LIVRE VINGT-HUITIÈME
Sommaire. Sylla ravage le canton d'Ennery. Ilest repoussé par le colonel Pes:" quidou —St Domingue est de nouveau déclaré en état de siège —1/exercice ds attributions du préfet colonial et du commissaire de justice est suspendu —Arxêté des consuls sur ladministration provisoire de $t. Domingue—La colonie régie par trois magistrats: un capitaine-général, un préfet colonial, un com missaire de Justice. Arrêté de Leclerc modificauf de celui des consuls — Etablissement du gouvernement militaire.—Division territoriale —Conseils des, Now tables, Administration des quartiers et des communes.— Attributions des Conseils des Notables.—6000 hommes de renfort sont promis.—Prospérité du commerce. —Service des Postes.—Réglement sur les pilotes.— Ports ouverts. —Le commer-« ce national n’est assujetti à aucun droit d’importation.—— Droits d’expoitation—"« Les animaux et les bois de construction entrent francs de droits —Récompenses accordées aux invalides——Biens séquestrés Réglement sur la culture.— Défense de vendre des propriétés de moins de cinquante carreaux de terre — La tranquil- Bté continue — Etablissement de la police.—Le divisionnaire Clauselnomméins pecteur général de la gendarmerie de la colonie —Cartes de sûreté, pass: ports" Idlinger administrateur des domaines et des revenus nationaux.—[mpositops —" Etablissement des tribunaux.—5000 hommes de ‘renfort débarquent au Cap.-—Ra: vages de la fièvre jaune.—Charité des femmes indigènes. —Règlement sur la po: lice des arts de santé — Les forts reçoivent les noms des généraux français décédés — Lequoi Mongirault, préfet colonial. Vicaires apostoliques.—Le séques- M tre établi sur les biens de ceux qui avaient suivie parti de Toussaint est levé. -—-Le désarmement continue—Dessalines, Clervaux, Pétion, Christophe trans-« portent , des campagnes dans les arsenaux, 30,000 fusils. — Toute la population des |
Histoire D’HAITI.—(1802) 979
tampaones est désirmée— Leclerc se retire à la Tortue avec son épouse. —Le “secrétaire général Lenoir se chaîge de Padministration.— Portrait de Leclerc par les Américains — Drssalines excite Clfarles Bélair à la révolte, certain de Par. rêter et de le livrer aux blancs.
Pendant que Leclerc eérovait les anciens partisans de Toussaint “anéantis, par la déportation de leur chef, Sylla sortit des hauteurs de Plaisance , se rua dans la vallée d'Ennery , pilla et saccagea tout, et tenta en vain d y faire éclater une insurrection, Le colonel Pes- “quidou, commandant d’ Ennery , à la tête de plusieurs détachemens de la lécion expéditionnaire, dispersa les attroupemens, à coups de fusil, et rétablit l’ordre. La masse des indigènes qui n'avait pas été valncue , mais .qui s'était volontairement souinise au nouveau gouverneur, n’avail pas encore été assez persécutée pour comprendre les projets liberticides des français. Depuis la déportation de Rigaud et celle de Toussaint, elle n'avait que l'attitude de la défiance : les idées. d’ indépendance n'existaient que dans quelques têtes; elle ne “oulait que du maintien de la liberté, et la loi du 20 Mai 1802 ne lui était pas encore connue. La mé taphy sique de la liberté ne pou- “ait seule lui donner une impulsion; ül fallait, pour qu elle s’ébranlt, quelle fut matéricillement frappée, c'est à- ‘dire qu'elle fut réasservie comme dans l'ancien régime. Cette tendance fatale qui pous-
Sait Bonaparte vers l’ancien régime, tant en France que dans les colonies, pouvait seule porter les choses à cette extrémité. Leclere “déclara S'. Domingue en état de siége, et continua activement le “travail de là réorganisation de la colonie.
Le 1° Messidor , (20 Juin), il! publia la proclamation suivan- RC: j . Dans les circonstances présentes , rien ne s'oppose plus au rétablissement de l'ordre, et à ce que vous soyez gouvernés par des institutions régulières. Vous allez connaître quelle est la distinction des pouvoirs établis par le gouvernement français , pour régir cette colonie. Les magistrats, chargés du service de ces différents pou- “woirs, vont les exercer. Ils entreront en fonctions à dater de la pue blication de la présente proclamation. Ces fonctions ont été tracées par le gouvernement français pour un temps entièrement calme. Ce temps ne tardera pas à luire pour S'. Domingue; mais jusqu'à cette époque , la colonie, demeurant en état de guerre, différentes attributions du préfet colonial et du commissaire de Justice, rentrent dans “celles de l'autorité militaire. Un arrêté du général en chef, à la suite de celui des Consuls de la République, indiquera quelles sont les attributions du préfet colonial et celles du commissaire de Justice, dont l'exercice est momentanément suspendu. L'arrêté des Conseuls sera imprimé à là suite de la présente proclamation.
280 HNSTOIRE D'HAITI.—(1802) | 1
Je généralen chef, capitaine général,
Signé, LECLERG. k
Par le capitaine général, le Secrétaire Général, k
Signé, LENoIR. û
L'on remarqua dans la proclamation du géuéral en à chef qu'il pro- «
mettait à la colonie des institutions régulières, mais non libérales. # Le mêmé jour un extrait des inte des délibérations des Consulse de la République fut publié daus fa gazette officiclie de S’. po: Deus L'arrêté avait été rendu, à Paris, le 13 Brumaïre an 10. de la République une et indivisible. | % La parlie Five de S", Dowingue était provisoirement régie par { trois magistrals à . Un Capitaine Général ; 4 Un Préfet colonial, 2 D.
Et un commissaire de Justice. + , % D après les principaux arlicies qui déterminaient les pouvoirs de ces magisirats, le capitaine général avait sous ses ordres immédiats les forces de terre et de mer, les.gardes nationales et la gendarmerie. Fl était exclu sivernent chargé de la défense exlériëurc €t intérieure de la colonie ele..22 [E exerçait tous les pouvoirs qui étaient ci-devant atiribués aux gou= ê verneurs généraux dans les colonies, sauf ce qui y était dérogé par F l'arrêté des Consuls. 1! pouvait, en cas d'urgente nécessité, et sous” F sa responsabilité personnelle , surseoir, en tout ouen partie , l'exé-« “ cation des lois et règlemens existans , après en avoir toutefois müûrement délibéré avec le préfet colonial ou le commissaire de Justice, selon la nature des objets, sans pouvoir être arrêté par leur no contraire. La concession des terres vacantes, au nom de la Répubiique, lui appartenait concurremment avec le préfet colonial, cn. se conformant, aux règles établies : en cas de diversité d'avis , R, voix du capitaine général était prépondérante. Le capitaine. neue ‘4 voyait provisoirement à touies les places, tous les emplois militaires, selon l'ordre de l'avancement graduel, jusqu’à celui de chef de bataillon ou … d'escadron exelusivement el proposait au minisire du déparetell tous les remplaceimens à faire dans les grades supérieurs. Le capi-m taine général ne pouvait s'immiscer directement ni indirectement dans . 4 les fonctions du préfet colonial, et du commissaire de Justicé, ni des tribunaux. En cas d'absence hors de la colonie et dépendances, où de mort , le capitaine. général devait être remplacé, par in-« térim, et dans la ‘plénitude des mêmes pouvoirs, par ! officier géné ral qui serait désigné. ne
Le préfet colonial était chargé exclusivement de lidrainisuratiog
civile et de la haule police de la colonie, 6e qui comprenait , ou- 8 ce qui avait trait à l'administration civile et à la haute police, Mostruchon publique, la liberié des cultes et des personnes , ‘luage de la presse, et généralement tout ce qui était el: devant attribué aux intendanus el urdonnaleuts de la colonie, soit en particu: Mer, soit en commun avec le BORNGNEUre Le préfet colonial ne pouvait, SOUS aucun prétexte , entreprendre sur les fonctions de Eire judiciaire, comime le commissaire de Justice et les tribunaux ne pouvaient entreprendre sur ses ppp à peine de nuliité et de révocation. En cas d'absence hors de la colonie et dépendances, ou de mort, le préfet colonial devait être remplacé de droit et provisoirement, par
officier d'administration le plus ancien en grade supérieur,
Le commussaire de Justice avait l'inspection et la grande police
sur les tribunaux de la colonie, ainsi que sur les ofliciers ministé- Miels qui en dépendaient. [i se faiszil rendre des comptes assidus par les ns et commissaires du gouvernement. En cas d'ab-
sence hors de la colonie et dépendances ou de mort, ildevait être
remplacé, de droit et provisoirement, par le commissaire du gou-
vérnement, près le tribunal, à la résidence des chefs lieux ; et-celui-
bei par le premier de ses substituts.
D'aprés.l'arucle 2 du utre 1% de larrêté des Consuls , le es
Mgénéral déclara, le même jour 20 Juin, que la haute ‘police de la “colonie appartiendrait à l'autorité militaire e jusquà ce que l'état de
siège de S'. Domingue fut levé, que l’'ordonnateur en chef, tant
Mqu'il y aurait une armée dans ‘la colonie , aurait dans ses attributions, le casernement, les hôpitaux militaires, la solde, l'entretien Lei la nourriture des troupes de Llerre. Ces attributions devaient ap- partenir au préfet colonial, d' après l'article 2 de l'arrêté des Conésuls. Le capitaine-général déclara en outre que la surveillance des
Prisons , sous les rapports de sureté et de salubrité, serait enlevée äu commissaire de justice, et altribuée aux commandans militaires ;
“que la police personnelle envers les gens sans aveu, les perturba-
teurs de la RARE publique, apparendran à lauiorité mili-
aire. - o
Le gouvernement militaire se trouvait entièrement rétabli, car Leclerc, parles changemenus portés à l'arrêté des consuls, plaçait en ses mains tous les ressorts de l'administration générale, et fais aitWouer
“au préfet colonial, ainsi qu’ au commissaire de Justice, des rôles tout. à fait subalternes.
Pour les entourer de quelque prestige, il leur permit d'avoir des gardes. Le secrétaire général lui même, le citoyen Lenoir, sortait toujours précédé de soidats. Les français avaient remarqué que le peuple de St-Domingue avait peu de considération pour les ofliciers civils. Ainsi, Leclerc continua Îe régime militaire organisé par Tous-
“faint, Aussitôt après la chute du parti des petits blancs, sous le
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commissaire civil Sonthonax, les municipalités perdirent à St. Don mingue toute leur puissance; le gouvernement de Rochambeau leurs portera le dernier coup. Depuis Dessalines jusqu'à nos jours, leur éxistence n'a été le plus souvent que nominale en Haïti. Cependant, la vraie liberté ne se rencontre que chez les peuples où la communes est le principe de l'organisation générale. 4
Par un arrêté du capitaine général du 2 Messidor an 40 (21 Juins 4802) , la partie française de St-Domingue fut divisée en trois dépar tements, du Nord, de l'Ouest et du Sud. On supprima le départe=s ment de FArtbonite. Le département du Nord, chef-lieu le Cap” Français, fut divisé en six quartiers, et subdivisé en vingtcinq com-f munes ou paroisses. Les quartiers du Port-de Paix, du Môle St Nicolas, du Cap et du Limbé, renfermèrent chacun quatre communes celui du Fort-Liberté, quatre; et celui de Limonade cinq. Le dé" partemeut de l'Ouest, chef lieu Port Républicain, fut divisé en quatre” quartiers, el subdivisé en quatorze paroisses. Le quartier de Si Mare renferma -quatre paroisses, celui du Port-Républicain, quatre, ceux de Léogane et de Jacmel, trois chacun. Le département du Sud," chef Hieu les Cuyes, fut divisé en quatre quartiers, et subdivisé en quatorze paroisses. Le quartier du Petit-Trou renferma trois pa roisses, celui de Jérémie deux, celui de Tiburon deux, celui des” Cayes cinq, celui de St. Louis deux. La partie française eut done” quatorze quartiers, et cinquante deux paroisses ou communes. chaques
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paroisse conserva la démarcation qu'elle avait avant 4792. #
Le général Leclerc confia l'administration des quartiers et des pa-” roisses à des commandans militaires et à des conseils de notables. Les commandans militaires avaient-sous leurs ordres les commandans" de place; ils exerçaient la haute police dans l'étendue de leurs quar« tiers. Dans chaque commune il y avait un officier militaire, et un conseil de notables dont les membres négociants ou propriétaires étaient nommés par le préfet colonial. Les commandans militaires. délivraient les passe-ports, s'occupaient de la police de sûreté, du“ maintien de la propreté et de la salubrité des villes et des campagnes, des recensemens des citoyens,*de la police des prisons, de la vérifications dos poids el mesures, en concurrence avèc les conseils de notables." is ne pouvaient s'immiscer dans les fonctions des conseils de notables; quant aux réquisilions, le capitaine.général se réservait à lui seul le” droit de les faire. Peenie 3 MORE
Les conseils de notables proposaient les dépenses nécessaires pour" l'entretien et la solde de la gendarmerie , pour la construetion et l'entretien des établissemens publics, pour la police de la salubrité," pour Île salaire des ministres du culte, et celui des employés à la chargem de la commune; ïls repartissaient les impôts adoptés par le général en chef, sur fa proposition du préfet colonial; ils ordonnaient et surveillaient l'emploi des fonds communaux; ils administraient les hô="
pilaux civils, ils | déterminaient la taxe des comestib! les ; is pouvaient tre destitués par le préfet colonial.
Un officier chargé de la tenue des actes de l'Etat civil fut établi dans éhaque commune.
«1! fat défendu aux citoyens, sous n'importe quel prétexte, de se féunir en assemblées sous peine d’être dispersés par la force armée: . Plusieurs bâtimens, chargés de quelques bataillons européens, mouillèérent dans la rade du Gap. Les troupes, en débarquant, annoncérent Îa prochaine arrivée de 6,000 hommes réunis à Toulon. Ces nouvelles réjouirent considérablement : tes français qui voyaient avec cffroi le vide que le fer et la peste avaient fait dans leurs rangs. Leclerc pensa que ces nouvelles troupes, par leur attitude , “maintiendraient l'ordre dans le Nord. Quant au département du Sud, il ne lui donnait aucune inquiétude; il paraissait être certain du dévouement à la France de la population de ce département’. Mais la peste, semblable à uu brasier alimenté par des matiéres combustibles, devenait deplus en plus intense par les renforts fréquens qui débarquaient dans l'ile. ÉELENQAUE la paix avec FAnleterre , le rétablissement de l'ordre dans les campagnes, avaient lonné quelque essor au commerce. Des. marchandises françaises de toutes espèces remplissaient les magasins ; elles sé vendaient à. un, prix raisounable ; des travaux des champs prenaient une noule vigueur; les vivres entraient dans: les villes avec abondance ; et sur les habitations, de vastes magasins se remplissaient, de nou: Yeau , de mais et de riz. Les marchés du Port- Républicain , du Cap, des Cayes étaient couverts de café que de nombreux navires éxportaient. Du 23 Prairial au 16 Messidor, cinquante bâtimens marchands Claient entrés dans la rade du Cap, el en étaient sortis. Le commerce de la colonie était devenu surtout très actif avec les villes de Bordeaux, de pas que du Hâvre, de Marseille, de Toulon, de Nantes, de Baltimore, de Charleston, de Portland , de Mogane, dé la Nouvelle Orléans | … Dans les villes, les commandans militaires maintenaient rigoureu- Sément la propreté, et la « ARE par des ordonnances sévères et isles. Pendant la nuit, des reverbères éclairaient les rues. Toutes È familles blanches vivaient heureuses sous ce nouvel ordre de choses, éblormée européenne apprit avec jote que le capitaine-général avait demandé au gouvernement français , cinquante places au Prytanée, pour les fils des guerriers morts à St. Domingue. Le service des postes fut rétabli, sous la sureillance du préfet colonial et des sous- préfets. I se faisait par d anciens marins, ou des officiers de la marine.
Dans les ports de mer, suivant l'importance des villes, les officiers en activité étaient classés d'après leurs grades, qui ne s’élevaient pas au. dessus du rapg de capitaines de vaisseaux, et ne descendaien£.
pas au dessous de celui d’enseignes. Au Cap et au Port Républic ail les officiers en activité jouissaient du rang de capitaines de vaissea ceux des Cayes et de Sto. Domingo, du rang d enseignes. Le eapitain général classa tous les ports. Ceux de première classe élaient com Jvandés par des pere de vaisseau, ceux de deuxième classé des licutenans de vaisseau, et ceux de troisième classe par des enseig Ces oficiers ue payés comme les marins en activité des mê | grades qu'eux. Dans les ports des Cayes,: du Port-Républicain, du Cap, du Fort-Liberté et de Sto. Domingo, le gouvernement plaçasde pilotes pratiques; et pour être reçu pilote, 1 fallait subir un examen sévère et raisonné, sur les passes, Îles AR des. ports, sur | théorie des vents et sur la manœuvre. Les pilotes de première cl recevaient de l'Etat 1200 fr. par an, et ceux de deuxième 960 fra | Ces mesures prises à l'égard des pilotes étaient. très.salutaires. Not pays étant une ile on ne pouvait donner trop de soin à la navigation” Les navires français venant des ports de la métropole n'étaié reçus, par l'administration coloniale, que dans les rades du. Ca du Port-Répubhcain, des Cayes et de ‘Jacmel. Les navires étrange du port de soixante ‘dix tonneaux étaient reçus dans les mêmes po Les bâätimens français n'étaient assujettis à aucun droit d’ importat Leurs chargemens se composaient des denrées du pays, à l’exce tion des sirops, de la mélasse, dutafia et du rhum. Ils payaient pour | porlalion: café, le quintal , 6 francs 67 c.; sucre blanc, 6 franc c., sucre brut, 3 francs 33 c.; indigo, la livre 40 c., Cuir poil, la bannette, 2 francs, cuir tanné, 1 franc 33 c. , bois deca pêche, bois jaune, et toutes espèces de bois de teinture, le millier G francs; bois de gaïac, 10 francs, 100 francs en n; acajou et a ré bois de travail , en poutres ou en madriers, le pied cube, 4 s gomme de ga he, le quintal , G francs ; casse, le quirtal, frs. 390,5 CAtA0, 5 JTS:& toutes denrées non énumérées , 40 pour 4 cent de la valeur au cours. Les marchandises venant des manu: factures de France, étaient exempies de droit. ; 4 Les droits établis sur les denrées exportées par les bâtimens étra gore étaient ainsi établis: café, le quintal, 43 frs. 383 c., sucre bk A8 33 c., sucre brut, 6 frs. 67 c., indigo, la livre, 80 c. rap, le mil lier , 20 frs. , tafia , le boucaut, 30 frs., cuiren poil Fe hu e, 4 frs. , cuir tanné, 2 frs. 67 c., bois de campée Lois jaune , et toutes espèces de bois de teinture, le millier , 12 hois de gaïac 20 pour cent en n, acajou et autres bois de tra un poutres et en madriers, le pied cube, 80 c.; gomme de ga le quintal, 49 frs; casse, ‘le quiutal, 6 frs. 67 € C., Cacao, 40 toutes denrces DU nt ue 20 pour cent, la valeur au cours. marchandises provenant des manufactures françaises , et import par les bâtimens étrangers, ne payaient aucun droit. 0 Depuis quelques mois, les bœuls, les mulets et les bois de een Ca
Hruction étaient devenus très-rares, à cause des difficultés de com- Munications , avec la partie espagnole, pendant la guerre de trois “MOIS. Par un arrêté du capitaine général, en date du 5 Messidor kan 10 (25 Juin), ces animaux et les bois ide construction purent “entrer francs de tous droits, dans les ports du Cap, du Môle, de Port Républicain , et de Jacmel, ' :
je ut la caisse publique était pauvre, Leclerc, contre son désir,
le put donner des pensions aux vieux soldats devenus infirmeés par les blessures qu ils avaient reçues dans les combats. Il les dédommagea Ménarrêtant que les corps des gardes de douanes ne seraient composés “que des fmilitaires invalides. | Mu Les biens qui appartenaient aux émigrés et aux absens, et ceux purs par le gouvernement de Toussaint entrérent dans les do- Mmaines nationaux. Un directeur et un ‘inspecteur furent chargés, “dans chaque département, de l'administration des domaines'et re lyenus nationaux. | Le 10 Messidor an 10, (29 Juin) on publia un règlement sur lculture. D'après les termes de ce règlement, fes cultivateurs récevaient, comme sous Toussaint Louverture, le quart brut des revenus; ils obéissaient aux propriétaires, gérans , fermiers, que la 101 constituait les chefs des habitations, comme à des officiers mililaires. Ils étaient punis de la prison pour les délits qu'ils commettaient envers leurs chefs; pour les fautes de’ police, ils étaient Mis à la barre; pour les cas graves, ils étaient soumis: au code pénal de la marine. Tous les mois, les commandans de communes faisaient leurs rondes sur les habitations, Ss'informaient si les cullivateurs recevaient leur part des produits, s'ils n'étaient pas vietimes des injustices des conducteurs dont ils écoulaient aussi hs Mplaintes. Mais le plus souvent le pauvre laboureur était maltrane Minjustement par les commandans de communes eux mêmes qui ne Mblämaient jamais les colons. Ceux-ci parlaient sans cesse et hardi- Mnent du prochain rétablissement de l'esclavage. Les cultivateurs du 0 de l’Artibonite et de l'Ouest étaient inquiets ; ils paraissaient Mattendre avec impatience l'occasion favorable de reprendre les armes, Les gendarmes, chargés de réprimer le vagabondage dans les cain- Pègnes, sabraient impitoyablement les indigènes qu'ils rencontraient Sur.les grands chemins.
“Le gouvernement défendit aux notaires de passer des ventes de terre de moins de cinquante carreaux. Le cultivateur ne put devemir propriétaire ; il demeura sur les grandes habitations; on crut Quen les réunissant par centaines sur un seul point, il serait plus Cile de les contenir. Le système des grandes habitations favorisefa, au contraire, l'insurrection. La plus légère étincelle produira dans les immenses ateliers que formaicnt les cultivateurs l'explosion ét l'embrasement : c’est ainsi que la tyrannie se trompe le plus
286 + HISTOIRE D'HAITI.—(1802) souvent dans ses caleuls. Répandus sur ious Îles ie de rie, propriétaires, la plupart, de quelques carreaux de terre, ilgn’eu sent pu s'entendre facilement; mais 1ls auraient été libres, et ce m'était pas ce que voulait le gouvernement français. Cepernee es. jardins légumiers situés à moins d'une lieue des villes, n'étatent"pas compris dans l'arrêté du .capttaine- général, qui défondait ‘de cultivé url | propriété de moins de cinquante carreaux. Le cultivateur, ne pouvait épouser une femme d'une habitation autre que celle son laquelle. il était attaché, à moins d'une dispense -du capitaine géné ral lui-même. C'était un nouvel obstacle qu'on créait aux rappo C des rultivaieurs entre eux ; car les hommes qui se communiquen | fréquemment se transmettent leurs idées et s’électrisent. A
Lorsqu'un cultivateur ouvrier où domestique voulait voyager dans le quartier où il ayant son domicile, il se faisait délivrer gratis par | les confmandans de place des cartes de sûreté. Le cultivateur qu la gendarmerie rencontrait sur Îles grandes routes , sans être muns d'une carie de sûreté, devmt être arrêté et emprisonné. Les ne | ports, pour voyager dans l’intérieur de la colonie, étaient aussi"dés livrés gratis. Ces paste-poris DÉS servir pendant trois moiss Mais il n'en était délivré aux cultivateurs et aux ouvriers que pout | des jours et des lieux dr A Pour rétablir l'esclavage, qe | vaines ordonnances du gouvernement! Dans les plaines etlés mornes les cultivateurs se réunissaient la nuit, et: conspiraieut la perte leurs anciens oppresseurs. Quand'ils étaient arrêtés dansces rasse d Fes ae ils étaient livrés au dernier supplice. L'héroïsme: qu'ils dé montralent, en marchant à la mort, cafe missaii Îe courage de leur Sen be qui apprenaient à mépriser les Lortures les plus affreuses
Le capitaine général confia la surveillance et l'entretien des roul é au commandant du génie de l'armée, el dans chaque quartier établit un voyer arpenteur. Aïasi Leclerc profitait de là paix pou consolider la puissance métropolitaine; mais les atroeités, auxquelle sa livraient déjà ses lioutenans, sapaient chaque jour celte puissanee Il saperçut que Îles in: digènes étaient devenus sombres, aciturnes tout annonçait une prochaine explosion. Sentant, dans de- telle circonstances, la nécessité d’une police énergiquement faite dans k campagnes, 1] nomma le général de division Clausel, inspecteurtgt - méral de la gendarmerie de la colonie. Il s'efforça de refaire: le mor: de l'armée; il dégrada et renvoya en France tous les officiers et 1re péens qui avaient commis quelques lächetés. II nomma administrateu des domaines et revenus nationaux le citoyen Idlinger, homm * talents, qui avail été, sous Toussaint Louverture, directeur ace d maines. Comme les caisses publiques se trouvaient presque vie 3e il multiplia cons.dérablement les impositions. Le droit de tonnaf fut porté à 89 centimes par tonneau; et les villes du pr) du » Républicain, du Fort- nn de Jacmel, de Jérémie, des-Cayes}"e
HISTOIRE D’HAÎTI.—({1802.) 237
ile de la Tortue Mur une contribution de guerre de 1,495,000 fancs. Sur la place du Cap, en juillet 1809, le sucre terré se vendait é MR bivres 10 sous le cent; le café, premiére qualité, le cent 20 livres, 6 sous; le coton le cent, 231 livres; bois d’acijou, à quatre pouces Jépied courant, 4 livres 2 sous; la farine de France, le baril, 115 Jivres, 10:sous ; le vin vieux rouge, ia barrique, 330 livres; vin anc, 297 livres: le bœuf salé, Le baril, 99 livres : porc Sale - AS res, 10 sous; morue, le quintal, 407 livres, 5 Sous ; harengs, le baml GGilivres, maquereaux, 99 livres.
À Leclerc s’occupa ensuite des tribunaux. Après avoir publié le 2 Mhermi. for un règlement portant organjsation du notariat, 1l établit 27 Thermidor” (15 août) un tribunal d'appel au Cap Français; un Ahcien conseiller au conseil supérieur de cette ville, Pourcheresse Verlières, en fut nommé le président. Ce tribunal fut composé de quale juges, d'un commissaire du gouvernement, d'un greffier, d'un uissier audiencier et d'un président. Des tribunaux de première Anstance furent établis au Cap, au Fort-Dauphin, au Port-Républi- Gin, au Port de-Paix', à St Marc, à Jérémie, et aux Cayes. Ils urent composés, chacun, d'un juge, d'un lieutepant, d'un substitut, d'un commissaire du gouvernement, d'un greflier, d'un huissier diencier. Au Cap et au Port Républicain, les défenseurs près tribunaux payaient annuellement 4,800 francs , les notaires, 1,200 francs, les huissiers priseurs, 2,400 francs, les huissiers audienciers près tous les tribunaux de première instance, 1,200 anes, Aucun de ces officiers publics ne pouvait entrer en fonc. tions qu'après avoir acquitté la rétribution® Les places d'huissiers él. d'encanteurs étaient données aux anciens officiers de la Républi. que, et celles de concierges des maisons d'arrèt aux sous-offieicrs qu, par leur âge ou leurs blessures, ne pouvaient plus continuer dfaire le service militaire.
=Le général Leclerc établit aussi aux Cayes et au Port Ré publieain Qes tibunaäux d'appel. Celui du, Port Républicain fut composé d'an résident, de quatre juges, dun commissaire du gouvernement, l'un greflier et d'un audiencier. Le citoyen Lombard, ancien consciller au conseil du Gap, fut nommé président de ce tribunal. Celui s Cayes fut composé d'un président, de trois juges, d'un commisqure du gouvernement, d'un greffier et d'un audiencier. Le citoyen biche , ancien conseiller au conseil supérieur du Port-Républcain, en fut nommé le président.
M Le 13 Thermidor (4* Août 1802) une escadre commandée par le contre amiral Dumanoir, partie de Toulon, et chargée de trois-miile hommes de troupes, était venu mouiller dans la rade du Cap. Le 49 du même mois (7 Août) trois bâtimens de transport, escortés un lougre de guerre, venant de Toulon, chargés de deux-mille hom:ant aussi mouillé, dans la. ‘rade. de celte ville, Ces, tinq
- espagnole, remplaça Île citoyen Déraime dans les fonctions de,
cn HISTOIRE D'tAITI.-—( 1802). EE
mille hommes débarqués en parfaite santé, furent enlevés par 1# Sn là RDIU BAPE , en moins de vingt re L'on ne rendait plus
venait de pe ca les Re de Ron Élément: Pa bo Le yen, Tolosé, l'adjudant commandant Perrin, Île chef de brigade lu. génie Maubert. L'humanité des ie MES de couleur et noires écl ta énergiquement au milieu de ces grandes calamités publiques. Bravantlæ mort daus des hôpitaux infects, elles prodiguatent toutes sortes de soins avec une rare vertu , aux soldats comme aux bourgeois. 2 atteints de fièvre jaune. Les français oublieront ces actes subi mes de charité; et sous le gouvernement de Rochambeau, ces mal heureuses, parce qu'elles avaient une peau noire ou jaune, seront, victimes des fureurs de ce chef bourreau. Cependant l'héroïs des fenimes indigènes arracha des félicitations au capitaine-généraln La gazette officielle de St-Domirgue leur adressa des remercimens4 au nom du gouvernement français, dat à. nent à celles à Port-Margot. Les médecins, chirurgiens et pharmaciens, attacl aux hôpitaux militaires, déployaienL, de côté, tant de zèle que le général Leclerc fii parmi eux de nombreuses promotions les citoyens Bonjardier et Mounier furent nommés médecins de pre” mière classe; Mirambeau et Rebourg, chirurgiens de première cas se ; Dupont et Blanchet, pharmaciens de premiére classe, L'inté de la société exigeant que la médecine fai «pratiquée par des Ro mes instruits, Leclerc publia le 28 Thermidor (16 Août), ün glement sur la police des arts de sanié. Nul üe pouvait exer la médecine sans être muuai d'un diplôme du conseil de santé € Jonjal. mes
Pour rendre hommage à la mémoire des français morts à H mée de. St-Domingue, Leclere fit appeler le fort National du Po Républicain , fort Débelle ;' le fort de Ia Crète à Pierrot, Hardy; le fort Bélair du Cap, fort Ledoyen ; la batterie Grigri ( 1 Cap, batterie Psmbour; le fort Labouque du Kert-Liberté, 0m Lachâtre; le fort que les français avaient construit au Dopdon) ‘4 fort Gougeot. F4
Le citoyen Lequoi Mongirault, préfet colonial dé l'ancienne parti |
fet colonial de la partie française. Par un arrêté du’ 30 Therm dor (18 Aoû), l'ancienne possession espagnole fut appelée partie de lVEst; la province de l'Ouest prit le nom de département d
l'Artibonite. La religion catholique, apostolique et romaine fut seule dont l'exercice “public fut autorisé dans la colonie. Le : yen Cibot, ci devant préfet des missions à St-Domingue, fus me vicaire apostolique dans le département du Nord; le citoj Lecun, aussi ci devant préfet apostolique, fut nommé vicaire ap
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EL SI ANS ENS 2 LILIANE 26 d'au 239
tolique dans les départemens de FOuest et du Sud. [La réaction “qui s'opérait en ‘France en faveur du clergé se faisait sentir à St- » Domingue. ; Le capiiaine général, a aprés les termes de sa proclamation qui “portait amnistie et oubli du car leva la séquestre établi sur les biens et les fermes dd ceux qui avalent suivi le parti de Toussaint *Louverture. Cependant Îles propriétés de tous eeux qui avaient été embarqués avec l’ancien one ment, demeurérent séquestrées. Le “clerc ordonna que le mouillage des bâtimens français füt séparé “de ceiui des navires étrangers ‘dans les ports du Cap, du Port-Réublicain, des Cayes et de Jacmel. Toutes communications, en ds. entre les français et les étrangers, furent sévèrement aéfen- “dues. Comme les navires de guerre de la République étaient déjà “chargés d'infortunés indigènes qui étaient condamnés à y périr dans “toutes sortes de tortures, le gouvernement craignail que Îles étranges, témoins de telies atrocilés, u allassent les publier en Europe “et sur le continent américain. Ces crimes étaient d'autant pli 18 ‘abominables qu ils s'exerçaient sur de simples soupeons ; et pendant que les français inondiatent la colonie d'ordonnances et de procla- * malions empreintes , le plus souvent, du républicanisme le plus “large, 1ls arréiaieut les indigènes, surtout Ceux ‘dé quelques lumières, el #4 plongeaient dans En cales des bâtimens de guerre. Des tribunaux avaient été établis; el cepenilant la justice n était presque jamais rendue aux noirs ni aux sens de <ouleur. Des plunies se faisaient entendre, surtout dans les campagnes. Leciere effrayé mit en œuvre les moyens de la faiblesse: 11 commença à noyer, à pendre, £t à fusiiler, sans jugement. Chaque jour le nombre deseultivateurs S'alfaiblissait dans les aielièrs. Ces hommes simpilés, hér. oiques, pleins “de vertus natives, dont la devise, gravée au fond de leurs cœurs, était la liberté ou la mort, se retiraient, pendaut la nuit, au loin dans les montagnes. Les bandes qu'ils y formaient se grossissaient Cha que our. is attendaient avec impatience le moment “de se ruer dans les plaines, autour des villes, et d'y porter l'incendie et la mort. Leclerc ordonna aux commandans militaires de parcourir . nouveau tous les quartiers pour achever d'opérer totalement le désarmement des gardes nationales des campagnés. Dans les trois départemens du Nord, de Ouest ou Arttibonite, et du Sud, le nc in fut exécuté sans obsiacle, Les français, pour réussir, avaient encore trompé les indigènes. lis leur avaient promis de nouvelles armes de fabrique française, afin qu'une parfaiie unormité fut établie dans l'armement des gardes Hationaux. Ceux ci, voyant les troupes coloniales soldées, eomposées de noirs et d'hommes de couleur , exécuter les ordres ‘du vou verement avec zèle, crurent encore à la bonne foi du capitaine général, el livrérent leurs armes. La 4e coloniale, sous les ordres de Desfalines, commandaut de l’arroudissement de St. Mare, la Ge coloniale,
sous les ordres de Clervaux, la 43e coloniale, sous ‘les ordres deu | Péiion , les 7e et 11e colonial es , démontrérent , dons les plaines et les mor nes , le plus grand dévouement, et Lransportèrent ‘dans les ar- | ‘senaux 30.000 fusils, dont 20,000 que Toussaint avait achetés des. Anglais, des Danois et des Américains.
Leclerc félicita, de là conduite qu'ils avaient tenue, dans les différenaà ‘quartiers de l'ile, les généraux Boyer, blanc, Dessalines, Christophe, Maurepas, noirs, ladjudant commandant Pétion, homme de couleurs Je chef de bataillon Makajou, homme de couleur, les colonels Magny 3. Louis Louverture, noîrs, les chefs de bätaillon Grandseigné, Err a. Mouchet, blancs. Le général Boyer exerçait tant de férocité da ses tonrnées que les soldats français l'avaient surnommé le’ cru Les chemins qu’il avait parcourus étaient bordés decadavres indigènes" pondus aux branches des arbres. ‘11 laissait toujours derrière jui une. tainée de sang. Toute la population des plaines et des mornes, ce ivait désarmée. On la erut dans l'impuissance de s'insurger. EUR aall, en effet, en sa -possession aucun moyen de soulèvement" Sept la sublime résolution de vaincre ou de mourir. un |
Leclerc retourna à la Tortue qu'il avait transformée en un délin cieux séjour. “Là, il s'eflorçait d'oublier les calamités qui menaçaients encore la colonie, en se livrant, sans ménagement, à toutes les joui + sances matérielles de la vie. Son épouse, aimante el Me | s’entourait de toutes sortes d'enchantemens. Les ofliciers les plu beaux de l'état major du capitaine- général étaient , ses cavaliers Elle s'adonnait”à tous les plaisirs que -créait son imagination mére dionale. Sous un ciel brillant d'étoiles, aux rayons de la lune, non" chalamment étendue sur des coussins et de riches tapis, dans une barque légère, Pauline Bonaparte, embrasée de volupté, glssait sur les eaux paisibles de la baie des Moustiques, entourée d'une muit tude de canots, tiluminés, ornés de guirlandes, et chargés de femme et de jeunes fil les qui chamtaient en chœur, au sein de la nuit4Æ lendemain quand le soleil inondait de ses rayons brûlans les plage qui avalent été témoins de ces fêtes, la plupart de ceux qui y avai pris part, étaient enlevés par la peste et emportés au tombeau. P la maladie devenait intense, plus la fureur des plaisirs se développa Leclerc lui même que'dominait Pauline Bonaparte, fut contraint d'o blier les affaires publiques, à la Tortue, pendant plus d'une sermain( Il confia au secrétaire général Lenoir, le soin de l'adininistration | nérale, et ne se réservait que la peine de signer les arrètés et OP donnances qu'on lui expédiait. |
Les américains , qui depuis l'établissement du nouveau gouver | nement, avaient perdu tous les avantages COMMErCIaux dont ils j Jouis: 4 saient sous Toussaint Louverture, voyaient avec désespoir le maïr tien de la paix à St. Domingue. Ils inondaient la colonie d'éer contre l'administration française. Dansle Moniteur, gazette officielle.
de Philadelphie, du 26 Juillet 4802, le général Leclerc était peint
“ainsi quil suit: « Si vous voulez vous en former una véritable idée, « vous le verrez moirci par le crime , la trahison, l'assassinat et le
& sacrilège. » Ce portrait était fidèle, car Leclerc, cédant sans cesse Aux exigences du parti colonial, et metfänt en pratique les instrucions de Bonaparte , marchait dans la voie du crime depuis l’embar- “quement de Foussaint. Cependant, pour toute réponse à ces écrits américains , il fit publier l'état des bâtimens françaiset étrangers qui Se trouvaient dans la rade du Cap, à l'époque du 7 Fructidor an 10
{lin d'Août). Cent quinze navires sortis des ports d’ Europe et du
es ainéricain remplissaient la rade. Les blancs européens et éoles proftaient seuis de ce commerce qui s'éclipsera et s'éteindra bientôt.
Leclerc revint, de la Tortue, au Cap, avec son épouse et toute à maison militaire. ÎLE reprit le travail de l'administration, ne se doutant pas de 3 terrible réaction que devait produire le désarmement opéré dans les campagnes. Jusqu'alors aucune révolte sérieuse, navait éclaté , à l’occasion de l'embarquement de Toussaint. Cependant le général Charles Bélair , retiré sur une de ses propliétés prés des Verrettes, c conspirait avec le eommandant Larose, ancien chef de bataillon de la 8° coloniale. Leur projet était d'exerminer la race blanche et de parvenir à l'indépendance de S.! Domingue. Charles Bclair, ennemi personnel de Dessalines, aspirait au commandement en chef des indigènes. Dessalines , ayant la même
“ambition , et commandant de l'arrondissement de S. Marc, n'igno-
ait pas l'existence de celte conspiration. Il eût pu la faire avorter. Mais il était de ses intérêts ultérieurs de Îa laisser éclater, certain de l'étouffer. Alors il arrêtera Charles Bélair qu'il s'était déjà en vain efforeé de perdre sous Toussaint, le livrera à Leclerc, et le du fusiller. Ii l'incitait même indirectement à prendre les armes Je plus tôt possible.
A cette époque, l'adjudant général Pétion était cantonné, à la tête de la 43° coloniale, sur l'habitation Couyo , dans la paroisse de l'Arahaie. Il reçut l’ordre du général Rochambeau de se rendre dans Nord. La 43° partit de l'Areahaie, traversa le Magasin Carrier, S Marc, vita les Gonaïves, et enira à Pougaudin. Le général Dévaut, qui se rendait au Cap pour s'’embarquer pour France, vint es Gonaives se mettre à sa lête. La colonne traversa Enncry ct apriva à Plaisance où elle rencontra le général Brunct qui ordonna À Périon de cantonner dans ce bourg. Dévaut , après avoir passé en revue la 43° coloniale , dit aux soldats d’une voix forte, de ne jamais äbandonner leurs armesgqui étaient: leur seule garantie contre la tendance qui se ar arou du rétablissement de l'esclavage. IE $e rendit au Cap où 1l ARpArqU, pour France. , mn.
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