‹ Histoire d'Haiti (volume 3)Chapitre 16 sur 57 · A . LA · texte numérisé non relu

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HISTOIRE D'HAITI.—( 1798 } : a 7

celérent , les détonnations solennelles de Tartillerie éciatèrent. Le rès- 5h la journée S'écoula dans l'ivresse du bonheur; on joua ja mort de César. Quand les africains virent exposer sur le théâtre Île corps sanglanté de César qui avait été, leur disait on, un ennemi de la berté. ts applaudirent avec une ae Der et resmplirent la ilte de- cris prolongés. Les fêtes dürèront plusieurs jours | BE proclamation de Ja hberté générale, publiée dans toutes les | ie du Nord où régnait l'autorité de la république, par des officiers municipaux précédés du. bonnet rouge porté au bout d'une pique, fit naître dans le peuple émancipé un enthousiasme qui alla jusqu'au délire. Boisrond le jeune, homme de couleur, membre de 4 Commission intérmédiaire, chargé par Sonthonax de faire ces pu- Dlications , voyait accourir au-devapt de Hui, de bourgs en bourgs, dé villes en villes, les cultivateurs réunis en masse. : Ces hommes Neufs et impressionnables paraissaient ne pas croire à tant de féficité ; S créaient des ponts sur son passage avec des madriers qu'ils dvaicnt portés sur leurs iôtes de plus de trois lieues, el cou- Viaient les routes de feuilles d'arbres. Le nom de Sonthonax était béni ; ils Lappelaient le bon Dieu. Du Port-de-Paix au Gros - Morne, Boisfond fut porté on chaise à bras d'homines par un chemin en ligne droite ouvert en quelques heures à travers les bois. * | … L'allégresse était partout, si ce n’est dans le cœur des colohs roalistes. Hs mirent tout en œuvre pour troubler les joies populaires; us répandirent dans les ateliers de Pilate et de Plaisance que les cultivateurs ne devaient plus travailler, puisqu'ils étaient libres. Les ateliers de ces quartiers prirent les armes et assaillirent A. Ghantatte , Commandant du cordon de { Ouest. Ce ne fut pas sans peine que Sonthonax parvint à le dégager. Au Port-de-Paix, au Port-Margot, évarés par les colons, 1ls se livrérent aussi à des excès; mais à la Tor- {ue tout se passa avec Ja plus grande tranquillité ; le cémmandant Pierre Labatut y ft lire la proctamation du 29 Août aux ateliers ré- LE qui laissèrent éclater la même joie que partout ailleurs.

MAlors Sonthonax convoqua les assemblées primaires pour la nOMi-

Dalion des députés à la convention nationale. Le 23 et le 24 sepfembre l'assemblée électorale du Cap nomma cinq représentants : Mills, Bussicre Laforest, hommes de couleur ; Dufay natif de Paris, et Garnot , blancs; Mars Belley, citoyen noir d'une grande moralité, ayant Semi, pendant La guerre de la Nouvelle-Angleierre sous. le. comte d'Estaing. $ CE Ces cinq députés partirent pour France par la voie des Etafs Unis, Avec mission d'obtenir la confirmation de ! acte de l'émancipation générale. Pour la première fois on verra en France des noirs et des hommes de à : Se ne |

M Vow à la fin da volume le préanbule et lé dispositif de l'acte du 29

Août 1793.

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couleur faire entendre leur voix dans une assemblée délibérante, Polvérel plus âgé, moins fougueux que Sonthonax, blama son col . égue d'avoir proclamé la. Hberté sans aucuné espèce de restriction il défendit même de publier la proclamation du 29 Aoùt. H@& dans cette occasion La simplicité, quoique homme de talent .ded de mander aux esclaves de F Obest sils n’aimeraient pas miéux eva Ï libres-progressivement. 1! s'adressa à eux en les appelant frères amis; ils lui répondirent par l'insurrection, Dans les hauteurs de Marc, ils livrèrent toul à'la dévastation et aux flammes. Alors s'aperçut quil ne pouvait que suivre l'exemple de Sontlionax. HS hâta de Lontetiass tous les citoyens. possesseurs d'esclaves pour a. célébration de l'anniversaire de la fondation de la république. Le 29 Septembre toute la pepufation du Port-au Prince était réunie sur Place d’Armes ; Polvérel, entouré des autorités de la villé, y arr au mulieu des acclamations universelles, et monta sur l'autel de Patrie. C'était un bel homme; ïl avait de grands yeux bleus, de cheveux roux , une physionomie sombre qu'animait par intervalle bens thousiasme républicain. Les possesseurs d'esclaves vinrent les un après les autres signer sur un grand registre ouvert sur Pautel qua reconnaissatent libres leurs eselaves. A. ta fin de la cérémonie Polé rei déclara citoyens français tous les maihcureux que la servitude té nait sous le joug. Ce fut dans cette solennité qu'il donna au Port au-Prince, le nom de Port-Républicain.

Le même jour, les colons blancs, noirs et de couleur signérent dan chaque quartier, en présence du peuple réuni, l'acte de l'émancie pation générale.

. On fut étonné ‘de voir les affranchis du Môle, de St. Mare, de VAR cahaie, du Mirebalais et de Léogane, prendre part à la consternati M des Colors blancs en présence Ue tels” actes: Cependant ils avaier trouvé fort juste que les commissaires civils eussent écrasé les plan teurs et les petits blancs pour leur assurer la jouissance des droit politiques. Leurs intérêts matériels lésés les aveuglaient. Aussi So ihonax commença-t-1l dès lors à les confondre avec Îles aristoeratesé à les traiter comme tels. Quant à Polvérel il écrivit à la paroisse de l'Anse- à-Veau qui hés tait à accepter lacte de l'émancipation générale. « Vous parlez dèdl PRES j'entends ! l c'est l'effervéscencé des maîtres dont vou « me, par! eZ ; moi jordonne d'instruire les esclaves. C’est. le ne | « moyen d'empêcher une effervescence plus terrible qui ferait « égorge | « tous les maitres. Si je n'apprends pas que vous avez prompt « ment réparé votre faute, vos têtes men répondront. » Are les affranchis d'élite avaient accueilli avec enthousiasn Ja Liber générale, les Pinchinat, les Chanlatte, les Bauvais, les R gaud, Îcs Villate, tes Martial Besse, les Boisrond, les Aubrant, Poÿon, les Lambert, les F crbos, les Toureaux, les Lefranc, lc Pétio

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es Jean Baptiste Médor, les Faubert , les Blanchet, ete. ete. lis Séconderont partout avec un zèle remarquable les commissaires civils pour le triomphe de cet acte humanitaire et de salut public. à Dans les derniers jours de Septembre Polvérel envoya au commissaire civil Delpèche, qui se tenait toujours aux Cayes, sa proclamation “et cclle de Sonthonax , en l'invitant à les faire publier, Delpéche D'exécula pas ses ordres, prétextant qu'il n'appartenait qu'à la con- Vention nationale de proclamer la liberté générale. I oubliait que Fesclivage est un si grand erime que chaque homme a Île droit d'en proclamer l'abolition. Cependant il se disposait à se rendre au Port-Ré- “publicain pour s'entendre avec Polvérel sur la détermination qu'il au: ait à prendre, lorsqu'il mourut aux Cayes, le 27 Septembre. Pandant cet intervalle Polvérel se disposait à se rendre dâns le Sud. Il confia le commandement militaire de la province de l'Ouest à F'adjudant général Monbrun, et l'administration civile à Pinchinat. Bau- “us eut le commandement du quartier du Mirebalais. Ainsi toute lautorité se trouva entre les mains des hommes de couleur. Monbtun. élait un quarteron né à St.-Domingue, où il avait de riches. propriétés. Il avait été élevé. à Bordeaux, et il était revenu dans la colonie à la iôte d’un des bataillons du département de la Gironde; il était un en- “nemi implacable des blancs royalistes.

“ polvérel partit pour le Sud. Aussitôt qu'il arriva aux Cayes, il fit publier la, liberté générale. Ce jour, le temps était magnifique ; tout& la population était en agitation et pleine de gaieté, si ce n'est la plupart des blancs qui se montraient mécontens, taciturnes ; cependant ils ne pouvaient résister à l'entrainement général; ils .maudissaient tout bas leur mêère-patrie, et songeaient déjà à la trahir en tournant vers l'An- “oicterre une main suppliante. L'acte de l'émancipation générale éerit sur une large feuille de papier fut publié. dans tous les quartiers de. lille, par le procureur de la commune précédé de douze tambours. Pendant toute la- journée, les hommes de couleur et les noirs craimenant que le commissaire civil ne füt assassiné par les royalistes firent autour de sa maison une garde vigilantes Polvérel destitua un grand nombre de fonelionnaires,. établit partout de nouvelles autorités. Le général Harty soupçonné de royalisme fut remplacé par le général Rigaud dans le commandement de la province du Sud. Aux Cayes, comme au Port-Républicain, toute l'autorité passa Aux mains des hommes de couleur; et. la légion de l'Égalité du. Sud fut organisée sur un pied formidable.

… Poivérel établit ensuite une sévère police. dans les campagnes, fit de. sages règlemehs , forma, sur chaque habitation un conseil d'administration composé de noirs et de mulâtres nouveaux libres auxquels il re- “Commanda de faire apprendre à lire et à écrire aux petits enfans. En “Conséquence il fit ouvrir des écoles sur les habitations ;, ais il voulut, “eh maticre de religion qu’on n'y enseignät que le dogmede l'existence

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de Dieu. cs règlements ‘quoique rigides, n étaient en rien co | aux droits de l'homme : il fit emprisonner peu de temps après le mandant du quartier de Baynet, Faubert, qui avait défend ae | ARaux ‘fibres de sortir de son arrondissement.

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