HISTOIRE PARC
Le pr
ensuité. Quant à Jean Fradtäiés il avait obtenu du pére Sulpicé, |
qu'il exhortât au tribunal de la pénitence, les femmes blanches ses prisonnières , à se livrer aux chefs de ses bandes ; lui-même avait un sérail où se trouvaient réunies les plus belles. Lorsque ces infortunées n exerçaient plus aucun empire sur ces barbares, elles étaient livrées aux femmes noires ou de couleur qui en faisaient leurs servantes et les flagellaient. Jeannot au milieu de ses bandes pie ci nues el armées de “poiguards, de piques , de lances | de quelques fusils, brillat de pierreries et de galons. Chaque Jour il faisait amener devant lui quelques blancs’: les uns étaient sciés entre deux planches; d'autres qu'il trouvait trop grands avaient les pieds coupés; quand il trouvait ces malheureux trop petits, il les faisait grandir de six pouces, disaït-il, en disloquant leurs jambes et leurs cuisses. Souvent ; après, avoir assisté à ces exécutions , il se disait altéré, coupait la tête d'un blanc , recevait son sang dans un vase, y tmêlait du tafia et buvait. A tous les arbres de son camp il y avait des crocs auxquels étaient suspendus ses prisonniers par le mentor.
Le FR Jean François apprenant les atrocités de Jeannot, en eut horreur. Ce fut envain qu'il lui crdonna de cesser de commettre tant de erimes. Alors il marcha contre lui, lui livra bataille aux environs de Vallière. Au milieu de l'action les troupes de Jeannot, fatrguées de sa tyrannie, l'abandonnèrent. Jean François le fit prisonnier et le condamna à mort. Cet homme si cruel, que la vue du sang réjouissait toujours , eut peur aux approches du dernier supplice. El commit toutes sortes de bassesses pour se soustraire à la mort; iloffrit même à Jean François, s’il voulait lui faire grâce, de devenir son eselave. Toutes ses prières furent inutiles. Quand il arriva au lieu de l'exécution, il supplia, les mains jointes, le curé de la Marmelade qui l'assistait dans ses derniers momens, de demander son pardon à Jean François. Le prètre, pour iouie réponse, lui dit qu'il ne lui
restait plus qu'à se présenter devant Dieu. Alors la terreur le saisit;
il s'attacha avee force au curé, et ne voulut plus l’abandonner; une lutte s engagea entre eux; et ce ne fut pas sans peine qu'on parvint à arracher de ses embrassemens le prêtre presque déjà étouffé. Il versa des larmes, et fut fusillé à bout portant. Jean François n’exécuta pas Jeannot à cause de sa cruauté, prétend-on, mais bien parce qu'il
commençait à méconnaître son autorité. Il contiaua à vivre en bonne
amilié avec Biassou qui brûlait ses prisonniers à petit-feu, et leur ar-
rachait les Yeux avec des tire-balles. Mais il faut dire aussi que Biassou
était aussi puissant que lui. Jean François fut le moins cruel des chefs de la première insurrection du Nord.
Candÿ homme de couleur qui nele cédait pas en férocité à Jeannot dont il
était le lieutenant se soumit à Jean François après la bataille de Vallière.n Cependant la division était à son comble dans les rangs des insurgés; et si ies blancs n'avaient pas été divisés en royalistes et patriotes, ils
Le à
HISTOIRR D'HAITI.—( 1791.)
eussent pu, en réunissant leurs forces, étouffer l'insurrection.
Néanmoins Blanchelande, malgré les plaintes des colons qui refu-
gaient de marcher, redoubia d efforts. Il fit attaquer les insurgés de toutes parts, les chassa loin des bourgs, et établit des camps au Trou, à Vallière, à la Grande Rivitre, au Mornet, au Dondon , à la Marmelade , à * Maribaroux , au Terrier-Rouge, à Jaquezy , à Caracole, à Ouanaminthe. Les: insurgés se ifouvérent resserrés dans un cercle trèsétroit. Mais Jean Frmcois et Biassou se retournèrent contre leurs en< nemis avec la furcur de la rage; ils atlaquérent Vallière et la Grande Rivière avec tant d'impétuosité qu ils prirent ces deux bourgs d'assaut, Au Dondon, ils livrérent un combat où ils tuérent cent Maones ct s'emparèrent de la place.
Ils oceupaient encore le fort Galifet, position d'une haute opéra
ce. Blanchelande chargea de Rouvrai de se rendre maître de cette for-
tification. Rouvrai, à la tête de trois mille hommes occupa d’abord les camps de <: ae de la Chevalerie, de Bullet, de Duplat, de. Charitte, de Denard et * d’Agoust. Quand il parviné au pied du fort Galifet, il L attaqua avec Rome et fut repoussé avec perte. Ilen fit le siège et entra en pourparler avec les insurgés. Ceux-ci lui envoyée rent une lettre à l'adresse de Blanchelande , en HRÉpOIES à une PrOCiAr malion de ce dernier.