‹ Histoire d'EspagneChapitre 18 sur 31 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

1 n vasion de l'Espagne par les Français. — Actes de Bayonne.— Déchéance de Ferdinand VII. — Captivité des Bourbons d'Espagne. — Joseph Bonaparte proclamé roi. — Siège de Saragosse. — Guerre de la Péninsule.—Ferdinand Vil remonte sur le trône d'Espagne — Ses premiers actes politiques. — Perte des colonies. — Guerre civile. — Intervention française. — Ferdinand VII recouvre sa liberté et sa couronne. — Il épouse sa cousine Marie-Christine de Bourbon. — Abrogation de la loi de succession dite de Philippe V. — Mort de Ferdinand VII.

Napoléon , informé de l'événement par Beauharnais, son ambassadeur, ordonne au grand-duc de Berg ( Joachim Murât) d'entrer en Espagne, et, sous prétexte de se porter médiateur entre le père et le fils, de pousser jusqu'à Madrid. Murât remplit ponctuellement les intentions de l'empereur: il passe la frontière avec une armée de soixante mille hommes, partagée en trois corps , sous les ordres des maréchaux Moncey, Bessières et du général Dupont. Il arrive dans la capitale presque en même temps que le jeune roi Ferdinand VII , pour lequel il affecte publiquement les plus grands égards. Napoléon lui-même ne tarde pas à se diriger vers les Pyrénées. Arrivé

à Bayonne, au commencement d'avril, il apprend que Charles IV songeait déjà à rétracter son abdication sur les sollicitations de la reine, qui ne pouvait se décider à abandonner le pouvoir, surtout pour le transmettre à un fils qu'elle détestait. Napoléon alors engage secrètement Ferdinand à venir le trouver à Bayonne, afin de se concerter avec lui sur les moyens de conjurer ces nouveaux orages. Le prince, accompagné de son frère don Carlos, dont le dévouement lui était connu, du chanoine Escoiquiz, et des ducs de San- Carlos et de l'Infantado, part de Madrid le 10, confiant dans les assurances d'amitié du souverain français.

Le grand -duc de Berg , d'autre part, conseillait vivement à Charles IV d'aller aussi s'en rapporter à l'arbitrage de Napoléon. La reine employait les instances les plus impératives pour décider le vieux monarque ; elle avait reçu des lettres pressantes à ce sujet de Manuel Godoï, dont Napoléon avait réclamé l'élargissement à la junte provisoire de Madrid, et. qu'il avait mandé auprès de sa personne. Le roi d'Espagne y consentit , et le 1er mai cette famille souveraine , plus divisée que celle des Atrides, se trouvait en présence de l'arbitre de sa destinée. Ferdinand résista

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