‹ Histoire d'Haiti (volume 2)Chapitre 23 sur 47 · LA · texte numérisé non relu

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HISTOIRE D'rrartr—(1802) 275

rignorait alors ce que le sort lui réservait. Toussaint expira sur un roc glacé du Jura, et lui devait mourir un jour sur un rocher brûlant de l'Atlantique , en face de ces peuples noirs de l'Afrique, qu il ässimilait à la brute. C'est presque une expiation.

Ainsi finit, à l’âge de soixante‘huit ans , en Avril 4803, Toussaint Louverture dont l'esprit organisateur avait étonné l'Amérique,

C'est l’homme de race noire, dans les temps modernes, le plus

“remarquable qui ait existé. À cinquante quatre ans, il était encore

esclave; la servitude dans laquelle il était plongé, depuis sa naïs-

“sance, n'avait pu éteindre en lui les germes d'un profond génie.

“Dès que la révolution éclata, on be vit exercer la plus grande prépondérance dans les conseils de Jean François, dont il était le se-

“crétaire.. Peu à peu son ambition s'agrandit : devenu oflicier supérieur dans Îles armées espagnoles de la colonie, il abandonsa

bientôt la cause de S. M. C. qui ne lui offrait que des titres eë des cordons , pour celle de la Franee qui donnait aux siens liberté et

égalité. Gette défection de Toussaint häta le triomphe de la liberté

des noirs. [Il contribua puissamment, dans le Nord, à rappeler la victoire sous les bannières françaises qui fuyaieut vaincues par les: armées anglo-espagnoles établissant l'esclavage partout où la Répuw

… bhique française l'avait aboli Favorisé par le gouverneur Laveaux, “il se trouva bientôt à la tête de l'armée de Saint Bomingue,

IL terrassa, dans le Nord et dans l'Artibonite, la plupart de ses ri vaux, en employant contre eux toutes les armes que fournissent l'astuce, l'hypocrisie la plus profonde, l'audace et le vrai courage. Rigaud, son ému le, dominait dans le Sud. Hédouville arriva dans a colonie, Toussaint découvrit aussitôt ce quil y avait de machiavélique dans {la mission de ce général. Le gouvernement français avait remarqué ses

…velléités d'indépendance. Hédouville s'efforça de ranimer le parti

français en flaitaat l'ambition du général Rigaud. Gclui-ci, aulieu de s'entendre avee Foussaint qui lui offrait une alliance pour proclamer Pindépéndance de Si. Domingue, lui clara la guerre en refusant de recevoir ses ordres dans le département du Sud. Rigaud. ne:

—conçut jamais cette idée, essentielle au bonheur des masses, de l’in- 2 dépendance de son pays: Toussaint voyant se dresser un nouvel - obstacle à ja réalisation de son vaste prost. déploya toutes ses. forces contre lui, et après une luite des plus sanglantes, où I vict’ire fut longtemps disputée, il envahit le département du Sad, et exier:

“mina, la plus grande partie des troupes qui lui avaient été. opposées. Ces immolations inutiles qu'il fit apres la victoire, résultat de la ven-

…géance coleniale sur les vaincus, furent origine ‘de la décadence de.

sa haute puissance. Devenu gouverneur à vie, il exerça sur les populations un despotisme souvent sanglant, mais toujours civilisateur. Ib poursuivit les superstitions africaines, propagea l'Evangile dans les campagnes , favorisa les hommes vraiment instruits ; jaunes, nos’,

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blancs, et les mit partout en évidence. A l’arrivée du général Le-m elerc, les masses indigènes, me comprenant pas le but de l'expédition qui était le rétablissement de l'esclavage, subissant, Pancien prestige de l'influence de la métropole, aidèrent les blanes à le faire tomber. - « Le génie de Toussaint n'était point vasie en connaissances ac- « quises, il était immense en méditations et en inspirations sur: « naturelles. » Principal défenseur de la liberté des noirs, il eût laissé une mémoire pure et irréprochable, s'il n'avait pas violé, après la chute de Rigaud, l’amnistie qu'il avait publiée en faveur des vaincus. Aujourd'hui il apparait à notre esprit un des hommes les plus célèbres qu’ait produits notre pays. Il fit pénétrer l'ordre, le travail, la discipline dans le chaos de notre révolution , simplifia nos luttes, rallia les masses, égarées par les passions de toutes sortes d'agita-. teurs, d’abord contre les armées de l'esclavage, puis contre celles, qui, ayant combattu pour la liberté, ne voulaient pas de l'indé- pendance du pays. Il fit refleurir l’agriculture. et le commerce dans le Nord, l’Artibonité et l'Ouest, vainquit le Sud, seumit la partie espagnole, réunit toutes nos populalions sous une seule autorité, leur donna une constitution, de sages lois, après d'affreuses con: vulsions qu'il avait apaisées, et au-travers des obstactes de tous genres que lui opposaient les puissans agens de la métropole. I eût perfait son œuvre, si, à larrivée de l’armée expéditionnaire, alors qu'il plaça un abime de sang entre lui et le parti colonial, il avait mis son eachet à l'acte de notre indépendance nationale. Néanmoins, à eause de son titre incontestable de régénérateur des masses de St. Domingue, la justice infaillible de l'hisioire ne tardera pas à le placer, où l'a déjà placé, à la hauteur de Dessalines qui con quit finalement notre indépendance , à la hauteur de Pétion!, le fon dateur de nos institutions démocratiques, de Christophe, le puissants organisateur du Nord, et de Boyer, notre habile et heureux pacificateur « Il poursuivit avec la plussrare persévérance l’accomplissement de« ses projets, sacrifant tout, même ses- proches, au développement de son ambition et au triomphe de ia liberté des masses. Sans entrailles pour tout ce qui contrariait ses plans, instrument dela Providence , il personnifia le principe infléxible de la suprématie noire à S'. Domingue. | à fe | + 1:50 Peu de temps après la mort de Toussaint, Bonaparte fit mettre en liberté le général Rigaud dont Fambition devait eneore teurmenter« Haïti. D'une autre part, on laissait mourir, au milieu de toutes sortes de privations, dans les cachots de Paris , le vertueux Pinchinat, dont le seul crime fut d'avoir été un des apôtres de la liberté à S' Domingue, , 10e ; Maintenant va commencer cette abominable administration française,

supérieure en horreurs à celle de l'ancien régime. Nous verrons”

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| -! misroire p’marri. (1502) dy

se montrer sur la scène de nouveaux personnages jusqu'alors in- “connus la plupart, les montagnards donner le signal de l'insurrection qui se transforma en lutte nationale, et par leur opiniâtreté héroïique, attirer dans leur parti qui était celui de la vraie liberté, d’abord À troupes coloniales, ensuite les populalions des plaines et des villes. | |

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