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, HISTOIRE D'HAITI.-—(1802) | 393 marche que pour éviter un choc dont les français seuls eussent pro- Mité. Mais il épiait l'oceasion d'arrêter ce chef de bandes qui méconnaissait l'autorité de Dessalines. | Ladiir<
Il y avait sur l'habitation Bédeite dans la plaine un corps d'observalion fort de 200 cavaliers. Un bataillon da la 8G.e curopéenne de 500 hommes, et un escadron de gendarmes de 160 hommes oe. Cupaient le bourg de la Groix-des Bouquets dont le commandement appartenait à l'adjudant général Gilbert Néraud. Les troupes fran- “çaises de la Croix des Bouquets arrivérent à Pierroux à S heures du matin du 9 Décembre. Gilbert Néraud attaqua, par une vive fusillade, le général Pétion. Les indigènes quoique surpris, prirent leur ligne de bataille sous le feu de l'ennemi. Geffrard, Marinier, Jean Louis François soulinrent sur toule la ligne le choe des français; ils les contraignirent même à perdre du terrain. Gilbert Néraud commanda à sa cavalerie de charger ; mais elle ne put rompre le carré que formèrent les 7.e, 10.e et 13.e demi-brigades: La 86.e quoiqu'elle eut déployé une brillante valeur baltit en retraite, protégée par la cavalerie. Pétion, profitant des avantages da sa victoire, s’élança à Ja poursuite des français. Ceux-ci honteux de leur retraite firent volte face et recommencèrent le combat. Jn. PhHippe Daut avait reçu l'ordre de Pétion d'abandonner le camp Frère et d'aceourir à Pierroux. «Mais il ne S'ébranla pas craignant d'être assailli par derrière par les gens de Lamour Dérance qui manifestaient des dispositions hostiles. En même temps arrivaient aux français des renforts que Néraud avait demandés au général Fressinet qui commandait au Port Républicain, Quatre vingts dragons, quatre pièces d’artillerie Iégère et 590 hommes de belles troupes européennes se présentèrent sur le. champ de bataille. Le combat devint plus vif et plus meurtrier. Néraud se précipita sur les indigènes avee une nouvelle fureur. Les indigènes foudroyés par la mitraille se retranchèrent dans la grande case de Pierroux. Gilbert Néraud fit pointer contre eux les quatre pièces de “canon; leurs cartouches étaient épuisées, la mitraille les écrasait; ils furent obligés d'abandonner la grande ease. Alors la cavalerie française les chargea avec impétuosité et les mit en pleine déroute. Ils eussent été sabrés jusqu'au dernier, s'ils ne s'étarent préeipités dans de vastes champs de cadasses qui s’étendatent derrière l'habiiation Pierreux. Les européens, ne pouvant pénétrer au-travers de ces épines hautes et dangereuses, eessérent de les poursuivre. Pétion atteignit l’habitation Jone où Jean Philippe Daui vint le joindre. Les dragons nationaux noirs et de couleur qui servaient dans les rangs “français, rompus aux fatigues du pays, vinrent de nouveau eharger les indigènes. Un jeune officier blanc était sur le point de sabrer le général Pétion, quand il suspendit ses eoups en le reconnaissant: il lui donna le temps de gagner du terrain. Cependant le général indigène eût succombé si le capitaine Benjamin Noël , entouré de
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quelques grenädiers? de la 40.e et de ln 43.e n'avait fait voltet faces et n'avait arrêté quelques instans les dragons ennemis par: FE È coups de fusil. Les cavaliers nationaux se précipitérent avec fureur” sur cette poignée de braves, passérent sur eux, et l’un d'eux, le“ jeune Hoche Viibon, homme de couleur , enleva un des. drapeau: K. de la. 13:e.
Pétion ne put rallier les fuyards qu’au pied des mornes qui ter. minent la plaine, H gravit là montagne qui conduit à la Coupe, position fortifiée par la nature , à deux lieues Est du Port- Républicain. & Il ÿ rencontra Caradeux, noir, et Germain frère chefs de bandes, à la tête des débris de la 14° demi- brigade : il fraternisa avec eux. Il x vit quelques jours après Lamour Dérance auquel il proposa une entrevue dans la plaine de Léogane. Continuant sa marche, il atteignit l'habitation Grenier d'où il pénétra dans les gorges de la: {Rivière Froide, suivant les sentiers qui débouchent dans la grande routes du Port Républicain à Léogane. Beaucoup de soldats indigènes qui avaient perdu leurs fusils à Pierroux élaient armés de | piques. etais au milleu de Décembre.
Par la victoire de Pierroux l'adiudant général Gilbert Neraud sauva | momentanément la plaine du Cut de Sac. Le commandant Viet 4 officier blanc, était arrivé sur le: champ de bataille après le com- ; bat. Il alla camper à Bédette d’où: il était sorti, et le bataillon de « la 86° de ligne rentra au bourg. Cette victoire qui chassait des en. # virons du Port- -Républicaim le général Pétion déconcerta une foule de jeunes gens indigènes qui avaient conçu le projet de se jeter dans le parti des indépendans. Le général Brunet qui commandait les M ne om de POuest et du Sud, profitant de la terreur que la défai- « te de P EPrOUX avai il Mn parmi les insurgés, se résolut. à balayer " l'ennemi daus la platne,et les mernes qui avoisinent le Port- Républicain: « Il ordeuna au gén ira! Fressinet de faire une incursion dans les campa= gues. Le 95 Frimaire (16 Décembre ) une colonne de 1500 hommes d'infanterie mes du Port Républicain. Après plusieurs combats con tre Germain frére et Caradeux, Fressinet enleva le camp retranché de Frère, ensuite celui de la Coupe. Il s'empara d'un autre ua établi plus haut à la source dont les eaux arrosent la Coupe A occupa ensuite Marie Bernard. Les insurgés du camp Bussi coma dés par Fronliche et Adam abandonnèrent leur position à son: ap=. proche. Après deux jours de marche etde combat, Fressinet rentra au Port Républicain. L'adjudant- général luthier , ‘apprenant la défaite du général Pétion à Pierroux partit de Hinche avec 200 home mes indigènes-espagnols et mareha sur le Mirebalais dont il s'emparas à David Troy revint de Lescahobes à St. Louis, et réoecupa le can ton des Grands-Bois que les français avaient abandonné. La 4
La magnifique plaine du Cul-de Sac dont les habitations étaient encore re était presque ; ‘ans toute sen étendue, au pot
Noir des francais. Traversée par lés eaux rapides de la, Grande- Rivière qui roulent de l'est à l'ouest, elle était occupég par des. troupes européennes, cantonnées au nord et au sud du fleuve. Les postes français se prolongeaient vers le nord jusqu'au pont de Sibert; et le poste le plus important, au sud ouest, était établi sur Nhabitation Drouillard , à une lieue du Port-Républicain. Au centre de la plaine, à la Croix des Bouquets, bourg alors admirablement fortifié, étaient réunies des forces imposantes. | Lamour Dérance avait laissé Pétion s'acheminant vers Léogane autravers des gorges de lx Rivière Froide. Il s'était transporté à Darbonne, où il avait son quartier général, dans la plaine de Léogane. “Le général Cangé, son premier lieutenant , occupait Sarrebousse. Les indigènes avaient des camps retranchés à Cassagne, à Peut “ct à Dampuce. Le chef de bataillin Laucoste qui eommandait à Léogane avait établi à Bineau un poste que eommandait Île capitaine Barthélemy, noir; et le fort Ça-lra était sous les ordres du capitaine Bawglo, noir, jusqu'alors atiâché au parti français. La principale force sur laquelle s'appuyait Laucoste étali composée de jeunes gens “oirs et de couleur. Mais la plupart de ces jeunes gens passérent, pendant une nuit, dans les rangs des indépendans. Cangé vit arri- “ver à Sarrebousse les Marion, les Mimr Bode , les Heurtelon, les deux frères Brisson . hommes de couleur, et Colin, noir. Lamour Dérance nomma aussitô: Marion adjudant-général, et Mimi Bode, colonel, Il se résolut à attaquer Léogane.. Dans la nuit qui suivit, 93 Frimaire (44 Décembre), les indigènes enlevèrent le poste Bineau; Mimi Bode prit sans coup férir le fort Ça-tra que lui livra le capitaine Bangle. La ville dont les communications furent interceptées avec la mer se trouva étroitement cernee. :
En même lemps, le général Pétion atteignait l'habitation Bongard qu'occufait Métellus. Celui ci, quoiqu'il reconnût l'autorité de L's “mour Dérance, donna passage à Pétion qui descendit au morne à- Bateau, dans le chemin du Port Républicain à Léogane. Quard les troupes indigènes arrivèrent dans la-plaine de Léogane, Pétion se transporta aussitôt à Darbonne auprès de Lamour Dérance, avec lequel il eut un long entretien. Mais il le quitta sans avoir pu Île mn détérminer à se soumettre à l'autorité de Dessalines. Il se rendit ensuite à Sarrebousse auprès du général Cangé, qui l'aeceuillit froi- “dément. Néanmoins Pétion lui fit facilement comprendre combien il était important que les indigènes fussent étroitement uais et qu'ils fussent soumis à une seule autorité. Cangé qui avait été sôn com” pagnon d'armes , pendant la guerre civile contre Toussaint, le coùnaissait assez pour savoir qu'il n’eût pas embrassé le parti de Dessalines, s'il n'avait pas été convaincu qu'il fallait, pour le triomphe des armes indigènes , que celui-ci eut le commandement en chef, Pu reste, Dessalines était l'officier-général qui exerçait le plus d'ace
tion sur Îes masses; et comme homme de guerre, c'était le plus” capable de nos généraux. Cangé fraternisa avec Pétion qui lew
dompta par l'ascendant de son génie conciliateur. Dès ce moment, L il embrassa secrètement le porti de Dessalines et travailla à la chute de Lamour Dérance. L Gérin apprenant que Geffrard, son ancien colonel, pendant Ian guerre civile, était dans la plaine de Léogane, laissa Léveillé dans les hauteurs du Petit-Goâve, et vint le joindre, accompagné d’une centaine de citoyens du Sud. La rencontre de ces hemmes, qui. Sétaient perdas de vue depuis la chute de Rigaud, fut pour eux une véritable fête. Pétion fit fortifier le camp Petit , et ordonna à Geffrard d'occuper le fort Ça-Fra avec la 43e. Il y avait dans! la rade de Léogane une goëlette commandée par un indigène neir, Lafleur qui tenait encore.pour les français. Elle jeta plusieurs boulets dans le fort Ça Ira ; elle s’approcha même assez prés de la fortification pour tirer à mitraille sur les indigènes qui l'occupaient. Geflrard eut le bras fracassé d'un coup de mitraille; il fut aussi tôt transporté à Sarrebousse. Gérin qui prit le commandement du fort” y laissa Sanglaou, et alla s'établir au Grand-Bassin entre le eamp Pelit et le fort Ça Ira, dans l'endroit où les français pouvaient opérer le plns facilement un débsrquement. is Lors de la prise du fort Ça-fra, les français qui avaient échappé: au massacre s'étaient jetés dans les barges de la rade, s'étaient … rendus au Port Républicain et y avaient annoncé l'arrivée de Pétion à dans la plaine de Léogane. Le général Brunet ordonna aussitôt Î qu'en envoyât une expédition au secours de Léegane. Dans la nuit À du 30 Frimaire (21 décembre), la frégate la Franchise, le brickle" Lodi, les goëlettes le Tricolore et la Nanine, chargés de troupes: européennes el de gardes nationaux, partireni du Port Républicain À Ja pointe du jour, l'escadre commandée par le capital de vais- M seau Jurrien, parvenue dans la rade de Léogane, s’embossa contre le fort Çalra. Elle commença un feu vif et régulier, pendant que les troupes françuises débarquaient à l’Acul , anse non loin du fort. En même iemps la garnison de la ville, sous les ordres de- Lau- À coste, fit une sortie contre Sanglaou et Gérin, par le chemin qui conduit au rivage de la mer. Il y eut tant d'intelligence et de concert dans les manœuvres des troupes françaises, que les indi-« gènes, assaillis en tête et en queue, furent culbutés de toutes parts. Sanglaon fut chassé du fort Çalra, et poursuivi par. un bataillon de soldats de marine et plusieurs compagnies. de la S6e.« Les indigènes lalonnés par l'ennemi ne purent s'arrêter au Camp Petit, quoique Gérin eût déployé une brillante valeur pour les y” rallier. Le général Pétion s'avança alors sur le champ de bataille, x à la tête d'un bataillon de gardes nationaux commandés par un Of figier noir, Isidore, rallia les soldats de la 42e , €t rétablit le
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