‹ Histoire d'Haiti (volume 2)Chapitre 31 sur 47 · SR · texte numérisé non relu

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eernée au Pondon par Îles insurgés. Le général Glausel fit distribue® à chaque soldat quinze rations , et envoya au Cap le capitaine Var, quartier-maître de la 13e., avec ordre d'y prendre la: solde du régiment. Var était un blane , ancien soldat du régiment de Fau-

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bert, dans le Sud, qui avait toujours servi dans les troupes noire et jaunes. Il revint au haut du Cap avec la solde, et annonça | qu'il avait vu la 6e. rangée sur le rivage, ayant les armes en fais ceaux. [Il paya aussitôt les troupes. Mais les soldats ne trouvant, pas leur compte, d'après leurs calculs, s'agitent, cabalent, mena cent; le tumulte est à son comble. Clausel et Claparède appellent Pétion pour lui demander la cause &e ce meuvement. Pendant, que Pétion se rend auprès d'eux , Geffrard, ancien colonel dans. l'armée de Rigaud, qui était au Cap , en inactivité, arrive, dégus | sé en malelot, au quartier de la 18e, déclare à ses anciens come pagnons d'armes que la 6.e coloniale a été embarquée en entier pour être noyée, et que beaucoup d'hommes de couleur et de, noirs ont été arrêtés, et qu'il s’est sauvé pour éviter la mort. Ja venait de noyer Dommage, noir, ancien colonel de la 4.e, avee… presque toute sa famille. Le‘ général Paul Louverture, frère d& Toussaint, dés qu'il avait appris celte exécution, était sorti préc pitamment du Cap, à la faveur d'un déguisement, et s'était rendu, auprès de Sams Souci dont il avait reconnu l'autorité. Pétion res | tourna au quartier de la 13.e, exhorta les soldats à observer la plus sévère discipline. Il se rendit ensuite auprès de Clausel et lui aan nonça que les soldats ayant été payés, leurs murmures avaient, cessé. Clausel et Claparède, frappés néanmoins de l'attrude que prenaient les troupes coloniales, rentrèrent au Cap, avant la uit avec leurs guides. Clervaux et Pétion envoyèrent aussitôl deux cour riers l'un à Christophe et l'autre à Capoix, pour leur faire pa de leur projet d'insurrection. Capoix, déjà soulevé centre la mt tropole, ne pouvait que les soutenir énergiquement. Un écrivai français, Ph. Albert de Lattre, ex-liquidateur des dépenses de guerre, à St-Domingue, dit, page 68, dans un mémoire sur. Domingue: « On apprit aussi que l'intimité de ces chefs mulâtr a avec les généraux nègres, et avec Capoix la mort, autre chef n gre,et l'un des homimes les plus féroces qu'ait produits l'A que, * tendait à expulser tous les blancs de la colenie. Ces m lâtres, faisaient circuler des lettres qu'ils avaient recues de l'écran ger ; ils témoiguaient une joie indécente de ee qu'on leur an nonçait que la guerre avec l'Angleterre était certaine. C’est par. eux qu'on en eui les premiers avis. » Le même écrivain « au sujet de Pétion et de Clervaux: « Ils étaient comblés d’honneurs, | | É au ;

* Capoix était exéole de l'habitation Delaunay, daus le quartier du Per

&e-Paix,

HISTOIRE B'HAITI.——(1807) ï CE

@ret de richesses; leur traitement de solde et de table était toujouré [are de préférence. Le général Leclerc avait une prédileceen partieuliére pour Pétion; il y avait quatre jours qu'il les @avait réunis à un banquet splendide. Clervaux ét Pétion 1ceaæwaient ces témoignages d'affection avee dédain. » Pétien , Dessa, Mines, Clervaux , étaient en effet accueillis avec la plus grande dis- “timeton par le capitaine général. Mais ée n'était pas parce qu'il les “alléctionnait. L'esclavage était rétabli de fait: la résistance des culuivateurs était opiniâtre, et Leclerc s’efforçait par des honneurs ét des largesses de transformer les officiers des troupes coloniales en bourreaux de leurs frères. Il n’est pas donné à tout homme dé sacrifier au bonheur matériel Fhonneur et les principes de liberté. bGertainement Clervaux, Pétion, Dessalines eussent pu, à Fexemple bde Laplume, de Dieädonné Jambon, de Nérette, devenir les ins- “irumens des crimes des français; Mais ils aimèrént mieux supporter dans les montagnes toutes sortes de privations, bravant chaque jour WA mort, n'ayant pour toute récompense que l'amour de leurs frères, Em d'arrêter un moment la marche de la liberté. Quant à Chris- Miophe, on le verra un instant irrésolu; mais entrainé par Pélan “oënéral, 1l embrassera le parti de ses frères. Il exposera plus que ” “save en prenant les armes contre les blancs, car la haine Hnplacable” que lui portaient les insurgés menaçait continuellement son “existence et celle de sa famille. D'une auire part, il était lé seul “oflicier général indigéne dent la fidélité ne fut pas suspectée par le €dpitaine-général. Eu | “Le 22 Vendémiaire ( 14 Octobre}, dans nuit, le ciel était brilant” d'étoiles et une brise douce agitait le feuillage des paliniers “Qui couvraient le plateau du haut du Cap. Pétion réveilla en silence ls" soldats de la 40° et la- 15°, leur fit prendre les armes, et Marcha avec eux sur trois faibles postes qu'occupaient eent homnes de troupes blanches. (Ces troupes cernées par plus de 1800 “hommes nopposèrent aucune résislance et mirent bas les armes. Les indigènes s emparèrent dur obusier édablr au pont Weiche que gardaient vingt cinq polonais, et de deux pièces de 4, l'une dress #enau fort Bréda, l'autre placée devant la maison qu'occupait Clausel. Clervaux n'avait sous ses ordres que cinquante hommes “dela 6 Si Pétion avait eu plus de eonfiance en ses: soldats, 1leût surpris le Cap, eût enlevé Leclerc, de l'aveu des généraux français eux-mêmes: Les insurgés se formèrent en carré, placèrent au milieu d'eux leurs bagages, toute la population noire et jaune du haut du Cap, et s'acheminérent sur le morne Rouge. Pétion déployaié oute son énergie pour conteuir la fureur de ses soldats qui voulient égorger les prisonniers blanes. Quand :l arriva au morne Rouge, il fit faire halte. à ses troupes, se plaça au milieu d'elles ét leur dit qu’elles entreprenaient une guerre nationale et ner pas une

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guerre de parti; qu'elles auraient à vivre au milieu des plus grandes privations, ce qui serait pour elles ua bonheur en comparaison dus sort qui les attendait dans les villes; qu'elles ne verseraient plus leur sang ni pour la France , ni pour satisfaire lambition "de l'un des leurs ; qu'elles combattraient pour leur propre liberté, pout l'indépendance de leur pays ; qu'elles conserveraient le drapeau trim colore, paree que c'était celui qui les avait émancipés, celui sous lequel elles avaient arraché à la dégradation leur race qu'on voulait encere avi lir; * désormais qu’elles auraient pour devise le bonnet phrygien avec ces” mots : Liberté , Indépendance ou la Mort. + Le sang de nos frères nous, crie vengeance, ajoutaet-il , lsi nous ne triomphons pas de nos lyransé du moins, en mourant en hommes libres , nous n’aurons pas la honte" d’avoir survécu à l’esclavage.» Pétion âgé de trente deux ans avait tout@ Ja fougue de la jeunesse. Ilarracha eh même temps les armes françaises” au drapeau qu'il tenait dans ses mains et les jeta loin de lur. Les" cris de vive la liberté! Guerre à mort aux français ! éclatèrent me les rangs. Les indigènes voulurent se précipiter sur les bianes“ et les immoler. Pétion se plaça entré eux et les prisonniers eln sécrin: ces infortunés sont des soldats qui n’ont fait que leur devoirÿ« ‘ils ne sont pas responsables des crimes de leurs chefs. Les coupas bles sont les généraux, les eolons qui les excitent à devenie cruels. » Ces paroles ne calmèrent pas la fureur des soldats des” 40° et 13°. Pétion continua: Dépouillez-les ; ils trouveront au Cap des habillemens; mais je vous le déclare, si vous attentes à leurs jours , jabandonnerai le commandement , je cesserai d'être à voire. tête, je me ferai soldat dans vos rangs. Nous avons au Cap presque tous les soldats de la 6° coloniale; on nous les renverrsa peut-êtreen« échange. » Les prisonniers furent dépouillés et acheminés sur le Cap. Delatitre, page 67 , dit en parlant, dans cette circonstance, d géhéraux Pétion eic.... « Is renvoyèrent au capitaine-géaéral Les clere quelques canonniers blancs qu'ils avaient à leur disposition etluk firent dire qu'ils lui donnaient trois jours pour évacuer la colonie. - Leclerc , aussilôl qu'il apprit eette révolte, fit battre la générale Tous les citoyens en état de eombattre prirent les armes. A la tête" de 800 hommes de sa garde, il se transporia au haüt du Capt y rencontra les prisonniers blancs que Pétion lui avait renvoyés."Ils étaient presque nus. Ils apprirent à Leclerc que les insurgés s'étaie relraachés au morne Rouge, qu’ils y avaient un obusier et 2 piéa de campagne. Ils disaient à leurs camarades que les troupes eol0 niales avaient bien fait dese révolter ,. puisqu'après avoir bien ser la Franee, on les noyait, les pendait et les réduisait en servitude, pour récompense. Le capitaine général rentra au Cap, après avoit

:* Nons verrons plus tard comment notre drapeau bicelore, bleu et r ; æe, fut adopté. à dont de | ii s 4 HE

pe

k HISTOIRE D'HAITI.—(1802 | 345

œarni de troupes les forts qui avoisinent cette ville, et envoya aussitôt “auprés de Christophe, cantonné à St. Michel avec les 1°, 2° et 5° “coloniales ,.le colonel européen Boyé qui lui remit l'ordre de marcher contre les briganis Clervaux et Pétion. Christophe reçut avec D l'envoyé français, et lui donna l'assurance qu’il allait combattre les mulâtres qui prétendaient ravir aux blancs la possession de St. Domingue. 1 ne répondit pas au général Leclere et retint auprès “de lui le colonel Boyé.

… Dans la journée du 22 Vendémiaire (14 Octobre ), Pétion abandonna le morne Rouge et se rendit avec les 40° et 13° sur l'habitation d'Hérieourt , ‘ayant l'intention de s’acheminer vers l'Ou- “est, son pays, pour y combattre les blancs, s'il ne pouvait s’entendre avee les chefs des bandes de l'intérieur du Nord. Il était presque étranger dans ce départenrent; il ne connaissait les chefs des insurgés que pour leur aveir fait la guerre ; il se sentait entiè- “rement isolé; il voulait se rapprocher de Bessalines qui devait aussi avoir pris les armes dans le quartier de l’Artibonite. Tout.à coup, Petit Noël Prière, sortant des mornes de Balancé et de la Soüffrière, “envahit | habitation d Hériceurt avec toutes ses bandes qui hurlaient ällreusement et se préparaient au combat. Pétion commanda aux 10” et 13° composées d'indigènes de l'Ouest et du Sud de se ranger en bataille. Ces deux eorps qui, en abandonnant le haut du Cap, avaient fui l'extermination, se trouvaient en présenee d’un nouvel ennemi qu'ils avaient vigoureusement traqué pour les français. Pétion à la tête de ses troupes vit s'avancer au devant de lui Petit Noël Prière plein de fureur et agitant son sabre. Qu'êtes-vous venu Chercher iei , demandait il à Pétion ?— Celui ci lui répondit avec dignité: « Nous avons abandonné pour toujours la cause des fran- Gais , et mous venons vous demander des renforts. » — Nous ne vous en donnerons pas; les troupes coloniales nous ont horriblement traqués ; elles nous atteignent où les français ne nous atteindraient ja mais.—Les blancs Sont aujourd'hui nos ennemis communs, répliqua Pétion; assaïillis par eux d’une part , et par vous de l’autre, nous ne pour-- Mons résister; puisque vous nous refusez votre aide, laissez-nous le pas: sage libre pour que nous retouruions dans | Ouest , et ne nous coniraicnez pas à en venir aux mains avec vous.— Ne peurrions-nous pas croire ‘que vous êtes envoyés par les français?—Pétion qui voulait éviter un combat qui n'eût été que préjudiciable à la liberté, lui dit: «Voyez cet obusier, voyez ces deux piéees de 4, nous les avons pris au haut “du Cap; puisque vous doutez de nos sentimens, nous laisserons à d'Héricourt nos bagages, les femmes , les enfans qui nous accompagnent, et nous marcherons ensemble sur le Cap ; faites avertir le gééral Christophe de nos meuvemens.—A ce nom de Christophe, Petit Noël Prière brandit son sabre avec colère, et dit que €'était un brigaad qu'il se proposait de tuer à la première oucçasion. :

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Néanmoins il aceveillit la proposition ‘de Pétion, parut we: pour le haut du Cap, où les indigènes arrivèrent ‘le 23 Vend aire (45 Octobre}, vers les cinq heures du matin. Le mémeli Christophe envoya au Cap un officier qui annonça au capitaine: génér qu'il se disposait à marcher contre Pétion, Clervaux, Peut N Prière, dont 1! se débarrasserait en peu temps.

‘Les troupes coloniales et.les bandes de Petit Noël Prière. m taient à plus de 5,000 hommes. Clervaux auquel Pétion avaitre le commandement s'approcha de la ville, A neuf heures ee du 23 Vendémiaire, la garde nationale du Cap, forte de 4,200 hen mes d'infanterie et de 200 cavaliers, était réunie sur la place d'armes Elle était composée de la bourgeoisie blanche, noire et jaune: ï général Claparède, commandant de la place, était à sa tête.” Les troupes européennes au nombre de 1,100 hommes dont 800% de le garde de Leclerc et 300 de troupes de ligne’, étaient prêtes à sortire Le général d'Henin commandait à cent cavaliers européens: be danger était immense. A dix heures, le générak Clause prit: Le conx : mandement de l'armée et marcha contre les indigènes, Clervaux évita le combat. Mais le 24 Vendémiaire (16 Octobre) à une heut e ‘de la nuik, il attaqua Clausel avee une telle impétuosité qu’il le cb et le jeta en désordre entre. le fort Jeantot et le grand ehem D'Henin fit une charge brillante; mais les 40° et 13° mn formèrent en bataillon carré et: le repoussèrent.

Clervaux , suivi de quelques cavaliers, le poursuivit vigoureu ment; d Henin se retourna avec fureur 5 et un combat singulier fs: gagea entre ces deux guerriers qui sembrassaient au bal, 1l avait pas cinq Jours. Clervaux, Île sabra et le: renversa "den cheval. Les cavaliers français, honteux de leur fuite, -chargérents de nouveau et dégagérent leur général Pendant cet intervalle, Pétion qui s'avançait, par la grande route, à la tête de la 48+e, pre nait le fort P.'° Michel , et y trouvait toutes les pièces onals ee pat les français qui avaient pris la fuite. Clervaux, au lieu de poursut vre son avantage et d'entrer au Cap à la suite: des luyards , ëf sait ses efforts autour du. retranchement de Jeantot. vigoureusem défendu par le chef: de brigode Anhouil. IE donna au fort # assauts. et fut sept fois repoussé. Le: colonel de la 46:e coloni Jean Philippe Daut, noir, s'efforçait en vain, d'entever le poste haut du Cap occupé par un bataillon 8e la garde d'honneur ducæ pitaine-général. Le général Clausel, de son. côté, profitant dela faute de Clervaux , ralliait les fayards et: dressait une batterie con tre le fort Michel dont. s'était emparé l'adjudant-général Pétion. obus et: les. bombes forcérent. les: indigènes: à: abandonner la posi Pétion, ayant trouvé tous les canons: de: Michel: encloués, n'a pu répondre au feu de l'ennemi. Clausel ordonna aussitôt: au gé méral d'Henin, couvert de. blessures, de charger la 13e là 1èle des sa

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| Has fette cavalerie, quoiqu’elle déployät Ja plus brillante vaeur, ne put rompre la 13.e coloniale qui reprit la position qu'elle occupait avant le combat. En même temps, Petit Noël Prigre qui avait assailli la place, du côté des hauteurs, était repoussé ave perte. Le feu cessa de part et d'autre et les deux armées restérent en présence. Pendant le combat, des scènes horribles se passaient dans le sein de la ville du’ Cap. Les blancs, saisis de terreur,

assacraient tous les noirs et les hommes de couleur qui encem- Draieut les prisons ; les pleurs et les prières des femmes. indigènes n'avaient pu altendrir les soldats européens. En même temps la xille reteutissait des cris déchirants des 1209. hommes de la 6.e co- “loniale, noirs et jaunes, qui avaient été embarqués. Les matelots, effrayés à la vue de tant de soldats indigènes qui voulaient, pré: tendaient- ils, se rendre maîtres des bâtimens , poignardérent ces infortunés désarmés , Aux cris de Tuons ceux qui peuvent nous tuer! Leurs cadavres disparurent sous les flots. Le cemmandant Jacques Clervaux fut aussi poignardé et jeté à la mer. Peut-on s'étonner des vengeances exercées par les indigènes sur les français? Combien la conduite du général Leclerc ne contraste t-elle pas avec celle que tint Pétion au Morne Rouge, lorsqu'il renvoya ses prisonniers blancs. Le capitaine-général embrassa avec ehaleur le colonel Anhouil qui avait sauvé le Cap en repoussant les sept assauts que Clervaux avait donnés au fort Jeantot. La défection de Pétion l'affligea profondément. . Gonnaissant le tempérament de cet indigène , il pensa quil n'eût pas pris parti avec les insurgés, s’il n'avait été certain du succès de son entreprise. Il monia au fort Jeantot , et examina avec attention le camp ennemi. Il remarqua que les armes françaises avaient été arrachées aux drapeaux des 40.e et 43e. — Ils combattent non seulement pour leur liberté, mais aussi pour leur indépendance, dit il avec désespoir, au général Clausel dont la physionomie sombre exprimait que la faute en était au premier consul. Cen est fait, s'écriat-il, il n'y a plus de remède au mal. Prophétie dont l'accomplissement: fu hâté par le gouvernement de Ruchamheau. Cet évènement ajouta à la somme de ses ehagrins. Il atiendit avec anxiété des nouvelles de Dessalines en lequel il avait un reste de confiance ; il comptait toujours beaucoup sur le général Christophe dont il aimait la franchise,

Christophe, pendant le combat du 16 Octobre, était demeuré “dans l'inaction à St Michel. Dans la nuit du 24 au 25 Vendémiaire (du 16 au 47 Octobre), il fit amener devant lui le colenel Boyé et lui dit: « Je vous renvoie à votre général; dites lui qu'il “est un audacieux sans expérience et sans foi; que je méprise les, millions et les honneurs qu'il. m ‘offre pour que j'abandonne la cau: se de mes frères. Quant à vous, colonel, si je ne respectais le dreit des gens, veus ne reyerriez plus le Cap. », Le français, vit

sans crainta les sabres qui menaçaient ses jours se lever sur tête. Christophe admirant son courage, lui fit servir un beau repas et le fit conduire, escorté par un bataillon , jusqu'aux avant- post français. Le 48 octobre, à la -pointe du jour, il arriva au du Cap avec les fre, Q.e et 5.e coloniales: , et fit arracher à drapeaux les armes françaises. Dés que Pétit Neël Prière l'apergt il se précipila contre lui, plein de fureur, en l’apostrophant de tr tre, d'assassin. Ses bandes , partageant sa rage, formérent hurlant un cercle autour de Christophe. Celui-ci, à cheval, une attitude majestueuse et pleine de résignation. Le sourire a er. de ses lèvres témoignait tout son mépris pour ce ehef de bandes. Il se saisit d'un de ses pistolets ét l'arma. Petit Noël Prière des cendit de cheval, le sabre à la main, et s’élançca sur lui en. die sant: I n'y a plus de français pour Le soutenir, à nous deux. Maïs. les soldats de la 13.e, Pétion, Clervaux se placèrent entre les deux adversaires, en criant: arrêtez ! arrêtez! Le désordre est à son comble ; les baïonnettes se creisent ; on brandit les sabres ; Mes piques se dirigent sur Christophe. Pétion élève ‘la vsix, et montre à la multitude les blancs qui vont profiter de celte dissension. On entre en explication. . Les bandes continuent à vociférer ; elles dem dent la mortde Christophe. Où parier cependant à calmer l effervese ce; Petit Noël Prière se relire à la tête de ses gens, en promettant Christophe de régler plus ie Son compile. Christophe , hom d'une haute intelligence, d'ordre et de principes sévères, nan tardé à s'insurger avec .ses frères , que parce qu'il avait cru les Sans Souci , les Macaya, les Petit Noël n'avaient pris les” mes que müûs par linsunet “seul du pillage ; 1l ne “oulait pas ranger du parti de ces hommes quil croyait incapables s-de con voir une insurrection basée sur des principes d'ordre et de légali Mais dès qu il avait vu Pétion et Clervaux livrer combat aux fr çais, il n'avait plus hésité, déterminé à “combattre à la fois, säb le fallait, et les blancs et Sans-Souci. Clervaux réorganisa la G.e avec des cullivateurs , la plupart de la Marmelade, qui déjà, grand nombre, avaient servi sous lui. Pétion eut sous ses ord les 10.e et 18e. Geffrard demeura auprès de lui sans comman dement. Christophe se tint toujours à la tête des 1.re, 2.e et5.e. Glen vaux , eomme, le plus ancien des officiers supérieurs, prit le co mandement , de toutes les troupes, et Petit Noël Prière se tint‘à l'écart. à la tête de ses bandes. lis cérnérent le Cap por de tou eûlés.

. De toutes parts les français n° apprenaient ue défections. Le se vit obligé peur chasser les insurgés des hauteurs du Cap, donner l’évaeuation du Port-de-Paix, du Borgne, etdu Fort Li afin de grossir la garnison de la capitale. Le ‘général Brunet , mandant de la division du rose AP de Lacroix, com

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