LIVRE VINGT-NEUVIÈME
AT ra “Le ‘désarmement fait éclater des révoltes à ia Tortue,-à St-Louisd le Sud,-à Torbeck.— Auguste et Samedy sont refoulés dans les montagnes Laplume. —GCharles Bélair, pour venger "Foussaint, cons spire avec Larose. —
- dame Charles Bélair fait assassiner un jeune blanc , secrétaire de son mar Larose se détache de Charles Bélair:—],e général Lavaletie se transporte d les montagnes de P'Arcahaie pour combattre Charles Bélair. Combat de Mer —Retraite de Levalette—Faustin Ropissard défend le bourg des Verroites co les révoltés.— Charles Béliir se retire au Corail Mirauit— PDessalines ch Larose de Plassac— Larose se retire à Rodillon— Faustin Ropissard ar Mme Charles Bélair.—Charies se rend à Ropissard qui le conduit aux Vern tes. Il est livré à Dessalines qui l'envoie aux Gonaïves — Lettre de Dessali à Leclerc contre Charles Bélair. — Insurrestions dans le Nord, — Les trot
“coloniales combattent les insurgés.— Daure préfet colonial.— Mort de Frfre Le général Pageot va combattre les insurgés de lAreahaie.— Combat de Bof neuf Delpêche grande place.Combat de Léger.— Combat du défilé de la D des Matheux.—Pagcot retourne au Port. Républicain. — Première insurréction d les montagnes de “Léogane.—Lamartinière combat les indigènes sur l'habita Poulayer. Les iusurgés se retirent vers la rivière de Jacmel.—Métellus se, à ieur tête.—Pageot et Rochambeau se rendent à à Léogane.—[es cultivateurs. plaine de Léogane se soulèvent.— Ils attaquent la ville et sont répoussés D. Rochambeau —Cangé soulève les sections de Mousambès, de Tête à Bœuf, de Tavette dans les montagnes du Grand Goûve ÆMnsurrection dans les mon gnes de Jacmel.—Combet de St- -Cyr à la Gosseline.—Les insurgés assiègen mel.—Stratagème de Rochambeau et de Pageot pour entrer à Jacmel — gagent la vile.—Roehambeau se rend aux ‘Cay es par mer.-[l revient a ï
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Républicain.—Tl ordonne à Lamartinière de s’efforcer d'arrêter Lamour Dérance—Celurcei est averti da projet de Rochambeau.Le bourg de l’Arcahaie est attaqué par les insurgés de ce quartier.— Lavalette est obligé d'envoyer contre eux Lamartinière; il dégarnit les environs du Port-Républicain.—Métellus s em. pare des côteaux de la Rivière Fioide—Lamour Dérance commence ses hos. tilités contre les français Thomas Marie Jeanne et Adam sefforcent de soulever les ateliers du morne de l'Hôpital—Mathieu Fourmi et Songlaou font une se- “wonde attaque contre Léogans.—[Le quartier de Marigot se soulève —Les tronb:s coloniales demeurent toujours fidèles aux français —Lamartinière rétablit l’ordre dans les montagnes de l’Arcahaie— Combat de Guilloux.—{Larose se met à la tête des insurgés de l'Arcahaie— Combat de Cortad.—Mort de Lamartinière — … Les soldats de la 3e coloniale se révoltent contre les français, et se rendent mattres du bourg de l’Arcahaie.—Résuliat favorable aux indigènes de la conquête de j’Arcahsie: = |
… Le refus de remplacer par des armes de fabrique française, ainsi quon l'avait promis, celles qu'on venait d'enlever aux cullivateurs, fit éclater presque en même temps des révoltes à la Tortue, dans Je Sud, aux Verrettes et aux Matheux. +
Tous les cultivateurs, excepté ceux d’un seul atelier, se révoltérent. à la Tortue, aussitôt après le départ de Leclere et de sa garde d'honncur pour le Cap. Ils incendièrent la plupart des habitations, mas. sacrérent une foule de colons blancs, et ne rentrérent dans l'ordre que par. les sages mesures que prit le colonel Labalut, commandant. de la pelite île. Cet officier de courage et de mérite était. aimé des mudigènes quil traiait avec humanité. Les insurgés l'avaient écouté. æt avaient mis bas les armes parce qu'ils étaient certains qu'il ne les livrérait pas à l’extermination. Ils avaient respecté ses propriétés. Leclerc, qui se persuadait que les moyens les plus violens étaient les. “seuls eflicaces dans de telles cireonstanees, lui reprocha sa modéraion quil appela mollesse, et son humanité qu'il traita de lâeheté. 1 ne s'apercevait pas que ces cruels moyens. étaient ceux qui inciaient les indigènes à la révolte. I accusa Labatut d’avoir été, par “Son incapacité, l’auteur de l'insurrection; il le dégrada, le déclarant indigne de porter l’épaulette. Le crime de Labatut était de n'avoir pe exterminé la plupart des insurgés après leur soumission. Mais
“Labatut avait promis aux indigènes, sur la foi de l'honneur, que
tout serait oublié, s'ils rentraient dans le devoir. Les hommes d'hon- “eur ne pouvaient plus être les agens d’un gouvernement qui exigeait “qu'on devint bourreau. L'on verra tous les officiers français, vrai- “ment républicains, succomber dans la colonie sous les coups du gouver-
nement, ou être déportés. Les cultivateurs de la Tortue furent condam-
nés à payer une contribution de gaerre de 50,000 francs ; et les deux
“tiers du quart des produits qui leur revenait, furent retenus pour ètre
“employés à la reconstruction des maisons qui avaient été incendiées. “ À St. bouis, dans le département du Sud, un indigène nommé.
Auguste, noir, prit les armes contre les blancs de son quartier; à la tête de cinquante cuhivateurs. Le général Laplume quicommans dait aux Cayes marcha contre lui, le “eulbuta et le refoula dans les montagnes. Peu de jours après, une révolte dirigée par un indigène noir , nommé Samedi, éclata dans la plaine de Torbeck. Smith, colons blanc. fut assassiné sur son habitation. Samedi n'avait sous ses ordres que 830 hommes armés de pierres et de bâtons. Le général Laplume mas cha contre lui avec un détachement commandé par un officier de Torbeck" nommé Elie Boury. Samedi n’attendit pas l'ennemi; :labandonna la plaie | ne,et se réfugia dans les mornes. Laplume inonda le quartier de Tor beck de gardes nationaux et de troupes européennes ; Îles ateliers” furent décimés; le sang coula à grands flots. La révolte de Sare. * di, mal combinée et éclatée trop tôt, n'eut pour résultat que le carnage“ de ses frères qui avaient favorisé sa fuite. % Charles Bélair, retiré sur l'habitation Desjardins, dans la commune des Verreites, avait appris avec une douleur profonde la déportation de. Toussaint Louverture dont il avait toujours été le Dali favorism Il avait r'émarqué le mécontentement qu'excitait la présence des français parmi les cultivateurs de son quartier, et ilerut que le momentétait ar=. rivé de lever l'étendard de la révolte. Il voulait non seulement vengefs Toussaint Louverture, mais encore s satisfai iire son ambition. Mais Dessali.n nes, dont l'ambition s'élevait aussi jusqu'au commandement en chef des indigènes, le surveillait activement. Charles Bélair, de vues trop étreiles,” pour comprendre combien était développée en Dessalines la soif de comen mander souverainement, crut quil se rallierait à son parti, dans l'intérêt commun des indigènes. Dessalines attendait avec impatience que son rival se perdit en s’insurgeant dans un moment où la trans quillité régnait presque partout. . 10h Larose, ‘homme de couleur, d nie humeur Brouelle et féroce, sup=. portant difficilement n importe quelle supériorité, étall un des “prinss €Ipaux conjurés. C'était cet ancien chef de bataillon de la 8e colo» niale, qui, à l'arrivée des français, avait de concert avec Pierre Louise Diane, fait incendier Léogane et massacrer tous les blancs de cette ville. Il conseilla à Charles Bélair de faire aux français une guerres d'extermination, de se déclarer indépendant dans les quartiers des Verrettes et de T'Arcahaie, d'exeiter ensuite à la révolie les indigèn des autres paroisses. Un des autres chefs de la conjuration, Joseph Dessources, surnommé Jérôme, noir, devait soulever les culvatétil des mornes des Verrettes, pendaut que Charles Bélair appellerait à la révolie ceux des montagnes de l'Arcahaie. Larose partit de M bitation Deschapelle des Verrettes, avec 200 hommes de la 8e celonie qu'il avait réunis autour de lui, dans les bois, depuis plusieurs jour et se rendit à Desjardins où il trouva Charles Bélair. Ils s’ acheminère | l'un et l’autre vers les mornes de l'Arcahaie. Ils n'avaient pas par-
Couru un espace de cent toises que Îa citoyenne Sannitte; dame
Charles Bélair, qui partageait contre les blanes tonte la haine de son: mari, déclara hautement qu’elle ne voulait pas donner des soins, plus longtemps , à un jeune blanc que le général Leclerc avait placé “auprès de son époux, en qualité de secrétaire. Ce matheureux était “dans un cabrouet, dangereusement malade, au milieu des insurgés. I fut tué à coups de sabre par les soldats de la 8°. Son cadavre fut abandonné au milieu de la grande route. * Charles Bélair atteignit l'habitation Manseau, située entre les paroisses des Verrettes ebde lArcahaie. Là les indigènes s'organisèrent en compagnies et “en bataillons , donnèrent à leur petite armée la dénomination d'ar mée indépendante, et proclamèrent Charles Bélair leur général en chef. Ps n'étaient armés, la plupart, que de bâtons ferrés, de couteaux Ket” de frondes. [Ils mirent à la tète des trois bataïllons qu'ils avaient formés trois laboureurs intrépides, Destrade, noir, Jean-Charles Gourkjol, noir, et Jean Toussaint Labarre, noir, hommes sans aucune idée de l'art militaire, mais d'un rare courage, et capables des entreprises les plus audacieuses. Larose demeura à la tête de son bafailon de la 8° coloniale. C'était au mois d'Août 1802. Charles. Bélair et Larose venaient de se résoudre à descendre, ‘au sein de “la nuit, dansla plaine de l'Arcahaie, pour la livrer aux flammes et en égorger les habitans blanes, quand madame Charles , furieuse de colère, entra dans la maison où les chefs des insurgés. Sélaient réunis, et invectiva contre Larose. Elle se laissait aller à cet emporlement parcequ'un des soldats de la: 8° avait abandonné: dans le grand chemin un mulet chargé de ses objets les plus précieux. Vous soutenez vos gens, ditelle, à Earose, sur lequelelleleva la main. Celui-ci voyant que le général Charles Bélair le con damnait sans l'entendre, partit aussitôt de Fhabitation Manseau, suive de son bataillon, et déclara qu'il ne reconnaissait plus personne pour chef, et qu'il ferait la guerre aux blancs pour son cempte particuher. Il alla camper sur l'habitation Dubourg où existait un fort. élevé par le colonel Lapointe, lorsque les anglais occupaient lAr- |
cahaie. Cette circonstance contribua puissamment à faire échouer Pentreprise de Charles Bélair qui, encguragé par sa femme, n'y renonça pas cependant. En moins de pe MO heures Charles souleva: les sections de Délice, du Fond Blanc, du Fond Baptiste, dans les. mornes de l’Arcahaie. Les cultivateurs du Fond Blane mirent à leur tête un des leurs Jean Dugotier, noir. La pendaison d'un cemmandant noir, nommé Bazin, au bourg de l’Areahaie. avait répandu un grand mécontentement dans la plaine. Si Larose n'avait pas aban-
* Après la soumission de Toussaint, Leclerc avait donné à chacun des généraux noirs et de couleur de l’armée coloniale un secrétaire blanc. “Ces secrétaires étaient autant d’espions qui avisaient le capitaine-généraf de tout.ce qui parvenait à leur connaissance , et des moifidres démarches “des généraux auprès desquels ils avaient été placés ! |
donné Charles Pélair, le projet de descendre dans la plaine delArcahaie aurait été exécuté , et eût iufailiblement réussi. 44 Où ne tarda pas à apprendre celte insurrection au Port: Républi= eain. Une petite expédition partit de cette ville sous les ordres" du général Lavalette. Elle débarqua au bourg de l'Arcabaie. Lavalettéil se rendit aussitôt au Fond-Baptisie. Il passa une journée entière! sur l'habitation Labarre, s'informant des positions qu occupaient les! insurgés, [1 s'ébrania fe lendemain, suivit la grande route, pénétran dans les mornes des Matheux, et s'arrêta sur EL habitation Léger, VIS=. à vis de celle de Morial où était cam pe Charles Bélair. Les français" aliaquèrent aussitôt Îles indigènes. Ceux-ci sans discipline et sans. tactique, commandés par des officiers inexpérimentés, sortirent den leur camp, et se précipitèrent sur les français, jetant les cris de libertés ou la mort. Armés de massues et de coutelas, ils ne. purent rot pre les rangs ennemis hérissés de fer et de feu; ils furent repousséss par les vives décharges des pelotons français. Lavalette fit cependant de vains efforts pour enlever le camp de Charles Bélair qui se dés fendit vaillammeat. Le il se rendit sur l'habitation Ees roux. Là s'apercevant que les culüivateurs, en pleine insurreetion, dans la montagne, l'envelopparent de toutes parts, ilse mit en marehen vers la plaine, à la faveur d'une nuit obscure, et retourna au bourg. de l'Arcabaie où il s'embarqua pour le Port Républicain. Sa coursen dans les montagnes de l'Arcahaie, entreprise pour étouffer l'insurrection, lui donna au contraire de la consistance, en relevant le cou rage des insurgés. Car il venait de fair honteusement presque sans avoir combattu. | | % Pendant cet intervalle, un des chefs des insurgés, Joseph Dessources,… surnommé Jérôme, dirigeait une vigoureuse atiaque contre le bourg des Lg Faustin Ropissard, homme de couleur, qui commansm dait cette paroisse pour les français, le vous et fui tua beaucoup . de tes Il rencontra, près de Desjardins, en poursuivant les fuyards, le cadavre du sécrétbire de Charles Bélair. Ce corps fut. exposé sur fa place des Verrettes. : Pour exciter la fureur des habis tins contre les insurgés, les autorités publiérent que Sannite, 18n brigande, femme’ de Charles Bélair, avait, de ses propres mains, sabré | ce jeune blanc. Avant de descendre dans la plaine de l'Arcahaie, Charles Bélarr voulut s’aboucher avec Joseph Deéssources. Il se rendit sur l'habitation Marcourt, au haut des Verrettes, où l’on ne put Lui donner des nouvelles de Joseph "Dessources dont la bande avait été dispersée au loin, dans les bois, par Faustin Ropissard. Charles Bélair traversa ‘ensuite J'Artibonite , et se relira au Corail Miraut, sur as rive drotie du fleuve, dans ‘la paroisse de la Petite-Rivière. -H Le commandant Larose, de son côté, apprenant les échecs qu avaiett éprouvés fes iffsurgés, ne se crui pas en sûreié au camp de Dubourg.. Ai suivit la chaine des mornes qui s'étendent entre les Verrettes #,
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JaArcahaie, se ds bte Trou de Cabrouët, ef s'arrêta sur l'habüation Chante! otie. Il ysapprit que Faustin Ropissard, à la tête dune colonne composée de français et de polonais, marchait contre Jui 1 abandouna ausstiôi sa position, et se rendit au-delà de la Petite-Rivière, à Plassae, au fond de la plaine de l Artibonite. Charles Bélair lui fit aussitôt SANOIr, par un émissaire, qu ii ne tardera ail pas à venir Île joindre. i souiait, après sètre rapproché de Larose, “déposer en un feu sûr ses Muitions el ses bagages, et faire aux français une guerre de partisans, de morne en miorne. Larose ne lui répondit pas. E | mr Les insurgés , chassés, en partie , par Faustin Ropissard de la com: mune des Verreutes , Sélaient retirés dans celle de la Petite Rivière de hArtibontle où : commandait le général de division Dessalines. mGelui-ei pouvait, en déployant son activité ordinaire, arrêter Larose, “le faire fusilier et exlerminer sa troupe. Mais 11 n'entran pas dans “es inlérèis d'affaiblir les forces de ceux deses frères qui avalent pris drop 10t les armes. Il ne poursuivalt avec ardeur que la perte de Chartes Bélair dont l’influeñce sur les masses Da es ses projets ambitieux. Pour éviter d'en venir aux mains avec La: ‘ose qu 11 mé- Hageatt, 4l lui fit dire secrètement, par un émissaire, qu’il eut à sortin de lPetendue de son commandement. En mème temps , le général Quentin qui commandait à St Murs, envoya au chef d'escadron Faustin Ropissard Lordre de poursuivre à outrance Joseph Jérôme, aprés $ pes e entendu avec ï général Dessalines, pour envelopper leg
brigands le toutes parts, et les exterminer. Ces deux officiers , loin “de poursuivre avec di ontent les insurgés , leur faciliteront Îles “noyens de se réfugier dans les mornes Les plus € ioignés. lis er
“trèrent l'un et l’auire en campigie. St parti de la Hdi Rivière de l'Arlibonite, se rendit à Plassac, où s'était retras “Larose. Celui ci, dès qu'il laperçut, #tieignit avec ses rie Le sommet dun mornet. Dessalines s'arrêta au pied du mornet, et “lui ordonna de lui livrer tous ses soldats de la 8°. Il voulait les ga- gner à son parti. Larose lui répondit qu'il ne fivrerait pas ses soldais, à un assassin, à un traitre, qui les ferait égorger par les françu:s; “qu'il ne pouvait avoir confiance en celui qui avait livré aux blancs le gouverneur Toussaint, s@n bienfaiteur.— Livre-moi tes soldats, répliqua Dessalines ; tu peux , quant à loi, alier où tu vou- “dras. —Comime Larose continuait à invectiver contre lui, il ordonna “aux soldais de la 4 coloniale, de sélancer à sa poursuite , sans tirer’ ni sur lui, ni sur ses gens. En moins d'une heure Larose , - fuyant au travers des bois, se trouva seul avec son porte drapeau: presque tous ses soldats s'étaient rendus à Dessalines. Il atteignit la petite montagne d’où il se réfugia à Rodiilon, poste militaire élevé par les anglais, du temps de Lapointe, vers ‘le Mirebelais. Desgalines-ayant dispersé la bande do Larese,-sans eflusion de sang,
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monta au sommet des grands Cahos, d'où il s'élança à la poursui de Charles Bélair auquel il en voulait seul. *
Charles Bélair avait laissé son épouse au corail Miraut , sous Ja garde d'un officier nommé Diaquoi, notr, et s'était rendu aw leu. nommé la Voute où il, avait caché ses bagages, son argentret ses munitions de guerre. La colonne que commandait Faustin Ropis-t sard atteignit le corail Miraut avant celle que commandait Dessaliiess à Madame Charles Bélair surprise par Îles français tomba endeur pous voir. Faustin Ropissard eut. pour elle loutes sortes.l égards. Quand Charles Bélai apprit qae sa femme était au pouvoir des blancs, ile voulut sôter la vie; mais les prières et les larmes de sa mère et de ses sœurs qui l'entouraient arrètérent son bras. Elles lui con: seillérent de ne plus mener eette existence nomade dont le résultats devait être leur anéantissement. Elles l'exhortèrent à aller se jeter aux picds du général Leclerc, en évitant toutefois la ren contre de Dessalines qui, pensaient elles, les ferait fusiller s'il les ar rêlait. Charles Bélair se transporta auprès de Faustin Ropissarde" et lui remit son épée. Celui ei lui dit avec respect qu'il le conju=M rait de retourner sur ses pas, d'aller plutôt se rendré au général Dessalines, son supérieur; qu'il ne pouvait le fsire prisonnier. I l'exhorta à laisser son épouse avec fur. C'était dire à Charles” Béss lair qu'il avait la faculté de se retirer au milieu des montagnes. Mais. Ê sa femme qui le dominait étoit déja fatiguéé de vivre dans les forêts I avait pris la résolution d'attendre le général Dessalines auquel ml devait se livrer, quand sa femme lui dit avec colère : à quoi son} gcz vous donc? Dessalines n'est-il pas notre ennemi implacable ; nel nous fera-t-1l pas fusiller sur. le champ? Allons au Cap demandé grâce au général Leclere. Charles Bélair se rendit aux Verrettesk avec Faustin Ropissard. Son arrestation afili igea toute la popuiau es ; indigène de ce canton, qui l'atmait. Personne n iguorait le sort qu l'attendait au Cap, quoique son épouse eût {a plus grande confiance en la clémence du capitaine général. ‘dl
Pendant que Fausuin Ropissard rentrail aux Verreltes, Dessalines” arrivait au Corail Miraut. El y apprit que Charles Bélair avait étés conduit aux Verreties. Il feiguit d'ignorer où s'était réfugié Joseph Jérôme qu'il ne voulait pas poursuivre li traversa l'habitation Oreste et rentra au bourg de la Peute-Rivière. Le lendemain ül y vit arriver Charles Bélair, escorté par six dragons de la gerde natos nale des Verrettes, commandés par le capitaine Pierre Batardet:h Dessalines l'accueil avec distinction, et Ini donna pour logement un bel appartement, Mais il le fi garder à vue. Un homme de couleur de la Petite-Rivière, nommé Sagest, vint supplier Dessal de ne pas envoyer au Cap Charles Bélair , de lui procurer, au Cor traire, des moyens d'évasion. Dessalines lui répondit avec ironie : « Je suis certain que le capitaine-général, qui est si clément, x
HISTOIRE D'HAITI.—-(1802) 298 eevra avec empressemont une seconde fuis La soumission de Charies Bélair, » 1 se saisit de tous les papiers du prisonnier et les anéantit avec une det-
“re qu'il lui avait adressée par laquelle il l'excitait à prendre les armes contra les français, [l lui annonça ensuite qu'il pouvait partir pour le Cap, où il rendrait compte de sa conduite ; qu'il n’était pas prisonnier, quil serait seulement accompagné du commandant Guibert Popote et de quelques cavaliers. Charles Bélair et son épouse se mirent en route. Popote Guibert reçut l'ordre sceret de Dessalines de faire feu sur eux sils tentaient de s'évader. Quand ils arrivérent au pont de lEster, Charles Béliair s'arrêta tout à-coup, et voulut rendre le chemia des Petits Cahos. LL menaça Popote Guibert de À brûler la cervelle, s'il ne lui laissait pas sa liberié d'action. Mais sa femme , que cette existence erranie des bois cffr vai. et qui avait pleine confiance en la clémence de Leelcre, versa des firmes avec tant d'aboadance gps] se résolut à eutrer aux Gonaies. * Popoie Guibert raconia au commandant français que le général Charles Bélair avait failli le tuer au pont de lPEster. Charles fut aussitôt traité en prisonnier de guerre, emprisonné aux Gonaives , d'où on ne lardera pas à l'envoyer au Cap. Le général Leclerc avait appris le 142 Septembre, par une lettre de Dessalines en date du 23 Fructidor an 10 (10 Sep! embre 1802) l'insurrection de Charles Bélair. |