‹ Histoire d'Haiti (volume 2)Chapitre 27 sur 47 · YHSTOIRE D'AATEL TSI · texte numérisé non relu

YHSTOIRE D'AATEL TSI

Presque en même temps une révolte éclatait dans les montagnes de Léogane. Les insurgés s'étaient réunis sur l'habitation a S Rochambeau envoya contre eux le colonel Lamartinière qui était en. è garnison au Port Républicain, à la tête de la 3e coloniale. Lamar ï tinière les dispersa de toutes parts. Comme tous les officiers supérieurs de l'armée coloniale, il servait la cause française depuis la soumission de Toussaint. Les insurgés chassés des mornes de Léo gane se retirèrent vers ceux de Jacmel où ils rencontrèrent un officier du Sud, noir, Métellus, gnilitaire d’une prodigieuse intrépism . dité qui avait défendu la cause r) Rigaud contre Toussaint Louver ture, et qui avait fui les Cayes pour éviter la mort à laquelle vous" laient le livrer les français. Ceux-ci immolaient déjà impitoyablements | les indigènes dont ils redoutaient l'influence. Les insurgés offrirente à Métellus de le mettre à leur tête. Celui ci accepta et les fit tous jurer de vaincre ou de mourir. Il campa dans les mornes qui sé» + tendent entre les communes de Léogane et de Jacmel. À A la même époque, les généraux Roc! hambeau, Lavalette et Pageoti partirent du Port Républicain, accompagnés de 800 hommes de trou pes, pour Jacmel, quoique la montagne fût inondée de bandes d'in-« surgés. Mais comme ils savaient qu'ils étaient sans armes, ils méprisaient.. leur nombre. Un cultivateur qui deviendra un intrépide colonel, Sangliou , à la tête de quelques insurgés de Léogane, faillit les en. lose à Grescier où ils se reposaient ; ils né durent leur salut qu'à la vitesse de leurs chevaux qui atteignirent le corps de 800 om mes qui les précédait. Rochambeau {ordonna à ses grenadiers den camper sur l'habitation Morel, prés de la ville de Léogane. Les, français furent attaqués, tout-à-coup, par les insurgés qui les for” cèrent à entrer en ville. Léogane fut assaillie de toits paris; elles eût suecombé si Rochambeau, Lavalette, Pageot n'avaient déployé. le plus grand courage. Dirigeant eux mêmes une battérie de quatre: pièces de canon, ils foudroyèrent les indigènes dans la savane quin s'étend à l'entrée de la place, et les mirent én pleine déroute. Less français, ayant appris que le chemin de Jacmel. était rempli d'em buscades, n’osèrent sortir de Léogane. Un ancien officier de l'armée du Sul , Cangé, homme de couleur, que le colonel Dieudon= né Jambon, son ami, venait de faire sortir des prisons de Jacemel, où l'avait plongé le général Pageot qui suspectait son dévouement à la France, arriva au Gnand Goûve. Cangé pénétra dans les mon tagnes, et excita les populations à la révolte. En quelques jours les sections de Mousambèés, de Tête-à-Bœuf, de Tavet, de, Berna furent en insurrection. 410 De son côté, le colonel Dieudonné Jambon, noir, qui comman= dait l'arrondissement de Jacmel, en l'absence ‘du général. Pageot ,* avait parcouru Îles montagnes, et avait désarmé la plupart des cul-. tivaieurs. Cette mesure, comme partout 1e avait excité les

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plus violent. mécontentement. Les cultivateurs qui avaient plusieurs

fusils en avaient soigneusement caché le meilleur. Une circonstance imprévue produisit l'explosion. Un blanc, colon du Cap rouge,

Rabouin, apprit qu’ un officier noir, nommé Raimond, qui avait été son esclave , dans l'ancien régime, était devenu l'amant de son épouse, femme blanche d'une rare beauté. Rabouin se détermina à tirer une éclatante vengeance de celui qu’il appelait son nègre. Il déclara: au commandant de la place de Jacmel que des dispositions hostiles au gouvernement se manifestaient dans le canton du Cap rouge où il avait sa propriété. On lui confia trente gendarmes avec lesquels il se transporta dans les mornes. Quand il arriva sur l'habitation,

il invita à un grand repas tous ses voisins blancs. Raimond est Je seul indigène quisoit appelé à y assister. Rabouinu le félicite de l'ordre qu'il a établi dans le canton. Raimond se désarme pour se mettre à table ; il est aussitôt saisi, Se par quaire gendarmes français et lié à un des: poteaux du glacis de l'habitation. Les blancs déjeunérent joyeusement sous ses yeux, se riant de ses plaintes. A la fin du repas, Rabouin ordonna aux ge endarmes de fusiller le patient ; ‘ce qui fut exécuté. Deux heures après, plusieurs centaines de cultivateurs assaillirent la maison du colon. Les p'anteurs et les gendarmes prirent la fuite ; mais poursuivis au travers des gorges de la montagne, ils furent pris la plupart. Rabouin, son épouse et ses complices furent é-orgés. Quelques gen-

darmes seulement rentrèrent à Jacmel. Dieudonné Jambon , aussitôt qu'il reçut la nouvelle de cette révolte, se transporta au Cap ronge

avec 200 hommes d'infanterie et une compagsie de dragons. Les

français; parvenus à six lieues de la ville, ne rencontrèrent pas

l'ennemi. Ils n'aperçurent qu’un éultivateur qui disparut à leur approche, après avoir tué un officier blanc, nommé Dupéroy, qui l'avait poursuivi. Dieudonné, cherchant les insurges , parcourut dans tou-

… tes les directions le morne du Cap Rouge. Il se rendit au Fond

Melon, et de là à la Gosseline, pour rentrer à Jacmel. Les français n'ayant pas découvert l'ennemi, devinrent inquiets; ils eraignaient des embûches. .Ils atteignirent une gorge près de l'habitation Sainte Cyr. Les indigènes postés des deux côtés du défilé, firent sur eux un feu plongeant. Ils y répondirent ; mais leurs balles se perdirent à travérs les rochers et le feuillage des arbres. La plupart des soldats européens furent abatius, et pas un seul des noirs et des hommes de couleur qui servaient avec les français ne fut atteint. Les insurgés avaient donné le temps à l'avant-garde com posée de leurs frères de travérser l'embuscade. LS CEE rentra à Jacmel, bouteur et dans le plus grand désordre. 1 avait laissé à Gaste, près de cette ville, cent hommes de la 8° coloniale, dont il se défiait; il croyait qu “ils étaient d'intelligence avec les insurgés. IL réorganisa la garde nationale; et quand'il se” crut en état de’ résister à

à ceux qui conspiraient dans l'intérieur de la ville, il fit rentrer à Jacmel les cent hommes de la 8°. Ces infortunés, quoique très-dévoués à la cause française, seront tous livrés à la hort par le général Pageot. |

les campagnes de Jacmel. Les indigènes, au nombre de 3,000, armés de piques et-de fusils, vinrent assaillir la ville qui las vigoureusement d'fendue par Dieudonné Jambon, à la tête de 200 hommes de troupes européennes, de450 hommes de troupes coloniales, et de 250 gardes nationaux. Il ne put néanmoins les chasser des environs de la place qu ils cernérent étroitement.

Le général Lavalette était retourné au Port-Républicain, après avoir laissé à Léogane les généraux Rochamibeau et Pagcot. Ceux ei n’osant pévétrer dans les montagnes inondées d'insurgés, pour se rendre à Jaicmel , firent répandre le bruit qu'ils allaient prendre ke chenun

de Tavet. Le gros des insurgés se transporta vers ce morne pour,

les ÿ attendre et les exterminer: le chemin de Léogane à Jacmelse

Après le combat de St. Cyr, l'insurrection devint générale dans.

trouva presque ouvert. Rochambeau et Pageot sortirent de Léogane,

et commencèrent à se battre dès l'habitation Thonin. Hls levérent

toutes les embuscades qu'ils reneontrérent, parvinrent devant la ville de Jacmel, la dégagèrent, et y entrèrenten libérateurs. Pageot reprit

le commandement de l'arrondissement. Après avoir déclaré Jacmel

en état de siège, il fit arrêter les 100 hommes de la 8e. coloniale dont il suspectait la üidélité envers la France, et les fit jeter enchaînés au fond de la cale d'un navire de guerre cn station dans la rade. Ces malheureux moururent étouffés par une vapeur de souflre qu'on répandit dans l'intérieur du bâtiment Peu de jours après Rochambeau se rendit, par mer, dansle Sud, avec 300 polonais. Il ne tarda pas à retourner au Port Républicain ‘Son voyage avait eu pour cbjet

de faire passer dans l'âme des autorités du Sud toute la fureur dont ‘il était animé contre les noirs et tes hommes de couleur. |

Lamour Dérance n'avait pas encore eommencé les hos-

tililés contre les français. Il recevait cependant éans son camp,”

situé dans les mornes de la Selle, tous les indigènes que persécutaient les blancs. Rochambeau n iguorait pas ses dispositions hostiles envers

la France. [l ordonna à Lamartinière qui jouissait de son estime.

depuis le siège de la Crête-à-Pierrot, car, q'oique cruel, 1} aimait les braves, de pénétrer dans les retraites de: Lamour Dérance, et de

l'arrêter en l'attirant dans un piège. Lamartinière partit du Port-: Républicain , à la tête des trois bataillons de la 3e. coloniale. I

souhaitait ne pas trouver l'occasion d'arrêter Lamour Dérance dont

les sentimens envers les français élaient les mêmes que les siens.

À li ln. TS.

Il attendait pour se prononcer contre la France que Dessalines prit M les armes contre elle. Gelui ei lui avait fait dire de lever l’étendard

de la révolte, dès qu'il apprendrait qu'il se füt soulevé lui même.”

LA

misToiRe D’HaItI. (1802) 809

“ Lamartinière arriva au Trou Coucou, sur l'habitation Dérance, au

centre des plus hautes cimes de la Selle. Là était le quartier général de Lamour , lieu naturellement fortifié. Lamartinière n’'eût pu y pénétrer, si quelques cultivateurs en avaient défendu les avenues. L'état major .de ls 8e. coloniale, instruit des ordres de Rochambeau , attendait avec impatience, dans la grande ease. de Dérance , l’arrivée de Lamour pour larrêter. Celui ci, sans défiance, se disposait à bien traiter ses hôtes. Lamartinière, dés quil Paperçut, lui fit connaître, par des signes, qu’on allait le garrotter. Lamour Dérance s élança aussitôt sur son cheval et disparut à travers les bois. Il se réfugia dans ces Feux imaccessibles où jamais les :

iroupes de .Toussaint n'avaient pu l'atieindre. Lamartinière rentra au Port Républicain. Rochanmbeau lui ‘onlia de nouvelles troupes,

et lui ordonna de poursuivre avec acharnement Lamour Dérance. La 3e. coloniale et un bataillon de troupes européennes parcouru rent les montagnes de la Selle dans toutes les directions, et revinrent au Port-Républicain, après avoir fait une course militaire des plus

.penibles. -

Ce fut aussitôt après cette campagne de Eamartinière, que Lamour Dérance commença les h:sülités contre les français.

Pendant cet intervalle , l'audace des insurgés des mornes de l’Arcahaie sétait considérablement accrue par le succès qu'ils avaient obtenu sur fe général Pageot, à la Digue des Matbeux. Ts avaient trouvé sur le champ de bataille, des cartouches, cent fusils et deux

…tinmbours. Destrade, leur chef, forma une compagnie de fantassins

armés de piques surmontées de baïonnettes, et une compagnie de cent fusillers sans baïonnettes. Les awires guerriers formaient des bandes armées de prques faites de bois dur. H conçut le hardi projet d'attaquer, à la tète de son armée, forte de mille hommes, le bourg de |'Arcahaie, garni d'artillerie. Il ordonna à Jean Charles Gourjol de descendre de la montagne, et de se rendre, à la tête de sa bande,

sur Fhabitation Lapointe, dans la plaine; à Noël Buquet, chef du canton des Délices, de se rendre à Poix ta Générale. Avant d’atia-

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