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Républicain, qu'il croyait toujours menacé d'une ruine complète par Dessalines.
+ Dans les premiers jours de mars, Leclerc, accompagné du général Dugua, et suivi de la plupart des officiers rigaudins qui étaient revenus daus la colonie avec l'armée française. partit -des A TES et serendit au PoYrt-Républicain par mer. {l descendit en ville au “commencement de la nuit. Il reçut des citoyens :laceueil le plus brillant ; la ville fat illuminée, et de magnifiques fêtes furent données au palais du gouvernement. Les colons bia incs l’entouraient avec une Héspéce d'ivresse. Ils avaient démontré le même enthousiasme en baisant les pieds de Toussaint Louverture. Quelques jours aprés, Pauline Bonaparte, son épouse, partit du Cap sur le vaisseau le Jean Bart, et vint le joindre au Port-Ré publcain. Leclere attendait avec impatience l'arrivée des escadres de Flessingue et du Hâvre, jusqu'alors én retard; elles devaient lui apporter 3,000 hommes de “renfort. L'amiral Viliaret Joyeuse dans le Nord, l'amiral E atouche Préville dans le sud, avaient ar ne mn secondé, sur le littoral, les opérations des troupes de Lerre.
Ge fut à la suite des fêtes célébrées à l'occasion de l’arrivée da Capilaine-général dans | Ouest que vinrent mouiller au Pt-Républicain . les frégates Va Créole et lindienne , chargées de 359 hommes de “couleur et noirs rigaudins, qui s'étaient réfugiés à Cube, aprés la guerre civile. Ils débarqué: rent en chantant des airs patriotiques s “leur dévouement à la France aliait jusqu'au délire; la haine la plus implacable contre Toussaint Louverture éciatait dans leurs paroles. Parmi eux lon remarquait, Bonnet et Greffrard. Après larrivée dedarmée française, l'Aviso le Tricolore avait été obligé de relâcher à St-Yague de Cube. De retour au Cap, le capitaine du navire avait remis à Leclerc une pétition, rédigée par Bonnet et signée de sept cents des rigaudins réfugiés à St-Yague, par laquelle ils demandaient à servir dans l'armée française contre Toussaint Louverture. . L’amiral Millaret Joyeuse leur avait expédié les frégates la Créole et Pindienne, chargées de les ramener 2 St-Domiugue.
Pendant cet intervalle l'ex souvernet ur qui avait abandonné le pont de l’'Ester, à l'approche de Rôchambeau, ordonnaït à Vernet, homme de couleur, de se rendre à la Petite Rivière de FArtibonite avec un escadron de la garde d'honneur, les débris du bataillon de la Teet le corps des casaques rouges. 1 établit son quartier géuéral à Coumotte, dans la plaine de FArtibonite. H avait autour de lui Dessalines, Christophe, Yaquoi, alors son secrélaire, les colonels Jasmin, et. Gingembre Tropfort, Magny, Monpoint, l'adjudaut général Fontaine qui avait remplacé Agé dans les fonctions de chef de l'état major général de l’armée, tous noirs; les cominandans Lamartinière, Bazelais, Larose, Laurette, Gabart, Morissei, tous hommes de couleur. L’adjudant-général Barada, officier blanc allemand, ancien commandant
de la place du Cap, qui avaït suivi Christophe, était aussi à ses côtés2s
Quoiqu'il fut accablé d'une fièvre violente, il ne cessait, dé crire et de donner des instructions à ses oflicicrs relativement à la campagae qui allait s'ouvrir sur les rives de l'Artibonite. Chris=« tophe reçut l'ordre de cantonner avec les débris de sa brigade dans les environs de la Petite-Rivière. Dès que Toussaint sentit s'affaiblie sa fièvre, il s'élança sur son cheval, et alla visiter avec sa rapidité ordinaire les lignes que son armée occupait encore. Renfermank dans leur encemte le Petit Cahos, la Petite Rivière, les Verrettes elles s'étendaient du Mirebalais à l'embouchure de l'Artibonite: Tout le reste dela colonie s'était soumis au capitaine général. Nous ver rons une poignée dindigènes, partisans de Toussaint, exteFrmINEEM un huitièse de cette formidable armée française, qui ne serait pass restée un mois dans notre. pays, si , dès lors, pendant que nous étions lous armés, nous avions commencé notre guerre nationale Toussaint s'arrêta au fort de -la Crête à Pierrot, quil trouva dé« mantelé et sur le point d être rasé par Dessalines qui détruisait tout, « et ne voulait combattre désormais que dans la montagne, ayant reconnu l'impossibilité de résister aux Français en rase campagne. Toussaint le fit, au contraire, restaurer et garnir de canons. Ce fort pouvait arrêter limpétuosité de l'ennemi qui, parti de St Mare” ou des Gonaives, tenterait de pénétrer dans les Cahos. LU.
Sommaire. L'amiral Villaret Joyeuse fait connaître à Sir John Thomas Duck:
worth, commandant de la station de la Jamaïque , l’arrivée de l’expédition française. __ Réponse de lPAmiral anglais. —Le gouvernement espagnol de la Hava-
ne fournit aux français tous les secours dont il peut disposer. — Conduite de
Leclerc à l'égard des indigènes soumis à son autorité —Les habitans de l'Est forment un cordon de Lescahobes à St Michel de PAtalaya.— Toussaint se détermine à porter la guerre dans le Nord—[!l laisse une garnison à la Crête-à- Pierrot, et part.—Christophe soulève les cultivateurs de la Grande-Rivière. — Massacre des blancs à la Petite-Rivière de l'Artibonite —Beau trait de madame Déssalines — Toutes les divisions françaises se mettent en marche pour converger vers la Petite-Rivière de PArtibonite —Ta division Gone demeure en observation dans le Noïd.— Description du fort de la Crête à-Pierrot — Le fort est aimé par Dessalines —Composition de la EEE D De Ni tient en échec dans les mornes la division Rochambeau.— Caractère de Lamartinière —Ea division Débelle attaque la Crête-à-Pierrot et est repoussée, — Débelle est blessé. Dissalines rentre däns le fort—Son caractère. Un espion est arrêté dans Île fort-—Dugua prend le commandement de la division Débelle.— La division Boudet traverse les mornes du Pensez-y-bien,— D’Henin enlève le poste de Trianon. —Toute la division Boudet se réumit aux Verrettes—Pétion à la tête de la 13e, coloniale, formant l'avant-garde de la division française, traverse l’Artibo-
nite à Labadie—kes français font sauter les munitions de Plassac—Paroles de
Dessalines à la garnison de la Grête à Pierrot—Attaque de la division Boudet contre le fort; elle est repoussée —FEa division Dugua attaque à son tour ; elle est repoussée. — Dugua est blessé.—Les divisions Boudet et Dugua se réunissent en une seule sous les ordres du général Pamphile de la Croix, — Dessalines fai
206 | MISTOIRE Dp’HauTi.— (1802)
armer une éminence vis-à-vis dn fort de la Crête-à-Pierrot.—Il ‘en donne le come maudement à Lamartinière. [| quitte le frrt—[l est battu au Nolo par legé * néral Hardy; ses communications sont interceptées avec la Créte-à-Pierrot. == Le division Hardy s'établit au pied du morne de l'Acul du Parc:—£La division à Rochambeau s'établit en vue da fort—La Cyète à-Pierrot est investie de toutes. : pa:ts— La division Rochambeaü atiaque la jedoute de Lamartinière:tellé est re poussée —La Créte.à- EF Het est se Po et bombardée,— Elle estrévaeuée par Lamartinière et Mag prise de la Crête-à Pierrot porte le dernier coup à Ja puissance de ie nus a "Toussaint, pénétrant dans le Nord , este battu à Plaisance par le général Desfournraux.— Christophe soulève les cultiva 2 teurs du Nord et vient assaillir le Cap-Il est repoussé par le général Boyer. —Le contre-amiral Magon préserve de la dévastation les quartiers du Fort:Dau=m phin.
Peu de jours après l'arrivée de l'expédition française à St-Domingue« l'amiral Villaret Joyeuse, voulant se mettre en bonnes relations avec les anglais, avait expédié des dépêches, par ia frégate la Cornéhe, à sir John Thomes Duckworth, contre amiral de l'escadre rouge , COM- ; mandant la station de la Janiaïque. L'amiral français lui faisait connaitre … que Si Domingue était déclaré.en éiat de siège, et q''aucun navire ami ne pourrait se présenter devant Îles ports qu'oceuperatent les rebelles. Il Jui avait adssi annoncé quil pourrait se trouver dans la nécessité de lui demander des secours en vivres de toutes espèces. Le capitaine de la frégate, ie citoyen Viilemandrin, et l'enseigne de vaisseau, Clouet, porteurs des paquets de l'amiral Villaret Joyeuse, avaient été parfaitement accueillis par l'amiral ans glais qui avait saisi cette occasion pour célébrer le retour de la paix entre la France et l'Angleterre. Sir John Thomas Duckwortih avait répondu à l'ariral français, par la letire suivante :
Co ATOUT Ce,
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RAR. Dern À M
Sir John Thomas Duckworth, commandant de la station de la Jamaïque, 4 à l’Amiral Vallaret beta au Cap. À bord du vaisseau de S: M. B. le Leviathan, au Port Royal de la Jamaique, le 19 Février 1802:
Monsieur ,
J'ai reçu la lettre que votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire, pour me communiquer l'arrivée au Cap, des forces françaises qui sont sous son commandement, et je suis flatté de la confiance" dont V. E. m honore, en me faisant connaitre l'état de ces forces et“ lcur destination. (es informations sont parfaitement conformes à celles que j'ai reçues des ministres de Sa Majesté, et qui me trans” meltent en même temps Îles ordres du roi, mon maître, pour traiter. la nation française avec tous les égards possibles. 1
Mais quant à ce qui concerne les secours en vivres que v. ES parait craindre d'être dans le cas de réclamer, je vois avec un. sé
uistorre D'aAÎri.—(1802.) 204
itable regret que notre situation présente, causée par larrivée inat: tendue de très grandes forces de mer et de terre, me mette dans impossibilité de vous présenter même aucun espoir d'assistance. Nos propres ressources sont tellement bornées, que j'ai été obligé de détacher des frégates sur différens points pour chercher les moyens de nous mettre à l'abri d’une détresse entière, et j'ai ainsi que V. ŒxX., dù chercher à tirer ces secours du continent américain, en attendant qu'il puise nous en parvenir d'Europe.
C'est avec un sentiment pénible que j'ai appris la réception hostile faite à V. Ex., et cette violation direste de tous les devoirs des colonies envers leur métropole. |
Je suis parfaitement d'accord avec vous sur les conséquences d’une pareille condulie, et je pense qu'elle ntéresse véritablement toutes les puissances de l’Europe; mais avec des forces aussi considérables que celles sous les ordres de V. Ex., eette révolte ne peut être de longue durée, et les dévastations commises par les rebelles, en incendiant les récoltes , ne pourront produire qu'un mal temporaire. … J'ai l'honnenr d’être, avec une haute: considération, de votre excellence, le très-humble et trés-obéissant serviteur. -
7 THoMAs DÉCRET P; Contre- Amiral de l’escadre rouge ele. Éonidhalhe en chef.
Les français pensérent que les angle is auraient pu leur être agréables, mais que la jalousie qu'ils éprouvaient de voir leurs succés à St. Domingue avait étouffé en eux tout sentiment de générostié.
Le gouvernement espagnol de la Havane s'était, au contraire, “æmpressé de fournir aux français tous les secours dont il pouvait disposer. Ilavait envoyé cinq cent mille plastres (2,500,000 francs environ) qui lui avaient été demandées, ef des habilleinents de troupes. H n'avait pas expédié de fa (rs des Etats-Unis , parce quelle coûtait plus cher à la Havane qu'à St Domingue. Du reste, Idépuis la prise de possession du Sud, de l'Ouest, du Nord et d’une partie de l’Artibonite, les français se trouvaient approvistonnés au “point de n'éprouver plus aucune inquiétude. D'une autre part les “expéditions de vivrés faites par le ministre Ge la marine arrivaient chaque Jour.
… Leclerc qui était toujours au Port. Républicain faisait observer dans “l'armée la plus sévère discipline; sentant le besoin de ménager considérablement les indigènes dont il avait besoin , il punissait de mort les moindres excès de ses soldats à l’égard des habitans. Un “propos d'un colon blanc tendant à rappeler l'ancien esclavage, emportait la peine capitale. Il était alors de sa politique de ne faire ‘aucun acte, avant la chute de Toussaint, qui pût donner du cré-
-le général Vernet, les commandans Magny , Larose, Monpoint: et
258 HISTOIRE D'UAITI.—(1802).
dit aux bruits, trop vrais, répandus dans les campagnes , du projet du rétablissement de la servitude. Il attendait toujours avec impatience les eéscadres de Flessingue et du Hâvre, car le département du
Nord dont les populations étaient généralement hostiles, était PS | que dégarni de troupes européennes.
Quant à da partie de l'Est elle était parfaitement soumise; etIes« habitans organisés en miliciens, étaient acheminés sur les frontières de l’ancienne colonie espagnole, de Lescahobes à Laxabon , pour former un cordon tendant à resserrer l'insurrection dans Îles plus ÉtrOItes limites. Le soldat français recevait une nourriture abondante en viande fraîche; car depuis l'ouverture de l'Est par Toussaint les bœufs existaient en grande quantité dans la partie française. Lesu riches bagages des partisans. de Toussaint , tombés au pouvoir des soldats européens, leur donnaient de l'aisance et les aidaient à SUp- * porter des fatigues inouies. * '
Pendant cet intervalle Toussaint Louverture metiait toujours le fort de la Crète-à-Pierrot en état de résister aux assauts les plus for midables. Il apprit que Île. général Leclerc devait inonder de iroum pes les rives de lArtibonite où se trouvaieut ses dernières © 'ESSOUrces. Il conçut Île projet hardi de porter la guerre jusqu'au centre du Nord, pourse mettre en rapport avec Maurepas dont ilignoraits la soumission , et dégager du gros de l'armée française les bords de l'Artibonite. Il confia le commandement de la Petite-Rivière et du fort de la Crèie à-Pierrot, à Dessalines. Il laissa sous ses ordres
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Lamartinière. Ce dernier lui dit lorsqu'il partait: comptez, gou« verneur, sur la détermination que nous avons prise de Vaincre ou de mourir pour Ja cause de la liberté. Toussamt lui répondit qu'il reconnaissait qu’en violant Famnistie du 4° Messidor , publiée aprés la guerre civile en faveur des hommes de couleur rigauuins ;. il s'était privé de nombreux amis de la liberté ; qu'il avait été trompé par les colons blancs, les auteurs des maux de St. Bomingue. MI pariit accompagné de Pourcely et de quelques officiers supérieurs,
avec une compagnie de dragons et sept compagnies de grenadiersh de la 4°. Il avait avec lui quelques compagnies récemment orgaæ nisces qu'il appelait la garde d'honneur du Nord. D'avrès ses or dres le général Christophe se répandit dans les bois de la cree Rivière avec les débris des 2° et 5° demi brigades coloniales. Il or-
Étiern ts
LA
jt Leclerc écrivait au ministre de la marine et des colonies que les off ciers noirs avaient des bagages ét un grand luxe: mais qu'ils portaient des éperons d'argent, sans souliers et sans bas. C'était vrai: mais ils 6 toient leurs chaussures pour mieux gravir les mornes, et quand ils faisaient" à pied vingt lieues dans la journée, le soldat français chaussé n'en fai salt que dix. 4.
HISTOIRE pairs (1808 | 208
donna d'organiser, dans les campagnes, les milices du Grañd Boucat, dé Wallièére, de Sainte Suzanne, de Sans Soucis et du Port Français: » Aussitôt après le départ dé Toussaint Louverture , la générale fut
battue dans le bourg de la Petite Rivière. Les bourgeois blancs des
Me
Gonaïves qui y avaient été conduits se cachérent de toutes parts, les
uns dans les fours, sous les lits, dans les jardins de cannes; d’autres sous la paille ‘et des branches d'arbre. Mais le soldat indigène
les découvrit partout. Dessalines les fit conduire à une petite distance
du bourg, garrottés et presque nus. I frappa trois coups Sur sa tabatière :
ce fut le signal du massacre. Les soldats les égorgèrent tous. * Ma-
“dame Dessalines se trouvait à la Petite-Rivière de l'Artibonite. Pleine d'humanité, elle n'avait jamais laissé lui échapper l'occasion defaire une belle action. Pendant que les cris déchirants des infortünés qu'on immglait remplissaient le bourg, deux jeunes blancs français
se précipitèrent dans sa chambre, égarés par la terreur de la mort,
“et lui dirent: Madame, en grâce, sauvez-nous. Madame Dessalines -demeura un instant irrésolue ; ele voyait déjà sa tête menacée de
loute la fureur de son mari qui n'eut jamais d’entrailles pour les
blancs. Cependant les instans étaient précieux ; le plus léger retard portait le poignard dans le sein de ces infortunés, Elle entendit les accens bruyans de l'état-major de son mari, qui s’'approchait
“d'elle. L'humanité releva son courage qui fléchissait: Gachez vous
sous ce lit, s’écria-t-elle avec énergie. Presque en mème temps
…Lamartnière , Bazelais, Laurette et une foule d'autres officiers en-
traient dans la maison avec Dessalines. is étaient ivrés de Joie:
Chaque goutie de sang blanc, disaient-ils, donnait une nouvelle
vigueur à l'arbre de la Liberté. Appuyés contre le lit ;ils S'entrete-
naient, des ressources qui restaient à Toussaint Louverture quand
tout à-coup un violent éternument éclata dans la chambre. Eh quoi, s'écria Dessalines plein de fureur! Y aurait-il un blanc caché ici. Aussitôt les officiers regardèrent sous le lit; et aperçureniles deux, jeunes gens. Plusicurs coups de sabre et d'épée eurent bientôt percé celui qui se trouvait le plus à la portée des armes diri-
“eces contre eux. L'autre fut arraché avec violence de dessous fe
lit; le sabre était levé sur sa lôte, quand Madame Dessalines se précipita aux genoux de son mari, el sécria avec un aecéht éa-
“pable d’attendrir le cœur le plus endurci : grâce ! grâce { Messieurs,
demandez grâce avec moi; c'est un médecin, ne le tuez pas; il pourra nous être utile. Dessalines la répoussa avec fureur ; elle se
…cramponna à ses habits, et lui demanda, les Ho à yeux, le serrant
* Le lieu où ils furent immolés est indiqué aujourd'hui par quelques
“croix de bois que les femmes noires et de couleur y ont élevées , depuis
la proclamation de notre indépendance, Des âmes pieuses y vont souvent adresser des prières eu Seigneur,
LA
210 misToIRE D’HaITI.—(1802)
dans ses bras, la vie de cet infortuné. Dessalines la rejeta. 35 à de lui, et dit d’une voix forte : il périra. Elle tomba presque éva nouie. Cependant les officiers émus par ces instances courageuses À ajoutèrent leur voix à la sienne. Le jeune français fut sauvé. C'était Desvourtilz, le naturaliste , l'auteur de la Flore ‘des Antilles. I avait été envoyé de France à St. Domingue, par une société san vaite., en 1801, pour étudier les plantes et les minéraux de "1. chmats.
Pendant cet intervalle, Leclerc avait ordonné à toutes les divisions È de son apnée de converger vers la Petite Rivière de l'Artibonitem ; Il confia à ladjudant-g général Pétion , le commandement de la 43° demi brigade coloniale, et plaça dans la 3° coloniale quil avatt réorganisée beaucoup d'anciens officiers du département du Sud. Il | apprit avec douleur que depuis son départ des Gonaives quelques | nouvelles ‘insurrections avaient éclaté dans le départemeüt du Nord Si les divisions de Flessingue et du Hâvre avaient eu Je temps d'arriver , ces Se cantorinées sur les principaux points du Nord au
raient contenn les populations. Cependant la soumission de Maure: pas donuait au capitaine général l'espoir que les mouvemens in surrectionnels ne franchiraient pas les communes de Plaisance et du Gros Morne -occupéees par le général Desfourneaux. Toussaint avait perdu la REA de ses dépôts d'armes et de munitions. Leclerc ré: solut denc, avant de retourner au Cap, de diriger toutes s6s form és it HER Rivière, d attaquer En, au cœur, et de « l'étouffer par n'importe quel sacrifice. Les divisions Débelle, Hardy, Rochambeau, ‘Boudet, se mirent en marche contre là Crète às | Pierrot, la position la plus importante encore au pouvoir de Toussaint Louverture. La division Desfournaux demeura toujours en. observation dans le Nord.
La Crête à-Pierrot est un fort d'un aspect peu important. Le voyageur qui arrive dans son voisinage Paperçoit à peine, et s'étonne qu'une armée européenne alt pu êlre arrêtée si longtemps devant celle buiie. Au Nord Ouest de la fortification est le bourg de la Peitie Rivière, et l'Artibonite roule ses eaux rapides, au travers de« hautes tige :s de roseaux , à deux cents pieds environ de l'éminence.« Geux qui n'ont point vu la Crète à Pierrot, -croient qu'elle est assise, sur le sommet d'un morne à pic, trés élevé: la montée quiy con duit est insensible, ei ce n'est qu'en arrivant dans le fort que l'on s'aperçoit de l'élévation du terrain. La fortification est rectangulaire | | et à redan; elle à cent pieds environ de longueur. Un fosse large“ et profond l'enviroffne , et des élévations de terre appuyées contre
des pieux entrelacés de lianes fortement serrées en ferment l'en- 4 celnte. Elle fut construite sur la rive droite de l'Artibonite, par, ; Laplaine Sterling et Guy l'aîné, hommes de couleur, à l’époque de la guerre qu'ils soutinrent contre Borel et ses saliniers. Plus ar
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Histoire D’#Atri.—(1802) oi
Christophe Mornay, noir, colonel de là 8e coloniale, et-Blanc Cassénave, homme de couleur, l'occupèrent pendant nos guerres contre les anglais et les espagnols, Ceux-ci vivement secondés par les colons, les noirs et les hommes de couleur royalistes, s’en étaient emparés momentanément, ainsi que de presque toute la partie occidentale de notre Ile, comme on l’a vu. Alors le gouvernement b: ‘Hannique rétablissaié . lesystème de l'esclavage partout où la révolution française l'avait détruit; et ce ne fut qu'à cette condition que les colons, effrayés de la liberté générale que proclamaient les commissaires civils Sonthonax et Polvérel, lui avaient livré les points les plus importans de la colonie. Elevée à ébtres prineipale Îles gorges des Cahos, la Crête à Pierrot ‘mettait la province de l'Ouest, à l'abri des netrslone des républicains qui occupaient la province du Nord. |
A arrivée de l'expédition française ( 1809 ÿ la guerre ëivile éclata de nouveau parmi nous. Presque tous les indigènes qui avaient gémi sous le gouvernement de Toussaint Louverture avaient embrassé le parti du capitaine-général Leclerc. Mais nous verrons les débris des troupes de Touran combattre encore les francais avec une intrépidité prodigieuse, el ne se soumettre que lorsqu'il leur deviendra impossible de lutter, plus longtemps, contre une armée qui leur était quatre fois supérieure en nombre, et contre les in- -nombrables populations des villes et des campagnes, qui, ne se doutant pas alors des perfides instructions que le capitaine général avait reçues du 1” consul, ne songeaient à rien moins qu'à une guerre nationale. Bonaparte qui méditait déjà la ruine de la liberté en France, ne se faisait pas scrupule de rétablir l'esclavage au delà de l'Atlantique : c'était: un acheminement vers son système d'absolutis- Hi
Dessalines avait placé douze pièces de canon de 8 et de 42, à la Crète:à Pierrot. Il en forma la garnison de 300 hommes, la Sr noirs , du 2e bataillon de la 7e, commandé par Marinier, ‘d'une compænie d'artillerie de cent hommes de St-Marc, la plupart hommes de couleur, de deux-cents casaques rouges, troupes noires et jaunes, commandées par J°-B" Louverture, neveu de Toussaint , de trois cents hommes d'infanterie, troupes noires, de la garde d honneur, commandés par Magay, de deux cents hommes de la 3e. coloniale, de deux- -cents hommes, noirs et jaunes, de la 4e, commandés par. Dominique. Pendant qu'il achevait les fortifications de la Crête , ses éclaireurs vinrent lui annoncer que le g "” Rochambeau, guidé par quelques indigènes, avait pénétré, de nouveau, dans les montagnes des Cahos, sortant du Mirebalais, et marchait pour le combattre. “Rochambeau avait détruit au Mirebalais les magasins de l'ennemi, et avait dispersé la plupart des rassemblemens. Dessalines partit aussitôt avec ‘100 hommes de la 4e coloniale , 200 hommes de la 3e, laissa le commandement du fortà Magny-et à Lamartinière, pénétra dans les montagnes, et tint les français en écheg
dans les défilés. T1 vola ensuite au-devant du général Débelle qui se”
dirigeait vers la Petite‘Rivière. Lamartinière, * d’une petite taillée,
était ‘un officier intrépide et éclairé. Quoiqu'il eut en horreur lé Système de gouvernement de Toussaint Louverture, il le secondait
cependant énergiquement, ayant compris son projet d’indépendañces | “La conduite d Hédouville dans la colonie avait soulevé toute son in dignation contre Île gouvernement français. Il n'ignorait pas que
Je” Directoire Run de France , perfide tant envers Rigaud qu'en-
vers Toussaint, avait fait Dre toutes les calamités de la guerre
du Sud. Il ne dontit pas que le gouvernement consulaire n'eut | pris la détermination de rétablir l’ancien régime que nous avions détruit en versant le plus pur de notre sang. Il avait, commen
Toussaint, reconnu l'importance-de la position de la Crète. à Pierrot. Elle fermait aux français les issues qui couduisaient à l'intérieur, ét gônait leurs opérations sur les rives de TlArtibonite. De son côlé, Toussaint Louverture , en occupant les forces de Leclerc autour
de cette fortification , avait l'espoir de faire traîner les hostilités en lougueur, de soulever les cultivateurs de la plaine du Nord , ét
de transtormer cette lutie en guerre nationale.
Lamartinière et Magny prévoyant qu'ils seraient attaqués, dans la nuit, ordonnèrent à un officier qui avait leur confiance , de veiller autour du fort, de donner l'alarme dès que l'ennemi se montrerait, et de rentrer aussitôt aprés dans les redoutes. L'officier se rengit à son poste, et vit quelques éclaireurs endormis , la tèie appuyée contre le poing: Il ft saisir un sergent'et le fil en silence baïonnetter. U demanda
aux soldats, saisis d'horreur, si c'était ainsi qu'on veillait au salut de la liberté, La guerre commande cette séverité, sinon la victoires
honteuse de la faihiesse, la trahit et guide les ldrapeaux ennemis. Après celte exécution le sommeil s'enfuit. Quelques cultivateurs ar°
més de fusils, se glissérent au travers des arbres et s’approchèrentM
dés éclaireurs. Ils furent bien accueillis: c'étaient des amis qui . L 0 - ? 1 LL Ï surveillaient les mouvemens des français, et en rendaient un compte
exact à la garnison. Ils annoncèrent que les troupes européennes
n'élant pas éloignées, pourraient à la pointe du jour attaquer le fort:
Dès que l'aurore brilla à l'horison ; les sentinelles redoublèrent d'at=« teution. Tout-à-coup les échos de la montagne répétèrent le bruit d’une
mousqueicrie : une colonne française venait de passer lArtibonite,
après avoir culbuté Dessalines, à une assez grande distance de la P' Ris
vière, et débouchait par un sentier boisé. C'étaient les genéraux Débelle
ps.
et Dévaut, qui se rendant aux Verrettes, marchaient à la tête d'une«
division de 2,000 hommes de troupes blanches et d'un bataillon noir
© * Lamartinière était un homme de couleur, quarteron, de LE H avait servi contre Toussaint pendant la guerre civile, :
Eu
HisToiRE D’HAITI. (1502) 218
dela 9° du Port'de Paix, commandé par le colonel Bodi in. (4 Mars). * La colonne française ne trouvant plus aucune résistance, s’avança avee “confiance pour enlever la fortification à la baïonnette. Quénd elle fut parvenue: aux bords des fossés, elle. fut accueillie par la mitraiile “a plus vive, et culbutée. Dévaut atteint d'une balle à la poitrine fut renversé au milieu des siens. Débelle fut grièvement blessé, sous le bras , d'un coup de mitraille. Les trompettes HART sontiérent Jla-retraite. Pendant que les blancs, poursuivis par la cavalerie indigène, aättelgnaient ; en désordre, Îa Petite. Rivière, peur se r efairé,, : les soldats noirs de la 9° coloniale, portaient à force de bras , à travers les eaux du fleuve , une voiture où ils avaient placé le général ÉDébelle, et protégaient [a retraite. Les français avaient “perdu cent hommes. Le chef de brigade d'artillerie Pambour prit le 'com- Mandement de la division européenne.
Les artilleurs indigènes, pleins d'ardeur, étaient immobiies à leurs pièces. Éohartinière et Magny parcouraient les rangs, animaient lessoldats par leurs énergiques portes Is examinaient les mouvemens de l'ennemi sur les berds du fleuve, quand, soudain , ils eniendirent une vive fasse à. l'est du fort... Hs furent spectateurs dun combat cntre quelques centaines d ‘hommes de LFOpES s coloniales, etune eompagnte de chasseurs français. Insensihlement le feu cessa, et quatre cavaliers , arrivant avec une grande rapidité, entrèrent dans le fort. C'étaieut Dessalines, Bazelais, Laurette et Roux. À l'apparition de Dessaliues, la garnison frémit. Il parcourut aussitôt les rangs, admira la belle tenue des pièces et en complimenta Lamartinière et Magny. Que font ces hommes que je vois nonchalamment groupés autour de. ce canon, demanca-t-1l à Magny ? — Gest uBe pièce, général que Fon Lrarisporte dans cetie embrasure qui domine la Petite Rivière. — Quelle lenteur ! Le soleil sera au: milieu du ciel qu'ils mauront pas fini. Il fait un signe d'impalience, lève sa canne, et la pièce, comme par encha: iletnent avait volé à sa destination. Dessalines » créole de la Grande Rivière du Nord, ctait la terreur des soldats qur cependant le Ils avaient en, dre pleine confiance ; ils le savaient l'enfant de la révolution : 1 ne pouvait trahir
sa mère ; {e triomphe de l'ancien réghine devait Île replonger, conme
eux , dans l'esclavage, ou au moins dans‘ la dégradation. Is avaient. “cémi dans les fers; ils avaient en exécration les bianes, et cette “haine implacable ct ait la plus forte passion dont ils fussent ADIMÉS :
Dessalines partag reait leurs sentimens, et ils lui pardonnaient sa, “cruelle sévérité. Dès lors il mcditait les gigantesques projets qui ont. “créé Haiti. Beaucoup des amis de la Hiberté avaient les Yeux, sur lui; aussi en 1803, aidé de Pétion, le verrons nous rallier sous le
* Nous avons. vu que la Se, avait embrassé le parti de Leclerc, après: la, soumission de Maurepas. |
drapeau de l'indépendance toute notre population. Les braves l'aimaient, car il admirait et recompensait le courage. Que de guerriers , “condamnés au derniér supplice , trouvèrent grâce devant Jui, Dar leur fière attitude et ieur mépris de la mort. L'audace, quelle se déployät pari les siens ou sous Îles idrapeaux ennemis , excitait toujours son admiration. On l'entendit, au siège de Jaëmél, lorsqu'il était repoussé par un bataillon formé de l'élite de la jeunesse de cette ville, s'écrier, en présence de ses soldats : les braves jeunes gens [rien ne me résisterait , si je les avais avec moi. Il était de taille moyenne; ses yeux étaient vifs il avait l'habitude de rous ler rapidement sa main autour de sa tête, toules les fois qu'une idée absorbait son attention. Le régime, de l'esclavage l'avait ren=" du cruel ; victime des atrocités de ses maitres 1mpitoyables, quand il parvint au souverain pouvoir , il leur appliqaa la loi du Talon. Re
Tout-à-coup le cri mille fois répété un espion ! un espion ! éclata dans le fort. C'était un jeune noir que les français y avaient en= voyé avec une proclamation, pour en corrompre la garnison. La proclamation était roulée dans la chevelure du jeune homme qui portait une queue, ainsi que c'était l'usage, sous Toussaint Louver=M ture. On le traina devant Dessalines qui, dans son Indiguation, sans linterroger, le poignarda de sa propre main,
Pendant ce temps, toutes les divisions françaises s'étaient mises en “mouvement pour atteindre la Crèle-à-Pierrot. La guerre était devenue horrible; de part et d'autre, l'on ne faisait plus de prison: niers , et les baïonnettes étaient Loujours teintes de sang. Le soldat français avait perdu son humaniie; il était, comme lindigène, al téré du sang de son ennemi. “Lerlerc était au - Port-Républicain quand il apprit la défaite de Débelie à la Crète à-Pierrot. Celui: ci s'était retiré à St. Marc ne pouvant plus tenir la campagne. Dugua, d'après les ordres du capitaine général, s'embarqua au Port- -Répu: blicain, se rendit à St Marc, et prit le commandement de là division Débelle. |
Le général Boudet était entré en campagne , à la tête de toutes les troupes sous ses ordres. Pamphile de Lacroix, adjudant général” remis de fa blessure qu'il avait reçue, à l'attaque du Port-Répu- » blicain, comimandait en second cette belle et formidable division Lac 56° demi-brigade française, et la 13° coloniale, en formaient l'avant-garde, sous les ordres de l’adjudant- général d'Henin. Les . français, se dirigeant sur le Mirebalais, éprouvérent les plus grandes latigues dans les défilés des mornes 44 Pensez y Bien. La cha= feur était aecablaute, quoique ce fut dans les premiers jours de Mars. Les soldais noirs el jaunes de la 43° coloniale, animés par Pétion,
ravissaient ces mornes avec agilité, et soutenaient leur courage, Fr 42 Ventôse (3 Mars), D'Henimn atteignit le poste de Trianon,
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“position admirablement fortifiée par la nature qu'occupaient cent cullivateurs du Mirebalais. L'indigène Piorre Parent, noir, come mandait les insurgés de ce quartier que Rochambeau avait déj: à dis: persés, en entrant au Mirebalais. Pour éviter les embuscades qui Anieste établies sur son passage, d'Henin tourna les hauieurs de fa posi- “tion ét pénétra dans les gorges du Trianon, Dès que les cullivateurs aperçurent l'ennemi, ils entonnérènt des chants, et se précipètrent sur deux pièces de canon vomissant 4 mitraille sur la redoute. La 56° protégeait cette batterie par une vive fusiilace. Les in- Surgés viurent expirer sur les pièces, abattus par la mousqueterie, “Les français, la baïonnelte en avant, pénétrèrent dans là redoute, et égorgérent tous céux qu'ils purentatteindre. D'Henin perdit soixante grenadiers dans cètle escarmouche.
Le 13 Ventôse (4 Mars) il entra au Mirebalais qui avait été réduit en cendres par les indigènes , quand Rochambeau y quait pénétré: “Sur l'habitation Chirry gisaient 309. cadavres de colons blancs. A. Papproche des français, ils avaient été sacrifiés avsc une rage frénétique. La campagne entière élait en flammes, et lés colonnes. françaises ne marchaient qu'au-travers. des ruines fumantes et des marcs de sang. Le 18 Ventôse (9 Mars) toute la. division Boudet. “fut réunie aux Verrettes. Elle n’y trouva aucun abri. Le bourg. entier, comime celui du Mirebalais, avait été réduit en cendres. Les. indigènes avaient réuni sur {a place d'armes toute la population blanche qui avait été baïonnettée, sans distinction d'âge ni de sexe. Les. “français virent avec horreur ces eadavres que la chaleur de la vie mavait pas encore entièrement abandonnés. 1} est impossible de. peindre l'indignation qu'ils laissèrent éclater. Ils. juréreni aux IPSUrgés une guerre à. mort qu'ils avaient déjà commencée. De part et d'autre tout n'était que représailles. Ils bivouaquérent; et pour n ‘être pas surpris, au sein de. la nuit, ils se formérent en bataillons carrés, placérent au centre leurs bagages et leur cavalerie. Vers minuit, ils reçurent la fusillade de quelques cavaliers. indigènes qui étaient éantonués non, loin des Verrettes. Ils répondirent au. feu de l'enne- “mi; mais à la pointe du-jour, ils n'aperçurent. pas les insurgés, à leur grand: étonuement, Char les Bélair n'avait voulu que dodbles leur sommeil, car sous la zone torride, l'européen auquel Fon enlève les momens de repos, ne tarde pas à être atieint de la fièvre. jaune, et suecombe infailliblement. Ils. partirent des Verrettes et entérent de traverser l'Artibonite. Ils avaient déjà atteint la rive: opposée, quand ils furent assaillis par quelques centaines de culti- Natéurs qui les culbutèrent en désordre de l'autre côté du fleuve. Le- 20 Ventôse (11 Mars) le général Boudet, au milieu d'une pluie de. balles, forma son avant garde de la. 13e coloniale, sous les erdres. de l'adjudant- général Pétion, et commanda de traverser l'Artibonite. “Pétion entendant, ies murmures de ses grenadiers qui se plaignaient
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d'être toujours mis à l'avant garde, La supporter seuls le feu: des . embuscades, leur dit: n'est-il pas glorieux pour vous d'occuperMlam place d'honneur; faites silence, et suivez-moi. Il s'élança le premice dans le fleuve, le traversa vis-à- vis del’habitation Labadie, leva l'embus=« cade, et fut suivi de toute la division Boudet guidée par un lioute- ! nant indigène, nommé Claude Labadie, et par St. James, jeune colon À blane, qui avait été officier dans la garde d'honneur de Toussaint Louverture. Tous les deux avaient abandonné la eause de Toussaint, À le premier aux Verrettes, le second à la Croix des Bouquets. La : division française arriva à Plassac, habitation. au Nord Est de Labas ; die, au Sud du chemin des grands Cahos. Il y avait un dépôt deu poudre.. Les français s’en emparèrent et firent sauter toutes les muse nitions. Delà ils se rendirent à la savane Lafortune pour s emparcr d'une somme d'argent que Toussaint y avait cachée; mais elle avait été enlevée par les insurgés. En continuant leur marche, ils fu rent obligés de passer au-travers d'un défilé formé par deux ro= chers nommés les Jumelles. Ils y furent arrêtés quelques instans * par le feu vif d'un grand nombre de eultivateurs. Enfin le même jour (14 Mars) ils parvinrent à la portée du canon de la Crèête-à-Pierrot Le lendemain, aux premiers rayons du soleil, Dessalines Mit“ plusieurs colonnes françaises se déployer dans la plaine. Il s'assit sur un tas de boulets, au centre du fort, près de la paudrièren Il-se prit à réfléchir pendant quelques minutes. Sorlant tout à-coup … de sa rêverie, ïil se saisit d'une torche enflammée, et dit en créole, en allongeant le bras sur un caisson: « Je ne veux garder 5 avec moi que des braves; nous serons attaqués ce maun ; ques ceux qui veulent redevenir asclaves des français sortent du fort, et qu'ils se rangent aulour de moi, ceux qui veulent mourir en hommes libres. » La garnison s’écria par acclamations: « Nous mourrons tous pour la liberté! » — « Si les français, continua-tal, : pénètrent dans ceite enceinte, je vous ferai tous sauter. » L'on attendit l'ennemi avec impatience. Les indigènes admiraient les 4 manœuvres de ces belles colonnes de grenadiérs, la tête chargée de hauts bonnets à poil, surmontés d’aigreltes rouges, qui avaient term rassé le mameluk dans les plaines brilantes de l'Egypte: Le destine les avait conduits à St-Dominguë pour y être ensevelis. Ces vieilles £ légions républicaines qui avaie nt porté si haut la gloire de leur patrie, succombèrent dans nos climats sous les efforts héroïques de la liberté qui avait abandonné leurs drapeaux parce qu’elles l'avaient trahie Elle passa dans les rangs de nos pères, remplit leur cœur de cet enthousiasme qui fait braver tous les dangers, et les rendit alement » invincibles. Quand la division Boudet parvint à cent mêtres environ. de la fortification, elle s'arrêta. L'on vit sortir de ses rangs quatre cavaliers qui s'avancèrent jusque sur les bords des fossés. Ils exa« minèrent le fort avec une scrupuleuse attention, et parurent élonnés |
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