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HISTOIRE 2e ÉATES 1 nu 349

ant du Fort Liberté, recurent l'ordre de rentrer au Cap île plus t possible. Il devenait urgent de centraliser l'armée. Les hôpitaux Ki. les poudres furent évacués sur l'ile de la Tortue. Toutes ces “mesures augmen!lérent l’audace des indigènes auxquels Pétion, Cler-

“aux et Christophe répétaient sans cesse queles blancs allaient bien- “i0t abandonner St. Domingue.

Leeierc annonça à la dbiotite l'insurrection de Pétion , de Clervaux et de Christophe par la proclamation suivante :

Au nom du gouvernement Français.

7 quartier général du Cap, le 23 Vendémiaire an 11. (20 Octobre 1892.) Le Général en Clef, Capitaine Général,

Aux habitants de Si. PDomingue.

Une insurrection inouie a été commise; des Jâches comblés des

“bienfaits du gouvernement ent abandonné leurs postes pour se ren-

"dre aux rebelles : ‘ils ont osé attaquer la capitale de la colonie, et.

“déjà ils avaient calculé le pillage qu'ils devaient faire et désigné les

“victimes qu'ils devaient immoler. Lis ont éié trompés dans leurs cri-

minelles espérances. Tous les citoyens sont devenus soldats ; ils “se sont réunis aux braves de l’armée de St. Domingue, et les re-

Ld

belles ont été repoussés avec une perte considérable. Dans ces cir-

constances , pour ne point compromettre la possession de la colo-

“nié, jai ordonné que l'armée se réunit dans les places capitales, "que les hôpitaux et les poudres fussent évacués sur les points où “ils peuvent être à l'abri de toute insulte; j'ai ordonné que les ci- Mioyens fidèles à la Franee fussent admis dans les villes où se ras-

Es

semble l'armée: c’est là que nous attendrons les troupes qui nous sont annoncées de France et qui nous SeC VITRE à reconquérir la colonie et à punir les traîtres et les rebelles. Mais de ce que l'armée se eoncentrait, de ce que les scies ‘étaient évacués sur ia Tortue, de ee que “des munitions et des vivres étaient embarqués,

des malintentionnés ont cherché à induire que l'armée allait éva-

euer St-Domingue, et ils ont répandu ce bruit : si l'armée se con-

centre, je vous en ai déduit les motifs; si les malades sont éva- eués sur la Tortue, c'est que la tranquillité si utile à leur réta-

…Hissement leur est refusée au milieu du tumulte des aimes et que “d'ailleurs, le local des hôpitaux était nécessaire pour Pétablissement

des troupes et des manutentions. Si les munitions sont embarquées, c'est quil n'existe pas au Cap un seul magasin à poudre et que dans des circonstances comumne celles où nous sommes on ne doit pas

“laisser l'existence de la ville à ia merci d'uu furieux. Si on embar.

ue dés vivres, c'est qu'il faut fournir des alimans aux malades ët de aux convalescens qui sont en grand nombre à Îa Tortue. En soyez cales; éonfianee et ralliement au gouvernement; voilà quellé doit être votre devise. L’arméé nous à promis de fe point vou 18. abandonner; élle tiendra parole. | | (Signé) LECLERC.

Pour neutralisér l'effet des bruits que répandaient les: iciréti avec quelle préeaution Leclerc ne rend-1l pas compte des mesures qu'il est contraint de prendre par le développement prodigieux de > l'insurrection ? 11 était abimé dans le chagrin; il voyait la eolonie échapper à là Francé; ballotté par les passions fürieuses des colons, ! il ne savait plus quel système suivre; d'une autre part, il entendait. sur $on épouse lès propos les plus scandaleux : celle-ci ne partageaite pas ses douleurs et se livrait aux plaisirs sfns ménagement: ,

$on conseil privé lui, fit prendre une mesure des plus impolitiques. Comme l'armée française était considérablement affaiblies at que la ville du Cap était bloquée par les iäsurgés, 11 déclara que tous les émancipés de 1794 qui prendraiént les armes contre les révoltés. : auraient leur liberté garantie. Cette déclaration ne pouvait qu 'ali-. ienter l'insurrection; car la liberté générale avait été proclaméen par la conveñtion iidlionalé, en 1794; exiger, pour être libre, duo prit les armes Contre les révoltés , é'était déclarer que le déeret la conveniion était révoqué. à Si Domingue , cominé à la: Étad ts EpE k ét dans les autres colonies françaises. Depuis l'arrestation de Tous- | Saint , ôn trailait les indigènes commé dans l’ancien régime ; mais

à présént, l'on faiseit des actes publies, dans la partie française, qu consiataiént le rétablissement officiel de là servitude. L'insurréction élait donc plus que légitime. Les mattres des énanC QE de 1794 sé présentaient à la Petite-Anse, et donnaïent gratuitement, par acte notarié, la liberté à ceux de leurs ancièns esclaves qui. voulaient s’enrôler. Le capitaine-général, au nom du gouvernement, français, après avoir sanetionné les actes de liberté, s obligeait, at vu rétablissement de là paix, à faire à chaque nouveau libre une cons gession de quatre carreaux dé Lerre. ‘On avait eu les noue libres de 1793 et de 1794 ; à présent on avait les nouveaux libres de 1802 qui n étaient que ceux de 1793 et de 1794. « L'adoption « de celie mesure extraordinaire , dit Delattre, n'était pas d'ailleurs, de la compétence du capitaine- général. Ellé ne pouvait émane que de l'autorité souveraine. En accordant la liberté à une por tion plus ou moins considérable de nègres , c'était dé rEE que la volonté du gouvernement suprême était que les nègres réntreraient dans l'esclavage lors de là pacifieation. Rien. ; v'était sans doute plus impolitique , se trouvant säns force pt Ji cememander l'ébsisanes. 6e moyen, hien loin de meitre 1

vision parrai les révoltés , devait augmenter leürs forcés, par la Lun de ceux qui ne seraient point admis à jouir de. la liber sæ te. e capitaine. général n'a dû consentir à cette mesure extra: Ps qu'à la très-grande extrémité, et sous le seul point de $ vue de laisser , après le dépärt de l'armée, une cause de guérre « eutre les nègres. >. | Le citoyen Wante qui en 1805 publia un ouvrage sur [limportanee colonies françaises occidentales, et particulièrement sur celle dé Saint. Domingue qui était déjà un état indépendant sous le nom d'Haïti, fut nommé alors sous préfet du département du Sud. Le or Jacques Marquet Montbreton Norvins le rémplaça dans les bnchions de secrétaire général, de ;la préfecture. | 1e 55 jaune ne cesail ses ravages. La eolenie entière était dépour Îles blancs, un vaste sépulere. La peste enlevait cha. 4 "56 deux où trois eenis européens. La physionomie des Y ie était affreuse ; l’on voyait peinte sur les traits des européens : erreur de la mort ont l'effronterie du désespoir. L'on trouvait morts dans leurs lits ceux qui la veille avaient assisté à de brillan: tes fètes. Les français, effrayés d'un avenir si sombre, et sans poir de vivre longiemps encere, se livraient avec excès à toutes sortes de jouissances , et hàâtaient eeite mort sans gloire qu'ils éyaient | avec tant d'horreur. Les officiers s’'adonnaient ardeimment ‘au jeu , au Jibertinage ; à la table. Dansant, chantant à bord des bâtimens dé ierre, le jour pavoisés et la nuit iiluminés, ils bravaient la maladie et descendaient au tombeau au sein des plaisirs. Pauline Bona- Due. oubliant les souffrances de son époux que les évènements avaient plongé. dans une sorte de désespoir, donaatt l'exemple de ce dérégle- * ment. Le général Humbert, l'officier le plas beau de l'armée française, 2. loujours à ses côtés. Les habitans du Cap le lui donnaïent peur ant.

… Le glas n'annonçait plus les derniers moments des Désir é8 ilne faisait plus de magnifiques funéraiiles. Le nombre des morts | tel que le capitaine général défendit de les “enterrer .le jour, Jour que les vivans ne fussent pas territiés. Pendant la nuit, des voitures transportaient les cadavres hors des villes, et les jetaient , pôle inèle et nus, dans de larges fosses communes. Où les couvrait de Chaux vive ; leurs vêtemens étaient brûlés. Quelquelois la lugusre chavetie recevait les pestiférés avant qu'ils eussent réndu a vie , el désourdes: plaintes sortaient de la foule des morts. L'on vit même devces malheureux, déjà couverts de terre, se lever tout à coup et de- Mmiander à vivre. Les cadavres restaient souvent sans sépultare , jusqu au jour étendus le long des fosses ; et des rats que cette pâture attrait, em d nombre, venaient les manger, lorsque les fossoyeurs se retiraient, | midi, pour prendre un peu de repos Des passants voyaient quelquefois des eerps se remuer seus les, morsures. Ce fui au æi-

852 er | HISTOIRE p'HAITI.—(1807).

lieu de ces Le calamités qu’éclatèrent avec le plus d'énergie tà charité et le courage des femmes noires et de couleur. Elles prodiguaient, avec le plus noble désintéressement , toutes sortes de soins! aux malades , : se vouaient au serviee des hôpitaux , et bravaient la mort sous des toils pestilentiels. L'armée française avait déjà per= du, en l'espace de neuf mois, 24,000 hommes, tant par le fer. ques par la peste. * Guatorze généraux avaient été enlevés par la maladies Le général Dugua, homme de vertu et d’un rare courage, vieillard sep= tuagénaire , soldat d’Htalie et d'Égypte, était mort dans la nuit du 24 Vendémiaire, 16 Octobre, blamant les actes sanguinaires dé son - gouvernement , ‘et déplorant la perte dela colonie. Le soldat euros péen étall devenu morose ; il avait perdu sa gaiété; 1} combattait par. devoir, mais non” plus pour la gloire. Quinze cents officiers de terre et de mer, 1,000 matelois avaient été moissonnés par la peste. Des demi-brigades entières avaient disparu. Quarante huit passagers are rivés sur un navire de Bordeaux, pour faire fortune à la suitedes l'armée, furent enlevés par le flcau le jour de leur débarquemeutk au Cap. De tous côtés les français étaient foudroyés, dans les mornes, dans les plaines, dans les villes, en mer! Onles Vo: yait, en pleine santé, s'arrêter tout à coup, trébucher, vomir um sang noir, et tomber en appelant sur St. Domiugue, qu'ils nous maient le tombeau des français, toutes les malédictions du ciel Quelquelois les indigènes les croyaient ivres,. et, au lieu de leu donner de prompts secours, riaient de leur iatempérance. En pés néral, ceux qui étaient atteints de la maladie ressentaient de ‘04 lentes douleurs de tête, éprouvaient une soif ardente. Leurs yeur se desséchaient ei s'énfonçaient ; le visage s’enflammait; los gen ci devenaient noires ; la peau prenait une teinte jaune foncée “et l'haS leine devenait infecte. Le délire commençait alors ; le malade re 11 dait par la bouche du sang à gros bouillons ; ; ordinairement au bout. | de trois Jours il succombait. +

Leclerc, ellrayé des progrès de l'insurrection , commanda l'arresl tation de tous les indigènes suspects. La révolte de Pétion et de Clervaux amena la proscription de la plupart des officiers de cot : leur encore fidèles à la France. 800 hommes, gendarmes indie nes et soldats de la ‘7.e coloniale, furent noyés dans la baie de Mancentile. Le commandant Philippe Guerrier, chef du 3.e batai Le de Et 1,6: “ sau va HIAUIEGeUEnS ét alla June a sur

* D'après Pétat des forces expé édiets pour Saint-Domingue, en 1802 et en 1203, dressé par le général. Pamphile de Lacroix, sur ab pièces a thentiques, il est arrivé dans notre pays 35,132 hommes portant fusil sous Leclerc, et 20,000 hommes por fusils , sous Rochambeau ; 4 tout 55,132 homines, €en-lespace de 2e mois LINE

td de guerre étaient devenus-des prisons flottantes où étaient étouffés, dans les cales, des noirs et des hommes de couleur. L'on vit ces pendant des officiers de marine prendre en commisération le sort

de ces Infortunés , et leur offrir des moyens d'évasion: Le citoyen

Jurrien, capitaine ‘de frégate, en stalion au Port Républicain, avait réçu à son bord, pour qu ile fu noyer, un æfficier de ceuleur , Dupuche , de l’ancienne légion de l'Ouest. Jurrien lui dit :me recon-

| méissez vous ?—Non répondit l'indigène.—Je suis Jurrien ; cet offitier

déwmarine que vous avez blessé en duel, il y a douze ans ; vous souvenez-vous de cette cireonstance ?— Très bien.— Vous êtes un brave, épliqua Jurrien ; vous ne méritez pas le supplice auquel l'on vous envoic; soyez convaincu que vous neltrouverez pas en moi un bour- +. vous saurez quil y a encore à St. Domingue, parmi les franais, des âmes sensibles, et que ces tigres qui s’abreuvent de votre sang me font aussi horreur. Il embarqua Dupuche clandestinement ; comme passager sur. un bâtiment marchand qui se rendait en Europe. mOn a vu que Leclerc avait ordonné 4 concentration au Cap de

toutes les troupes eantonnées à l’ouest et à l’est de cette ville. Le

général Pamplhile de Lacroix commandait le quartier du Fort Liberté.

Sambiigade occupait le terrain compris entre Caracele et Laxabon:

IMavait en outre, sous ses ordres, eent grenadiers de la 77° de ligne, qui occupaient le fort Delpuech et étaient bioqués par les bandes dunnommé Charles Bauduy. Gelui-ci, il n'y avait pas longtemps, aMaitnabandonné cs français, La garnison du Fort Liberté était

forte de 609 homines de troupes coloniales et de 300 soldats européens. Pamphiie de Lacroix, quoiqu F eût reçu l'ordre d'évacuer la ville , le plus

tôt possible, ne put se résoudre à abandonner à la merci de insur2

gés Les soldats de occupaient le fort Delpuech: Un ancien colonel de “4% demi-brigade coloniale ; Toussaint Brave, qui était dans la place,

Jui avait toujours témoigné beaucoup d attachement. * Connaissant “sirare intrépidité , Pan: phile de Lacroix lui offrit de le faire nommer chef de Îa légion de gendar nerie, s'il voulait dégager. la gar-

mson du fort Delpuech et la ramener au Fort Liberté. Ce fort

était à six lieues dans l'intérieur. Toussaint Brave partit à Ha tète de400 hommes de troupes coloniales, arriva à Delpuech , en dé-

gagea la garnison, et rentra avec elle au Fort Liberté, après douze heures de marche, au travers de nombreuses e embuscades. Pamphile

de Laeroix se disposait à évacuer la place avec quelques compagnies

Ce Toussaint Brave, officier noir , s’anpelait d'abord simplement Tous-

sant Après la bataille de "Frianon contre les Anglais, en 1797, “'ous-

“saint Lonverture passa <es troupes en revue et les complimenta sur leur

bonne cenduite. Quand il arriva devant le Ler régiment du Cap, qui létait brillamment conduit dans l'action, il dit au colonel Toussaint qui commandait ce corps : Veus êtes Toussaint-le-Brave. Depuis cette épô-

pl s . à que, on ne l’appela plus que "Foussaint Brave.

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LA

1884 HISTOIRE D’HAITI.—-(1802) des 4°, 5° et 7° coloniales et avec 400 soldats européens ; quand, apprit que Toussaint Brave et les troupes indigènes refusaient de s’en, b2rquer. Ge colonel , en rentrant au Fort Liberté, avait été instruitdess noyades du ‘Cap pendant le combat livré par Clausel à Pétion et Clervaux. ‘Pamphile de Lacroix réunit au palais du gouverneme ious les officiers indigènes et leur demanda énergiquement le me de leur refus de s'embarquer. Toussaint Brave lui répondit: « M ne voulons plus servir un gouvernement qui assassine nos frères” pendant, général, nous vous estimons, nous ne nous opposeronspi à voire embarquement.» Il sortit du palais, suivi de ses compagne d'armes, Pamphile de Eacroix fit battre la générale. Les trou coloniales s’emparèrent aussitôt de la redoute qui couvrait le poste Laxabon. D'un autre côté les troupes européennes et la garde“ tionale se retranchèrent au grand fort de la ville, nommé Damme: en l'honneur du général qui y avait été enseveli. * Les: franc se mirent ensuite en bataille sur la place d'armes. Is se w tout-à coup abandonnés de la plus grande partie de la garde nation et des douze guides noirs de Pamphile de Lacroix. Ne pouvait emporter toutes leurs munitions de guerre et de bouche, ïls dé sirent quatre-vingts milliers de poudre, une quantité vrodigieuse” viande salée, de biscuits, d’eau-de vie. Les pertes s'élevèrent à millions de franes, Le Fort Dauphin était ie dépôt général des provisionnemens de l'armée. Pamphile de Lacroix s’embarquas être inquiété avec une cinquantaine de familles indigènes quivavai toujours été dévouces aux français et qui craignaient Les vengeancess insurgés. Dans le court trajet qu'il fit pour se rendre au Caps perdit sur 250 malades européens 66 hommes. Tonssaint Brave possession de la ville. 11 reconnut aussitôt l'autorité de Sans-Soucb,) chef des bandes de l'intérieur. Dès que le général Pamphile arr au Cap, le capitainegénéral se jeta dans ses bras en lui disant « Général, quavez-vous fait? vous arrivez .avec une populationn « couleur quatre fois plus nombreuse que les détachemens europé a que vous ner:menez; Vous ne savez don? pas que ce sont des tigres, « des serpens que vous apportez dans notre sein. »** Leclerc“ reprochait indirectement de n'avoir pas noyé tous ces infortumés cependant avaient toujours prodigué leur vie pour la France. M s'était lancé dans une voie de sang ; il n y avait plus d'autre moi de gouverner que par l'extermination. D | Aussitôt après l’arrivée de Pamphile de Lacroix, Leclerc recuba fausse nouvelle de la marche de Clervaux sur St. Yague. I! ordonna aussitôt à Pamphile de Lacroix de se rembarquer avee un bataillon,

* C’est ce même général Dampierre qui avait fait les deux campaghés, d'Italie. | | ** Pamphile de Lacroix, mA: ne,

Histoire D’HAITI—(1802) 855

de la 77° de ligne ,et d'aller soulever contre les insurgés du Nord Médépartement de Cibao. Dès que les français arrivèrent à Monte- Christ, les indigènes-espagnols accoururent en masse au devant d'eux, MPamphile de Lacroix qui avait apporté 2,000 fusils et 400 sabres forma une infanterie de 1,800 hommes et une cavaleaie de 300 hommes. [Il apprit alors que c'était Toussaint Brave qui s'était présenté Mans le département de Cibao, livrant tout à feu et à sang. Toussaint Brave voulut tenter le passage du Schannon pour traverser en: Msuité le grand Yaque et pénétrer à Monte Christ. Mais il fut repoussé avec perte, à la Passe, par la milice de cette ville et la 77°! Il retourna au Fort Liberté. Les indigènes du Nord occupaient une immense étendue dont le haut du Cap étaitle centre : Capoix, dans les mornes du Port du-Paix ,; Sans Souci et ses bandes à la Grande Rivière ; Glervaux ; Æhristephe, Pétion au haut du .Eap, Charles Bauduy fet Toussaint Brave au Fort Liberté. L’insurrection avait pris un caractère d’uné haute gravité. L'idée de brigandage ne lui était plus associée depuis que Clervaux, Pétion et Christophe étaient à lajtête du mouvement, dans le Nord. | ‘ s}

“Le général Leelerc tomba sérieusement malade. Le retard de Brunct linquiétait considérablement : il croyait que ce général avait été exterminé par les insurgés. Mais Brunet n'était en retard que parcequ'il avait mieux compris que Famphile de Lacroix le système d’extermimation, mis en pratique par le capitaine-général. Il était au Portde Paix où il traitait magnifiquement le général noir, Maurepas. Il Jui promit toutes sortes de faveurs de la part du.4* Consul qui était, |disait-il, l'admirateur de ses talens militaires et de son grand courage: Maurepas recevait avec reconnaissance ces témoignages d'affection, et Hgnorait quil fut la viciime qu’on devait: immoler sur lautel, après l’avoir couverte de bandelettes d'or et de guirlandes. Les Bénéraux français ne pouvaient .pardenner à célui qu'ils nommaient un"barbare de les avoir constamment battus, lors de l'arrivée de Pexpédinion. Brunet avait conçu le projet le plus atroce dans l’espour. de se rendre maître de l'argent que possédait Maurepas. D'après les ordres qu'il avait reçus de Leclerc, il ordonna l'évacuation du Port-de-Paix. Le chef de bataillon Réné Vincent, plusieurs compagnies de la 9° coloniale demeurées fidèles aux français , beaucoup dé femmes, d’enfans noirs et jaunes, Maurepas, sa famille, s'em-. barquèrent sur plusieurs bâtimens de guerre qui étaient en rade. Dès que la brise gonfla les voiles, les navires gagnèrent le canal de la Tortue. L?, les français désarmèrent les indigènes , les poignar- Idérent et précipitèrent leurs cadavres dans les flots. À bord du vaisseau amiral; où se trouvait le généal Brunet , se passait une scène hormible: Maurepas avait vu avec horreur et désespoir poignarder Réné Mineent. Il appelle Brunet qui ne lui répond pas. Il est lui-même aussitôt saisi par plusieurs matelots, dépouillé avec une rage lïré-

356 | HISTOIRE D'HAITI.—(1502) £ nétique et lié au grand mât. Les officiers français demeurèrent stupéfaits en voyant l'air calme ‘et résigné de ce guerrier, le cou rage surhumain de son épouse qui l'exhorlait à mourir en héross Maurepas vit pendre aux grandes vergues sa femme et ses enfans! Des paroles insultantes lui sont adressées; mais ses lèvres n'expris ment que l'indignation qu'excitent tant de forfaits. Tu ne parles pas, s'écria celui qui devait remplir l'office de bourreau ; nousste ferons pleurer. On le flagelle; c’est, disent les infâmes, le supplicerés servé aux esclaves. Puis on fixe sur ses épaules par de longs clous” deux épaulettes de général de division. Pas une larme ne roule sui les joues de Maurepas, pas une plainte ne sort de sa bouche: soleil est bien ardent, dit le commandant du bord; donnez au géné” ral divisionnaire Maurepas une coiffure digne de son haut rang. Un matelot cloue sur la tête de la victime un chapeau à cernes galon= né. Les yeux du patient se ferment pour ne plus s'ouvrir. Alors une voix s'écria sur le tillac: « le général Maurepas , pour ax conspiré contre la République Française sa bienfaitrice , sera noyé: On jette à la mer son cadavre, qui est entraîné sous les flots par un boulet. * Est-il surprenant que les noirs etles hommes decous leur aient usé de représailles envers les blancs? Les européens n'étaient ils pas plus coupables que les indigènes? La servitudeaw rendu cruels ces derniers, tandis que les premiers sorts des gions des plus civilisées du monde avaient sans cesse sur les lèx: les mots d'humanité , et se glorifiaient d'être à la tête des progrès l'esprit humain. Le.général Brunet, au lieu de rentrer au Caps plus tôt possible, comme ïl en avait reçu l'ordre, continua à livrer, dans le canal de la’ Tortue, au meurtre et au pillage. S retard hâtera la mort du capitaine-général Leclere. Le gouvernem condamnera ses lenteurs , mais non ses crimes. #

La prise d'armes de Pétion, de Clervaux et de Christophe donne de l'unité à la marche de l'insurrection. Nous découvrirons p à peu une direction commune dans les efforts des populations im gènes. |

LU

Pet

# Pamphile de Lacroix, au sujet de Maurepas, dit seulement qu'il arbitrairement précipité dans les flots. : D

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