‹ Histoire d'Haiti (volume 2)Chapitre 5 sur 47 · LIVRE VINGT-UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-UNIÈME

Sommaire. Caractère du gouvernement de Toussaint Louverture. — Extinction de Pinflience métropolitaine. — Comment le général rn chef se créetil un trésor Lu ri ?—Projet d'une constitution coloniale—Le colonel Vincent combat

» proiet—Les députés à l’Assemblée centrale sont nomimés.—Ils se réunissent au Port-Répubhcain sous la présidence de Borgella, grand planteur.— Dispositif de la constitution — L'Assemblée centrale se transporte au Cap—Réorganisation de la Justice dans Île département du Nord.—"Toussaiut accorde un pardon

La constitntion coloniale est publiée — Le co-

4 danel Vincent est she de la présenter au premier Consr PRE Relgion- — Prétentions de Toussaint à la science —{ode rural— Lrssulines inspecteur de culture dans les départemens de l'Ouest et du Sud. -— Exécution d'Hillarion. —- Statistique de 1801.— Armée coloniale—S$Ses cantonnemens — Lois renducs par

l'Assemblée centrale qui termine sa première et dernière sresien en Septembre 1801—Moyse se montre mécontent du système du gouvérneur.—Son caractère, —$Sa conduite comparée à celle de Dessalines —11 conspire contre ‘Foussaint — Celui ei marche contre lui— Christophe contient les rebelles dans larrondisse. ment du Cap.—Moyse arrêté à d'Hériconrt—[l est din au Port de-Paix — Son exécution —Christophe nommé général de brigude— Tonesaint s'éloigne des

blancs —1l redoute une expédition française —]l appelle autour de Jui les hoëmmes de couleur et cherche cn eux un appui contre Ja France. -- Il réunit au palais national du PortRépublicain un grand nombre d'hemmes de couleur, et s'eff rce de se justifier à Jcurs yeux.—-Sts confidences aux cfliciers supérieurs noirs relativement à ses projets contre les blancs. — Il envoie des agens à la Jamaïque avec mission de traiter avec le général Nugent, gouverneur de cetig

Lie,

94 Fe HISTOIRE D’Hairi—(1801)

Depuis la chûte de Rigaud et la réunion de l'ancienne possession espagnole à la colonie française A de Toussaint était devenue sans bornes ‘sur toute l'étendue de lil Quoique le drapeau français flottât de toutes parts , l'influence née s'élait évanoule, Toussaint paraissait lenir entre ses mains les destinées de la colonie. Dans l'administration il déployait de rares talens, s'aidant des lumières d'hommes véritablement instruits ; et son activité prodigieuse ne laissait rien échapper sur la surface de l'ile à la vivacité de son coup d'œil. HE était Art ent à remplir les caisses de la tré: sorerie-générale qui étaicut les siennes , et à établir sa puissance sur les tètes les plus fières qu'il courbait ou qu'il tranchait. Aucun obstacle n’arrêtait plus sa marche: il avait anéanti après lembar: quement de Rigaud ceux des noirs et des hommes de couleur qui auraient pu $S ‘indigner contre ses faits cruels et les contrarier. Les hommes de couleur rigaudins , comme on l'a vu, avaient perdu l'élite des

leurs; ils avaient élé décimés ; ceux qui avaient échappé à la mort. s'étaient la plupart réfugiés dans les îles voisines, à Cuba , à la Jamaique, à Porto-Rico, où ils vivaient plongés dans la plus affreuse misère. Dans les savanes, dans les gorges des montagnes, des cultivateurs noirs montraient en frémissant aux voyageurs de vastes espaces couverts d'ossemens humains. Jusqu'alors Toussaint se montrait sourd aux gémissemens qui arrivalent jusqu à fui. Entouré de prètres scclérats , de colons pertides qui l'excitaient sans cesse à continuer le massacre des hommes de couleur, il se confessait après chaque crime, et s’approchait de la sainte-table, * Nous avons vu quil y avait dans son armée un grand nombre d hemmes de couleur, particuliérement du Nord et de l'Artibonite, parmi lesquels on remarquait le général Clervaux , les commandans Nérette ,‘Larose , Gabart, Ferbos, officiers de mérite et de courage qui avaient servi Sa cause avec zèle contre Rigaud. Nous n'avons aueun reproche à leur adresser: Rigaud fut Tauteur de celte malheureuse guerre civile en refusant de se soumettré au général en chef reconnu par la métropole. Le commandement en chef du départe-" ment du Sud qui fui avait été donné par Hédouville et qui n'avait pas été confirmé par le Directoire exécutif ne pouvait le porter à s'armér contre Toussaint Louverture. Les officiers de couleur qui combattirent Rigaud ne virent en lui qu'un ennemi du bien publie

refusant la seconde place de la colonie, voulant renverser celuiauquel il devait obéissance , et se souciant fort peu pour satisfaire son ambiuon de répandre sur son pays loutes sortes de maux. Après la

* Les colons lui avaient conseillé de ne laisser Ja vie qu'aux enfans de couleur en bas âze, afin qu'ils fassent élevés dans la crainte et le respect de leurs pêaes, blancs, et de leurs oncles, noirs, Toussaint lui-même ent horreur de cet avis, et ne l’aecueillit pas.

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victoire ils gémirent des cruautés de leur chef ; ils ne prévoyaient pas cette horrible réaction ; ils eussent voulu qu'on eût pardonné aux vaincus.

Mais alors que pouvaient-ils faire ? se taire, gémir ense soumettant à la puissance des . circonstances. De ssalines disait souvent, après la guerre civile, qu'il avait reçu l’ordre de Toussaint de faire main: basse sur toute la race de couleur, femmes et enfans, si des officiers tels que Clervaux, Nérette, Ferbos, Gabart, suivant l'exemple de l'adjudant-général Pétion, avaient aussi passé dans les rangs de Rigaud.

Toussaint continuait ‘toujours à réunir des sommes considérables pour la réalisation de son projet d'indépendance. It portait sur l’état des dépenses et des recettes de la colonie la mor

des valeurs réelles du pays qui entraient chaque année dans - les caisses du gouvernement. Il se forma ainsi un trésor important dont il disposait sans aucun contrôle. Les blancs n'osant lui de. mander compte de sa gestion, se montraient toujours satisfaits de son administration. Ils étaient du reste la plupart d'anciens co- Jons qu'il gorgeait d’or, et qui partageaient ses vues ambiticuses d'indépendance. Ils avaient livré une partie de l'ile aux Anglais qui y avaient rétabli la servitude ; ils avaient tout à redouter des vengeances de la République française ; et ceux d’entre eux qui formaient le conseil privé du général en chef l’exhortaient à se hâter de se détacher de la France, dans l'espoir de former une république à l'instar de la confédération américaine, d'étouller ensuite le chef” noir et de faire rentrer sous le joug, à l’aide de l'Angleterre , toutes les populations anciennement dans la servitude. Cependant quand ils apprendront Ja réaction du premier Consul contre le système révolutionnaire, et sa bienveillance envers les émigrés ils changeront de système et appelleront dé tous leurs vœux une expédition française.

Jusqu'alors Toussaint n'osait exicuter pleinement son projet: la puissance de la France l'effrayait ; 11 pensait avec raison que FAngleterre, si elle traitait avec la métropole, ne recommencerait pas avec elle une guerre acharnée en sa faveur, sacriliant ses vrais in, térêts à l'ambition d’un chef qui pouvait tenter de soulever les esclaves de la Jamaïque. Cependant ses grandes vues s'étaient tellement développées qu'il résolut, malgré les dangers quil allait réunir sur sa têle, de sonder les dispositions du gouvernement consulaire à l'égard de St-Domingue, en faisant une constitution qui, devant satisfaire son ambition momentanément, ne le procla. merait cependant pas souverain, Indépendant de la métropole.

Depuis son retour de la partie de l'Est, il laissait éclater mal. gré lui ses projets ambitieux; il répétait sans cesse qu'il lui fallais une constitulion qui garantit son autorité, quil ne pourait plus

96 uisroire D’Halti.—(1801).

descendre du haut degré où il avait atteint. Il consulta relativément à l'acte constituti *onnel quil se proposait de faire adopter par J'Assemblée centrale ses confidents les plus intimes. Sans pronoucer le mot d'indépendance les colons approuvèrent son projet de constitution, ear Il aimait qu'on le din ds mais non quon Jui exposât Îes suis de sa politique. il disait que celle constilution serail le plus-sûr garant de la soumission de St-Domingue à la France: il prétendait qu'il était le véritable réprésapiais de. la métropole dans là colonie. |

Les français sincèr ement attachés à leur patrie entendirent avec indignation parier de ce projet. Le colonel du génie Vincent osa l'exhorter à y renoncer. Il [ui exposa en termes cnergiques que Je droit de doter St Domingue d'une constitution n appartenait qu'à la France qui considérerait sa conduite avec raison comme un acte: de rchellion. Toussaint ébloui des faveurs de la fortune, était em traîné par unc sorte de fatalité vers un abîime. Il répondit aux observations du colonel Vincent: « Je suis le restaurateur dela colonie, «le Bonaparte de St. Domingue; à mon existence est lié le bon-

heur de mon pays. » Il cessa de l'écouter, lui tourna le dosavec humeur, s élança sur son cheval, et prit la route da Port-Républi=. cain. Quand il arriva en cette ville, ül y convoqua Îles députés à l'assemblée centrale qui avaient été nommés d' aprés son arrèté du 16 Pluviôse an 9 (5 Février 1801). .

Le département de POuest avait élu les citoyens Bernard Borgella et. Lacour; celui du Nord, les citoyens Etienne Viard, Julien Raymond; ce lui du Sud, Phtiippe André Collet, et Gaston Nogéré; celui de L'étieba a les citoyens Jean Monceybo, François Morillas ; celui de CGibao, les citoyens Charles Roxas, et André Mugnos. His étaient tous blancs: excepté Jülico Raymond.

Ces dix députés réunis au Port. Népohlienins formérent l'assemblée centrale sous la présidence de Borgella. * Après plusieurs-séances ie: assista Toussaint Louverture, ils rédigèrent le projet. de Constitution dunt Îles prmcipaux articles furent les suivans : ;

L'esclavage est à jamais aboli dans Îa colonie. | Les hommes, n’importe leur couleur , sont admissibles à toutes les places. —Tous les hommes naissent dans la colonie hbres et Français.—La Religion: Catholique y est la seule publiquement professte.—Le marrage este protégé. —Les cuillivaieurs sont réunis sur les grandes habitations pour } vivre en femiile; et pour en accroître le nombre des africains seront introduits dans la colonie. —Le gouverneur propose les lois. à une assemblée de citoyeus réunis au Port-Républicain, sous le titre d Assemblée Centrale de St. Domingue.—Chaque département,

* Le général Moyse qui avait été nommé député du département du Nord wavait pas accepté cetia charge,

fTISTOIRE D'HALTI-— (1801) | . ss?

pour la formation de l'assemblée fournit deux députés âgés de trente ans au moins et ayant ein ans de résidence à St. Domingue.— Le général en chef Toussaint Louverture est nommé gouverneur à vie, général en chef de larméc, avec droit de nommer son successeur. —Après lui les gouverneurs seront nommés pour cinq ans. — Le gouverneur Toussaint scelle et promulgue les lois, nomme à toutes les fonctions civiles et militaires. —Les bâtimens de guerre français dans la colonie reçoivent ses ordres. —Il dirige et surveille la per+

ceplion ; le versement et emploi des finances de la colonie. —La censure surveille la presse de la colonie, et supprime tous les é-+ crits venant de l'étranger Lendant à corrompre les mœurs.— Le gouverneur fait juger et exéculer les conspirateurs. — [I reçoit trois centmille francs par an.—Sa garde d'honneur est aux frais de la colonie.—Il est établi des tribunaux de première instance, des tri bunaux d'appel, un tribunal de cassation qui ne connait pas du fond des affaires. Les juges sont à vie. L'administration municipale est composée dans chaque paroisse d’un maire et de quatre administrateurs.—{'armée se divise en garde coloniale soldée, et’ en garde coloniale non soldée.—Il existe une gendarmerie à pied ; elle fait partie de la garde coloniale soldée, ainsi que la gendarmerie à cheval.—La demeure d'un citoyen est un lasyle inviolable, sauf les cas prévus par la loi. —La libérié individuelle est établie, de. même que la liberté de l'instruction publique. —Le gouvernement peut décerner des récompenses aux guerriers qui ont combattu pour la liberté. — Le gouverneur est tenu de faire sanctionner la Constitution par le gouvernement français.

Tout n'était que mensonge dans la Constitution: la Libabié individuelle n'était pas respectée ; les propriétés étaient souvent confisquées,, et le despotisme le plus dur pesait sur les citoyens. Quant à la liberté ae l'instruction publique, elle n'était qu'illusoire: aucun établissement ne se formait sans- l'autorisation du gouverneur qui imposait aux instituteurs le système d'enseignement et d'éducation qui lui convenait. On apprenait aux enfans dans les écoles à lire et à écrire; on leur enseignait l'histoire sainte interprétée de manière à ne former que des fanatiques, les hauts faits de Toussaint, gouverneur de.lîle par la volonté du Tout Puissant qui l'avait choisi pour être le Spartacus moderne prédit. par Raynal. |

Le 25 Avril le gouverneur se transporta au Gap. À son arrivée en celle ville , Je citoyen Gombaut, juge au tribunal civil, suivi des auioriés eiviles et militaires se présenta devant lui, et lui adréssa un discours dans lequel, après l'avoir complimenté de la conquète du Sud et de l'Est, il le compara à Bacchus , vainqueur des Indes. Le gouverneur se hâta d'inviter l'assembée Centrale, par une lettre en date du 41% Mai, adressée au président Borgella , à s'embarquer pour le Cap. Les membres de cette assemblée arrivèrent dans cetie

ville vers le milieu de Mai, et y ‘continuèrent leurs séances. Le 22 du même mois le gouverneur installa en personne le citoyen Periès, commissaire du gouvernement près de l'administration municipale du Cap. Le tribunal civil du département du Nord était complètement désorganisé ; les membres qui le composaient , quoique probes, étaient dépourvus de connaissances. Toussaint le réforma en entier, ‘et linstalla le 26 Mai. Dans son discours l’on remarqua ces paroies : après Dieu, c’est la justice. Il établit dans le département du Nord, ainsi que dans celui de Samana, une Posie aux Lettres, commeil en existait déjà dans l'Ouest et dans le Sud. Nous avons vu qu'il avait défendu FPexportation des bois d'acajou qui se trouvaient coupés dans les départemens d’Ingano et de Samana ; mais cette défense ayant plongé le peuple de ces quartiers dans une profonde misère, il la révoqua, et permit aux propriétaires de ces bois de les exporter en payant un droit de 25 pour cent.

Toussaint voyant tous ses projets se réaliser, et voulant se créer des amis , même parmi les vaincus, jeta un regard de compassion sur les hommes de couleur Rigaudins et se résolut à leur pardonner. Le 28 Mai 1801, il réunit dans l'église du Cap, tous les mulâtres qui depuis la chute de Rigaud languissaient dans les prisons, ou marchaient à la suite des troupes, en güenilles, et exposés à toutes sortes de mauvais traitemens. Il monta en chaire et leur dit: « L'esprit de parti vous a précipités dans les préjugés de l'er- « reur; Je vous parle en père; je gémis sur les maux que vous «avez soufferts, je vous pardonne généreusement; je vous donne « des convolations; soyez pleins de courage, et retournez en paix «a au sein de vos familles. » | Toussaint croyant n'avoir plus rien à redouter d'un parti qui avait été presque exterminé , se montrait généreux. D'une autre part, €omme il ne doutait pas que sa constitution n'attirâl sur sa tête la colère de la France, il s’efforçait de se faire cherir des habitans de de St. Domingue de toutes les couleurs. Il fitconnaitre à Dessalines, par une lettre, en date du 31 Mai, la décision qu'il venait de prendre relativement aux Rigaudins, et lui recommanda de les laisser se rendre dans leurs familles. « Engägez les, lui dit-il, à ne plus « se laisser dorénavant entraîner par des perturbateurs du repos « public et des ennemis de l'ordre, ........ ete. etc. Quant à moi « je les regarde comme des frères et comme mes enfans;s monuni- « que désir est de les voir danse bon chemin; qu'ils s’acquittent des devoirs que prescrit l'ordre social, et qu’ils pratiquent suf- « tout la religion, en élevant leurs enfans dans la crainte de Dieu, » Deux mois environ après cet acte de générosité tardive (car il -faut avoir été dans une position semblable à celle de ces infortunés, ayant ehaque jour la mort sous les yeux, pour apprécier la clémence d'un chef, dans de telles circonstances, quelle qu’en soit 44

HisToiRe D'HAITI.—(1801) s

cause) Toussaint pensant qu’il avait rallié tous les cœurs, $e résolut à publier sa Constitution. Le 7 Juillet 1801, à trois heures du matin, la générale se fit entendre dans la ville du’ Cap; et à quatre heures l'assemblée fut battue. Les troupes de ligneet la garde nationale parfaitement tenues étaient à cing heures rangées sur là place d'armes. Les autorités civiles et militaires entrèrent sur la place dans l'ordre suivant : la commission du commerce, l’administration dé la marine, la municipalité, le tribunal de commerce, le tribunal de paix , le tribunal civil ; et l’assemblée centrale, Toussaint entouré fdes officiers de son état-major richement vêtus fermait là marche. Un peuple immense couvrait la place; un profondsilence S'établit, et le citoyen Borgella, président de l'assemblée cèns trale, montant sur l'autel de là patrie, prononça le discours suivant : |

« Golons français et vous braves soldats, depuis longtemps St: Domingue aspire an bonheur inappréciable d’avoir une Constitu= tion focale. Des factions qui se sont successivement remplacées dans le gouvernement de la métropole, en propageant leurs principes subvèérsifs dans cette île lointaine avaient étouffé les justes réclamations de ses infortunés habitans , les avaient dégradés de la dignité d'hommes libres , leur avaient ravi jusqu'aux élans précieux de ces nobles sentimens qui élèvent et agrandissent les âmes, et les avaient forcés de recevoir la loi qu'ils n'avaient ni faite ni consentie. Les colonies françaises disait la Constitution de l'an 3. ( article 6 ) sont parties intégrantes de la République , et sont soumises à la même loï constitutionnelle, Ainsi, par la fatalité la plus terrible, les destinées de St. Domingue ont été associées à celles de la métropole qui a étendu ses ramifi-. cations à travers l'immensité des mers, et a fait courber Si.- Domingue sous l'énorme psids de sa perverse influence. Cet état affreux , cet état de dissolution, pouvaitil avoir une durée ?.., Non...! il était réservé à un génie réédificateur de fixer bientôt le sort de la République. En effet Bonaparte vole des confins de l'Egypte dans le cœur de la France ; et tout-à-coup les factions disparaissent ; un ordre social. succède aux convulsions de lanarchie; la République goûte au dedans les douceurs de la paix, el se prépare à aller en recueillir les fruits au-dehors. Une constitution nouvelle est posée; elle est dégagée de cette multiplicité de rouages qui se heurtent mutuellement et qui donnent lieu aux cabales populaires , à la diversité d'opinions , aux çalamités publiques. Mais cette Constitution nouvelle. . , . . a-t-elle été faite pour vous , insulaires , qui habitez une région si éloignée et si différente de la métropole ?...: vos représentans, comme ceux des autres « départements français, y ont-ils concouru ou participé ?..., Non,

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