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Dans la nuit du 15 Février, Ma-"n
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passaient dans Îles rangs des indépendans. Le général Pageot
fil arrêter vingt citoyens notables, noirs et jaunes, entre autres les
nommés Michel, Bayard, Jean François et Moreau. Ce dernier, pen-
dant qu'on le conduisait en prison, prit la fuite, traversa la ville,
et eut le bonheur d'atteindre la campagne au milieu du sifflement
des balles des carabiniers français. I joignit l’armée assiégeante.
A la même époque, le général dedivision Pétion , qui avait son quartier-géntral à lArcahaie, reçut par un des émissaires qu’il énvoyait régulièrement au Port Républicain, une publication imprimée en cette ville. Les français y rapportaient la défaite qu'il avait çssuyée à Pierroux, en Décembre 1802. En parlant du drapeau que là 43:e avait perdu dans ce combat, ils faisaient observer qu'il était tricolore ; ce qui démontrait, disaient-ils, que les insurgés se battaient
non pas pour l'indépendance de St-Domingue, mais bien pour recon- … quérir une hberté qu'ils croyaient avoir perdue. Dessalines et Pétion
A , a 1 À Far PA de - n'avaient conservé le drapeau tricolore que parce qu'il était à leurs
yeux, celui de la liberté. D'un autre côté, comme ïls avaient pris la détermination de ne plus jamais servir ‘sous les bannières de la métropole, 1is en avaient Ôté les armes françaises. Pétion envoya cette publication, à la Petite-Rivière de l'Artibonite, au générai en chef. » Dessalines arracha au drapeau tricolore la couleur blanche, pour enlever aux français l'espoir qu'ils conservaient encore de traiter avec les indigènes, én leur faisant, de nouveau, la promesse trompeuse de la liberté. Le drapeau tricolore qui réunissait les couleurs rouge et bleue de la ville de Paris, ct la couleur blanche deïla royauié, avait toujours été considéré par les masses de St. Domingue comme le symbôle de: l'union du noir, du blanc et de Phomme de couleur. L'harmonie qui aurait dû exister entre le blanc d’une part, le neir et l'homme de couleur, d'autre part , n'ayant pu se réaliser, à eause de lorgteil colonial, la détermination d'extirper. la race blanche que représentait le blanc du drapeau, fut done prise à St. Domingue, par les insurgés indépendans. LRO Dessalines envoya l'ordre aux généraux Gapoix, Toussaint Brave, Christophe, Vernet, Clervaux, Romain, Pétion, Geffrard, de rendre
les drapeaux bicolores bleu el rouge. Ces deux couleurs qui re- » présentaient l’union du noir et du mulâtre, furent placées verticale-
ment, le bleu fixé à la lance, et le rouge flottant à lextrémilé. Vers le mois de Septembre1803, le commodore anglais, Loring,
vint croiser entre le Capet le Port-de-Paix. Voulant user de courtoisie
envers le général Capoix, il lui fit don d’un briilant drapeau bicolore, . Celte circonstance, considérée isolément, a fait croire, à l'étranger, que nous devions aux anglais Pidée de notre drapeau bicolore. Per-
sonne n’ignore, en Haïti, qu'en Mai 1803, quand Dessalines pénétra
dans la plaine du Cul-de:Sac , les troupes indigènes, portaient le drapeau bieolore qui dès Février avait été adopté.
tevenons aux événemens qui se passaient dans le Nord dé” l'ile pendant que Férou insurgeait tout le département du Sud. Dans M la partie de l'Est les français exerçaient sur fes indigènes-espagnols noirs et jaunes, soupçonnés de complicité avec les indépendans, les mêmes rigueurs an dans la partie française. Beaucoup d'individus furent arrêtés à St Yague, et conduits à Porto Plata où ils furent empri-« sonncs Bus une voûte souter raine de là forteresse. On les y laissa “4 mourir de faim.
Le général Romain, campé au Limbé, avait reçu de Capoix, comme nous l'avons vu, plusieurs milliers de poudre. 11 avait sous ses ordrés la premiére demi brigade, et 1000 cultivateurs organisés. Il conçut Paudacieux proget d'enlever la ville du Cap sur Rochambeau. Dans la nuit du 4 au 5 Février, il passa entre le port Français et le poste Prunel, et atta qua les postes Métayer et Bousmat dont 1l se rendit maire. Il assaillit ensuite les postes Grelot et Bourgeois; mais il fut repoussé. Le chef de bataillon Bertrand qui commandait au poste Bourgeois füt grièvement blessé. Les troupes, cantonnées dans l'enceinte du Cap, ne s’ébranlèrent qu'à la pointe du jour. Alorsle chef de bataillon Rapatel lança deux colonnes contre les postes Métayer et Bousmat. Les indigènes furent chassés des positions dont” ils s'élaient emparés pendant la nuit. Rapatel ne put néanmoins les empêcher, pendant qu'ils se retiraient, d'incendier la plupart des habitatious du MU st
Romain se rélira à Vaudreuil où il se retrancha pendant Ja nüit,s après avoir rallié toutes ses troupes. Get échec ne l'avait pas découragé. I se disposa à s'élancer de ds sur le Cap. Le général Clausel, instruit de son pi "ojt et, résolut de disperser ses troupes. Le lendemain, 6 Février, le géné al Claparède reçut l'ordre de prendre le commandement de l'armée: Il sortit du Cap, à la tête des Te, 20.e, et 83.e de ligne, donnant une force de 2500 hommes; à latète de 600 gardes nationaux extérieurs , et de 200 cavaliers de la garde d'honneur, sous les ordres du colonel Neterwood. attaqua les indigènes dans leurs retranchemens de Vaudreuil. Romain soutint le choc des français quoiqu'ils fui fussent supérieurs en nombre” Assailli de tous côtés, il présenta partout un front formidable. Cla= parède, après de vains efforts pour enlever le camp retranché, feignit de battre en retraite, afin d'attirer les indigènes, en rase campagne, hors de leurs lignes. Romain croyant que Îles français étaient sur le point de prendre la fuite, s'élança par dessus son retranchement , » pour les rompre. Claparède fit aussitôt volte face, ouvrit ses rangs, et l'arullerie légère vomit la mitraille dans les bataillons indigènes. Le chef de brigade Neterwood chargea aussilôt à la tête de la cava- Ierie de la garde d'honneur. ….
Romain, sans être rompu, rentra dans sa position. Néterwood,! «1
HISTOIRE n'aïrr.—(1808.) . 431
æmporté par sa fougue ordinaire, ne s'arrêta qu’au pied des retran- ‘chemens où il fut accueilli par une vive fusillade. HE sit tomber, à ses côtés, le capitaine Laforge de la garde du capitaine général. Les deux armées demeurèrent en présence. Les indigènes perdirent 209 hommes, et les français à peu prés un nombre égal. Doansÿla nuit qui suivi, le général Romain se retifa- à son quartier-géneral de Limbé. | Les indigènes de Ia division Capoix, qui avaient traversé le canal de la Tortue sur des radeaux, occupaient toujours l’intérieur de cette petite île. Nous avons vu qu'ils en avaient ineendié l'hôpital établi sur lhabiation Eabatut. Rochambeau, avant repoussé la dernière attaque de Romain, crut pouvoir dégarnir de quelques troupes la ville du Cap; il se résolui à envoyer une expédition à la Tortae. Le 47 Février, l'adjudant commandant Ramel partit sur le vaisseau le . Duquesne avec cinq bâtimens légers. La force effective de celte expédition était de 400 hommes d'infanterie, d’un détachement de 150 chasseurs de la garde du capitaine-général, sous les ordres du chef de batatilon Booze, et de 60 dragons. Ramel, aussitôt qu'il eut opéré son débarquement à la Tortue, se rendit sur l'hrbitation Doubaire. Il réumit ses troupes à celles de. l'adjudant-commandant Boseus, ct mmascha contre les indigènes de lintérieur- qu'il eulbuta et tailla en “pièces, aprés un combat acharné. H perdit un intrépide officier , …Horumberger, capitaine des chasseurs de la garde. Le citoyen Fey, commandant du lougre le Vauiour, recevait dans ses chaloupes, pendant le combat, une foute de blancs propriétaires qui füyaieut le champ de bataille, le long du rivage. Les matelots du Vautour écrasérent à coups d'aviron ceux des indigènes qui, cramponnés à des planches, nageaient dans le canal pour atteindre Laveaux-Lapointe, ou St. Louis du Nord. Le chef de batatilon Vincent Louis et Île caphaine Gardel, suivis de quelques grenadiers de la 9e se retrancherent dans les rochers escarpés et les bois qui avoisinent le mouillage du-coquillage. Hs s’y maintinrent jusqu au commencement de la puit. {ls avaient perdu fa plupart de leurs compagnons. Ils firent trois signaux par trois grands feux successifs. Capoix découvrant- “ces feux , de ‘Laveaux Lapointe , reconnut le sisnc de détresse dont il était conveñu avec Vincent Louis. Des chaloupes indigènes partirent aussitôt du Carrerouge :le St. Louis, et aitelgnivent le coquillage de la Tortue. Vincent Louis et Gardel s embarquèrent avec quelques hommes, et revinrent au Carrerouge d'où ils se rendirent au quarticr-général de Laveaux-Lapoinie auprès de Capoix. , | Le général en chef Dessalines® avait appris , aux Gonaives , l'attaque infructueuse dirigée par Romain contre le Cap, dans la nuit du 4 au 5 Février. Romain lui écrivit, peu de jours après, qu'il avait reconnu la possibilité d'enlever le Cap , si on lui envoyait des