D LIVRE NEUVIÈME
rire
Maire Conduite criminelle que tiennent à Paris Page, Brulley, taches: jus … Thibaud &c.—Les royalistes font la propagande à St. Domingue en faveur des anglais—Jérémie envoie à la Jamaique Venant de Chaïmilly. —Le colonel Whit: | loke prend possession si Jérémie. — Le commodore Ford prend possession da Môle. — Whitioke attaque sans succès Tiburon. — Les . affrarchis persécutés à Jérémie, — i'elasalle se retire aux Etats Unis. — Lavaux le remplace comme gouverneur provisoire. — Les affanchis de, Saiïnt-Mare tentent d’arrêter Sonthonax—:Il est délivré par Liapointe.—ettre de Pinchinat aux affranchie de St-Marc—Coalition des blancs et des affranchis de l'Artibonite contre la Mé. m…tropole—Proclamation de Whitloke-—Proclamation de don Garcia de Moreno — Le quartier de Haies proclamé la résistance à l'oppression —St- -Marc ;, l'Arca- “chaie, les Verrettes, la Petite-Rivière de l’Artibonite $e livrent à étranger. — -Lécgane se livre aux anglais—Autre lettre de Pinchinat.-Réflexions sur cette lets tre—Succès de Toussaint Louverture combattant pour le roi d'Espagne contre la République. —Les espagnols sont les maîtres de presque tout le Nord.—Mesures “énergiques de Sonthonax contre Les anciens libres qui se livrent aux anglais «La guillotine dressée &u Port-Républicain:— Lettre de Polvérel à Sonthonax,
L'enceirité de la Convention nationale était devenue le théâtre de la lutté des deux parts républicains qui partageaient la France. Les girondins qui venaient de succomber faisaient encore ; sous les verrous ; des vœux pour la gloire de la république. Le 34 Octobre ils porteront à l’échafaud leurs têtes nobles ét pures. Leur crime fut de n'avoir pas compris que la liberté eirconvenue d'un million de mercenaires ärmés ne pouvait sortir triomphante de la lutte. qu'elle soutenait ;,
au travers des flots de sang. Les plus cruelles persécutions étaient nu. contre leurs partisans:
“Larehevèque Thibaud, Ballio, Fournier, déportés. à à la fin de 1792, ne pouvaient manquer, dans celte occasion , de viser au cœur Son: Uonax et Polvérel qui appartenaient au parti de la Gironde. Ils se
réunirent à Page et à Drulley anciens agens de l'assemblée coloniales à Paris, ennemis implacables des commissaires civils, prirent le bons net rouge, fréquentèrent les montagnards les plus ardens, et sel rent remarquer par des démonstralions outrées de républicanisme quoiqu'ils ne révaggent le bonheur à St. Domingue que par la sers vitude des is hommes de couleur. En Février 1793 Col lot d'Herbois et Monestier (du Puy de Dôme) les présentèrent au cluis des Jacobins. Ils ne cessérent dès lors de peindre les commissaires civils, dans toutes les séances, comme des ennemis de la liberté des noirs, . des blanes et des hommes de couleur, comme des Brissotins” qui calomniaient la Montagne et que soudoyait l'Angleterre. HsMi nirent par arracher au club une pétition contre eux. Billaud Varens nes s’en saisit, la présenta à la Convention qui, le 16 Juillet 17934 vota un décret d'accusation contre les commissaires civils. Cepens dant le comité de salut public, absorbé par ses immenses travauxé oublia dans ses archives ce décret qui ne sera mis à exécution qu'en 1794. Mais Page, Bruliey, Larchevèque Thibaud en firent secrés tement. passer une copie à Londres, et les journaux anglais enrés tentirent. Ils proposèrent, sans succès , à la Convention d'envoyer dans” la colonie pour le faire exécuter, deux planteurs de St. Domingue devenus montagnards, Simondès et Fierville. Ils dirigèrent alors leur haine qu’ils n'avaient pas encore assouvie contre tous les hommes qua avaient combattu dans la colonie leurs projets ambitieux et liberucides contre les grands planteurs, et contre les républicains sincères. Ceux ci, contrairement à leur système, voulaient que les noirs et les sangs: imêlés indistinctement devinssent citoyens français. Quant à eux, aps partenant au parti des petits blancs, ils avaient combattu les royaliss tes pour se mettre en leur lieu et place. Leur plan était de former une nouvelle aristocratie blanche sous les formes révolutionnaires , et de maintenir l’ancien régime quant à tout ce qui concernait les eselæ ves et les affranchis.* Ils firent publier des mémoires contre Cambe= fort, Desparbès, Thouzard, les firent arrêter par leurs dénonciationss mais ils ne purent empêcher leur mise en fiberté: toutes les passions étaient alors dirigées contre les Girondins. Ils réussirent à conduire à l’échafaud Milscent , ce zélé défenseur des noirs et des hommes de” couleur, devenu en France rédacteur d'une feuille intitulée le Créole Patriote“ où il exposait d’une manière victorieuse les injustices des colons à bé gard des affranchis et les cruautés qu'ils exerçaient sur les esclaves Barnave qui avait contrarié leurs projets, en défendant les intérét
: * Nous avons déjà dit que l’on appelait à Saint-Domingue affranchis ou. hommes de couleur , les noirs et les hommes de couleur libres ; ceux nés" de pères et mères libres étaient aussi appelés affranchis. Désormais nous tes appèlerons indifféremment affranchis, hommes de. couleur, ou anciens li bres par opposition aux nouveaux libres où émancipés du, 29 Août 17058 Ces derniers étaient aussi appelés régénérés “6
des grands planteurs, Îles vit aussi dans les rangs de ses âccusateurs:
“Leur haine poursuivit avec le dernier acharnement Brissot, Gens0hné, principaux auteurs de la loi du 4 Avril, qu'ils comparaient à Pit, Pétion, Guadet, Vergniaud, Ducos, Fonfrède. + “Page, Bruley, Larchevèque Thibaud travaillèrent avéc Amar à l’acté in lequel les girondins furent accusés. [ls avaient de fréqueñtes reions avec Fouquier-Tinville, - président du tribunal révoiutionnalré qu'ils appelaient leur cher ami, avec Robespierre, St-Just, Couton. Ils énvoyérent à la mort Grimeuard dont la conduite avait été pure à St: Domingue, et peu s'en fallut qüe sur leurs dénonciations Julien Raymond re fut guillotiné; Celui-ci ne dat son salut; prétend-on, qu à la couleur brune de sa peau; car les Jacobins ne pouvaient supposer qu un desééndant du nègre opprimé fut un ennemi de là liberté. Tei était ie {ôle vil, infâme, criminel, que jouaient à Paris les anciens agilateyrs dé St-Domingue, dont les commissaires civils avaient purgé la colonie. Cependant l'acte d'accusation qu'ils avaient obtenu contre les ‘com: Missairés civils ne contribua pas peü à faire perdre à la République de
Patriotique de beaucoup de citoyens qui demeurérent néanmoibs fidèles à l'autorité nationale. . Les noirs et un grand nombre d'hommes de Couleur ne pouvaient comprendre la culpabilité de ces deux hommes qui avaient proclamé la liberté générale; voyant que la Métropole ng Soutenait pas de tels délégués, ils se persuadaient qu'il Sopérait en France une réaction contre les droïits de hommes Depuis la proclamation de la liberté générale par Sonthonax et Pol: vétel, les blanes royalistes et la plupart des anciens libres du Môle, de S'-Mare s'étaient déterminés à se jeter dans les bras des Anglais. Comme la coalition européenne, à la tête de laquelle était l'Angleterre, combattait dans l'ancien coutinent les principes révolutionnaires, le gouvernement. britannique devait rétablir Pancien régime à S'-Domingue où, ainsi quen France, luttaient les royalistes et les républicains. “Quant à if Graud Anse elle avait déjà rompu les liens qui laitachaïent à la Métropole; et depuis la bataille du ‘camp Desrivaux, il my avait plus de rapprochement possible entre elle @ la Républi que. | Les émissaires de Jérémie se répandirent au Môle, à S'-Mare ; à PArcahaie , à Léogane, et mèmé au Port-Républicain: Les planteurs étules négocians créoles, voulant se libérer de leurs dettes envers Île Commerce français, se montraient surtout disposés à se livrer à l'Angleterre. | | Ë Apfer | É “Le conseil de sûreté et d'exécution de Jérémie qui avait rêmplacé lé conseil d'administration depuis le combat de Desrivaux, était lâme de ces manœuvres coupables. Dès le 18 Août, il avait donné Ses pouvoirs à un colon, Venant de Charmilly , pour traiter de la féddition de la Grand'Anse. Venant de Charmilly s'embarqua sur parlementaire le Poisson Volant, ei se rendit à la Jamaïque où il
nombreux partisans qu'elle avait à St-Domingue, et à affaiblir le zèle
La |
rencontra Cadusch et d’autres colons du Môle qui déjà avaient pré:
recourir à leur légitime souverain pour les délivrer de la tyrannie qui