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le Port Républicain. Les indigènes, de leur côté, s'étaient arrêtés, étonnés dé leur audace. Leur petit nombre releva le moral des français qui, retirés dans les forts, les mitraillèrent et les contraiïgnirent à la retraite. Après avoir interrompu toute communication entre la villeet la campagne par un blocus régulier, les indépendans demeurèrent campés à une lieue du Môle. Rocbambeau fut violemment indigné en apprenant ce qui s'était passé au Môle. Il dégrada, pour leur lâcheté, les trois officiers qui avaient abandonné leurs frères d'armes, les nommés Delore, Stephonopoli et Girardeau , les fit arrêter et embarquer pour France. |
À la même époque , Pétion, Clervaux et Christophe s’épuisaient en de vains efforts au haut du Cap contre les français. Ils vinrent à manquer lotalement de munitions ; leurs soldats avec lesquels sympathusaient peu les bandes de Petit Noël Prière, qui leur refusaient souvent quelques vivres, eommençaient à déserter. Pétion envoya demander un peu de munitions à Sans Souci qui était campé à la Grande Rivière. Celui qui avait en sa possession six milliers de poudre, lui en refusa, en lui faisant dire qu'il en avait besoin, qu'il avait acquise au péril de sa vie, en prenant les armes, le premier, contre les français. Alors Pétion se rendit lui-même au Fort Liberté,
mhauprès de Toussaint Brave. Ce dernier l'aceueillit très faverablement et
mit à sa disposition un millier de poudre. Pétion revint au haut du Cap et se résolui à partir pour l'Ouest. Mais le Carrefour du Libé, par où 1} devait passer , avait été réoccupé par les français. Pour “ouvrir le passage, le général Christophe marcha contre eux ; il fut repoussé. Néanmoins, la garnison du Carrefour, craignant d'être
“assaillie, le lendemain, par des ferces plus importantes, évacua le
poste et rentra au Cap, par mer. Dès que le passage fut ouvert, Pétion, Clervaux et Christophe abandonnèrent la position qu'ils oc: eupaient et pénétrérent dans l'intérieur du Nord. Pétion avait donné à Petit Noël Prière, en se retirant, les deux pièces de 4 et l'obusier quil avait pris au haut du Cap. Petit Noël Prière fit trainer es
trois pièces d'artillerie jusqu'à la Rivière Salée où 1l avait son quar- Miier général. Il avait sous ses ordres Cagnet, Labruni et Grand Bou-
can, chefs de bandes , d'une rare intrépidité. Pétion allait se séparer de Clervaux et de Christophe quand il rencontra Sans Souci qui, à la tête de 5,000 cultivateurs bien armés et très aguerris , voulait contraindre les troupes ci devant coloniales le reconnaître général en chef. Pétion parut se soumettre à son. “autorité, et fut proclamé par lui général de brigade. Sans Souci demanda la tête de Christophe, son ennemi personnel. H prétendait qu'il avait encore le cœur pour les français. El voulut enve. lopper les 4.re, 2.e et 5.e coloniales, et les passer au fil de lépée.* Pétion lui fit observer que les noirs et les hommes de couur eommençaient une guerre nationale, et que ce n'était pas le
moment, en présence des blanes, de songer à exercer des \enget ces particulières ; : qu'il fallait oublier Île passé. Sans: Souei ‘lui +6] pondil: « Général , vous vous Oopposez à ce que je fasse mouri Christophe; eh bien ! vous vous en repentirez vous-même plus tard» Ebristophe, se voyant soutenu par la 13.0, déploÿa une rare éuer Ses Il s'élança, 'Armé de son sabre et suivi de ses guides, Ur Sans-Souct. Il: ui demanda avec fure ‘ur s'il ne reconnaissait pas 124 supériorité de son grade ; il le meénaça de lui trancher la tête sal he se soumeltait pas à son autorité. — Sans Souci, déconcerté, ‘réculilé l'appela général et fui demanda ee qu'il prétent dait faire. Christos phe lui dit qu'il reconnaissait donc qu'il était son chef, puisqu'il l'appelait général. —Le celonel Jn. -Philippe Daut, à Ja tête de a 40.6, demeurait indifférent à ceite scène. I dilà Pétion: « Génés rai, ne nous mêlons pas de ce qui ne nous regarde pas: Laissonss Sans- Souci s'arranger avec Christophe, comme il l'entendra. Que: les gens du Nord fassent chez eux la guerre aux français ; quant à nous, allons-dans l'Ouest, notre pays, les combattre.» * Il pars {it en effet sur le-champ. à la tête de fa 10,e, pour l'Artibonites Il traversa le Boispin, la Ravine à Couleuyre et vint à Floreneeau se plaça aussitôt sous les ordres de Déssalines. Pétion, de*son, côté , après avojr obtenu de Sans Souci qu'il n'inquiétât plus Chrisiophe, partit aussi, malgré ses instances, pour l'Artibonite , avec. 43e. Ilarriva à la Petite Rivière à la fin de Novembre. Dessalia oi 4 lui fit un accueil solennel, lembrassa avec effusion et lui dit : Je ne me suis ouvertement déclaré contre les français que parce que j'étais cer. lain que vous aviez proclamé l'insurrection au haut du Cap.** Pétion Jui raconta iout ce qui s'était passé aux environs du Cap depuis” on entrevue avec lui à la Petite Anse. Il lui fit un tableau fidèle"des” dissensions qui existaient parmi les indigènes du Nord. Dessalines le confirma dons son grade de général de brigade, et lui lit OCCU: per une maison en face de la place d'armes. Le même jour, i nomma Gubart général de brigade. | | Après que ‘Pétion eut quitté le Nord, Christophe, 1bandétel ( la plus grande partie des soldats de la Are el de la 2.e demi} gade , s'était vu contraint d'aller se retrancher à Millot avec [es hommes qui lui étaient demeurés fidèles. Ii cacha sa famille dans les mornes de la Ferrière, et se tint en garde contre les pièges de Sans-Sou De son côté, le capitaine-général Rochambeau songeait série si Après la ont de Dessalines , pendant la guerre civile, Pétion s tonnait souvent que Christephe n? eut pas fait mourir Jean- Philippe Daut, en 1802, avait presque partagé l’animosité de Sans-Souci contre lui, El p que Christophe ne ménageait Jn-Philippe Daut que parce qu'il redoutait mense influence dont jouissait ce général sur les populations de l’Artil ** La révolte de Pétion et celle de Dessalines furent presque simult:
La prise d'armes de Déssalines suivit, de moins de deux jours , celle Pétion , eomme on l’a vu.
QHISTOIRE D'HAITI.—(1802} 314
ment à reconquérir les points que Leclerc avait été contraint d’abandonner. Le gouvernement avait centralisé au Cap presque toutes les forces du département du Nord. Rochambeau pensait que l'occupation du Fort Liberté serait de la plus haute importance, en cas de guerre avec l'Angleterre. Si les vaisseaux de S. M. B. bloquaient le Cap, les bâtimens de guerre, du commerce, et les navires neutres , viendraient alterrir au Fort-Liberté d’où des approvisionnemens pourraient être transportés à la Tortue et au Môle St Nicolas par le cabotage. D'une autre part, l'occupation du Portde-Paix assurait aux français la navigation du canal de la Tortue. Si le Port-de Paix demeurait au pouvoir des indigènes, les établissemens de la Tortue seraient exposés à toutes sortes de dévastations par les invasions des indépendans de la grande terre, et les communications avec le Môle, par le cabotage, seraient interceptées.
Rochambeau Grdonna au général Clausel de se mettre à la tête d’une . expédition dirigée contre le Fort Liberté. Un batatilon de la- 86.e éemi-brigade de ligne, cemmandé par le coloncl Lenormand, fut embarqué sur le vaisseau lPAnnibal; les frégates l'Embuscade et la Guerrière, la eorvette la Sagesse furent chargées de plusieurs autres corps et d'un bataillon d'artillerie. L'escadre se présenta devani le Fort-Liberté le 40 Frimaire (4.er Décembre), à deux heures de l'après-midi. Un bataillon de la 4.re demi-brigade indigène et un millier de cultivateurs occupaient la place que commandait Toussaint Brave. Le capitaine de vaisseau Guillemet s’embossa vis-à-vis de Îa ville et la canonna ; en même temps Clausel, à la tête de la 86.e, atteignit Je rivage. Toussaint Brave , malgré la plus vigoureuse résistance, fut contraint d'abandonner le fort Saint Joseph dont s’emparèrent les grenadiers français. Les indigènes évacuèrent la ville après y avoir mis le feu et avoir encloué 25 pièces de campagne. Clausel arrêta l'incendie qui ne consuma que einq maisons. Tous les canons du fort St Joseph tombèrent au pouvoir des français. Le général de brigade Lavaletle, qui avait aceompagné au Cap le général Rochambeau, déploya dans cette affaire beaucoup de zèle et. d'intrépidité. ‘Rochambeau publia dans toute fa colonie ce premier succès obtenu sous son gouvernement. Il annonça que la France ne tarderait pas à envoyer de nouvelles forces à St-Domingue, et que toutes les positions abandonnées sous le gouvernement de Leclere seraient reconquises. Il parla bien baut de la puissance de la France ; il dit que son alliance était recherchée de tous les peuples. Il annonça que les consuls de la République avaient arrêté, le 19 Fructidor, qu'il serait sursis à toutes poursuites jusqu’au 4.er .Vendémiaire an XVI, pour le paiement des sommes dues par les colons de St-Domingue au commerce national. Ceux-ci, attirés par les superbes promesses de Rochambeau , rentraient en foule dans Ja colonie. |
Le capiaine-général déclara qu'il ne délivrerait désormais des passe-ports pour France qu'aux militaires dont linvalidité serait el die Il arrêta ainsi le départ de beaucoup d’cfficiers qui, devenus riches par le pillage, abandonnaient leurs frères d'armes, sous divers prétextes. Les fonctionnaires publics ne purent évacuer les villes de leurs résidences qu'avec les garnisons de ces places. Les juges composant le tribunal de Si Mure qui étaient sortis de cetie ville lorsque Dessalines en avait assailli Les murs, reeurent Por: dre, sous peine de destitution, de retourner à leur poste. Les fonctionnaires du Port de Paix qui s'étaient transportés au Môle y avalent repris l'exercice «de leurs fonctions. Geux du Fort Liberté retournérent en celle ville.
Dans l'Ouest, les indigènes faisaient de neuveaux progrès. Larose qui méconnalssall l'autorité de Dessalines et se soumettait à celle de Lamour Bérance, fit des promotions dans ses troupes et les organisa. Comme nous l'avons vu , il était maître du boug de l'Arcahaie, I se résout à conquérir la section du Boucassin, encore occupée par les français qui s'y étaient relirés, après leur expulsion de l’Arcahaie. La section du Boucassin fait partie de la paroisse de l'Arcahaie. Larose “ordonna à Jean Dugotier de descendre des imornes du Fond-Blane ei “aller couper la retraite aux français , en s'établissant à ja Souree-
Matelas, dans le chemin qui conduit au Port Républicain. Il envoya au Montrouts, sur la route de St. Marc, une division qui y sur
prit plusieurs postes européens el les passa au fil de l'épée. A se mit ensuite à la tête de sepi bataillons et marcha sur le Boucassins Quand sa ravalerie nent le poste français établi au Cabaret sur l'habrisiion Garescher , elle fut repoussée par la mitraille de plusieurs pièces d'artillerie. Larose abandonna le grand. chemin , pénétra dans les jardins de cannes de l'habitation Deschapelles et s'arrêta à Na barrière de Garescher.. I! fit proposer une capitulation à Poix qui eommandait les français. Celui-ci renvoya le parlementaire sans ré: ponse. Larose commença aussitôt le feu. Il donna saus Suecès plu= sieurs assauts aux relranchemens ennemis ; il fut repoussé avec perte, Il demeura campé en présence des français qui pendant neuf jours supportèrent toutes sortes de privations Une goëlette française se présenta vis-à vis de Garescher et canonna les indigènes sans pouvoir les contraindre à abandonner leur position. Pendant une nuit obscure Poix évacua le Cabaret sur les habitations Prince et Simonelte: Larose , croyant qu'il irail tomber dans l'embuscade que comman-
dait Jean Dugetier r, ne fit aucun mouvement. Mais les français avaient
appris qu'un batailion indigène occupait la Souree Matelas. Abandon: nant leurs bagages , et conduits par des guides sûrs, ils aiteignirent la source Céca: tranversérent les Orangers, et arrivérent am Mirebalais où ils se réunirent à David Troy, officier noir, qui eommans dait avec zèle et intrépidité eeite pareisse, pour la République française.
ir Sr honte ii.
: Quoique Larose fût sonmis à l'autorité de Lamour Dérance , ses trouves témoignaient pour Dessalines loutes sortes de sympathies. Elles demandèrent plusieurs fois, à grands cris, à se soumeltre aux ordres de ce dernier. Pour les éloigner de ce chef , Larose les trompa. Ji leur annonça que Dessalines lui avait ordonné d'incendier toutes les plantations de la plaine, de massacrer tous les vieillards infirmes , d'abondonner l’Arcahaie et de gagner les mornes des Cahos. En entendant ces paroles perfidès, ses gens pussérent de l'enthousiasme pour Dessalines à findignation contre lui. Charies Courjol, ce guérilas cruel qui avait tranché la tête à ELamartinière , travaillait les esprits en faveur de Dessalines.. Voyant que la masse demeu- Fait fidèle à Larose, il se précipita sur “lui à l'improviste, lui porta plusieurs coups de poignard, Île renversa, prit la fuite et disparut à travers les bois. Il se retira auprès de Dessalines. Il fut bientôt suivi du commandant Robert, oficier influent. Dès lors la défection commença dans Îles troupes de FArcahaie. Pour occuper ses soldais et arrêter les désertions, Larose entreprit de faire des conquêtes. Il se détermina, téméraire ment, à à envahir la vaste plaine du Gul-de-Sac remplie de fortes garnisons françaises. Une de ses divisions pénétra jusqu'aux Varreux, à trois lieues du Port-Républieain ; elleen souleva quelques ateliers. . Elle attaqua le fort de l'ha bitation Robert prés de la Grange Rivière, et l'enleva, le 40 Frimaire (1° Décembre.) Be colonel Gilbert Néraud , qui commandait à la Croix des- Bouquets, marcha contre les indigènes , et les chassa de la fortification , après un combat opiniâtre. Les gens de lAcahaie éprouvérent des pertes considérables, et ne s'arrètèrent qu’au Boucassin. Larose se mit à la tête des soldats des 3° et 8° que formaient sa garde et vint en personne, peu de jours après, attaquer une-position qu'occupaient les français à Sibert, à quatre lieues du Port-Républicain , sur la grande route de l'Arcahaie. I s’en rendit maitre. Dès que l'onsut, à la Croix-des Bouquets , cette nouvelle agression, Gilbert Néraud sortit du bourg, à la tête des grenadiers d'un bataillon de la 86° de ligne, et de la gendarmerie de la plaine commandée par St.-James. Il atiiqua avec impétuosité les indigènes, les culbuta et les mit en pleine déroute. Larose laissa cent morts sur le champ de bataille. St. James, à la tête de la cavalerie, sabra les fuyards, et en précipita un di nombre dans la mer. De retour au bourg de l'Arcahaie, Larose apprit que pendant son absence, beaucoup de ses gens s ‘étaient retirés auprès de Dessalines , à l’Artibonite. De ce nombre étaient deux guerriers intrépides, Jean Toussaint Labarre et Auguste. Labarre. Resserré dans les liites de la paroisse de l'Arcahaie par les français de $t. Mare, d'une part , et par Dessalines de Vautre, Larose fit élever des fortifications pour se mettre en état de résisier à ces deux ennemis. Pour s'attacher la population, il donna des soins à l'agriculture , et s’efforça, par une administration régu«
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Bière, de faire refleurir les campagnes. Les habitations furentexpioitées, el le sirop, le tafia furent vendus avantageusement parues: habitans de lArcahaie aux gens de l'Arthonite qui venaient au! bourg faire des échanges. Par de bons procédés envers ces derniers, Larose , de son côté , en gagna beaucoup à son parti.
Dans le Nord, Rochambeau faisait d'inutiles efforts pour occuper les bourgades du littoral. Les insurgés se retiraient dans lPintérieur, dès que les français abordaient le rivage. Ceux-ci ‘construisaiené des foris, y laissaient des garnisons el se retiraient ensuite dans les villes. Les indigènes réunissaient alors leurs forces, et ruinaient cés établissemens. Le gouvernement fut contraint d'envoyer uns
expélition dans la baie de Mancenille dont les indigènes s'étaient M
rendus maîtres après le départ de Clausel du Fort Liberté. : Eeurs se: ges armées, montées d'intrépides caboteurs noirs et jaunes , empéchaient les navires marchands d'entrer dans la rade de cette ville ou d'en sortir. Toussaint Brave avait établi un poste à l'embouchu= re du fleuve du Massacre. Le 14 décembre (23 frimaire) , le eaprtaine de vaisseau, Pradine, se présenta à lembouchure de ce fleu-
ve. Il était menté sur la frégate l'Embuscade chargée de 150 hom-
O mes de Îa 86.e, sous les ordres du chef de bataillon Pigné Mon-
tignac. I dé barqua , protégé par le feu de la frégate, cuibuta les
indigènes, leur tüa quelques hommes, et se rendit maître de kur
poste. Il y trouva deux pièces de canon , lune de 8, l'autre de 24, et les encloüa. Dix embarcations, qui tombèrent en som. pour
voir, furent livrées aux flammes. Toussaint Brave rallia les fuyards
et alla camper dans la plaine du Fort-Liberté. Le eolonel Félix et le ehef d'escadron Daulion firent aussitôt contre lui une vigoureuse sortie. Pendant une beure, l’on se battit avec acharnement. de
part et dauire. La cavalerie française ne put rompre les indigènes, «
Les biancs et les indigènes passèrent la nuit sur le champ de ba= taille. Le lendemain , à a pointe du jour , Toussaint Brave fit donner la sépulture à ses morts, en présence de l'ennemi, sans. être inquiété, el emporta ses blessés en. abandonnant la- plaine.
En même temps, le général Brunet cominandant des divisions de: l'Ouest et du Sud se trouvait au Môle St.Nicolas. 1H confia à l'ad-
judant commandant Grand Seigné une expédition contre le bourg de
Bombarde qu'oceupeit une multitude de cuitivateurs. Il voulait faire rentrer au Môle une centaine de familles blanches dispersées dans ies bois de ce canton. Grand Seigné se mit en marche à la tête de
plusieurs compagnies de la 49.e et de la 98.e ét d'un escadron«
des dragons du Môle. Les français atteignirent, pendant. Ha nuit,
les retranchemens des indigènes. sans être aperçus. Grand Seigné |
chargea l'ennemi à la baionnette y @t pénétra dans le bourg. LIE réusit une foule de blancs, et les achemina aussitôt sur le Môle, escoriés d'une centaine de soldats. Le lendemain, dès l'aurore
INSTOIRE D'HAITI == (1802) 651
51 fut âssailli par les indigènes qui le contraignirent à abandonner sa “conquête eltà: rentrer au Môle dans le plus grand andre: Sa retraite avait été protégée par lescadron des dr'a agons du Môle, composé de a jeunesse hoire et jaune de cette ville, encore dés vouée aux français.
L'on a vu l'insurrection prendre un caractère onriidabiel L'idée de l'indépendance de St Domingue s'était déjà parfaitement -formulée dang l'esprit des indigènes. L'on ne se battait plus pour Ja liberté seulement, mais pour se détacher entièrement de la France.
. Dans nos rangs flottait eacore le drapeau ‘tricolore; mais partout
dans nos camps les armes. françaises avalent. disparu. Cependant les principaux chefs des isa ès és élatent encore indépendans. les uns des autres, malgré les efforts de Dessalines pour établir, dans l'intérieur, un syst me de centralisation. Dans le Norde, depuis le Borgne jusqu’au Fort-Liberté, Sans Soûci commandait en chef, inpnndons de Dessalines. fl imposait son autorité à Toussaint Bra-
à, Charles Bauduy, qui avaient toutes leurs sympathies pour Densalirs : il était sans cesse. on lutte d'autorité avec Christophe et Clervaux qui sefforçaient de gagner les populations en faveur de Dessalines. Mais Petit Noël Prière Macaya, Cagnet, Masougou, Vamatheurcux , Cacapoule , Jacques e Ier , Labruni, chefs de ban-
"des, lui étaient tout dévoués. Petit Prière fétail son: premier
Heutenant. Tous ces chefs qui étaient des parvenus dela nière Incurregtion, el qui étain presque IHeoHNUus AY eat l'arrestation de Toussaint
pi ne voulaient pas reconnaître Îa bn PR des anéiens généraux des troupes coloniales: ceux ci s'étaieut soulevés après eux contre Îles
français et étaient venus les joindre dans ee bois, après iles avoir horriblement traqués, au nom “le la Fran Durñe autre part, comme ils étaient la: plupart africains, ils États de l'aver#on contre les” noirs créoles qui, généralement, se croyaient supérieurs à
eux, et Dessalines était ausst eréole. Cependant Peui-Noël Prière > qui
leur commandait en second, était créoles * mais il sortait des mémes raigs qu'eux, avail loujours vécu avec eux ct avail été ua des premiers à Les exciter à la révolte. | Capoix comtmandait au Port-de Paix. Son autorité s étendail du Borgne aux portes du Môle St-Nicolas. Il n'attendait qu'une visite de Dessulines pour se souimetitre à son autorité. | Dans l'Ouest, Lamour Dérance, qui avait pris le titre de général ën chef des départemens de l'Ouest et du Sud, commandait à tous lesinsurgés, à Larose, à l Arcahaie ; à à Magloire Ambroise! à Macaque , dans Îles mornes de Jacmel; à Be causéjour, à P'-Louis, à Sanglaou, à Mathieu i'our:
ti
mi, à Cangé, à Métellus, à Adam, dans lcs mornes de Léogane,
* Le créole est celui qui est né dans les colonies, Sans-Souci était né en Afrique ; il avait été amené à St-Domingue par: la traite,
du Grand-Goûâve, et de la Rivière Froïde près du Port-Républicain.«
Dessalines dominait dans tout le quartier de l'Artibonite, quoique
RE
le chef des bandes des hauteurs de St:Mare, Cibas, refusât quelque-« fois d'exécuter secs ordres. Tous les chefs du Nord et de l'Ouest n'étaient *
jusqu'alors à ses yeux que des rebelles qui, en droit; lui étaient
subordonnés. Sans-Souci, dans le Nord, Lamour Dérance, dans FOuest,, se faisaient appeler, comme lui, chacun, général en chef. «
Jusqu'à présent le département du Sud ne s'était pas remué.
Le parti de Dessalines qui renfermait le plus de lumières était aussi le plus énergique ; il personnifiait le principe de l'unité indigène ; il pouvait déjà combattre avec succès les français, et étouffer , eu même temps, les factions qui refusaient de se soumettre au gour
vernement central dent le siége était à la Petite-Rivière de lArubo-«
nite. Dessalines lui même, dictateur , ayant droit de vie et de mort, disposant des hommes et des choses, se transportait partout, et don nait aux opérations celte vigueur d'action qui améênera le triomphe de l'indépendance. Déjà Pétion lui avait suggéré l'idée de porter la guerre dans le Sud, en y envoyant Geffrard avce la 13%, pour
soulever les citoyens de ce département et leur donner l'impulsion
de la grande guerre nationale.
NIET VARIE Merle
LERC ice fe CS Si
ss,
oh ME »