‹ Histoire d'Haiti (volume 2)Chapitre 38 sur 47 · CRE CES · texte numérisé non relu

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combat. Energiquement secondé par les chefs de bataillon Jn Louis François et Moreau , il divisa la colonne française en deux parts : Lune fut rofoulée dans la place ; l’autre, culbutée dans les marais de l'habitation Petit, périt en entier sous la fusillade.

Après celte affaire, Cangé se retrancha au camp Petit, et Geffrard partit pour le Sud avec la 43° qu'il avait recrutée d’un grand rombre de jeuncs gens de Léogane. Il allait porter la guerre dans le sein de ce département ; et il avait pour instructions d'user de toute son influence pour en réunir les habitans indigènes sous l'autorité de Dessalines. G

Bendant le débarquement opéré par les français, le 21 Décembre, la plupart des femmes de Léogane avaient fui cette ville, et s'étaient retirées à Sarrebousse sous la protection de Cangé. Cette habitation, depuis le commencement de l'insurrection , ressemblait à une petite Mille. 11 y avait une chapelle où une dame nommé Guillaume chanfait chaque jour des cantiques , et enseignait aux enfans les préceples de la religion. Il y avait un marché abondant où se réunissaient les eultivateurs des mornes et de la plaine. On y exécutait le dimanche toutes sortes de danses afrieaines. |

Pétion, ayant conduit Geffrard au delà de Léogane, avait rempli sa mission. Quoiqu'il n’eût pu porter Lamour Dérance à se souinettre à l'autorité de Dessalines, son contact avec les gens de Léogane avait ébranlé la puissance de leur chef. Il avait secrètement gagné “au parti de Dessalines Cangé, Sanglaou, Mimi Bode. Il parti de

mSarrebousse pour retourner à la Petite Rivière de FlArtibenite. Il traversa les montagnes de Léogane et arriva à La Coupe d'où il deseendit dans la plaine du Cul de Sac avee les 7e et 10.e demibrigades. Il passa près de l'habitation Drouillard, prit le chemin de | Arcahaie , et atteignit la Source Puante, position qu'occupait le commandant Louis Lerebours, offieier de Larose. Pétion fit faire halte à sa colonne. Louis Lerebours , avant de lui donner passage, avertit Larose de son arrivée. Celui ci envoya aussitôt au devant de lui un escadron qui l'accompagna jusqu'à lArcahaie. La 7° et la 10° commandées par Marinier et Jean Philippe Daut, se rangtrent en bataille sur la place d’armes. Alors Péiton annonça à Laïo:e qu'il avait reçu l’ordre de Bessalines d'occuper le bourg. A ees mots, Larose, qui l'avait reçu avec fraternité, se montra vivement indigné. 11 déclara qu'il ne se soumettrait jamais à Dessalines quil aceusa de s'être baïgné dans le sang de ses frères, d'aveir traki le gouverneur “Toussaint Louverture son bienfaiteur , d'avoir fait exécuter Charles Bélair , pour satisfaire son ambition. Dessalines vous trompe, dit il à Pétion. Que d'infortunés n'a-t-il pas sacrifiés après la chute de Rigaud ; si alors vous aviez été ici, à l'Arcahaie, vous auriez .une idée de sa férocité.— Vous êtes dans l'erreur , répondit Pélion ; Dessalines, comme nous tous, a élé égaré par les blancs ; des circons-

tances matheureuses l'ont porté, contre sa volonté, à exereer les ri gueurs dont veus vous plaignez; ces rigueurs n ‘ont pas été exercées “Sur vous, car alors. vous ser viéz sous ses ordres ; néanmoins que de partisans de Rigaud n'at-il pas sauvés. — Larose répondit qu'il ne s'était jamais soumis aux français, même après l'arreshos de Toussaint; qu'il avait mieux aimé vivre dans les bois comme unes bête fauve ; qu'il ne voulait pas êire commandé par eeux qui avaien ; eombattu dans les rangs” des blancs. Dès son arrivée à la Source Puante Pétion avait commencé à gagner les soldats de Larose en faveur des Dessalines. Déjà il voyail dans les regards des gens de l'Arcahaigs leurs sympathies pour le général en chef. I dit à Larose que Dessa-" lines n'avait aucune, vengeance à exer2er contre lui; qu 1} aimail son cou rage, son patriotisme, qu il savait qu'il avait toujours s été bon républieain, qu il avait corabattu avec acharnement les fi ançais ; qu'il ne pouvait lui reprocher que la mort de Lamartintère, le principal héros de la Crète-a« Pierrot. Larose bouillant de rage, lui demanda pourquoi Dessalines nere prochait-il pas la mort de Lamartinière à Jean Charles Courjol qu 1} avai . cependant favorablement accueilli. 1 déclara à Pétion quil l'estimait mais que sil ne sortait pas du bourg sur le champ, beaucoup de sang Serait versé. Ii fit aussitôt battre la générale; ses troupes dont le chiffre s'élevait à prés de 3000 hommes prirent les armes, et deux pièces de canon furent braquées contre les 7° et 10%. Marinier et, Jean Philippe Daut demandaient à Pétion à commencer le feu; maïs celui-ci, certain que Larose ne tarderait pas à être abandonné de: ses ge et évita un combat qui eut aigri contre Dessalines des hemmes, 1 déjà disposés en sa faveur. Obtempérant à la sommation de Larosels il sortit du bourg avec ses quatre bataillons. Larose le fit suivre par sa cavalerie, sous les ordres du chef d'escadron Bastien ; jusqu'à la digue des Matheux. Pélion ne s'arrêta qu'à Dubourg, d'où ilses transporta à | Artibonite auprès de Dessalines. Il rendit eompte” at général en chef de son expédition jusqu à Léogane, de son retour, et de fa conduite que venait de tenir Larose. Dessalines jura de. punir Larose d’une manière éelatante ausstôt qu'il.eût établi un peu -d'ordre dans le Nord où Sans-Souci et Petit Noël Prière eontinuaient à méconnaitre son aulorité. Voulant faire de la plaine de l'Artibo* nite son dernier retranchement eontre le français, si tinalementwle sort des armes lui était contraire, il ordonna à Pétion, os d'artillerie et du génie, de faire travailler aux fortifications de Mars chand, habitation près du fleuve l'Artibonite qu’il voulait, dès eett époque, transformer en une ville. Il donna lui-même le plan : fortifications qui aujourd'hui attestent son génie guerrier. Là s'élèvent le fort Innocent qui porte le nom d'un deses fils, le fort de la Sou ce, le fort Culbutez, le fort de la Fin du Monde. | 100

Voulant détruire le parti de Sans Souci, avant de rien entreprendre dans FOR" contre Larose et. La our Derance, Daessalines E

de la Petite Rivière de l’Artibonite pour le Nord , au commencement “de Janvier 1803, avec une compagnie de dragons. Il se rendit “d'abord au Port-de Paix qu'occupait Capoix. Il y trouva la 9.e qui “avait été réorganiséet, parfaitement disciplinée. Il réunit en ville les culuvateurs du quartier, et nomima Capyix, ancien chef d’escadron “de Pétat major de Leclerc, général de brigade, commandant de la “ligne qui s'étend de St. Louis du Nord au Môle St. Nicolas. La 9e était de trois bataillons de 1000 hommes chacun, commandés par “jacques Louis, Nicolas Louis et Bauvoir, tous les trois noirs; Pour- …cely, homme de couleur, en était le colonel. Capoix faisait alors miortuifier la vil; en même temps il contraignait au travail des champs ioutes les cultivatrices et une partie de ses troupes. 11 venait de “donner à la 9.e un quatrième bataillon composé des jeunes gens du ” horgne. Cette demi-brigade se trouva forte de 4000 hommes disnciplimés et bien équipés. Les indigènes, en s’emparant de la ville, “en avalent trouvé les arsenaux remplis d'armes, de munitions et …d'habillemens de troupes. Dessalines partit du Port-de Paix et par- “courut divers quartiers du Nord. Ses éinissaires avaient fini par gagner à son parti fa majorité de [a population de ce département ; “et Petit Noël Prière et Sans Souei s'étaient vus contraints de céder “au torrent en feignant de se soumettre à son autorité. Il confia au général Romain le poste du Carrefour Machoquet, au général Yavou, le commaudement de la Grande-Rivière, à Christophe celui du Dondon, à Clervaux celui de la Marmelade. Il pouvait compter sur Mayou et Romain, quoiqu'ils fussent des anciens lieutenans de Sans- Souci. Après avoir ordonné à Ghristophe de s'eilorcer de faire disiparaîlre ce dernier, 1! se rendit aux Gonaïives. | La présence de Christophe au Dondon excila le mécontentement de toute la population de ce quartier. Les montagnards ne voulaient … pas être commandés par un komme qui, sous les ordres des français, les avait affreusement traqués. His se soulevèrent contre lui et l’o- “bligérent à se replier sur la Marmelade auprés de Clervaux. Celui- “ci l'aida à reprendre sa position. Peu de jours après il fut de nouveau “chassé du Dondon. Dessalines, aussitôt qu'il apprit ces évènemens, … partit des Gonaïives et se transporta au Dondon, suivi seulement le … quelques compagnies de dragons. Il en réunit tous les habitans, et leur dit que s'ils voulaient toujours faire revivre leurs anciennes querelles, il faudrait renoncer à la détermination qu'ils avaient prise … de se rendre indépendans; que l'union seule pouvait leur donner la puissance de chasser les français, que les blancs, en les armant jJes uns contre les autres, les avaient rendus les instrumens de leurs …vengeances ; qu'il n’était pas un d'entre eux qui n'eût à se reprocher quelque tort envers ses frères ; que l’ordre était du reste rétabli > parmi eux; qu'il était général en chef, qu’on lui devait obéissance, qu'il avait investi Christophe de sa cenfiunce, et qu’il n’appartenait

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soleil à atteint le milieu de son cours, l'observateur voit s étendre“

pas aux inféricurs de juger hd supérienrs, qu il fallait oublier le passé, et diriger contre les blancs toute leur énergie. Dessalines,, connaissant l'esprit organisateur de Christophe, voulait à tout Prix, le maintenir dans le commandement d’une partie du Nord. Il fit" cependant une eoncessien,aux habitans du Dondon en envoyant … Christophe à Milot avec le commandement d'un eordon quis 'étendait des limites de la commune de la Marmelarle à celles du quartier du Fort Likcrté. Il visita Toussaint Brave dans la plaine du Fort Lim berté, et le maintint dans son commandement qui s’étendait jusqu’ au. delà de Laxavon. Il nomma ensuite Petit Neël Prière eolonel, at lux confia le commandement de la place du Dondon, sous les ordres du général Paul Louvertere qui en commandait l'arrongissement: Avant de retourner à la Petite Rivière de lArubonite, àl alla visiter les retraites de Sans-Souci dans les montagnes de la Grande Rivière. ll le vit, le caressa, et le félicita de son dévouement à la liberté. Sans-Souci dompté par lascesdant de Dessalines reconnut alors sin cèrement une autorité à laquelle ïl ne s'était d'abord soumis que contraint par les circonstances.

Aussitôt après le départ de Dessalines du Port de-Paix, le général

Capoix conçut le hardi. projet d'incendier les établissements de la Tortue, après avoir traversé le canal qui sépare cette île de la grande terre. | |

La Tortue, florissante sous Leclerc, était devenue d'une pros périté prodigieuse sous Rochambeau.

Vis-à vis de la côte septentrionale d'Haïti, s'élèvent au sein d’une mer légèrement agitée par le souffle des vents alisés, les mornes« verdoyan ts de l'île de la Tortue. Il est rare, dans ces parages, que les flots soulevés se brisent centre les rochers éscarpés qui bordent l'île, en faisant rejaillir leur écume pétillante. La surface de l'onde se gonfle péniblement sous les efforts de la brise, et de“ petites vagues viennent expirer sur la plage. Là, les rayons ardens" du soleil, qui énervent Île navigateur, sembieut communiquer à la mer cette nonchalañce lascive qui règne dans toutes les régions des tropiques. C'est sur ces bords que Pauline Bonaparte s'était livrée à toutes sortes de voluptés. Des hauteurs du Port-de-Paix, quaad ie

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