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HISTOIRE D'HAITI.—(1802) s 221
olonel Bachelu, commandant du génie de l’armée, bloqua le fort par des retranchemens admirables, Les soidats noirs de là 9°, appartenant à la division Boudet, avaient fait la plus grande partie de Ja contrevallation et de la circonvallation, et leur approche étäitdes plus terribles. Seize mille hommes de troupes européennes, €t 2009 hommes de troupes coloniales cernaient là Crête: Pierrot que ne défendaient plus alors que 900 hommes. * Si les moufs que nous avons exposés plus haut n'avaient pas empêché la population de s'insurger contre Leclerc , que seraient devenus les français dont ies pri incipales forces étaient réunies sur les rives de l’Artibonite , Pour exterminer 900 hommes? Nous BORVIonS meltre sur pied cent-unlie guerriers, aussi braves, aussi intrépides que ceux qui formaient la garnison “de cette faible fortification.’ Mais alors Haïti était un pays français; masse considérait Toussaint comme un rebelle, qui cependant “ne résistait avec tant d'opiniâtreté, quoiqu il n'entrevit aucune chance sérieuse de succès, que parce qu'il avait compris le but de l'expédition française que la masse n'avait pas saisi: le rétablisse- “ment de l'esclavage. La plupart des indigènes étant alors français, ne xoulaient pas de celte indépendance suriout tentée par Toussaint dent le nom était généralement en exécration depais la guerre civile. ** Pendant que Leclerc faisait l'investissement da fort , les accords ouerriers de la Marseillaise, s’élevèrent majestueusement de nos re- “doutes, et les cris de liberté sortant de nos rangs se prolongeaient dans les profondeurs des bois. Les soïdats français , quoique indipnés des atrocilés des indigènes, voyant le drapeau “tricolore flotter sur les remparts du fort, furent émus jusqu'aux larmes. Cette musique leur rappelait les beaux jours de gloire de leur patrie, lorsqu'ils combattaient sur les bords du Rhin, de | ‘Addige, pour la liberté. du monde. Ils semblaient se dre: serions-nous les vils “instrumens de la tyrannie? Ne serions-nous plus les vainqueurs de la Bastille, les fondateurs des Républiques lalisnnes :? Les mots de “fraternité circulaient dans leurs rangs. Mais Rochambeau dont le “cœur était fermé à ious les nobles sentimens, coi ere de faire un “roulement général de tambours et de commencer le feu. Ils canon- “nérent et bombardèrent le fort, sans relâche, pendaut touie la matinée. Les obus, éclatant parmi les indigènes, ‘leur donnaient une mort sans gloire. Lamartinière , au pett fort, avec 200 hom- “nes, répondait aux feux le Hardy et de Ror hambeau. Magny, s au grand fort , s'exposait comme le dernier des soldats. Les indigènes remplissaient leurs habits de boue, et méprisatit la mort, les jetaient sur les obus qu'ils éteignaient quetquefo is. La résolution de Mourir était peinte sur tous les visages. Chaque soldat était deve-
. * Les Indigènes avaient déjà perdu 400 hommes euviron. s1** À l'arrivée des fr pis, beaucoup des cuitivateurs du Nord répon-
nu un héros. Auraientils pu, ces braves, fléchir un instant, quand Ja voix courageuse d'une femme les exhortail à ;s'ensevelir sous les ruines du fort. Marie-Jeanne, femme de couleur, indigène du Port-Républicain, d’une éblouissante beauté, abandonnant les occupations de son sexe, venait, à ehaque asgaut que donvalent les français , affronter la mort sur les remparts. Une ceinture d’a= cier à laquelle était suspendu un sabre , entourait sa taille, et ses mains armées d'une carabine, envoyaient hardiment le plomb meurtrier dans les rangs français. Eile avait lié sa destinée à celle, de Lamartinière, et combattait toujours à ses cotés.
Le capitaine- général avait vu tomber les meilleurs artilleurs de la division Boudet dont les batteries se ralentissaient. Le général Rigaud, quise trouvait à ses côtés, lexhorta en vain à confier les commandement de la batterie à l’adjudant-général Pétion, qui déja avait établi, avec adresse, un mortier, en avant de la division Bou” det, près du lieu où Dessalines avait fait égorger les blancs prison-. niers à la Petite-Rivière. * Pétion, quoiqu'il eut la réputation d'une grande bravoure donnait mollement , à la. tête dela 13° coloniale, depuis le commencement du siège. Les français virent sur sa phy-. sionomie combien il lui répugnait de combattre contre ses frèéresm noirs et jaunes. Dés lors ils acquirent la certitude qu'il ne s'était armé que contre Toussaint, son ennemi personnel , mais quil ne deviendrait pas l'instrument de leurs vengeances. Pétion désirait la prise de la Crète-à Pierrot qui devait porter le dernier coup à I puissance de Toussaint Louverture , il savait que sans son frane concours dans l'attaque, le fort serait finalement enlevé; 1l voulait que les indigènes lui sussent gré un Jour d’avoir ménagé le sang de ses frères. Cependani les assiégés croyaient qu'il déployait contre « eux, le plus grand acharnement. Toutes les fois qu’une bombe , tombant dans le fort , y répandait la mort, les indigènes criaient “ c'est Pétion ! gare Pétion!
Les bombes lancées des batteries dressées par Rochambeau exerçaient d'horribles ravages dans la fortification. Les cases que les in digènes avaient dressées étaient détruites , et pour achever leur mal heur, l'artillerie française éteignit le feu dela batterie du petit fort, en la démontant. Rechambeau crut pouvoir enlever la redoute. Sax division s’ébranla ; quand elle fut arrivée près des fossés, 11 dit en” s'adressant aux gren nadiers de l'avant-garde : Français, déjà trop longtemps votre courage s'épuise sous ces faibles remparts. Quelle “®
daicnt aux agens de Toussaint qui les excitaient à s’armer contre Leelerc: Quand nous avons pris les armes, avec la général Moyse, centre les blancs, le gouverneur ne nous atil pas fait exterminer ? N’a-t:il pas fait exécuter Moyse, sen neveu, pour plaire au gouvernement français ? qu'il ressuseite Moyse, pour combattre les blancs ! à
* L'artilerie de l'armée expéditionnaire n'était pas généralement iCal
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honte pour nous, si l’Europe qui nous contemple disait dans son ‘étonnement : quelques rebelles qui ont si souvent fui à l'aspect du fouet, ont détruit une armée française. Grenadiers , regardez cette redoute ; c'est là qu'il faut bivaquer cette Muit ou mourir. Vive la République! La charge se fit entendre et la fusilläde recommença plus meurtrière que dans les autres assauts. Les grenadiers fran- Gais se précipiièrent avec ardeur dans les fossés, les franehirent et pénétrérent en grand nombre dans les redoutes. Le combat devint des plus meurtriers. Les épées sont teintes de sang, depuis la pointe Jusqu'à la garde; assiégeans et assiégés combattent eorps à corps; le plus fort triomphe du -plus faible; l’on n'entend plus que par “intervalles le bruit de la mousqueterie ; la baïonnette exerce ses ravages, et les sabres étincellent en se; croisant. Lamartinière s’expose comme le tlernier des soldats; de sa main il immole bien des ennemis ; il était sur Île point d'être abattu par un soldat français, lorsque celui ci fut renversé d'une balle. « Courage ! courage! disait- “l, à ses compagnons d'armes! c’est leur dernier effort; demain ils leveront le siège; nous aurons terminé nos fatigues; vous reverrez vos feuimes, vos enfans. » Pendant quil parlait, les rangs des indigènes retentissaient des cris de victoire, et les assaillans se retraient emportant Île général Rochambeau qui s'était démi la jambe en se précipitant dans les fossés. La division Rochambeau venait de perdre 300 soldats et plus de 50 officiers tués dans les fossés. Déjà plus de 1,506 cadavres de soldats blancs gisaient autour de : Ja Crèleà Pierrot. Les indigènes passèrent le reste de la journée à transporter au loin les cadavres qui encombraient les fossés.
Du 1° au 3 Germinal (du 22 au 24 Mars) le grand et le petit fort furent canonnés et bombardés avec vigueur. Le colonel Jean-Baptiste Louverture fut tué par ua coup de imitraille. L'artillerie indigène ne put lutier contre la supériorité de celle des français. Le petit fort, ouvert de toutes parts, ne fut plus tenable. Lamartinière Pabandonna dans la nuit du 22, et reutra avec 150 hommes dans le grand fort, où ïi apporta la confance et l'enthousiasme. Les remparts de cette dernière forüification étaient aussi détruits ;1l n'y avait plus aucun abri contre les boulets ; les vivres et ts munitions venant à manquer, la garnison mangea du cheval, et les cailloux remplacèrent les balles. Lamartinière annonça à ses compagnons la détermination qu'il avait prise de sensevelir sous les ruines de la Crête. Cette énergique résolution fut agcueillie avec enthousiasme par ces braves qui entonnérent des hymnes de liberté.
Dans la matinée du 34 Mars, un vieux noir, boiteux, sourd et
Servie. Leclerc , dans ses lettres 4u ministre de la Marine et des Colonies, demande sans cesse des officiers du génie, et se plaint de la nullité de la plupart de ceux qu'on lui avait donnés,
presque muet, accompagné d'une vieilie noire', était arrêté parles français dans les environs du fort. Les soldats européens, le prenant. pour un espion, l'intergogèrent ; il ne répondit, avec des yeux ha gards , que par des bélémens : ils l'emmenérent au général Leclere qui, reconn aissant qu'il était idiot, ordonna de Île renvoyer. Enle« Spesire jusqu'aux bords du fleuve, ils le maliraitèrent à coups e plats'de sabre et de bâtoni; il se meltait à genoux et bêlart on ils le Tâchèrent, il traversa le fleuve avec difficulté, disparaissant sous l'eau, aux grands éclats de rire des français. Désqu'ilM eut atteint, avec sa compagne, la rive opposée, il se redressa, CESsa d'être sourd, boiteux et muet, dansa la Chica, * invectiva les blancs," fit plusieurs "bonds avec Flagilité du cabrit , et se précipita vers lew fort, au milieu d'une grêle de balles. Les français reconnurent qu'ils avaient eu affaire à un espion, ou à un émissaire des plus adroits Cet homme était un vieil officier africain’ envoyé par Dessalines: "EM pénétra dans le grand fort, et présenta à Lamartinière un anneau c'était l'ordre de l'évacuation. Les soldals versérent des larmes de“ rage, cuand il fut décidé qu'ils abandonnéraient la Crête-à-PierrotM Mais” l'ordre de Dessalines était pour'eux-Un arrêt auquel il fallut se soumeltre sans murmurer. Le 24 Mars à 8 heures du soir, ils” encombrèrent les fossés, sortirent du fort dans le plus profond st lence, et marchèrent contre la ligne de la division Boudet placée” entre ‘la division Rochambeau el une réserve, sous les ordres de« laide-de camp Burke, sur la gauehe de Pl Artibonite. Une sentinelle | ennemie donna l'alarme. Les français firent sur les indigènes une« vive fusillade. Le colonel de la 9e coloniale, Bodin, et l'adjudant=! È commandant d Henin, leur présentèrent un front formidable. Nous per. dinies la moitié des nôtres. Le reste, au nombre de 300, se repliew sur la division Rochsmbeau, passe sür le corps d'une demi. brigade * fr ançaise, s'ouvre, à la baïon mette un passage au-travers des blancsilé 3 el.se jette dans les bois. Les gémisseinens des blessés que les indi-° gènes étaient obligés d'abandonner leur arrachaient des cris douloureux. Le colonel Lefèvre, à la tête de la 19e demi brigade légére, s'élança à leur pouréuite. Lamartinière se retournant, comme un lion furieux, Fattendit au pied du morne de la Tranquillité , derrière la division tochamheau, lui livra un combat sanglant, et le culbuta dans les“ eaux de F'Artibonite. Il fit, sans être inquiété, sa jonction avec lem général Dessalines , au sommet du morne du Calvaire. A la pointe du jour, les français pénétrérent dans le fort. Ils y trouvérent less instrumens de musique de la garde d'honneur, les douze pièces qu Dessalines y avait placées, et massacrèrent tous les blessés. De mornes voisins, les indigènes découvrirent des cadavres mutilés pendus aux branches des arbres qui entouraient le fort. FAR celtes
* Danse lascive des cultivateurs Hatienes ù 5 ‘4
barbare exécution, Leclerc avait cru Îes effrayer ; mais en les aigrissant, il ne fit que les exciter à rompre le dernier chaiuon qui es attachait à la métropole. |
Le siège de la Crête à Pierrot doit être placé dans les pages de Plistoire au rang des faits d’armesles plus mémorables. En 1802, Jéssoldat français qui parlait de ses campagnes, et citait les traits dé sa valeur, disait avec fierté, en portant la main à son bonne : j'étais à la wlle à Pierrot. *
“La prise de ce fort porta le dernier coup à la puissance de Tous:
saint Louverture. Cette conquête avait couté aux français de bien |. tt sacrifices. [ls frémirent à l'idée des obstacles insurmontales qu'ils auraient rencontrés, si la majorité de notre population Isfétait insurgée contre eux. Leurs pertes avaient été si considérables autour de ceite éminence, que Leclerc défendit à ses généraux de les publier et même d'en parler dans les villes de la colonie , dans lä crainte que les détails de ce fait d'armes ne ranimassent les partisans de Toussaint, ** … Déssalines, Lamartinière et Magny se réunirent à Eschassériaux , au Petit Cahos, et se rendirent ensuite sur l'habitation Marchand, dans la plaine de l’Artibonite, avec les débris de la garnison de la Crête-à Pierrot. FL ; | ; … Peridant que le gros de l'armée française cernait la Crête-à- Pierrot, Je département du Nord se trouvait presque dégarni de troupes. Toussaint résolut d'en profiter pour ÿ porter la guerre, et soulever les culiivateurs de ce département. À la têle de sept compagnies dé la 4e. coloniale, sous les ordres du chef de bataillon Gabart, de quelques compagnies de la garde d'honneur du Nord, commandées par Pourcely, et accompagné de l'adjudant-général Fontaine, il franhit les mornes de Si-Michel, et se dirigea vers Ennery. La faible
" On: lit dans les mémoires du général français Pamphile de Lacroix,
tome [T, page 170: ‘“ La retraite qu’osa concevoir et exécuter le commandant de la Crète Pierrot est un fait d'armes remarquable. Nous entourions son poste au nombre de plus de douze mille hommes ; il se sau- Ma, ne perdit pas la moïtié de sa garnison , et ne nous laissa que ses morts ét ses blessés. Cet homme était un quarteron à qui la nature avait donné une âme de la plus forte trempe: c'était Lamartinière, le mêine qui s'était mis à la tête de la résistance du Port-au-Prince contre la division Boudet, et qui, en plein conseil, avait cassé la tête au commandant de l'Artillerie Laeombe (blanc) ”
** Dans sa lettre au ministre de la Marine et des Colonies, publiée dans le” Moniteur de 1802, Leclerc n’accuse qu’une perte de 500 hommes. Painphile de Lacroix parle de plus de 1,500 hemmes. Les indigènes ont évalué le perte des français à 2,000 hommes au raoius, |
HISTOIRE p'HaiTi.— (1802) | ok
garnison de ce bourg, dès qu’elle sut son approche , se replia sur” les Gouaives. I eût pucenlever cette ville, s’il avait été dans son plan. d'occuper le littoral. Car les français déjà terrifiés par les échecs" que leurs troupes avaient reçus à la Crête-à-Pierrot, voyant Toussaint pénétrer dans le Nord , croya'ent le général Leclerc anéanti à la. Petite Rivière de l'Artibonite. Ils étaient sur le point de se jeter dans les chaloupes qui longeaient le littoral ,- pour atteindre une frégate" mouillée dans la rade des Gonaïves. Toussaint entra au bourg d'En« nery où il organisa quelques compagnies de cullivateurs. Delà , ill se rendit à la Marmelade où il apprit que Dessalines, sorti de las Cr'te à-Pierrot , avait été battu au Nolo, et s'était retiré au sommets
des mornes , en observation. On lui annonça aussi que Romain 4 dans les mornes du Limbé, Sylla dans ceux de Plaisance, combat taient toujours pour lui avec une rare intrépidité. Le bourg des Plaisance était occupé par le géneral Desfourneaux, .. n |
Afin d'entrer en communication avec Maurepas dont il ignorait le sort, l'ex gouverneur résolut d'enlever Plaisance, et de ne s'arrêter qu'au sein des montagnes du Port-de Paix Il ordonna à l'adjudant général Fontaine d’aliaquer un fort dressé sur lhabitation Bidourète. L'assaut fut donné par les indigènes qui s'en emparèrent. Des ren forts soriis de Plaisance, pour les en chasser, furent répoussés* avec perte. Alors; le général Desfourneaux, en personne, à la tête de 1,500 hommes, se mit en mouvement. Toussaint vola & sa ren contre. Ils se trouvèrent en présence sur lhabation Laforestrie entre Bidourète et Plaisance. Le général indigène divisa son armées en deux colonnes. Celle de droite fut confiée à Gabart, et celle den gauche à Pourcely. Celuiei reçut l’ordre d'aller assaillir Desfour
peaux par derrière, par des chemins de traverse, pendant que Tous
saint le combattrait de front. L'affaire s’engagea à droite avec achar= nement. Gabart, à la tête des grenadiers de la 4e., culbuta Des* fourneaux qui battit en retraite, en bon ordre, quoiqu'il fut vigoureusement chargé par soixante dragons. Toussaint saperçut que le général français, ne trouvant aucun obstacle à gauche, manœu vrait pour le prendre en flanc, le long d'un sentier bordé de pré” cipices d’un côlé, et de l’autre dominé par des rochers à pic. IM expédia auprès de Pourcely un aïde de camp qui revint lui annoncer. que la colonne de gauche s'était indubiiablement égarée, car il. ne l'avait pas. aperçue. Eu effet, Pourcely, indigène de Jean-Rabel, ne con= naissant pas le quartier de Plaisance, s'était perdu dans les bois avec toute sa troupe. Toussaint laissa Gabart répondre à la fusillade de” l'ennemi, et se transporta à gauche avec ses dragons et 400 grena“. diers. Tout-à coup il aperçoit au premier rang des français un ba=« taillon noir de la 9e du Port de Paix, commandé par Golart. Il ne. douta plus de la soumission de Maurepas. Il s élança seul jusqu'à, vingt-cinq pas au devant de ses anciens soldats, et leur dit: Braves.
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éompagnons d'armes, pourriez-vous tirer sur vos frères ? Les blancs seuls sont nos ennemis. Les soldats de la 9e , attendris et ébranlés par ces paroles, jettent leurs armes et se précipitent aux genoux de Toussaint, en criant: Vive le gouverneur! vive notre général! Les français , rangés en bataille derrière eux, témoins de cette scène, firent sur eux une décharge formidable : ‘ils se débandérent ét se jetérent dans les bois. Cette malheureuse circonstance répandit le désordre dans les rangs des grenadiers de Toussaint. Ils battirent en retraite, longeant le sentier dont nous avons parlé; et l’adjudantgénéral Fontaine évacua le fort Bidourète. Toussaint, suivant le chemin, au milieu “ une grèle de balles, courut les plus grands dangers. 11 vit tomber , à ses côtés, plusieurs officiers, entre autres, un jeune homme, venu à sa rencontre, porteur d’une lettre de Dessalines, qui fut atteint d’une balle en la lui remettant. Par cette missive, Toussaint apprit que la garnison de la Crête-à-Pierrot faisait toujours une vigoureuse résistance. Quand l’ennemi eut cessé de le poursuivre , il réunit la colonne de Pourcely, qui s'était égarée dans les bois, à celle de Gabart, et vola au secours de la garnison de la Grête à- Pierrot. Il vint s'établir derrière la division Boudet , au Nord-Est de la Petite- Rivière de l'Artibonite, dans le chemin des Petits Cahos, sur l'habitation Marcail, située dans la section de la savane Brüûlée. A peine fut-il huit heures du soir, qu'il entendit une vive fusillade: c'était Lamartinière qui évacuait le fort, comme on l’a vu. Toussaint prit aussitôt le chemin du quartier de Marquez, aux Petits Cahos.
Le général Charles Bèlair devait aussi se mettre en marche pour “secourir la Crête-à-Pierrot, quand il apprit la retraite de Lamartinière. Il partit de l’habitation Monovrier, dans les mornes de l’Arcahaie, et se rendit aux Cahos auprès de Toussaint Louverture.
- Pendant cet intervalle, le général Christophe Parcohrait le département du Nord avec une audace extraordinaire. Il souleva les cultivateurs de la Grande-Rivière, du Trou, du Terrier.-Rouge, de Limonade , du Quartier Morin, incendia les maisons et les jardins de cannes de la plaine du Nord, et vint braver le général Boyer qui commandait au. Cap jusque sous les murailles de l'Hôpital et de la Petite Anse. Le général Boyer, secondé par l'amiral Villaret Joyeuse, tira de l’escadre tous les soldats de l'artillerie de marine et un corps de 1200 matelots qui combattirent vigoureusement les insurgés, et les repoussérent. Des chaloupes armées"se tinrent en station à la Petite ; Anse, à la rivière de Galifet, et sur tous les points de la côte qui pouvaient être assaillis. Les environs du Cap ne seront cependant dégagés que par l'arrivée du général Hardÿ sortant de la Crète-à- Pierrot.
… En même temps le contre-amiral Magon, quoiqu'il n'eut sous ses
à Se
La
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-ordres que peu de troupes, repoussait les attaques des cultivateurs
dans les environs du Fort:Dauphin, et préservait de la dévastation les quartiers de Maribaroux, d'Ouanaminthe, de Vallière, de Laxabon. Les marins de deux vaisseaux de ligne.et d'une frégate, mouillés au Fort-Dauphin, le secondèrent énergiquement.