CRETE
un seul accent de compassion. Pendant le reste de la journée lan frégate fut pavoisée, des sabords au sommet des mâts; les habitans
Gonaïves entendirent les sons harmonieux d'une musique guerrière,
et l'allégresse des français au milieu dun somptueux banquet Trois jours après, la Créole louvoyait à la hauteur du Cap. Le” gapitaine annonça à Toussaint qu'il allait le transborder sur le vais="
seau le Héros. Toussaint descendit dans un canot, aborda Île: vais:
seau, et dit, en y montant, à Savary qui en était le commandant: \ « En m'arrachant à mon pays, on n'a abattu, à St-Domingue, « que Île tronc de l'arkre de la liberté des noirs ; cet ‘arbre repous- «
4 sera vite, car ses racines sont profondes, et vigoureuses. » JE trouva à bord du Héros son troisième fils Saint Jean Louverture. Le jour de son arrestation, le chef de batailionfrançais, Pesquis
dou, qui commandait à Ennéry, laissa plier ses appartemens: Mas
Pa
dame Louverture, Isaac et Placide Louverture, les commandans Mo: risset , Monpoint, Néron, César, furent arrêtés et conduits aussi-
tôt, sous escorle, Jus u'aux Gonaïves, par un officier européen M ,] F] La
nommé Flamand. dis furent embarqués sur la Guerrière que commandait le Heutenant de vaisseau Gimont, le même qui avait été arrêté, avec Sabès, par Lamartinière, à l’arrivéeide la division Bou det au Port Républicain. La Guerrière joignit à la hauteur du Cap le vaisseau le Héros qui reçut à son bord Madame Louverture, Isaac, «
Placide et Mademoiselle Chancy. Les deux navires appareillérent »
pour France, le 26 Prairial (146 Juin), et mouillèrent dans la rade de Brest après vingt-sept jours de traversée. Peu de jours après,
le vaisseau l'Aigle, ayant à son bord le chef de bataillon Chancy
6ntra aussi dans la rade de Brest. Leclerc expédia encore pour
France une centaine des principaux partisans de Toussaint qui avaient Gté arrêtés. La frégate le Muiron qui en fut chargée se ren
dit dans [a Méditerranée. -
Aussitôt après l'arrestation de Toussaint , le capitiné Rén livra à une commission militaire l'adjudant général Fontaine M qui, ainsi qu'on l'a vu, avait été arrêté comme agent secret del'ancien gouverneur. Cet ‘officier fat condamné à la peine capitale. « Après qu'il cut entendu sa sentence de mort, il fut conduit dans
son cachot où il écrivit à sa famille des adieux dans un style des pius touchans. Gette lettre, au rAppOLe d'un écrivain français «était
un chef-d'œuvre d’ éloquence et de résignation. » Ïl reçut la mn
au Cap, avec le plus grand courage.
1 Lorsqne Toussaint était dans tonte sa splendeur, les colons, pour. re j DT.
témoigner icurs tendresses simulées, l’appelaient Papa Toussaint.