‹ Histoire d'Haiti (volume 3)Chapitre 22 sur 57 · CES · texte numérisé non relu

CES

EÏVRE DIXIÈME.

aoæ

Sommaire. Le commodore Ford fit sommer-le Port-Républieain.— Conduite énergique”

dé Sonthonax — L'escadre anglaise se retire—Le Mirebalais tombe au pouvoir des es pagnols.—Le coloncl Spencer prend Tiburon:— Nouvelles démonstrations des anglais devant le Port-Républicain—Les espagnols se rendent maîtres du KFort-Dauphin—Arrivée en France des députés. de St: Domingue —[Les mâchinations du parti colonial contre la liberté des noirs et dss sangs-mêlés. sont dévoilées à la France. Les députés de St Domingue sont reçus à la Convention. Nationale. —La Convention. Nationale décrète l'abolition de l’esciavage—Fête à Paris, dans le temple dela Raison, de l'abolition de l'esclavage.--Conduite héroïque de. Laveaux au: Pori-de-Paix.—Il repousse les attaques des anglais. —Les anglais prennent. l'Acul de Léogane —Sonthonax suspecte la. fidélité detons les hommes de couleur à la République Française—Il excite contre eux les noirs du Cul-de-Sac.—Halaou.—Il vient au Port-Républicain—Sonthonax iui fait une magnifique réception.—Halaou pénètre à la Croix-des-Bouquets —5a mort.Combat livré au Port Républicain: par Mon-brun à: Desfourneaux.—£onthonax subit la prépondérance des hommas de couleur. Mort de Bébé Coutard.—Les anglais sont repoussés de Bombarde.—Attaque in-fructueuse de Rigaud contre Tiburon—Famine aux Cayes.—Polvérel expécie un navire pour Aquin.— Le navire est pris par les anglais— Le gouverneur de la Jamaïque fait vendre aux espagnols de la Cote-Feime soixante-dix soldats noirs et: jaunes de la:légion de l'égalité du Sud:—Détresse du. Port-Républicain.—Les an- , glais. prennent cette ville —Sonthonax. et Polvérel se retirent à la Coupe—Pareles de Sonthonax à Dieudonné —Les commissaires. civils arrivent à Jacmel.—Ils y reçoivent: Î8 décret: d'accusation lancé contre eux—Lettre de Polvérel à Rigaud' Le décret: de la liberié générale arrive offiviellement à: St Domingue.— Départ des commissaires. civils. pour France.—Lutte d'autorité entre Bauvais ct Monbrun à Jaemel—Pinchinat: et Rigaud pris pour médiateurs — Ils condamnent la. conduite de Monbrun.—Rigaud fait. déporter Monbrun pour France.

Les anglais possédaient le Môle, St: Marc, V'Arcahaie ; pour qu'ils fussent

- Jés maitres de la baie dela Gonave, il ne leur restait plus qu'à s'empar

168 * misrormpep’marri.—( 1794 ) rer du Port-Républicain. Le commodore Ford dans l'espoir d'en gagner. les habitans vint mouiller vis-à-vis du fort Bizoton dans la nuit du premier“ au deux Janvier 1794, avec une escadre composée des vaisseaux l'Eutro= pe, le Sceptre, et de la frégäte la Pénélope. Comme il n'ignorait pas la mésintelligence qui existait déjà entre Monbrun et le commissaire cie vil, il croyait pouvoir compter sur les hommes de couleur. Du reste;s il n’y avait que peu de forces en cette ville: le Ase. régiment euro péen ci-devant d'Artois, la légion de l'Ouest et le nouveau corps des régénérés. D’après les ordres de Ford le commandant. de la Péné lope, Rowiey, se rendit en parlementaire auprès de Sonthonax. Il fut aussitôt conduit au palais national, Il était suivi dun peuple noms breux qui ne criait que vive la République! mort aux traitres ! a bas les anglais! Rowley offrit à Sonthonax de l'entretenir en particulier,

« Un républicain n'a rien à entendre secrètement, répondit le com: missaire civils parlez publiquement, ou retirez-vous. »

L'anglais dit à la foule quil était venu sommer le délégué de Ia Ré publique de lui remettre la place qui serait sous la protection de S; M. B., qu'on offrait aux habitans du Port-au-Prince, les mêmes con: ditions qu'à ceux de St, Marc; que le roi d'Angleterre accorderait à la fin de la guerre de grands privilèges aux gens de couleur. Hl annonça ensuite à Sonthonax que Île commodore Ford attendait des forces imposantes de la Barbade, et que la résistance serait mutile ; que du reste plusieurs villes de France étaient tombées au pouvoir des anglais.

Le roi d'Angleterre ne désire plus que les bâtimens marchands qui sont dans la rade, dit ironiquement Sonthonax, Ces navires seront de bonne prise, répliqua Rowley, puisque S. M. B. fait la guerre àla France. Eh bien! s'écria Sonthonax , si nous étions contraints d’aban-“ donner le Port-Républicain, $. M. B. n'aurait de ces navires que la fumée, « car les cendres en appartiendraient à la mer, Le parlementaire se retira au milieu des cris de vive la République! vive le commissaire civil! Sonthonax mit aussitôt la ville en état de résister à un bombardement : il confia le fort l'Ilet aux équipages des bâtimens marchands, sous les ordres du capitaine Adeélon; réunit toutes les auiorités civis les et militaires, et leur fit connaître les propositions du commodere Ford. Pinchinat, les généranx Antoine Chanlatte, Desfourneaux et“ Monbrun, jurèrent de vaincre ou de mourir pour la République: Le“ capitaine Adelon porta la réponse du commissaire civil au commodere” Ford; Sonthonax lui disait que les anciens libres de toutes les couleurs” étaient réunis de cœur et d'esprit pour la défense de la liberté géné-« pale; et qu'ils ne souffriratent Jamais que leurs frères fussent plongés une seconde fois dans l'ignominie et dans la barbarie d’un préjugé: devenu intolérable chez un peuple éclairé, ‘11 lui annonça la prisedem Toulon sur les anglais , sans le savoir, ear elle n’avait eu lieu que des

puis quelques jours; mais sa confiance dans le suecès des armes ré

Len, LÉ. 5: en

Sie ÊTRE ps: EE 2

publicaines était igébranlable, one aus Ù ele RM

ra

Page 1