DIVISION DE L'ARTIBONITE
Au quartier-général de l'Artibonite, le 23 Fructidor.
Le général de division DESSALINES, au Capitaine général LEcLErc. Mon général,
J'ai actuellement. les preuves certaines que Charles Bélair était le chef de la dernière insurrection : ces preuves viennent de m'être rendues évidentes par les officiers de la 8.° qui me paraissent plus "malheureux que coupables dans ces évènemens. A Dieu ne plaise, cependant, que jJexcuse aucun de ceux qui ont osé se révoiter “contre le gouvernement. J'ai pour tout ce qui a suivi le scélérat “Charles Bélair dans sa criminelle révolte, la plus profonde indi- gnation. C'est Charles qui a fait assassiner son secrétaire chez lui, “et sa féroce femme n'a pas peu contribué aux actes de barbarie qui se sont 6ommis sur nos malheureux camarades, As QURLE
. * Sannite Rélae. femme noire d'une grande beauté, avait vécu, à l’Arcahaie, où commandait son mari, sous Toussaint, dans le luxe et la Dpngnificence, |
800 mistoire D’#arri.— (1809)
que parce qu'il voulait aller au Doco * et que Larosé ne le ours lait pas: tels sont les motifs de leur division. , Charles, doitètres regardé comae chef de brigands et pant comme tel. (Ge nest qu'à. mes marches et manœuvres et au zèle infatigable des officrers etdes"
troupes que je commandais que nous devons l'arrestation: de
BA à "A k< "4 pa.
scéiérat qui est indigne de votre clémence. de - Je vous envoie la présente: par. un courrier extraordinaires
Tout au gouvernement el à vous avec le plus profond respect
‘ ù Cu 4 anéy DESS ES : ** 0 (Signé) DESSALINES. de
Lorsque Dessalines donnait des témoignages si sanglants dé dé voucment à la France, le général Leclere pouvail-i soupçonrer qu'a lors même il conspirait contre le gouvernement, D
Le 12 Septembre (25 Fructidor), le général Dügua , chef de létat"
. major général, mit à l'ordre du Jour cette lettre de Dessalines Leclere nomma chef de bataillon le capitaine Gauthier, aide de camp de Dessulines , dont celui-ci s'était beaucoup loué Il composas
pour juger Charles Bélair, dans les six heures ‘qui devaient suivren son arrivée au Cap, ube commission dont les membres étaient : Men général de division Dugua, président , le général de brigade Clers vaux, Îles généraux de brigade Dubarquier et Claparède, et le cheb de brigade Abbé. Il sera exécuté au Cap le 5 Octobre 1802: Pendant que les indigènes des monjagnes de l'Arcahaie combattaienti les-français, de formidables insurrections éclataient dans le dépantes"
ment du Nord. Sans-Souci, chef de bandes, déjà fameux, qui avai ‘4 combattu avec acharnement pour la cause de Toussaiul, soule plusieurs miiliers de cultivateurs, et massacra tous les français qui occupaient le fort Gougcot du Dondon. Sylla reparut aux porte! de Plaisance. : D'autres chefs de bandes , Macaya, Vamolheureux, M
vougou, Noël Prière, répandaient partout la dévastation. En paréo rant les campagnes pour opérer le désarmement des cultivateurs4n
Christophe s'était livré à toute la fureur de son caractère. I avait
pendu impiteyablement tous ceux qui, à ce qu'il avait cru, avaient
caché leurs armes. Sa conduite avait exeité dans le canton du D
don la plus forte indignation contre le nom français. Sans-Sou qu'il avait cruellement persécuté fit savoir au général Leclerc qu licencierait ses bandes, si Christophe était déperté. La eause” cette insurrection était le désarmement, prélude du rétablissem
Se
.* Doco, montagne presque inaccessible de Saint-Domingue, entre artie espagnole et la partie française. (C’était alors le priucipal ‘ref te Dérance. | sb DRE #* Gazette officielle de Saint-Domingue.
de l'esclavage, Les insurgés prirent dans le Nord, comme dans le quartier de l’Artibonite , la dénomination d’ indépendans.… Les français “les appclaient brigands. Cest ainsi que la République appelait les héroïques paysans «de la Vendée qui avaient faillit lui percer le sein “de leurs baïonnettes. Les habitans des bourgs abandonnaïent les cam: pures de toutes parts, et rentraient dans les villes où ils répandaient à terreur des insurgés qu ils appelaient Takos. * Les insurgés du Nord avaient étrolement cerné Plaisance qu’oc- “cupait le 13e coloniale sous les ordres de l'adjudant général Pétion. Sans-Souci était campé au Mapou de l'Escalier sur à Jiite des paroisses d Ennery et du Gros Morne; Macaya occupait le chemin de Pate; Vamalheureux était établi entre le Borgne et le Limbé; Ma- “yougou était campe au camp Cow; Petit Noël Pierre occupait le morne Balaucé et la Souffriére, et SyHa était campé dans le chemin de Plai- Sance à la Mormelade., Le général Brunet ordonna à Pétion de sortir à fa poursuite des insurgés. A peine les soldats de la 48e furent: “ls hors du bourg quils découvrirent le long d’un morne une longue suite de cadavres noirs et jaunes pendas aux branches des arbres par les français. Brunct douna pour gui le à la 43c., au travers des “chemins de Pilate, le commandant Ma Feb Pélion surprit Sans- “Souci à Pilate et dispersa sa bande; 11 donna la vie à la plupart de “ses prisonniers; il favorisa même l'évasion d'un grand nombre d’en- “tre eux. Le jour suivant il rencontra Dessalines qui avait aussi recu ordre de traquer les insurgés, et qui s achéminait vérs la Branle, à la tête d'un bataillon des casaques rouges. À Pilate, Sans-Souct Réhapbs aux poursuites de Dessalines qui se rendit ensuite aux Moustiques avec F'adjudant-sénéral Pétion. En même temps 409 hommes des 4e et 7e cofeniaies Cblbate ent Petit Noël Prière au morne Balancéet “à la coupe du Lunbé. Pendant +» Dessalines continuait sa route “wers le Môle St.-Nicolas, Pétion fut mandé à Dhéricourt, dans.la plaine “du Nord , où Leclerc avait transporté son quartier-général. Pauline Bonaparte acecompagnait le général Leclere. Elle {it don à Pétion, ainsi qu'à la plupart des officiers de là 13e., de toulcs sortes d'ob: jets indispensables à des hommes-en campagne. HN y avait à Dhé. “ricourt un régiment polonais, un régiment français ct la 100 demi- “brigade coloniale. Leclerc envoya eontre les insurgés du grand Boucan et de là Porte St-Jacques, le régiment polis: avec quelques troupes coloniales, el contre ceux de la Souffrière de 3c Datailion de Ma 43e commandé par Jean-Louis François, noir. Les deux premiers bataillons de la 13e se rendirent avec Péion à Grand Pré, près de L Tannerie, où était campé le général Christophe à la tête des 4ère,
* Takos, gros oiseaux, à longue quete , de couleur grisâtre , à cris écla- “ant, voltigennt toujsurs en grande compagtie, mais isolés. les uns des autres , oécupaut chacun: une branche dans un arbre.
92 HISTOIRE D'#AiTi.—{(1802)
2e et 5e coloniales. Celui-ci dans une marche qu'il venait de faire contre les insurgés en avait exterminé plus de 500. Pétion reçut” l'ordre de se rendre au Dondon. A peine y futil arrivé qu'il sen transporta dans les hauteurs de la Grande Rivière, sur l'habitation Labbé. TH fatlaussitôt assailli par de nombreuses bandes d'insurgése commandés par Yayou, un des lieutenans de Sans-Souci. Il fui alfa ti déployer tout son courage el tous ses talens militaires pour n'être pas. anéanti, Mavougou campé à la porte St-Jacques r'ésislail aux français, et enlévait tous les convois de vivres que Leclerc acheminait sur IG Dondon et la Grande-Rivière. La 13e demeura 45 jours au Dondon ne se nourrissan!t que de racines, et ccrnée de manière à ne pouvoir même aller à la maraude. Pélion dont la position n'était plus tena bie évacua le Dondon, s'ouvrit un passage en combattant, el atteignit Fhabriation Grand Pré où était toujours campé Îe général ‘Christophe’ 3 Gelui-ci et Pétion assaillis de toutes parts, et manquant dé miunilions de bouche se retirérent à la Petite Anse. Fr Le 24 Fructidor (411 Septembre) le port du Cap avait reçu dé S. ses eaux un convoi de quatorze navires sortis de Livourne , chargtsn de 6,000 hommes de troupes. Peu de jours après la frégate PEgyps 4 tienne ayant à son bord le général Meyer et une foule d'officiers, et le navire le Prudent, chargé de cent cinquante artitleurs, entrérent aussi dans le port du Cap. Le général Leclerc, se crut en état d’étouffem l'insurrection à laide de ces nouvelles troupes qu'il avait attendues avée tant d'impatience. Mais les insurgés correspondatent déjà avec les noirs et les hommes de couleur enrégimentés. Pour ineiter le cou rage des militaires de l'armée de Sk Domingue, et leur prouver au sollicitude de la France à leur égard , le général Leclerc publia une lettre du ministre de la marine et des colonies , En réponse à cle qu'il lui avait adressée relativement aux places à accorder au Prye tance, pour les fils des guerriers morts dans la colonie. Le minis-" tre lui avait annoncé que cinquante places avaient été accordées. Les fils du commissaire Watrin, des a à Hardy et Ledoyen avalent .été placés au Prylanée. Cette nouvelle réjouit cette mal=n heureuse armée dont le sort -serait à plaindre, si elle n'avait pas N épuisé tous ses efforts au rétablissement de l'esclavage. $ Le citoyen Daure fut nommé préfet colonial en remplacement du cie. toyen Lequoi Mongirault enlevé par la fièvre jaune. Aux Gayes, le cr É toyen Fréion, sous préfet du département du Sud, venait aussi de suc coimber, deux mois : après son arrivée à St Domingue. I fut remplacé M # par le citoyen Wante, secrétaire-général de la préfecture. G'estce mé-" we Fréron qui avail été, x Paris, , pendant la révolution, le rédacteur de LOrateur du Peuple; qui avait été un des conventionnels les plus ardens du pari de la Montagne. En disgrâce sous Île consulat, ilavaite accepté une sous préfécte ure à St- Domingue. Il racheta par fa philan-"
iropie qu'il démontra dans notre pays, le sang qu'il avait versé, à grands La
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flots ,; à Marseille et à Toulon, sous. Ja terreur, comme proconsul de la Convention, Sa mort futune perte pour la métropole. S'il eut vécu , il eût mis un frein à la fureur des colons qui, par leur bar. barie, excitèrent à la révolte les populations du Sud si fidèles à la France. Li veille de sa mort, il avait assisté à un repas dont la plupart des convives étaient des colons. La conversation roula sur fa crainte qu'éprouvaient les noirs et les hommes de couleur du réta- Düssentent de :la servitude. Fréron se leva et dit avec énergie que “il n'avait pas pleine confiance dans les sentimens philantropiques du gouvernement français, 11 porterait: [ut même Îles indisènes à la révolte el se mettrait à leur tête. Ces paroles terrilièrent Îles co- “ons qui, aprés le repas, le représentérent, de toutes parts, comme un négroplhiie furieux, un jacobin, un ennemi de Bonaparte. Le “lendemain, Fréron fut trouvé mort dans son lit. Les indigènes Morurent, . à l'époque , que les blancs l'avaient fait empoisonner, parce qu'il était dévoué à la liberté générale. | Le navire À Aristide, venant de Rochefort, mouilla dans la rade du Cap, chargé «le trois cents hommes ‘d'artillerie. El annonça que des préparatifs d'une forte expédition pour St Domingue se faisaient Brest. Ces nouvelles, répandues avec empres sement, ne découra- “ocrent pas les tt surgés qui faisaicnt d'immenses efforts pour occuper “quelques points du littoral Hs voulaient entrer en relations avec les Dâtimens marchands anglais ou américains, pour se procurer des armes et des munitions. Leciere, apprenant leurs excursions le long . des côtes, arrèla que tout caboieur ou autre bâtiment ns qui aborderait les points du littoral occupés par les rebelles, serait capture, que; la cargaison en serait confisquée et le caplaine pendu. Pendant que Déssalines envoyail aux. Gonaïves le général Charles Bélair, les cultivateurs des Matheux, des Délices, du Fond Bapuiste, du. Fond Blane, dans les mornes de l'Arcahaie , Sétaient donné de nouveaux chefs, et continuaient la gmerre contre Îcs blancs. Hlsavaient “mis à. leur tête un des leurs, Destrade, laboureur d'une rare intrépidité. Ils ne recevaient ni solde nt ration; chacua se procurait des “armes eb de la nourriture. Les chefs faisaient seuleuient la distri- “bution des vivres qu'ils rencontraient sur les propriétés qui n'avaient point été ravagées. is ordonnaient de planter, dans les Hieux les plus retirés, des iguames, des patates, des malangas. Chacun se battait pour sa propre liberté.
Le général Rochambeau-ordonna au général Pageot qui ‘commandait (ManJacmet de se rendre à À Arcabaie avec un bitailion de troupes eu- IMropéennes. Dès que Pageot arriva au Port-Républieain, il s'embarqua pour l’Arcahaie, Aussitôt après le débarquement de ses troupes en ce bourg, 1l pénétra dans les montagnes, à la tète de 1,200 hommes degardes nationaux de Jaemel, du Port- Républieain, de l'Arcahoie “etmde troupes européennes, A atteignit le Fond Baptiste qu'il irouva
abandonné. Les indigènes s'étaient établis en embuscade. an Bois neuf de Delpèche grande plaée. Les français, longeant la grande route, towbèrent dans l'embuscade. et perdirent une cinquantaine d'hommes. Ils se répandirent en tirailleurs dans la forêt; maisaiss n'aperçurent pas lennemi qui avait disparu. ils se rétirèrent sur. habitation Guenet où 1ls donnèrent la sépulture à leurs morts: Besn trade s sapprocha d'eux sans être aperçu, et établit une embuscade” non loin de lhabitation qu'ils occupaient, dans te chemin qiils den aient prendre pour en sortir. Mais le géricral Pageot, ayant décou* vert ccite manœuvre, se rendit par des chemins de traverse, sur l'hass bitation Créplaine, d'où il atteignit Petite place Delpèche, pour suirren la grande route des Maiheux. H cevita ainsi l'essbuscade de Dess trade. Les français, parvenus au camp Couvau vis:à-vis de Dupin, se trouvèrent en avant de la coloune indigène qui les talon pait au-travers des bois. Pageot campa sar {habitation Pouillie. “où. Il donna quelques heures de repos à ses Le Bestras. de se lint èn observation sur Vlhabitation Valadon grande place,h Là il vit ses forces s'augménlier des guerriers da Fond Baptiste qui étaient venus se ranger sous ses ordres, Pageot passi la nullan Pouillac ; à la pointe du jour, il traversa la cha: ie des mornes! Roberte jont, cherchant lennemi qui cependant le talonuait, Les indigènes éple. “aient le moment favorable de se précipiter sur ses lioupes. Desirades traversa rapidement les ravins du morne Monovrier, atteignit Phase bitation Morial où Te avail tu Charles Bélar, et Ar SITES à Bartholomay. La, il plaça en observation ceux de ses gens qui étaient montés ; lul-même,'à la tête des fantassins, attaqua les français qui s'étaient arrèlés sur le morne Léger. Les indigènes, artnés |a plupart. de piques de bois dur, et de massues , se précipilérent sur 1GS blancs Mais ils furent culbutés par les vives déchu ges de fa mousqueleries française, et rejetés au milieu d'immenses bouquets de bambous. Pageot les fit poursuivre par ses tirailleurs. Destrade mit le feu aux herbes desséchées dont fa terre était couverte. En, un instant les tourbillons de flammes et de fumée enveloppèrent les carabinierss français ; ils s'égarèrent la plupart dansles sentiers de la montagne et furent. obligés de se battre corps à corps avec les see lugcot he pouvant franchir cette ligne de flamines et de fumée, aus delà de laquelle -étaicnt engagés ses tirailleurs, se relira avec le gros. de sa colonne dans les établissemens de l'Htabitation Léger. Les ins” digèves dépouillèrent les blancs qu'ils avaient égorgés, se procurèren quelques paquets de cartouches, et s armérent dune cinquantained belles et bonnes carabines. Après ce liger succès, Destrade sen retira à Dessources.. Dans la même journée, Pageet poussa une. reconnaissance sur l'habitation Bartholomay ; il enveloppa les eavaw lers que Destrate ÿ avait placés, sur un giacis, et les fit presquen tous prisonniers; ils furent immolés sans pitié, Ceux qui avaients
pe prendre la fuite, traversérent les habitations Pouillant, Bonrepos, Hassac , et atteignirent Dessources par la route des Côteaux Guilhoux. Destrade , dès qu'il apprit cet échec ,. vint attaquer Pageot, incendiant autour des français toutes les plantations. Les blancs furent obligés d'abandonner leur position et de se retirer à Leroux. Destrade prévit que Pageot, désespérant de réduire les insurgés, se
rctirerait à l'Arcahaie, à la faveur de la nuit, comme avait fait
Bavalette après Île combat de Morial. Il se transporta sur l'habitation Roche où il avait son quartieg-général, ensuite au Fond Gondo. 11 établit ses gens sur deux côteaux qui formaient un défilé étroit, au pied du -morne Petite Plaee-Périlleux, à la Digue des .Matheux. En cet endroit, les indigènes , quoiqu'’ils fussent presque sans Munitions, pouvaient facilement. arrêter l'ennemi. Au milieu d’une nuit très obscure, le général Pageot évacua l'habitation Leroux, comme J'avait prévu Destrade. Il arriva à la Digue des Matheux, Sans avoir élé inquiété. Bastien, noir, commandait l’'embuscade. Il avait entassé , au-dessus du défilé, d'énormes pierres. Quand il commanda de commencer l'attaque, Pagcot et les carabiniers blancs avaient eu le temps de traverser le sentier. Les indigènes, après dvoir tiré quelques coups de fusil, firent rouler dans le défilé des pierres en grand nombre. En vain les troupes françaises ripostèrent ; il “fallut prendre la fuite. Ce fut sans succès que les gardes nationaux de Jacmel et du Port-Républicain excitèrent les soldats européens äfaire contre-marche pour eblever ,, à la baïonnette , la position Qu'occupait l'ennemi. Une terreur panique s'était emparée de f'avant:
“garde. Les européens formaient toujours l'arrière garde dans les
attaques, et l'avant garde dans les retraites. Les troupes coloniales essuyaient habituellement le prernier feu des insurgés. Au Jour, les indigènes virent le défilé encombré de chevaux, d’havresacs, de gibernes et de fusils. Le général Pageot ne s'arrêta qu'à la barriére de l'habitation Labarre, où il rallia les fuyards. Pour comble d'infortune, la fièvre jaune se déclara tout à coup dans les rangs de ses soldats qui périrent en grand nombre, au milieu du chemin, vo- Missant un sang noir. Jl rentra au bourg de l'Arcahaie d’où ül se rendit par mer au Port-Républicain. | |
— Malgré ces avantages des insurgés, la plupart des culiivateurs de la plaine de l'Arcahaie, quoiqu'ils fussent mécontens du régime français, n'avaient nulle confiance dans le succès final des armes “indigènes. La puissance de la France sur le continent de l'Europe lès effrayait; ces combats n'étaient, jusqu'alors, à leurs yeux, que des actes de brigandage; l'indépendance du pays leur paraissait chose impossible; les chefs de famille arrétaient lardeur de leurs fils qui ne demandaient qu'à se jeler , daus les mornes, au milieu dé l'insurrection. On ne les verra se soulever que lorsque la tyranie française deviendra insupportable. Le
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