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HISTOIRE D'HAtTI—( 1794 ) . 169
“Le lendemain Ford menaca de bombharder la place, si elle ne se Yendait pas. « Commencez , Monsieur le commodre, lui répondit Son. @thonax; nos boulets sant rouges et nos canonniers sont à leur pos
“+ te. » L'escadre anglaise s’éloigna. seit à | 4 :
—…Presque.en même Lemps (8 Janvier) le Mirebalais tombait au pou. voir des espagnols. Le général Bauvais n'abandonna la place qiraprès une heure d'un combat meurtrier. Il se retira à la Croix-des Bouquets; et Mr Despinvilie commanda au Mirebalais pour Île roi d'Espagne. RE ’
Un mois:après les anglais s'emparaient de Tiburon d'où ils avaient dé repoussés une première fois. Cette ville armée de vingt deux piès ces. de canon étaient défendue par 500 républicains noirs et de cou leur sous les ordres de Dartiguenave. Le 2 Février dans la soirée l’escare anglaise mouilla dans la rade, pendant que les chasseurs noirs de Jean Kina se retranchaient aux Irois pour ménager une retraite aux anglais en cas qu ils éprouvassent un échec. A la pointe du jour du 3 les vais-
“seaux par plusieurs bordées balayérent le rivage; Îles troupes anglaises européennes ayant. à leur tête le lieutenant-colonel Spencer, débar- “quérent sous la fusillade des républicains, se mirent en bataille, mar. chérent contre eux, les taillèrent én pièces et enlevèrent Tiburon. Spencer fit cent-cinquante prisonniers ot trouva l'arsenal de la ville
garni de poudre. D'après les bullétins des anglais, ils n'auraient COMPe
“6 que trois hommes tués, et onze blessés. i
Pendant ce temps Sonthonax ranimait le patriotisme des habitans du Port-Républicain. Le commodore Ford se présenta de nouveau devant cette ville où il répandit des proclamations de John Gervis amiral, et de Charles Gray vice amiral du roi George, dans lesquelles la République était représentée toute souillée de crimes , et l'Assemblée de F rance traitée de prétendue convention nationale. Monbrun reçut
“une {titre de Larue émigré qui ne pouvait que l'éloigner davantage deSonthonax: on lui disait de se livrer aux anglais avec lesquels Sonthonax traitait déjà secrètement, Geite calomnie produisit son meliet ; elle augmenta l’animosité qui existait déjà entre Monbrun et “le commissaire civil, Patrice Smith, commandant de Léogane, s’efforçait, de son côté, de rallier aux anglais les homines de couleur de POuest en leur donnant l'assurance des bonnes dispositions du gou- “ernement britannique à leur égard. Le commodore Ford s’éloigna une seconde fois du Port Républicain, en présence des mesures éner-
“giques prises par Sonthonax. | … Le 3. Février, la République perdit le Fort Dauphin, boulevard de là province du Nord, du côté de la partie espagnole. Les commissatres civils avaient confié à Candy le commandement de cette place, Les Espagnols la bloquaient par Lerre et par mer. Un caboteur nommé Juan Delmonte gagna le commandant du fort Labouque qui pro-
ÿ tège. Le port, et le vaisseau espagnol San Ramond de 64 capons y pés
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nétra sons obstacle. Alors Candy fit un traité de capitulation avee Far miral Don Gabriel Aristizabal, à condition. que Jean François et ses bandes ne seraient jamais introduits ‘dans la ville. Quand les espagnols: à se furent emparés de tous. les points de la place, ils violèrent les dis positions de la capitulation, arrêtèrent Candy, et l'envoyérent au Mexr= que dans les travaux des mines. Candy s’échappera des mains des espa= gnols en 4797 et reviendra à St Domingue d'où il sera déporté par Sonthonax qui ne. verra en lui qu'un traître et un ennemi de ja race noire. {1 l'accusera d'avoir immolé au Trou 200 noirs. Don Joaquim= de Saso du régiment de Porto-Rico. prit le commandement du Fort. Dauphin. H se montra bientôt dégomé de cette charge. H écrivit à Don Garcia gouverneur de S'-Domingo: « On n'a pas besoin de mi- « litaires pour conduire une guerre de Pater Noster et: d'Ave Maria; le « pêre Velasquez suflit....…....... Au surplus je suis habitué à me bat- « tre, et non à cajoler. » IL faisait allusion aux caresses que l'on prodiguait à Jean François pour le- retenir dans les rangs espagnols: Pendant cet intervalle, trois des cinq députés de St-Domingue à la Convention nationale , Mars Belley noir, Dufäyblane et Mills métis, représen-" tanila province du Nord, que Sonthonax avait fait nommer par l'Assemblée électorale du Cap, étaient arrivés en France. Ils étaient cliargés de demander à la Convention la confirmation de la liberté générale pros « clamée par les commissaires civils. Presque en même temps qu'eux étaicni arrivés Boisrond et Castaing hommes de couleur ,. Vergniaud® -sénéchal du Cap, chargés par Sonthonax d’exposer à la: Convention « l'état de S'-Domingue, et de lui faire un rapport sur les évènemens qui s’y étaient passés. | | k Victor Hugues qui avait habité la colonie, ennemi implacable de la liberté des noirs et des jaunes, président du tribunal révolutionnaire « de Brest, dès qu'il apprit que les députés de S'"Domiague étaient dé" barqués à Lorient, obtint de Prieur de la Marne, l'autorisation em faire apposer les scellés sur leurs papiers, les représentant. comme des Brissotins, des Fonfrédistes. Il {it arrèter Boisrond et Castaing qui furent envoyés au tribunal révolutionnaire. Le contre amiral Cambis que Ge net, ambassadeur de la République aux États-Unis, avail envoyé en France, fut aussi arrêté. Les coions Jacobins lur firent un. crime d'ê-" tre né à Chartres, et d'être par conséquent le. compatriote. de Brissot. Son véritable crime, à leurs yeux, fut de s être toujours soumis, & St.-Domingue, aux réquisitions de Sonthonax.et de- Polvérel.: Quant a Boisrond et à Castaing, Victor Hugues ne leur pardonnait pas d'avoir été membres de la commission intermédiaire. Pendant ce {emps Page: et Brulley qui étaient à Paris, avaient appris l’arrivée à: Lorient des députés de la province du Nord. lis se rendirent aussitôt chez: AMar qu'ils avaient gagné depuis longtemps, eu. lui dirent que St:-Dominguen Sgrail perdu sans ressources, si ces députés parvenaient à justifier, la: 1 conduite de Sonthonux et de Pohérel et à faire convertir en loi la pro
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