouvre ses portes aux vainqueurs.

En Portugal, les affaires de Philippe n'étaient pas plus heureuses; ce prince, à la mort de Jean IV, avait tenté de nouveaux efforts pour reprendre un Étal qui , de ceux qu'il avait perdus, lui semblait le plus regrettable. Son minisire voulut lui-même commander l'armée d'expédition; Marie-Louise de Guzman, la reine douairière du Portugal , retrouvant , pour défendre les

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intérêts d'Alphonse IV, son fils, toute l'énergie qu'elle avait montrée jadis en soutenant ceux de son époux , appelle aux armes les Portugais , et triomphe, près d'Elvas, de l'armée espagnole, qui est obligée de s'éloigner en désordre. Le cabinet de Madrid , après tant de sacrifices , se voyait donc aussi peu avancé qu'au début de ces longues guerres; les finances étaient épuisées, les campagnes désertes, et le commerce languissait dans un état déplorable. La paix devenait indispensable. La France en éprouvait aussi le besoin; elle entra dans les vues de l'Espagne, mais toujours à la condition de l'union de l'infante Marie -Thérèse avec son jeune souverain. Le cardinal Mazarin tenait beaucoup à cette alliance, comme il le témoignait lui-même dans ses lettres diplomatiques, à cause de l'éventualité de la succession d'Espagne ; « car, disait-il , quelque renonciation que l'on fasse faire à l'infante, cette succession ne serait pas une attente fort éloignée , puisqu'il n'y a que la vie du prince son frère qui Yen peut exclure. » Philippe IV, aussi , était moins récalcitrant à la conclusion de ce mariage. Sa jeune femme lui avait donné un fils ; son esprit de famille ne s'opposait plus à une

union qui avait l'avantage de cicatriser les plaies faites à son royaume par de si longues guerres. Don Luis de Haro profita des dispositions favorables de son souverain et du ministre de Louis XIV; il envoya le comte de Pimenlel à la cour de France. Celui-ci fit entendre à Mazarin que son gouvernement ne serait pas éloigné du projet de mariage; c'était ce que le cardinal avait le plus à cœur. Il se montra donc très-accommodant, et même, craignant que des longueurs pareilles à celles des plénipotentiaires signataires du traité de Westphalie ne fissent échouer la négociation, il ne voulut s'en rapporter qu'à lui du soin de la conduire. Don Luis de Haro pensa de même, et les deux premiers ministres, ou plutôt les vice-rois d'Espagne et de France, désignèrent pour le lieu de leur conférence l'île des Faisans, au milieu de la Bidassoa, rivière qui sépare les deux royaumes.

Au commencement d'août 1659, les deux ministres se trouvèrent au rendez vous. Don Luis de Haro y déploya la plus grande magnificence , et soutint avec dignité et avec succès les prétentions de la cour d'Espagne à la prééminence. Mazarin mit en usage toute sa finesse et cet art

qu'il possédait de poursuivre son but par des détours adroits. Enfin, le 7 novembre, après vingt-quatre conférences, les deux célèbres négociateurs signèrent le traité dit des Pyrénées , complément de celui de Westphalie : il renfermait cent vingt- quatre articles, dont les principaux étaient relatifs au mariage de Louis XIV avec Marie -Thérèse. N'ayant plus rien à redouter de la part des puissances européennes, Philippe IV pensa de nouveau à réaliser son projet favori de recouvrer le Portugal. Cette campagne fut une source de désastres pour l'Espagne, et en 1665, les Portugais remportèrent, dans les plaines de Claros, près de Yillaviciosa , une victoire complète, qui assura à tout jamais leur indépendance. Philippe IV, malade alors, n'eut pas la force de supporter ce revers; il mourut le 17 septembre suivant, à l'âge de soixante- un ans, laissant la régence a la reine, sa veuve, pendant la minorité de son jeune fils Charles II.

Celle minorité ne fut pas exemple de troubles. La régente Marie-Anne d'Autriche, d'un caractère faible et frivole, se laissa conduire d'abord par un Allemand, le Père Évrard Nitard, qu'elle avait amené d'Aulriche à Madrid, et ensuite par

un favori nommé Fernando de Valenzuela. L'administration mal entendue de ces deux parvenus mécontenta la nation , et la reine se vit forcée de rappeler don Juan d'Autriche, qu elle avait exilé, et de partager avec lui l'autorité.

Louis XIV, instruit des dissensions qui régnaient à la cour de Madrid, crut le moment favorable au soutien de ses prétentions sur le Brabant et autres provinces des Pays-Bas, bien qu'en épousant Marie- Thérèse il eut renoncé solennellement aux droits de celle ci à la succès sioa de Philippe IV. Peu après la mort de ce prince, il objecta que la possession des Pays-Bas ne pouvait être comprise dans une telle renonciation , parce qu'il existait jadis dans le Brabant un droit appelé de dévolution , en vertu duquel les enfants du premier lit excluaient de la succession les enfants du second, sans distinction de sexe. Or la reine de France, enfant du premier lit, était la seule qui eût survécu à Philippe IV. Louis XIV, pour justifier son ambition, publia un manifeste tendant à faire revivre cette ancienne loi à son profit. En même temps il entrait en Flandre à la tête d'une armée considérable ; c'était au printemps de Tannée 1667. Le ma-

récital de Turenne conduisait les opérations. En deux mois, Charleroi, Berghes- Saint -AVinox, Ath, Courtray, Douai, Audenarde, Armentières , Lille, tombèrent au pouvoir du roi de France. Ensuite le prince de Condé, s'étant porté vers la Franche - Comté , s'empara de Besançon en janvier 1668, et réduisit bientôt toute la province.

Louis XIV, après plusieurs années de triomphes, pressentant que sa fortune croissante exciterait l'envie et les appréhensions de ses anciens alliés, et qu'ils se ligueraient contre lui, comprit la nécessité de mettre lui-même un terme à ses conquêtes pour les mieux assurer, et préféra entamer les négociations d'une paix dont lui-même dicterait les conditions. Un congrès se réunit donc à Nimègue en 1678, et il fut convenu que l'Espagne céderait à la France la Franche-Comté et la Flandre française.

Cette paix, peu avantageuse à l'Espagne, suscita contre don Juan de nouveaux mécontentements, dont profitèrent les partisans de la reine mère. Celle-ci, de sa retraite de Tolède, avait l'adresse de faire parvenir des avis à son fils, pour l'encourager à se marier avec l'archi-

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duchesse, fille de l'empereur Léopold Ier. Elle espérait acquérir du crédit sur sa jeune nièce, qui, devenue sa belle-fille, lui serait redevable de la couronne d'Espagne. Don Juan pénétra les intentions de son ennemie, et, sous prétexte de cimenter le traité de Nimègue , il proposa au roi la main de Marie-Louise d'Orléans, fille de Monsieur, frère de Louis XIV. Pour obtenir le consentement de Charles II, il lui montra le portrait de cette belle princesse, et recommanda à tous les courtisans qui étaient allés à la cour de France de faire au roi l'éloge de xMarie Louise : le projet réussit. Charles II, alors âgé de dix-huit ans, se prit d'une inclination romanesque pour la princesse, et il expédia en Flandre, à don Philippe Spinola , marquis de Los Balbases, un des plénipotentiaires du traité de Nimègue , Tordre d'aller demander la main de la nièce du roi de France. Cette union fut célébrée le 18 novembre dans la ville de Burgos.

Les premiers soins de Charles II furent de se rapprocher de la reine mère ; mais ni celle-ci , ni la jeune princesse, ne purent, Tune par l'ascendant de sa volonté , l'autre par celui de sa tendresse, déterminer l indolent Charles II à prendre

lui-même les rênes de l'Élat. Aussi rien ne se concluait , rien ne s'exécutait ; tout semblait plongé dans une léthargie qui ajoutait un nouveau mal à celui du royaume; on n'avait d'espoir que dans un premier ministre. Le choix lomba sur le duc de Medina-Cœli , qui fut loin de remettre de l'ordre dans les finances épuisées. A ce seigneur succéda le comte d'Oropesa , dont l'administration ne satisfit pas davantage les Espagnols. Louis XIV, profitant de l'irrésolution qui régnait à la cour de Madrid , poursuivait le cours de ses conquêtes. Mais la jeune reine Marie-Louise d'Orléans étant morte en 1689, les ministres de Charles II, gagnés par l'Autriche, parvinrent à détacher ce monarque de l'alliance avec la France et à lui faire épouser Anne de Neubourg, sœur de l'impératrice. Cette nouvelle politique ne profita pas à l'Espagne; ses nouveaux alliés ne la secondèrent pas, et les Français, devenus ses ennemis, envahirent Y Aragon et s'emparèrent de Barcelone. Mais Louis XIV, sentant de nouveau la nécessité de s'arrêter lui-même au milieu de ses victoires, consentit à faire la paix, qui fut signée à Ryswick le 20 septembre 1697. Le roi de France convoitait alors pour un de ses petits-

fils l'éventualité de la succession de Charles II. Ce monarque, qui n'avait pas eu d'enfants de ses deux mariages, était dans un état de santé à faire supposer sa fin prochaine. La cour se partagea alors en deux partis: celui de la reine, voué à l'Autriche, et celui de la France, dirigé par le cardinal Porto-Carrero. L'un et l'autre voulaient faire faire au débile monarque un testament dans ses intérêts; Charles II fit un premier testament , où il appelait à lui succéder le prince de Bavière, neveu d'Anne de Neubourg ; mais ce prince étant mort l'année d'après, en 1699, les intrigues recommencèrent à la cour de Madrid.

La santé de Charles II devenait de plus en plus débile. Ce prince, cédant aux instances des divers conseils de la couronne , surmonta le chagrin que lui donnait le spectacle de tous ces prétendants avides de partager sa succession. Il voulut épargner à ses sujets des divisions qui pouvaient leur être funestes, et se décida à prendre des mesures pour faire cesser, de son vivant , l'incertitude de l'avenir. C'était la première fois, depuis le système gouvernemental établi par Charles -Quint, que la monarchie se trouvait exposée aux épreuves d'un changement de dynastie. Nombre de préten-

dants convoitaient le trône et intriguaient auprès du roi valétudinaire. Le dauphin de France ou sa postérité était en première ligne, comme fils de Marie -Thérèse d' Autriche- Espagne , sœur aînée de Charles IL Louis XIV et Monsieur, son frère, venaient ensuite; tous deux, enfants d'Anne d'Autriche, sœur aînée de Philippe IV, roi d'Espagne, étaient, par conséquent, cousins germains de Charles II. Après eux se présentai! l'empereur d'Autriche, fils de Marie-Anne, sœur cadette de Philippe TV. Il était également cousin germain de Charles II; mais il faisait valoir davantage ses droits de chef agnatique de la maison d'Autriche. Enfin le duc de Savoie réclamait à son tour, en qualité d'héritier direct de la sœur de Philippe III d'Espagne, l'infante Catherine, femme de Charles-Emmanuel, duc de Savoie, dit le Grand , et conséquemment comme cousin issu de germain de Charles II.

Quelque temps après la mort de l'électeur de Bavière, le comte d'Oropesa s'était joint à la faction autrichienne dirigée par la reine et l'amiranle de Castille, son favori. A la tête de la faction française étaient le cardinal Porto - Carrero , le marquis de Mancera , qui du parti de l'Autriche

avait passé à celui de la France, Kocaberti, inquisiteur général, et le Père Froylandias, confesseur du roi. Des deux côtés on s'était juré une haine mortelle. Aussi le parti opposé à l'Autriche avait-il accueilli , sans trop approfondir, des bruits fâcheux qui avaient circulé sur la personne du roi. Le peuple attribuait la facilité de Charles II à se laisser conduire par Marie de Neubourg et par son favori à certains philtres diaboliques que la reine, I'amirante et le comte dOropesa auraient administrés au faible monarque. Comme cette croyance agitait le peuple et s'accréditait encore par l'état du roi qui chaque jour devenait plus alarmant, le cardinal Porto -Carrero, Kocaberti et Froylandias jugèrent qu'il fallait, pour calmer 1 irritation publique, user à l'égard du monarque des moyens indiqués par les saints canons, c'està-dire de l'exorcisme. Charles II, incapable de résistance, se soumit aux épreuves qu'on exigeait de lui, et qui n'aboutirent à rien, si ce n'est à l'avilissement de la personne royale. Une aventurière , se disant possédée du démon , fut mise en rapport avec le prince; elle affirma que Charles II était ensorcelé , et compromit par son effronterie de hauts personnages. La reine, irritée, persuada

à son époux de renvoyer Froylandias, et il fut remplacé par le Père Nicolas Torrez, dévoué à l'amirante.

Plus tard, Porto -Carrero et ses amis suivirent une marche plus appropriée au mérite de la cause dont ils s'étaient faits les défenseurs. Le cardinal, devenu premier ministre à la suite de troubles suscités dans Madrid, avait obtenu du roi que don Manuel Arias serait réintégré dans le gouvernement du conseil de Castille, qu'il avait possédé avant que le comte d'Oropesa l'eût acquis avec le titre réel de président, et que celui-ci serait exilé, ainsi que l'amirante de Castille. Quant à la reine, elle ne devait plus prendre part à la direction des affaires. Pour donner plus de poids à son opinion, et pour mieux témoigner que le bien de la monarchie seul le dirigeait dans sa conduite, le cardinal engagea le roi à consulter le conseil de Castille sur le choix de l'héritier de la couronne, afin de mieux connaître la justice des droits de chaque prétendant. La majorité opina en faveur du dauphin. L'affaire fut référée aussi aux plus forts jurisconsultes des universités, qui tous se déclarèrent pour la maison de Bourbon.

Charles hésitait encore, il ne pouvait se décider

à priver sa maison de la couronne d'Espagne et de ses riches dépendances; le cardinal Porto-Carrero sut triompher des hésitations du monarque en réunissant un conseil de théologiens, qui, après avoir débattu la question devant le prince, opinèrent que l'héritage de Charles II devait appartenir à l'un de ses neveux de la maison de Bourbon. Dès lors, dit M. Mignet, la résolulion la plus nationale triompha chez Charles II. Le rr octobre 1700, ce monarque dicta son fameux testament, qui déclarait Philippe, duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche-Espagne, héritier de la monarchie espagnole. Puis, après un mois de langueur, le 1er novembre 17 00, mourut le cinquième et dernier roi de cette dynastie d'Autriche-Espagne que Charles-Quint, son fondateur, avait rendue si glorieuse, et Philippe II si redoutable.

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