‹ Histoire d'Haiti (volume 3)Chapitre 15 sur 57 · A RAR AA À A À · texte numérisé non relu

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Patrie, Sonthonax se jeta à genoux et sé prosterna la face contre terre; tous les ‘assistans l'imitère nt. A

En recevant ia proclamation du 21 Mars des commissaires civils, Bauvais abandonna [a Croix-des-Bouquets «où dominait le parti des Borel , ét alla sc retrancher à Grescier avec cinq cents hommes."

Les commissaires civils avaient sous leurs ordres cent cinquante hom mes de troupes . POUR et douze cenis aflranchis que ieur avaiti fournis St. Marc. Après avoir abordé à ÎArcahate axec le xaisseatn América, les frégates Lafine, l'Astrée, et la gabarre la Normande ,ilss vinrent bloquer le Pert-au-Prince le 5 Avril. La ville était défendu par une nombreuse artiierie ; on y avait fuit beaucoup de griiles pours chauffer les bouleis. En même temps Farmée de St. Mare qui avait, opéré son débarquement à lArcahaie pénétra dans la plame du Cul-n de-Sac, et vint camper au portail St-Joscph. Elle était commandées par le souverneur Delasalle ; Chanlatte en était Le major- général, Bauvais, après : avoir abandonné Grescicr, s'était rctranché à Bizoton. Le 6, la municipalité déclara qu’elle rendait Les commissaires civilsres sponsaeh bles de tous les maux dont la ville aurait à gémir. Les les négocians ter- 4 rifiés par Borel firent une semblable déclaration. Polvérel et Sonthonax am noncèrent de leur côlé qu'ils entendaient que la loi du 4 Avril et la ou raineté nationale fussent respectées, Borel entouré des anciens satellites des Praloto qui ne reéspiraient qu'incendie, pillage ct carnage € déclara aux hon nètes gens qui osaient lui faire des observations, qu'el était le peuple, cl qu'il fallait lui obéir. Le maire de la ville, Borgella , Sauva beauccup de“ citoyens de ses fureurs. Ricard commandant du Port t-au-Prince le même qui s'était distingué à la prise de la Bastille, à la tête de Fi compagnie de l’arbalète, fat arrôté ot embarqué. Les commissaires civils aprés avoir inutilement aceordé trois jours à la ville pour se soumet tre ,' ordonntrent- l'attaque le 42 Avril. Le vaisseau l'América et la frégate la Fine tirérent sur le Port-aa-Prinecirois coups de canon poudre. Tous les forts de la plâce. leur répondirent aussi{Ôt par des boulets rouges. La canonnade devint généraie de part et d'autre: Deus lets rouges mirent Île feu à bord de l'América ; on l'éteignit ; la fré gate la Fine reçut à fleur d'eau deux boulets de 24 partis du forts St. Clair, où commandait Borel le Bossu, frère du fameux Borel. Où se canonna plusicurs heures pendant lesquelles l'escadre lança sur I ville 4500 boulets, Le 13, les commissaires menacéreni de donner ass saut à la place si elle ne se rendait pas. La municipalité et la masses des citoyens, effrayées des malheurs quiles menaçaient, exhortèrent Borel à sc soumettre. Celui-ci armé d’un sabre et d'un pisiolet, couchés au milicu de la salle des séances de la municipalité, entouré de ses. principaux sicaires, Binsse, Philibert, déclara qu il ferait déciniell 1 garde nationale si clle parlait de se rendre, et qu'il ferait brüler tes magasins des négocians qui demandaient la paix. Il se vit déborder;s cependant ne “eonsenuit à abandonner le Port-au-Prince, avec se

1 HISTOIRE D'HAITI—( 1708 ) 151 faliniers et ses africains, qu'après avoir reçu des citoyens 66,000 lis tres en or, et 300,000 livres en lettres de change. Ilse rendit à Jacæ mel qui lui était dévoué, et de là à la Jamaique. | |

Le 14 Avril les comiissaires firent leur entrée au Portau- Prince. Cette cité fut frappée d'une contribution de 450,000 livres, et traitée en ville rebelle. De nombreux citoyens furent déportés : el quarante soldats du 48e régiment ci-devant d'Artois furent envoÿés en France, pour aller apprendre à être patr iotes, et à perdre les préjugés de couleur. La garde nationale fut réorganiste, et Sonibonax donna 500 libertés aux esclaves de la plaine du Cul-de Sac. Un grand nombre de colons , Pour n'être pas maltraités ou humiliés par les hommes * couleur , demandérent et obtinrent des passeports pour les Etats- ‘Le gouvérneur Delasalle fut solennellement réta bii dans ses Bad Quand on apprit dans le Sud. la prisé du Port-au-Prince, la ville des Cayes se hâta de se soumettre. Toute fa colonie, Jacmel et Jé. fémie exceptés, reconnaissait l'autorité des comrnissaires civils. | Cependant, dans les premiers jours de Mai, Jacmel -effrayé des foces qui le menaçaient fit sa soumission. Les cominissaires CIVUS s'y rendirent à la tète des affranchis du Port-au-Prince, dé Léogane, dû Grand-Goûve, du Petit Goâve et de Bainet. lis y firent exécuter la loi du À Avril Dr

De retour au Port-äu-lrince ‘ formérent ia légion de lEgalité de l'Ouest des affranchis qui avaient servi avec tant de zèle la cause ré- Dublhicaine. Ils firent éutrer dans ce corps une@@ixantaine dé ces in: fortunés connus sous la dénomination de Suisses que Sonthonax avait fait sortir des pontons du Môle St-Nicolas: C'était le reste des 250 qui avaient élé embarqués pour la bäie de Honduras et qui étaient revenus dans Îa colonte ; comme nous l'avons vu. Ea légion de l'Es galité fut composée de trois bataillons d’ infantérie, de neuf Com papnies d' artillerie et de neuf compagnies de cavalerie, * Elle fournissait un ellectif de 8800 hommes. Le colenel A, Chanlatte cut le commandement eu chef de tout le corps. Ce sont les premières troupes régulières qui furent organisées dans la colonie; aussi cette légion fut. elle toujours trés-dévouée aux principes de liberté. Elle: rivalisera de atriotisme, d’ enthousiasme et de tactique avec les mefïlleures troupes de h République francaise, ‘Quand Polyérel retournera aux Gays, il ÿ formera la légion du Std,

Pour faire rentrer dans le devoir de nombreux esclaves qui s’étaiont soulevés dans les ateliers, les commissaires civiis leur accordèrent encorc quelques libertés. Ils firent dans la police des atcüers, des réformes dont les principales dispositions étaient. contenues dans une D en date du 5 Mai qui fut publiée en créoleet en français.

proclamation était lue tous les lundis aux ateliers réunis. .IL y aNait dans ces nouveaux réglemens des dispositions très très-rigoureuses. Sonthonax et Polvérel faisaient un dérnier sacrifice. à

Ps, Ÿ 4 ; A æ. 4 # i ans

167 000,8 afpvoit WISTOIRE D’HAITI.— (1405 } | “

l'influence coloniale, en attendant une occasion favorable pour procla * mer la liberté-générale que demandait du reste avec persévérance Ien parti grondin auquel ils appartenaient. M ; Jérémie fut également saisie de terreur en apprenant la prise du Port-au-Prince: elle parut vouloir faire acte de soumission: Mais elles ne. cherchait qu'à gagner du temps afin d'organiser une sérieuse résiss tance à l'autorité nationale. Cependant les commissaires civils n'igne yant pas que toute la populatidn de la Grand’Anse était en révolte contre la République, confièrent au général Rigaud Je soin de réduire Jérémie, eté@thargérent Pinchinat, Albert et Delestang de l'accompa=" gner dans cette expédition comme représentans de la commission civile. Rigaud partit du Port-au-Prince pour le Petit-Trou qu’oceupait les affranchis sous les ordres de Jourdain. Celui-ci avait établi um ordre parfait dans ce canton; les ateliers sy livraient au travail , attendant, pleins de confiance en leur chef, l'émancipation générale: i-Geux des esclaves qui avaient tenté de bouleverser ce quartier en avaiënt 46 chassés, et étaient allés grossir Le nombre des insurgés des platons: ‘LTaNeS

"à | LIVRE HUITIÈME.

Sommaire. Jean Francois et Biassou gagnés à la cause du roi d'Espagne. — No . “ mination de Galbaud'au gouvernement de. Saint-Domingue. Il remplace. Despar bès = Son arrivée au Cap.— Les commissaires civils se rendent dans, cette ville. — Galbaud destitué.— Bataille au Cap.— Incendie de cette ville Les commissaires civils déclarent libres les insurgés qui ont combattu pour la République. — Gardes des Mandatsires de la ‘Ténvention nationale Macaya. = Toussaint Louveriuré.— Extermination du parti colonial au Cap.— La Commune. ;est remplacée par un bureau municipal — Bataille: du, camp Desrivaux.-— Jean, François prend la

| Pannerie.— Succès de . T'oussaint.—Anniversaire du 14 Juillet— Depart. de Polvérel

…. pour. l'Ouest— Il prend Plaisance.— Défaite de Desfourneaux ‘à Saint-Michel de

J'Atalaya. — Arrestation de Guiambois. — Arrestation. d’'Eyacinthe! Affaire du 14

Juillet aux Cayes— Le parti colonial ‘est écrasé dans cette wille. — Proclamation

de Polvérel du 27 Août— Sonthonax :proclame la liberté générale. le 29 Août. —

be 22 Septembre, Polvérel en fait autant dans : l'Ouest.— Port-au-Prince prend le.

nom de Port-Républicain.— Moït de Delpeche.—Polvérel se rend dans le Sud,

Harty est destitué— Rigaud est nommé commandañt de la province du ‘Sud. —

Aux Cayes Pautorité passe aux mains des affranchis:— Formation dela légion de l'Egalité du Sud.— Polvérel établit des écoles sur les habitations. if -à

En France, la convention nationale avait déclaré la: guerre à presque “toutes les puissanees. de l'Europe , à l'Allemagne, à la Prusse, à la Hollande , à l'Angleterre ; à l'Espagne , à la Sardaigne. Emportée par un “élan révolutionnaire .dont.les annales des nations n’offrent.pas.d'exemple, “elle bravait les trônes de l’ancien continent avec une audace prodigieuse, Met par ses. vietoires. relevait avec éclat Ja dignité du peuple dont les

mbaïionnettes-républicaines répandaient au loin Ja liborté et l'égalité. Cette

“assemblée de géans.dont les travaux semblent au-dessus des forces humai- “nes, absorbée par l'idée fixe de sauver la nationalité française et les, princi- “pes de 89, ijetera bientôt un regard. sur les.-colonics ; elle s'étonnera

te

134 | HISTOIRE P'HAITI.—( 1793 } È d'y voir encore des esclaves, s’écriera avec enthousiasme : périssent fes. colonies plutôt qu'un principe, et proclamera la liberté générale des noirs el des sangs-mêlés. En 4 Les commissaires civils suivant avec anxiété la marche de la révæ lution en France, ne cachaient plus leurs tendances vers l'émance pation générale. Le parti colonial était au désespoir; l'Espagne qui combattait la France à St-Domingue comme eu Europe lui tendit la mains Alors les colons royalistes qui avaient excité en 91 les bandes du Nord à s’armer pour le roi, envoyèrent des agens à Jean François et à Biassou qui arborèrent le drapeau espagnol dans leurs camps devinrent des officiers généraux de sa majesté catholique , et prirent des titres de noblesse. | Les républicains, noirs, de couleur et blancs eurent à lutter contre des ennemis mieux organisés, mieux armés, ayant dans leurs rangs des officiers européens espagnols et un grand nombre d'officiers blancs, français royalistes. Jean François et Biassou reçurent des mus nitions en abondance, se déclarèrent les vengeurs de Louis XVI, les soldats du roi d'Espagne et combattirent la république avec le derniew acharnement. Ils furent reconnus libres par le roi d'Espagne, ainsh que leurs principaux officiers; mais la masse des leurs excitée contre les républicains , qu'on lui représentait eomme des ennemis implas cables de la race noire, combattait pour le rétablissement de l'escla” vage, sous l'influence des prêtres, préférant l’ancien ordre de choses. à la domination de ceux qu'elle considérait comme des assassins du roi de France, de Jésus-Christ et de la Vierge; on leur avait même dit que le roi de Congo s'était armé contre les républicains. Tous* saint Louveriure lui-même si perspicace se trouva pendant quelque temps sous l'influence de ces idées. Comme il avait été, avant la rés velution , vétérinaire sur l'habitation Bréda où il était esclave, àl prit le titre de médecin des armées du roi. S #4: 0 Pendant ce temps le conseil exécutif provisoire, à Paris, approu* vait la conduite des commissaires civils à l'égard de Desparbés, er nommait pour le remplacer le général Galbaud qui avait servi avec gloire dans les armées de la République en Europe. Les planteurs den St-Domingue réfugiés cn France avaieat particulièrement sollicité cettè dignité pour Galbaud dent le modérantisme était connu; et Page, Cha relte de la Colinière, Périgny, colons de St-Domingue, l'avaient êx* horté, lorsqu'il serait dans la eolonie, à capter la confiance despl S teurs. Is savaient qu'il pourrait être d'autant plus favorable au systès me colonial, qu'il était devenu par héritage de sa mère, propriétaire. de plusieurs habitations à Si-Domingue, Mais par la négligence d& Ministre de la marine, cette nomination était entachée de nullité; cl par la loi du 4 Avril, celui qui était propriétaire dans la colonie nés ouvait y être général, administrateur où ordonnateur. Cependant dans les instructions données à Galbaud on lui recommandait de se sou

el

HISTOIRE D'HAÏTI me ( 1703) 135 .

“Micttre aux réquisilions des commissaires civils. Ée nouveau gouver- “eur partit de Brest dans Îles premiers jours d'Avril, et arriva au “Cap le 7 Mai, sur la frégate la Cogcorde, accompagné de Fordonmatcur Masse, et de Barbault Royer, homme de couleur, son secrétaire. “H trouva la ville plongée dans une profonde tristesse; les royaïistes et les potits blancs qui avaient été successivement frappés, étaient mé- “Contens du gouvernement, et de la commission intermédiaire qui suivait “séwérement les instructions de Sonihonax.: Ennemis Îles uns et les autres de la loi du 4 Avril, Hs.s'étaient réunis, agissaient dans l’om “bre, et attendaient, pour éclater, une occasion favorable. La coai- “ion des puissances. de l'Europe: contre la France les comblait d'espé- “rance. Ils cherchérent à séduire le général Laveaux , les dragons d’Or- “éans, le bataillon de l'Aïsné ct les autres troupes venues de France; mais Hs los trouvérent incbranlablement dévoués'aux décrets de la métropole, “Au contraire, les soldats européens, les affranchis dont l'opinion était “dirigée par Boisrond le jeune, un des membres de là commission in. termédiaire, découvrant leurs projets anti-révolutionnaires., s’éloigné- “rent deux. Alors les planteurs et les petits blancs jetèrent les yeux Sur le gouverneur Galbaud qui fut bientôt séduit par plusieurs royalistes, revenus au Cap, l'ex-député- Ponecignon, Thomas Millet, le baron de la Valtière, maréchal des camps et armtes du Roi dans Îles rangs espagnols. Galbaud se fit installer au Cap, sans avoir daigné se rendre auprès des commissaires civils, eomme.le conseil exécutif provisoire Aui avait ordonné de le faire aussitôt après son débarquement. Polvérel et Sonthonax. apprirent son arrivée au Cap, au moment qu'ils allaient soumettre toute la eolorie à l'autorité nationale. La révoite de la Grand Anse les avait privés d’une partie de leurs forces. Cependant Hs se résolurent à se rendre dans le Nord pour y écraser Gaibaud, leur ennemi le plus dangereux , déterminés à revenir dans l'Ouest pour y consolider leur triomphe.

Quand 1ls arrivèrent. au. Gap, is virent accourir au devant d'eux les femmes et les enfans des affranchis, la municipalité et la commission Anterniédiaire. La: joie était grande parmi les citoyens du 4 Avril, et les blancs étaient froids ét consternés. pee Dune nature faible et patriote modéré, Galbaud avait en. horreur le républicanisme sévère des commissaires eivils; du reste son ambition excitée par les colons Île portait à tenter de semparer de toute lau- Morité. El fut gravement compromis par une proclamation du”gouverneur de S°-Domingo ,don. Gaspar Cassasola, par laquelle celui.ei l'engageait à se rallier au parti da roi d'Espagne, Îe jugeant trop éclairé æt trop humain pour servir fa république. Les commissaires eivils commencérent par destituer son frère César Galbaud qui déjà avait vi- #ité les différents cantonnemens de l’armée,. dans le but d'exciter les Mroupes& contre leur autorité.

Le 13 Juin, par une proclamation, ils. destituèrent Galbaud lui-mk

LE

à pied , et des anciens cavaliers de la garde nationale.

principale du Palais national qu'occupaient les affranchis et où étaient {es commissaires civiis ; la seconde , commandée par César Galbaud devait le tourner et Fassaiilir par derrière ; le général Gaibaud se tes

cendit sui le rivage, à là tête d’une nouvelle colonne de matelots. 1

me et Île consignérent à bord de la gabarre la Normande. Tanguy Laboissière et Thomas Millet, ist pale à bord des navirés de Pesca

de cordon républicain qui protégeait le Cap contre les attaques de Jeams

dre, excitêrent ausshiôt les équipages à la révolte, malgré la conduite éners gique du contre-amiral Cambis: Les matelots demandèrent à aller ex= terminer cette race exécrable de mulâtres. Cependant le vaisseau d’Amè»

“rica demeura fidéie à l'autorité nationale. Me

Gaibaud qui entrétenait des relations avec Gauvain et les autres ro

“yalistes de la RES prit sur Cambis le commandement de lescadne mouillée dans la rade du Cap, et lança le 20 Juin une ‘proclamation. “contre les commissaires civils, dans laquelle il les traita de fléaux dé “St-Domingue. Le même jour dans la matinée, César Galbaud descens dit en ville avec 3009 hommes, sans rencontrer d' obstacles, tant les “commissaires 8 attendaient peu à ce coup de main. Presque toutes. les

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troupes patriotiques venues de France oceupaient dans les campagnes:

François, Gauvain vint le renforcer à la tète de 209 jeunes royalistes

Cette armée mon(a à 3,590 hommes ; elle ge partagea en deux cd Tonnes ; la première sous les orûres de-Gauvain marcha contre l'entrée

naïf sur un vaisseau avec un corps de réserve, «2 vi Comme Laveaux était malade, Sonthonax et Polvérel confiérent, le commandement des troupes de Higne et des affranchis au colonel Antoi. ne Chanlaite, homme de couleur, et à Mars Belley officier noir. Les hommes de couleur attaqués d'abord par la première colonne résistérent -avec énergie; la mitraille même ne put les ébranler. Apt avoir repoussé Gauvain dans l'arrière-cour du gouvernement, ils s’él cèrent sur ses FRE à Ja baiounette ; les volontaires du Cap bettir en retraite; les matel es atlaqués à à leur tour avec impétuosité prirent. la fuite ; et la déroute fut complète. E4 Au ssitôt après la défaite de Gauvain, les hommes de couleur se pré cipitérent sur la colonne qui avait tourné le gouvernement, eomposées resque en entier des marins-de l’escadre, lui enlevèrent un obusier la culbutèrent , firent prisonnier César Galbaud et le conduisirent aux commiesaires civils. D | Toute l’armée blanche se retira sur le rivage, Les hommes de ne | leur n'étant pas assez nombreux pour la contraindre à se rembarquet; ne la poursuivirent pas. / Le lendemain 21 Juin, au point du jour, le général Galbaud dé À

marcha sur l'arsenal qu'occupaient cinquante affranchis, comma ar un blanc. Celui-ci, après avoir défendu aux hommes de te. de tirer en leur disant que les marins étaient des frères quineB

HISTOIRE, D'HAITI.—( 1793 : 137 voulaient qu'aux commissaires civils, s’avança au- dbvans de Galbaud, J'embrassa et lui livra l'arsenal. La piupart des affranchis firent égor: egés. Polvérel , pour faire cesser ce carnage, envoya son (is en partementaire auprès des matelots; mais ceux-ci sans respect pour Ïé drèit des gens, l'arrôtérent. Galbaud, maître de plusieurs forts qui domi: muent le palais du gouvernement , assailit les hommes de couleur. Son “artiiierie bien servie éteignit le fen de fa batterie des commissaires civils. “Antoine Chanlatte ne pouvant résister à des forces aire fois, supéricures” “aux siennes, conseilla à Polvérel et à Sontuonax de se retirer au haut du Cap. A onze heures du matin les alfranchis et les commissaires eivils avaient atteint l'habitation Bréda. Les matelots maîtres de Îla place, n'écoutérent plus la voix de la jeunesse royaliste et se livrérent auplus affreux pillage. Les esclaves qui étaient au Cap et Îos mal- -faileurs de tous les partis et de toutes les couleurs Les imitérent. I

ne fut. plus possible à Galbaud de maintenir lordre; il se retira sur . Ja flotte ; de carnage devint affreux; beaucoup de bourgeois blancs fuyant la mort vinrent chercher ‘un asyle à Bréda auprès des hommes de couleur qui les accucillirent généreusement. Le feu éclata dans la ville,

et l'incendie se développant avec une rapidité prodigieuse couvrit le … Cap de tourbilions de flammes et de famée. Ce fut < alors une affreuse calamité.

Les affranchis réduits au désespoir lancèrent sur la ville dix mille noirs et mulâtres insurgés conduits par un chef de bandes nommé “Pierrot. Les blancs assaillis de toutes parts étaient égorgés dans tous les quartiers ; on se battait dans chaque rue, dans chaque maison. “Pendant ce massacre, le général Gaibaud, fit offrir aux commissaires civils d'échanger son frère, contre le fils de: | Polrérel. Celui-ci lui fit “répondre que son fils ayant été arrêté contre le droit des gens, l'hon- - neur de la République ne lui peau nettait pas d'accepter une telle tran- Msaction. / Cependant trois cents affranchis offraient d'aller se constituer 6 prisonniers en échange de son fils. {l commanda de nouveau à Galbaud de se rendre à bord de la Normande, pour y attendre les ordres de . la commission civile.

Au. milieu de mille combats et d’un immense embrasemont, les

“commissaires civils, par une proclamation (21 Juin 1793) déclaraient “libres et citoyens français tous les esclaves noirs et de couleur qui combattraient pour la République. Galbaud fit jeter dans la mer . les poudres de l'arsenal, et enclouer les canons, pour qu'on ne put

pas sen servir conire là flotte.

Avant la fin de la journée, ses partisans avaient évacué la place.

… IMptiste Léveillé, Martial Besse, Viliate, plusicurs autres affranchis,

et Bédos commandant du 73e régiment de ligne, s’entendirent avec

d Pierrot pour faire rentrer dans l'ordre ses bandes indisciplinées. Pierrot

les fit sortir de la ville et abandonna la cause du Roi d'Espagne, ainsi

…quun autre chef de bandes nommé Macaya, Les commissaires civils

138 î HISTOIRE D'HAITI —( 1793 ) abandonnés de presque fous les blancs qui s'étaient embarqués, venaient de gagner à a Républiqué dx mile OUVeaux citoyens. Ils en choi« sirent mile et en formérent un HPatalilen sous le nom de garde” des mandataires de la eonvention nation ale.… hs

Galbaud vaiacu partit pour les Etats Üris le 23 Juin. 4798 avce deux vaisseaux J'Eole et le Jupiier. Ea ville du Cap était rendue à Pauto rité nationale. Polvérel el Sonthonax exécutant les lois du gouverne ment républicain, exerçaient à St.-Domingue contre les blanes \quin représentaient l'ancienne aristocratie coloniale, les mêmes rigueurs que le comité de salut public en France contre les nobles, les” prètres ef. les modérés. Par la journée dx 21 Juin, fe parti co lit entiérement abattu au Cap et rendit le dernier soupir. De cette époque date l'ex" tinction du prestige ct de Finfluence des blanes dans la colonie. Ilny eut pius de bornes à la puissance des chine “ins ils rempias=… cûrent la commune qui avait soutenu Gafbaud par un büreau munis cipal de trois membres, et firent quelques mutations dans là commis sion intermédiaire. :

Pendant la luite entre Gal baud et la commission civile, Nully lieu- {enant-celoncl au 24e régiment, commandant du cordon de l'Ouest, officier royahste, avait passé aus espagnols ; son exemple fut suivi par” Eofeuilié qui Hvra Quanaminihe à 40, ‘000 lrommes dont six mille sol dats espagnois curcpéens, et quatre mille, guerriers des bandes de Jean François. On répandeit parmr les noirs des camypegues, pour Îles” “détacher du parti de là République, que Paris avait été saccagé et livré« aux fiammes par les arnces alliées. Mais le commandant du cordon de l'Est demeura fidèle à la Franec, @& conserva à la République le l'ort Dauphin. |

Pendant ce temps, hacay a gui avait été chargé de proposer à Jean. François et à Biassou d arborcr le drapeau tricolore, fut lui même gagné par eux. Ce ne fut qu'après beaucoup d’'instances de Pol\érel Gbüint de lui une entrevue. Il dit au commissaire civil : « Jesuislen « sujet de trois rois, du roï de Congo, maître de tous Je noirs, du « roi de France qui représente mon ne du roi d'Espagne qui rem présente mia mère; ces trois rois sont les descendans de ceux qui conduits par une étoile, ont éié adorer l'Homme-Dieu. » Quant à Jean François et à Biassou , excités par les chef royalistes qui venaient d'em« brasser la cause du Roi d’ Espagne, ils se déclarèrent le-25 Juin par une proclamation les vengeurs des all ieureuses. victimes des COM IMISSAaI=M res civils, répondirent à la proclamation que leur avait apportée Mas M caya, qu ayant perdu le roi de Franee, et qu'étant aimé du roi d'Es=« pagne, ils ne reconnaîtraient l'autorité ‘des commissaires que lor ue ceux-ci auraient proclamé un -roI.

Cependant plusieurs chefs de bandes tels que Pierre Michel, Paul Lafrance, Barthélemy et Zéphirin qui commandaient dans. les campa- : gues du Limbé, du Port-Margot et du Port-de:Paix, arborérent le

AU

es

“drapeau tricolore. Les commissaires désiraient surtout gagner. à

HISTOIRE D'IIAITI—( 1793 ) 139

publique Toussaint Louverture. Né sur Fhabitation Bréda au hui du

Cap, supérieur en intelligence à Jean François ct à Biassou, doué d'un

profond génie que nous verrons se développer par los cir constances, “Houssaint, quoique dans un rang subaltérne, était l'âme de toutes les opérations militaires et ces négociations politiques des insurgés. .

“appris à lire et à éerire pendant à servitude, plein de perspicacié, “il comprenait que la liberté ne consiste ni dans le pillage ni dans l’as-

sassinat. Jusqu'alors juste ct humain, il savait resnecter la propriété ët les’ personnes. ‘Il ne cessa jamais de condamner le trafic infâme

“aue faisaient Jean François et Biassou avec les espagnols, des femmes

et des enfans noirs républicains qu tombaient en leur pouvoir. * Plon

“de piété, 1l repoussa les offres des commissaires civiis en lesquels il

voyait encore des athées et d'infâmes régicides. La véritable cause

“de son éloisnement fut le peu de confiance € ile avait'alors en la liberté +. 1 Ï e , “penérale dont parlaient Sonthonax et Polvérel. Da reste, le comman-

dant du fort de la Tannerie, chargé de s'aboucher avec lui, conduisit mal la négociation. ro NP Nous avons vu que les commissaires civils, avant de partir du

“Port-au-Prince pour aller combattre Galbaud, avaient ordonné à Ri-

gaud de réunir un corps d'armée pour soumettre fa Grand’Anse. Fe général Rigaud était parti avee trois représentans de la commissio

civile, Pinchinat, Delestang et Albert. Son armée composée des “ franchis de Jacmel, du Grand-Coâve , du Petit Goâve , de Miragodne, de St-Michel et de quelques compaguies de ceux des Cayes se réunit au

Peut-Trou où commandait Jourdain. il v trouva 3 com DAgDICS cComMDPHoO- Ï

sées d'hommes de couleur et de noirs de Jérémie, du pari républicain,

Toûtes ses forces s’élevérerit à mille: cinq cents hommes. Au fé de marcher directement sur Jérémie après s'être renfogé de tous les ateliers du quartier du Peut-Trou, il s'approcha du camp Desrivaux, forti.

fication construite sur une éminence de l'habitation du même nom ;

non loin de Pestel, de vingtpieds de diamôûtre. Les jérémiens étaient : GS sil J

Ar

* Voici une lettre par laquelle Jean François demande à l’un des agens du gouvernement espagnol , l’autorisation de faire le commerce des jeunes noirs ses prisonniers,

A M. TABERT commandant de S. M.

Supplie très-humblement Mr. Jean François, Chevalier des ordres royales

“et militaires de Saint-Louis, Amiral de toute la partie française de SE Domingue conquise, que ayant de très-mauvais sujets, et n'ayant pas le cœur de les détruire, nous avons recours à votre bon cœur pour vous demander de vous les faire passer pour les dépayser. Nous aimons mieux /es wer- “dre au profit du roi, et employer les mêmes sommes à faire des cmplettes

en. fs a concerne pour l'utilité de l’armée Em à pour défendre les droits

de S. M.

commandés par deux officiers royalistes. Débrosse et Duperrier. "Hs demandérent aux républicains à entrer avec cux en négociations; "el jeur envoyérent des députés.” Pinchinat dit avec hauteur aux parles mentaires, qu'il était venu pour faire exécuter la loi du 4 Avril qu'il entendait que Jérémie ouvrit ses porics sans aucune condition, pré sa à lParmée républicaine, sinon élle serait traitée en willeren belle. Bébrosse demanda cinq jours pour envoyer cet ultimatum Jérémie et pour en recevoir la FÉPONSe ; Rigaud- y consentit. Ce nés ait qu'une ruse des jérémiens qui avaient déjà demandé des renfortss Leurs envoyés dirent au conseil d'administration: « On ne ;veut ps « de condition; il faut vous soumettre à la discrétion de vos bar «bares ennemis. » La popuiation animée de l'énergie du désespoi ; és “x la guerre ; on n’entendit que ces mots: plutôt mourir que de se soumettre aux affranchis. Il y avait à Jérémie une jeunesse” blanche brave et intrépide; les femmes même se montrèrent disposées à combattre. Cette population télle que la mer orageuse, qui baïgnes ses rivages fui toujours énergique ct tu: mullueuse. Le conseil d'adminiss tralion confia à un nommé Domingeau un corps composé d'esclaves ar” més et de jeunes créoles blancs, et lui ordonna de s'acheminer surle cam Desrivaux. Dâns la nuit qui précéda le cinquième jour de la tréve Domingeau pénétra dans la fortification. Le lendemain 49: Juiny#an neuf heures du malin, un soldat noir très-bien équipé, montas ul les remparts ét dit: aux affranchis des Cayes : retournez sur vos me laiions 3 vous avez abimè votre pays, et vous voulez maintenantruine le nôtre ; relournez chex vous , misérables hommes. libres, pillards tout: nus: et en chapeau de paille. Les républicains commençaient, à répondre quand quelques coups de-fusiis partirent du fort ; ils. ne pouvaientuse: rendre compte de la conduite de Débrosse ;. mais uninstant: aprés: ils, apprirent que Le général Rigand avait été trompé. Le soldat qui s'était montré sur @s remparts, se représenta ct dit aux républicains: vous ne connaïssez pas celui qui vient de vous parler ; c’est mor, je maps pelle Café mür ; vous êtes venus pour cueillir notre cafés eh bien! sè vous: l'emportez, ce sera à bon titre. Un des ofliciers de Rigaud, Bernar& ordonna de commencer le feu. On se battit avec ac harnement pendant: toute la journée; les canons du fort firent de grands ravages ‘dans les rangs des républicains, sans artillerie. Rigaud ayant perdu trois. cents des siens, entre autres Jourdain emporté par un boulet, battit” en retraite, aprés avoir envoyé ses blessés sur l'Anse-à-Veau. Ignace} un de ses lieutenants, grièvement blessé se brûla la cervelle pourné” pas tomber au pouvoir de l'ennemi. Domingeau poursuivit les fuyards jusqu à la Rivière Salée ; et Rigaud rentra au. Petit Trou. À Après eette victoire les royalistes de la Grand Anse menacèrent. le quartier + de Nippe. Delasalle ordonna à Poyon, homme de cou leur, de s’y rendre pour s'opposer à leurs progrès. Le 29 Juin, Doyoi partit du Port-au-Prince avee quatre compagnies de la légion de l'Ouest

“ L . | | # | tisvorre p'uaiti.—( 1709 ) 141 et arriva au Petit Trou le 2 Juillet. I prit, d'après les ordres de Rigaud , le commandement des troupes républicaines ; et les communes de lAnse-à-Veau ; de St.-Michel, du Petit-Trou formèrent sous son aulorité un nouvel arrondissement qui fut nommé arrondis$s éement de l'Ouest. Il enleya aux royalistes le camp Labiche qu'il détruisit dans les hauteurs de Cavaillon. Secondé par Blanchet jeune et Gérin, officiers d'un rare courage, il contint partout la fureur des insurgés de la Grand Anse.

LA Un faveur -de la confusion que l'affaire de Galbaud avait répandue “dans les troupes républicaines , Jean François attaqua le fort de la Tannerie œu'occupaient vingt artillours du Morbihan et quelques compagnies de troupes franches des plus indiseiplinées, sous les ordros du commandant Lallemand.* Il s’en empara après un lêger combat. En même temps un homme de couleur, nomme Üharles, à-la tête d'une bande “devenue espagnole enleva le eamp Lesec où il trouva trois milliers de “poudre. Ge fut une perte réelle; car depuis l'affaire de Galbaud, la ville du Cap était presque dépourvue de munitions de guerre. Jean Rrançois se trouva ainsi le maitre du cordon de l'Ouest ; if menaçait le Cap, et parlait d'enlever Îes commissaires civils. : Peu de jours après le Dondon , la Marmelade, Plaisance, se rendirent aux espagnols.. Ces “nouvelles abattirent un peu Polvérel et. Sonthonax ; ils redoutaient même ne pouvoir faire triompher la liberté à St-Domingue. Cependant ils “ne se dlaissérent pas dominer par l'adversité; fs firent ee avec pompe l'anniversaire. du 14 Juillet. Les anciens affranchis et les émancipés du 21 Juin laissérent éclater un enthousiasme prodigieux. Des “milliers d'hommes demandèrent la liberté générale ; à leur tête était un blanc républicain nommé Guillaume Henri Vergniaud. Sonthonax l'eût proclamée ce même jour, si Polvérel n'avait arrêté son élan. Gelui ci Jui disait de laisser à la convention nationale la gloire de cet acte immortel, Le lendemain Polvérel partit pour la province de l'Ouest avec une division d’affranchis commandée par Antoine Chanlatte. Il prit Plaisance sans coup férir; et Chanlatte enleva aux espagnols Ennery et plusieurs autres paroisses. Dé son côté Sonthonax attaqua en personne le Grand Boacan et fut repoussé par Jean François. | | | L… Pendant ce temps Toussaint Louverture était emprisonné à Valliére par Jean François dont il excitait la jalousie; Biassou le délivra. Ïl se plaça sous les ordres iminédiats du marquis d'Almonas officier espa- ‘gnel gouverneur de St-Raphaël, et obtint le grade de maréchal de camp. 1 attaqua la Marmelade qu'avaient reprise les républicains et l'enieva = Sur Vernét officier de couleur:qu'il attacha à sa personne. fl poursul- “vit ses succès jusqu'aux portes des Gonaives qu'occupait.un bataillon de la légion de l'Ouest qui y était venu planter l'arbre de la liberté.

* On appela troupes franches les corps qui avaient été formés des noirs ét des hommes de couieur esclaves que les Commissaires civils avaient émancipés

Les bandes espagnoles cenvahirent presque tout le Nord; et les répue blicains furent réduits à leur disputer | le terrain pied à pied. 3 Pendant cet intervalle, Polvérel arrivait à da Petite-Rivière de PAr tibouite. Il ÿ fit arrêter un chef de bandes nommé Guiambois qui R <onspirat en faveur des Espagnols auxquels il voulait livrer le quar er de FArtibonite. Cette trâme avait Cté ourdie par. des Re blancs du parti royaliste. Polvérel se rendit à la Groix-des-Bouquels® où Bauvais et les hommes de couleur presque débordés ne pouvaient

plus se maintenir. Les ateliers du - Cul-de-Sac,, jusqu'alors si soumis, -

étaient indignés de ne pas voir proclamer la liberté générale. Hyas

cinthe qui par tageait leur indignation les excitait à ia révolte. Polvés

rel le fit arrêter. Le commissaire civil sentant la terre trembler pars iout sous ses pas, comprit que sans la liberté générale, 1l ny avait plus d'ordre possible à St-Domingue; cependant “il f'osait prendre sur lui de la proclamer. ne | ;l

Quand il arriva au Port-au-Printe, il apprit qüe des royalistes quim avaient pris Ie nom ‘d'émigrés occ paient Ste Michek de Latalaya. Il or donna au Hcuteuant-colonci Desfourneaux d'aller les chasser de cette”

position. Le baron de Montalembert , Hanus de Jumécourt et une cen=«

taine d'autres français ayant vu leurs espérances trompées par le dés

part de Galbaud, s'y élaienit réunis. Desfourneaux traversa l'Arcahaie

St-Morc et vint les altaquer à la têie de 2,009 hommes. Hfut com plètement battu, et se replia sur les Gonaives. L à

Peu de jours après cette affaire, Blanc-Cassenave, homme de COUA © lour., au sertiee du roi d'i Espagne, colonel &un régiment de l'Artis « bone nommé Congos tout nus, vint altaquer un détachement républis"

ain campé à là Coupe-H aleine, près des Cahos. Il s'empara du pos:

te et on égorgea tous les sol lats. Polvérel ordonna à Lully, homme w

de. couleur, chef d'une compagnie de troupes franches, d'aller repren

dre la posiuon. Eully partit @ la Petite Rivière de l'Ar ubonite et ar.

riva à Ja Coupc-Haleine qu'il trouva abandonnée. Les républicains fu

rent Sa1518 d horreur à la vite de nombreux cadavres sans (êtes. C6

iéles avaient été apportées aux commmians espagnols ; car le ae

neur de Santo-Domingo donnait quatre gourdes pour chacune. d'elles:

fluit jours aprés l'arrivée de Luily, B Blanc Cassenave prepa pouvoir M surprendre les républicains , se présenta de nouveau à la Coupe-Ha

leine : mais il fut repoussé après quatre heures d'un vistid acharné

et perdit, six cents hommes.*.

Pendant cet intervalle, la ville des Cayes était agitée par le parti

royaliste qui y fesait son dernier effort. Delpèche qui avait remplacé les commissaire civil Ailhaud , y représentait la République. Le général « Rigaud, depuis sa défaite au camp Desrivaux, y était à la disposition …

de la commission civile àvec quelques compagnies de la légion de l'Ouest. F Blauc Casseuave qui était d'une grande cruauté, buvait toujours dans

VS

Wh crâne, | | fi 6

MASTOIRE p'IHLAITE—( 1493.) 143

La proclamation de Sonthonax du 91 Juin y avait cité publiée sans aucune opposition. Mais depuis Péchec de Desrivaux le parti royaliste lévait la tête dans tout le Sud, aux Caves surtout. Une conspiration yant pour but de livrer cette “ville aux confédérés de la Grand Anse, hu ie 44 Juillet, aussitôt aprés la célébration de la fète de la prise de té Dastille. Un bl ane, officier Le À garde pationale, normimé Badoiet demanda inutilement à Deipèche he, © à Harty commandant de la pores de lui livrer plusieurs de ses. ae js, ä aient été affranchis par Ja proclamation du 21 Juin. I ce mit à la tête des royalistes ct des pets blancs, soutenu par Mouchet Re de la garde natiopale, et vint assaillir la maison de Delpéche. Le général Rigaud sur dequel les blancs venaient de tirer, accourut au secours du com- Missaire civil. Une lutte sanglante s'engage dans les rues entre les royalistes et les hommes de couleur ; les prisons sont ouvertes par les colons ; Ja ville est remplie de malfaiteurs s; et des matelols déscrteurg Qu'on appelait aux: Cayes flibustiers la parcourent, pi illant et assassinant. Hlarty soutenu par plusieurs bataillons de là Seine inféricure ét de l'Aube, chasse les royalisies du centre de Ja ville, Ceux-ci s'emparent du fort Lilet et celui de la Tourtcrelle; et Harty pour protéger fe commissaire Clvil braque une pièce de canon devant le parais national. Le général Rigaud réunit tous les hommes de couleur DA Badoiet à 5 heures de T après- midi. On se battit toute la nuit; et fe lendemain à 40"heures du matin les affranchis cnievèrent d'assaut les deux forts. Bas dolet et Mouchet avaient pris la fuite dans la nuit même; ils se retirèrent à Jérémie. Les royalistes qui s'étaient dispersés dans la \ille, après avoir Clé chassés des deux forts, se réunirent de nouveau, et marchérent contre le général Rigaud. Celui- -ci sortit de Fislet s’élança à leur roncontre ct les buit prés de la place des Tanneurs. Après cctte affaire Je parti colonial fut anéanti aux Cayes: la garde nationale blanche fut en partie désarmée , et les hommes de couleur continuèrent à se tenir sous les armes. Le bruit s'était répandu que Rigaud avait élé assassiné par les aristocrates ; les blancs avaient été aussilôl arrêtés à Aquin A St-Louis; et les atélicrs qui s'étaient remués en faveur des hommes couieur , furent calmés par les sages mesures que prirent les commandans nur et Lefranc. Dès lors les affranchis des Cas commencé: “ent à s organiser en troupes sagute res. Rigaud forma un bataillon de jeunes cultivateurs recrutés dans. la plaine des Cayes. Il en avait pris dix dans chaque atelicr: Ce fut l'os jigine de la légion de l'égalité du pad: | | | “Dans l'Ouest, les ateliers demandant la liberté générale, se remuaient sans cesse, se soulevaient même. Polvérel pour les faire rentrer Gans lordre , déclara libres par une proclamation en date du 27 Août, tous les africains et descendans d'africains qui retourneratent sur les ha buations vacantes auxquelies ils avaient appartenu ; 11 déclara en outre que la Lerre appactenant à celui qui la défrichait, ces propriété seraient

* par laquelle la liberté générale était demandée avait été rédigée au bureau!

ui entouraient Sonthonax, à la tête desquels était Yergnaue séné-

au nom des cullivateurs de St Domingue. G'était le 24 Aoûl. ‘Lapés

.« reconnus libres et français. »

nomie fianche , des yeux CXprimant toute l'ardeur dé son ame, 300

se -

A: mistoie D’Hatri.—( 1703 )

parlagtes entre les cultivatcurs et les guerriers républicains. & mere en mème temps une pétition couverte de huit cents signatures

nunicipal du Cap. ‘Les hômmes. de couleur et les blancs: républicains

chal de la ville et Heutenant de l'amirauté, parent de lillustre convention=" nel, suivis des officiers municipaux, ‘d' une foule de femmes, d’enfans, de viéillards chantant des hymnes patriotiques, agitant dans Tair des bon nets de Hberté, vinrent déposer la pétition sur lautel"de la patrie, |

tition entre autres dispositions renfermait le passage suivant: « Nous « réclamons dés droits que toutes les puissances humaines et diviness « ne peuvent nous refuser, des droits que la nature elle-même nousa « concédés, les droits de l’homme , liberté, sûreté, propriété, résis®i « tanec à l'oppression. La France les a garantis à tous ies hommes « Ne sommes-ñous'pas des hommes? Quelle loi barbare a donné à desk « Européens le droit de, nous porter sur up sol étranger , et de nous” & y consacrer à dés tortures élernelles? vous nous ‘avez expatriés: à Eh bien! que votre patrie devicnne la nôtre? Mais nous voulons êtrem

Les femmes noires ct de couleur, la tête ornée de lunes à trie colores , portant sur leurs scins nus éurs petits enfants, demandérents avec ant d'ardeur cette liberté si longtemps attendue ; que le com

missaire civil céda à des vœux qui étaient aussi dans son cœurs 11 s'engagea solennellement à répondre à la pétition dans quatre jours.

JE ne lui restait au Cap que 1800 soldats tant affranchis qu'eu ropéens ; il était presque sans munilions de guerre; Jean Françoiset Biassou à la tête de leurs bandes, ‘les troupes de ligne espagnoles , au nombre de trente mitle hoinres ; menacçaient de fondre sur le“ Cap; ül fallait sauver Îes principes révolutionnaires à: laide: de nouveaux citoyens. Enfin le 29 Août arriva. Dès la pointe du jour les affranchis, fes troupes européennes prire ent les armes. Les rues étaient, jonchées de palmes et de fleurs; tout sous notre beau ciel re : pirait amour , la Joie, flatteidrissement. Les citoyens et les cr toyennés se rendaient en foule sur la place d'armes, où était LS l'autel dé la patrie entouré de guirlandes et'-de drapeaux, sur une base de seize pieds. Sonthônax monta sur l'autel déjà convert d'enf AE de fommes, de vieillards. La solennité était majestueuses uh peuple immense plein d'émotion entourait le palmier de la liberté surmonié de banderofles tricolores. D'une petite taille, d'une physio-

thonax dit d’unê voix forte : « Tous les nègres et sangs-mêlés actu « lement dans l'esclavage sont déclarés - libres pour jouir des doll « attachés à la qualité ‘de citoyens français. » Le ciel retentit de cris ‘de joie entrecoupés de sanglots , ss sabres et les baïonnettes étin

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