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qui descendent de blanes espagnols et d’indiens aborigènes. La race > FES fe de ces indiens est entièroment étcinte à Haïti, :#
" | Histoire D’wairi.—(1802) 369 peste lui eñlever chaque jour quelques amis , elle avait té saisie “des terreurs de la mort; elle ne rêvait qu’au bonheur de retourner en France. Elle fit embaumer le corps de son mari qui, après les “honneurs funchre$, fut embarqué sur le vaisseau le Suiftshure, en pré- sence du contre- amiral Latouche Tréville ; des capitaines de vaisseau “Hubert et Renaud, du général de brigade P, Boyer, et des chefs de brigade Nerterwood et Abhé. Ce. bâtiment reçut à son bord la fa: mille du capitaine général, Dppareie pour France, et aa directement mouiller dans le port de Toulon, Le préfet maritime , con- “seiller d'Etat, et le, général commandant d'armes de Toulon, ordon: nèrent de rendre aux restes du général Victor Emmanuel Leclere.les honneurs funcbres. Les généraux de terre et de mer, les généraux “des escadres étrangères, ‘les autorités civiles etmilitaires el Les troupes de terre et de mer entrérent dans les canois de la rade, et se rendirent de l'arsenal à bord du Srwifishure, Un tendelet en forme de sarcophage, noir et blanc, fut dressé, de l'avant à l'arrière, dans un canot , eù furent déposés les restes du capitaine-général. Les aides-de-camp du général Leclerc et des grenadiers de l'armée de St-Bo- - mingue escortatent le convoi qui fit le tour dela grande rade, pendant queretentissaient les accens lugubres de la musique militure, le son des canons du vaisseau amiral et de la grosse tour de Toulon. Le convoi aborda la frégate Ia Cornélie qui reçut le paies Ce bâtiment appareil le lendemain pour Marscille. Dès que les habitans de cette ville dues que les restes du général Lecierc, ainsi que sa famille, étaient e trés dans leur rade, touchés des maiheurs de l’armée de St ain gue, lis vousrirent de cré êpes les portes et les. fenêtres de leurs demeures. Pauline Bon: apart te, la.tête rasée, portant dans ses bras un enfant dans l'âge le plus tendre, traversa la ville; le visage inondé de larmes, marchant près du eercueti. Le onvoi partit pour Lyon le lendemain. Le préfet du département du Rhône, d'après les ordres du maire de la division du midi, envoya un détachement de cavalerie au devant des dé épouilles du béau-frère du premier Con- Sul. Le préfet, l'archevéqué, toutes les autorités civiles, militaires et judiciaires reçurent le convoi à la porte de la Guillotière: La le cereueil fut couvert d'un drap mortuaire orné de glands | et de galons d'argent ; il fat piaté dans un char à quatre roues, pelut en noir, au milieu duquel s'élevait un sarcophage à quatre colonnes torses sur montées de lampes ardentes. La matehe fut ouverte par des détar Chemens de cavalerie et de grenadiers ; venait ensuite le char trainé par six chevaux couverts de tentures noires ; et quatre ofliciers 1ehaieal les quatre coins du drap mortuaire. Les voilures et Îes chevaux du préfet, du comuissaire général de police, des trois maires el de tous les autres fonctionnaires étaient aussi couverts de HÜir, Les troupes , formant une double haie, étaient. échelonnées depuis le pont de ja Guillotière jusqu'à l'église Si. Jean, où Sarrèia js
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convoi, au milieu des décharges d'artillerie qui retentissaient , dem
cinq n'inutes en cinq minutes. L'archevèque, après, avoir célébré
la cérémonie funèbre, conduisit le corps jusqu'à la porte de Vaise..
Pauline Bénoparte arriva à Paris avec le convoi. Quandelle entra auk Tuileries, elle se jeta dans les bras du premier Consul, et lui dit Si. Domingue est une terre de feu qui dévore tous nos braves ; je
n y ai laissé que désolation , misère el carnage. — « Voilà done,
sécria Bonaparte, le résultat de la révolte d’un misérable nègre: #
Les dépouilles mortelles du capitaine général Leclerc furent placées au Panthéon; et dés statues furent érigées à samémoire. Bonaparte ordonna qu'une nouvelle armée de 25,000 hommes fût envoyée à St. PDomingue, des divers ports de France. Sa puissance était déjà sons bornes: le peuple fiançais Flavait nommé, et le sénat Favant proclamé Consul à vie.
Revenons à ce qui se passait à St. Domingue après le départ du
vaisseau le Swifishure. Les indigènes encore attachés au parti françars
regreltèrent, la plupart, le général Leclerc, Les eolons qui ne le trouvaient pas assez ardent, se réjouirent de sa mort d'une manière
scandaleuse. Ils se motte rent heureux de l'avènement de Rochamt"
beau que Leclerc avait désigné pour le remplacer. C'était lhommen
de leur sysième. Toutes Îles calamilés dont ils avaient été victimes
ne les avaient pas corrigés. Les officiers généraux et le préfet colo=«
nial proelsmérent, au Cap, Roebanibeau, capitainie-général, avec une grande solennité. Les français du parti iaodéré qui nourris- «
aient. | iespoir de ramener, sous les bannières dé la France, Chris
tophe, Clervaux et Pétion , eussent préféré Ciausel, dont les dispo=«
sitions libérales en faveur des masses s'étaient maintes fois maniféstées.
Les hautes autorités annoncèrenut à la colonie, par la proclamation
suivante, la mort de Leclerc, et l'avènement de Rochambeau au gouvernement :
Armée de St. Domingue.
Au Cap, le 11 Brumaire an 11(4er. Novembre 4802 }
Hecror DAURE, Préfet colonial, Laroucue TRÉVILLE, commandant les forces navales, CLAUSEL, commandant les troupes du département du Nord,
A l'Armée el aux Habitans de St. Domingue. Du
L'armée et les habitans de cette première colonie Fattetié +
prendront avec douleur la mort du géncral en chef Leclere.
Le 30 Vendémiaire dernier , (22 Octobre) la maladie le frappa , j
et le 41 Brumaire , à une Hetse* du matin , elle mit tin à sonexistence.
Que l’armée, que les mt se réunissent pour confondre leurs 1
regrets. -. ® + 6 + « © e à
Histoire p’rraiti.-—(1802) 341
Le gouvernement les partage. Le général en chef Loclere avait l'espoir de remplir de hautes espérances ; déjà sès'ordres avaient reporté dans tous les rangs, le courage ; dans tous les cœurs, la confiance ; l'attente générale allait être satisfaite... :....mais il n’est plus! Le général Rochambeau qui lui sucéède remplira des obiigations sacrées. .... En attendant son arrivée, les généraux Clausel, Boyer, Claparède, d'Henin couvrent de leur personne la capitale de St. Domingue; ils restent en présence des ennemis , et le eontreamiral Latouche Tréville est prêt à les foudroyer. Les forces de terre se réunissent, se concentrent; le courage de l'armée va sou Voir un nouveau champ. Les gardes nationales redoubleront d'ardeur “et de dévouement; la marine secondera tant d'efforts généreux, et il ne restera aucun espoir à l'audace des brigands qui ont osé s'avancer jusqu'aux premières lignes du chef lieu de la colonie, et des places principales. Les secours que la France s'est imposée de faire diriger sur St. Domingue, n'auront à leur arrivée prochaine que le soin commun de suivre les succès des epérations teniées et exécutées par les troupes nationales réunies.
. Soldats de l’armée de St. Domingue, votre sort ne peut être incerain; la victoire vous appelle; l'honneur national, l'intérêt commun vous réunissent ; que tout cède à l'impulsion de motifs aussi sacrés. Le gouvernement veut le rétablissement, la prospérité, de la colonie. L'armée va remplir ce double engagement, et ses habitans vont jouir de ses heureux effets.
Signé: Hector Daure ; Latouche TRÉVILLE el CLAUSEL.
… Les français du parti libéral, quoique Leclerc n’eût Jamais rempli Jcurs vœux, apprirent sa mort avec douleur. Rochambeau qui le remplaçait n'annonçait qu'un gouvernement atroce. Quant aux hommes de couleur ils ne virent dans F'avenir qu'un redoublement de perséeutions. Les colons triomphaient.' Les indépendans ou indigènes en insurréction, se réjouirent de l'avènement de Roehambeau qui les rendait plus puissans. Car le redoublement des atroeités devait naturellement chasser des villes beaucoup de noirs et d’hommes de couleur encore fidèles aux français ét grossir leurs bataillons. Onand on racontait au général Pétion les actes de cruautés exercés dans les villes sur les indigènes, il s'apitoyait sur leur sort; maisil disait toujours : pourquoi n ontils pas l'énergie de venir nous joindre ?
Le général Rechambeau était au Port-Républicain quand il apprit la nouvelle de la mort de Leclerc. IL fut installé en l'église de ceite Ville , dans sx nouvelle dignité de capitaine général de la colonie. La “Cérémonie fut pompeuse. Le préfet apostolique Lecun exprima,; en chaire , combien le général Leclere avait laissé de regrels, tout en : faisant ressortir la sollicitade que le général Rochambeau portait aux habitans de la colonie, Îes talens mlriaires
378 HISTOIRE D'HAtr (ISO) -
de ce güerrie”, le sang illustré de ses aieux al noblessowälo. sot cœur, et son amour pour la religion de ses ancêtres. Le ‘général Watrin remplaça Rochambeau dans le commandem des départemens de FOuest et du Sud. Le nouveau capitaine géi ral arriva au Cap sur Îa frégate l'Embuscade le 26 Brumaire (170 vembre ),, et prit les rênes du gouvernement. Par sonp mier acte, il déclara à l'armée qu’elle ne se tiendrait plus sur défensive, et qu'elle aurait à reconquérir tous les ponts. quu avait abandonnés. Les indé pendans avaient en leur possession Île F A le Port de Paix , les Gonnives , la Petite Rivière, les Verres , PArcahaie. Toutes “es campagnes dû Nord et de 'Arlibonitess
Aa une grande parue de celles de l'Ouest, étaient en insprreclion. VA Depuis plusieurs semaines, la fièvre jaune perdait de son intensité
et le courage des français se relevait par l'attente de nombreux.re forts. Rochambeau n'eut que des louanges à donner aux officiers santé attachés au sérvice des hôpitaux. Le docteur Peyre qui ét Dr pour, France aveë la famille du général Beciere, fut reni pla bc le USE Don dans le ik de sn te eu che de k armée
rames tu réerganiséc. Le métoÿents A usSénACE ‘elé ti de las 98e de. ligne, prit le commandement de la 74e dans qu elite furent incors porés le bataillon de la 98e de “ae et le premier bataillon dé 8e demi brigade polonaise. Le batatilon allemand de l'expédition{il incorporé dans la Lo légère. Dans la Te demi brigade de ligne. fut incorporé le bataillon de la 38e infanterie légère. Le bataillon de la. ÀA9e de ligne entra dans la 83e; le troisièine "batail ion de la . 3e. por. lonaise et la première légion de gendarmerie furent incorporés dans la 31.e; la deuxième Iégion de gendarmerie entra dans 7.8 de ligne. Les autres « corps européens demeurérent tels qu étaient à la mort de Leclerc. L'armée française, malgré ses perte ct par les ‘renforts qu'elle avait reçus, était encore for te de 11,0 hommes de troupes européennes. Elle avait pour auxiliaires 9,0 hommes de gardes natiénal es "1 plupart, indigénes. C'est ay ces forces que Rochambeau se résolut à reconquérir ,. sans attend l'arrivée d'une nouvclle expédition, les points que les franc 0 perdus. Toutes les troupes coloniales du Nord ; de l'Artibonite: de l'Ouest, qüuin avaient pas été exterminées étaient passées dans. rangs «es indépendans. Le département du Sud avec toutes ses tro pes “coloniales était encore fidèle. 108
Le capitaine-général nomma le colonel Neterwood, AE au sCPs vice de la France , commandant de sa garde d honneur. Le che brigade Sabès remplaça , dans le commandement de la place du € le général Claparède auquel fut confiée la brigade du général d Hé, min. Claparède et l'adjudant général Maillard furent chargés de coms
mistoare Drarrr. (1609) | 378
imander alternativement, par 94 po , lesavant-postes du Cap. “he général Watrin fut enlevé 6 par la peste, au Port Républicain , le
29, Novembre, quinze jours après le départ de Rechambeau decette
“mile, pour le Cap. Le ÉnAER Brunet ul venait de rentrer au Cap
avec la division du Borgne,le remplaça dans le commandement des
“divisions de l'Ouest et du Sud. Watrin fut regrelié des indigènes
fidèles aux français dont il se montra toujours le protecteur. On Pentendit même faire des vœux pour le triomphe des insurgés auxquels il ne supposait pas, il est vrai, des idées d'indé pendance : il
“n'avait vu en eux que des français. qui voulaient demeurer libres.
Les finances de la colonie étaient dans nn état affreux ; le com merce languissait depuis que l'insurrection était devenue presque énérale ; des denrées n “entraient presque plus dans les villes, et les indépendans , pour entièrement chasser les blancs des campagnes, livraient aux flammes les habitations. Les Ponnlass ions indigènes Ta villes , ‘lécimées par la guerre, étaient en ouiré persécutées. Quelques éommandans français étaient devenus tellement corrompus qu ils vendaient aux indépendans, au poids. de l'or, des armes el des muni. tions qu'ils enlevaien! des magasins du gouvernement. Les ofiiciers
“supérieurs qui s'étaient enrichis avaient demandé à Leclere des per-
is pour retourner en France. Ainsi étaient partis les généraux
Boudet et Salme qui disaient quil n'y avait plas que. la peste à paguer dans ce pays infernal. D'une autre part, le commerce était appauvri par Îles emprunts du gouvernement dont les. caisses avaicni été vidées par les dilapidations des généraux.
Rochambeau entreprit de. rétablir l’ordre. dans l'administration. Il fit arrêter le citoyen Deneyve ve, administrateur. à Jérémie, prévenu de Milapidations , le fu jeter dans les prisons. des Cayes et mettre ensuite en jugement. Mis ilne put lutier loægtemps contre la corruption de- Venue générale. El deversa alors sa fureur contre les indigènes, dont Ja révolte, prétendait-il, était la cause de ce: désordre. administratif. Des compagnies de chasseurs à pied, sous a dénomination de troupes
“ranches , furent formées. Elles furent composées de noirs et d'hommes
de couleur, en grand nombre anciens officiers, et organisées comme Linfanterie “légère. Leurs officiers étaient blancs la plupart; et des chapeaux de paille relevés sur le côté, à la Henri EV, leur servaient de
ie Ces nouvelles troupes, quien grande partie abandonneront
S français, devaient poursuivre les insurgés Jusqu'au sommet des plus hautes montagnes et les traquer comme des bêtes fauves. Ro- Chambeau, à l'exemple des espagnols du 16e siècle, les premiers couquérants de l'ile, ne tardera pas à introduire à St. Domingue des dogues par lesquels il fera dévorer ses prisonniers. Hpuisera dans “le martyrologe des premiers chrétiens les supplices les plus horribies. Get homme féroce sans dissimulation était d’une petite taille et maïgre. Sa physionomie élait sombre ; il avait des yeux petits et vis.
874 HISTOIRE D'HAITI.—(1802) ë
Portant aux hommes de couleur une haine implacable, haine “qui avait laissé éclater , dès 1793, il prétendait qu'il ne se laisserait pas" comme . tromper par eux. H leur fit une guerre ouverte d'ex= termination, convaineu que la possession française ne pouvait étre rétablie sclidement que par Fextinction de toute la popelatiie qui avait traversé la révolution. Il su; pportera quelques temps enc les indigènes fidèles à la France; mais il les metira bientôt dans l’alter native de l'extermination ou de l'insurrection. tdiinger, blämant pt | actes, dit en par” des indigènes qui étaient dévoués à la Franse” « Identifiés aa salut de la éolonie par d'immenses possessions , notre « cause élait là leur. Eh bien! qui croirait que ces hommes, dont « l'union avec nos troupes nous rendait invincibles, ont été placés « par des mesures , hélas! trap rigoureuses, dans l'alternative affreuse « de a rébellion ou de la mort. Dans six semaines , il ne nousress « tait, dans le Sud, que quelques bourgs. * Voilà une vérité bien, « douloureuse; en vain j'ai voulu la renfermer dans mon àmes « intérèts de ma patrie, vous me l'avez arrachée! » Depuis Pme surreelion de Pé étion, de Clervaux et de Christophe établis au haut du: Cap, il était devenu très difficile d’approvisionner cette villes et les vi vres y étaient d'une excessive cherté. Rochambeau superimaæ jous les droits établis sur les bêtes à cornes et moutons venant den Ja partie de l'Est; et pour faciliter le service publie, il déclara que Monte Christ 6 relevait de S°. Domingo, ferait partie dm, département du Nord. Le bourg de Monte- Christ qu'occupait le ge néral Pamphile de Laeroix, RppONAIORRS la ville du Cap. à . Peudat cet intervalle, Capoix, maître du Port-de- -Paix, depuis l'évas uation de cette viile par Brunet, avait complétement réorganisé la 96. ci-devant coloniale. I envoya un de ses lieutenans , à la tête d'un des bataillons de ce corps, attaquer le Môle Si-Nicolas dent la garnison, était composée da la 41.e légère, des 49.e et 98.e de ligne. Le indigé nes campérent aux pories de la ville. Les français firenk contre eux plusieurs SOFLIES ; mais ils furent toujours refoulés dans” la place, aprés avoir éprouvé des pertes considérables. Le 97 Brus maire , (18 Novembre), les indépendans donnèrent assaut à la M Les troupes françaises, eulbutées sur les remparts , furent pot vies jusqu'a au sein de la place. Les bourgeois blancs, saisis frayeur , s embarquérent en foule , suivis de trois officiers de. la garnison, sur le navire américain le Pénélope, mouillé dans ».. À radé.. Le capitaine du bâtiment refusa d'appareiller. Alors les trois officiers qui appartenaient à la 49.e, à la 98.e et à la 41.e,"ég@n rés par là terreur, mirent le pistolet sur la gorge de lan CR maltraitèrent les matelots, et les foreérent à mettre à la voile po
* Idlinger parle particulièrement des causes qui amenèrent linsusrection | ju Sud contre les français ; en Janvier 1608. |
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