CHAPITRE XIII
DTNASTIE DES BOURBONS.
Arrivée de Philippe V en Espagne. — Coalition européenne contre la France et l'Espagne. — L'archiduc Charles, compétiteur de Philippe V, débarque en Espagne. — Noble conduite de Philippe V. — Il triomphe à Almanza, à Villaviciosa. — Pacification de l'Espagne. — Congrès d'Utrecht. — Abdication de Philippe V. — Il remonte sur le trône. — 11 fait le bonheur de ses peuples. — Sa mort. — Ferdinand VI. — Traité d'Aix-la-Chapelle. — Règlements de finances. — Liberté de l'Église espagnole. — Encouragement donné aux arts et aux sciences. — Farinelli. — Mort de Ferdinand VI.
Le nouveau roi d'Espagne ne tarda pas à prendre congé de son auguste aïeul, qui lui dit en l'embrassant : « Partez, mon fils, il n'y a plus de Pyrénées. » Philippe, accompagné des ducs de Bourgogne et de Berri, s'achemina vers ses nouveaux États. A la frontière, il fit pour toujours ses adieux à ses frères et à la France , et se remit de bonne grâce entre les mains des Espagnols : l évêque de Pampelune était à la tête de la députa tion. Philippe fut reçu à Trun, aux acclamations générales, et après avoir visité une
partie de ses provinces du Nord, il fil son entrée dans Madrid, le 18 février 1701, par la porte d'Alcala. Les habitants déployèrent à celle occasion une magnificence extrême. Jamais souverain n'était monté sur le trône sous de plus heureux auspices. Nobles, bourgeois, artisans, se pressaient en foule sur son passage, et témoignaient vivement leur allégresse. Le jeune roi était doué d'une physionomie affable et digne à la fois; il inspirait cet intérêt qui accompagne toujours un prince de dix-huit ans. Sa démarche élégante, ses manières pleines de cette courtoisie exquise qui régnait à Versailles, lui gagnaient tous les cœurs et faisaient oublier la légère déviation de sa taille. Les hommes surtout lui savaient un gré infini d'avoir dépouillé le costume brillant et surchargé de rubans et de brocarts de la cour de Louis XIV, pour prendre le costume sombre et sévère si cher aux Espagnols. Son justaucorps noir était seulement relevé par le collier de la Toison d'Or, qu'il avait reçu, peu de temps auparavant, des mains de don Nicolas Pignatelli, duc de Monteleone, le plus ancien chevalier de l'ordre.
Il se rendit ainsi au Buen Retiro. Ce séjour,
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