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“adresse dans laquelle il oxhortait les noirs français, royalistes ct ré. publicains, à se faire espâgnols, s'ils ne voulaient. pas s’exposer à redevenir un jour esclaves. I leur disait, que si la République fra çaise triomphait de la monarchie française, ils seraient de nouveau
“plongés dans la servitude; et que ce serait la même chose, si la
monarchie renversait la République, attendu que ni l'une ni l'autre ne les avaient rachetés. Il ajoutait que le roi d'Espagne en payant une indemnité aux maîtres de tous les noirs devenus espagnols , avait réellement émancipé ces derniers. |
Toussaint et les officiers de l'armée campée au Dondon lui répon-
dirent, (15 juin) entre autres ehoses, « Vous avez bien raison de « dire que notre liberté est bien différente de la vôtre. Vous n'êtes « que de vils esclaves ou sujets du roi d'Espagne .......... vous « demandez si un républicain est libre? Il faut être esclave pour « faire une pareille demande, Osez vous bien, vous Jean François, & qui avez vendu à l'espagnol vos malheureux frères, qui actuelle- « ment fouillent les mines de cette détestable nation, pour fournir & à l'ostentation de son roi ; osez-vous bien nous représenter que c’est « du produit de nos sueurs que la République fournit à nos besoins prete: 0fc. » |
Jean François ayant échoué dans ses tentatives de séduction, fit attaquer tous les camps républicains de la Montagne Noire et de la Granïle Rivière. Il fut repoussé avec perte sur tous les points. (Juillet). En mème temps les troupes anglaises qui occupaient le -Mirebalais attaquèrent un des postes établis dans les montagnes des “Cahos , et l'enlevèrent. Une autre colonne anglaise qui était sortie, de St. Marc, sous les ordres d'un nommé Jean Jeanton , rencontra une forte patrouille républicaine; l’on se baitit de part et d'autre “avec acharnemént ; les Anglais culbutés, laissérent leur chef sur le champ de bataille, Coimme Jeanton était un royaliste forcené on le fusilla. Sa tête et ses épauleites furent envoyées au cordon républicain.
Pendant que les Anglais renforçaient leurs troupes coloniales, le gouverneur Laveaux ordonnait à Toussaint Louverture de donner des numéros aux troupes franches sous ses ordres. Il lui envoya des bre- “ets en blanc pour les officiers qui devaient être placés dans ces corps.
Les paroisses de Plaisance, de la Marmelade, du Dondon, d'Enne: ry, de Hinche, fournirent 4,000 braves citoyens dont Toussaint forma
“deux régimens; le 1” oudes sans culoties; et le 2°” de jeunes gens “principalement reerutés à Plaisance et au Dondon. HI y avait déjà au Cap une légion dite du Nord de trois batatilons, et composée en grande partie des anciens et des nouveaux libres du Cap. Gest eetie légion avec laquelle Villate fit tant de prodiges de valeur-contre les Espagnols ot contre les Anglais. | | | : Les 3° et 4° régimens, commandés par Christophe Morney et par
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Bessalines furent composés de 4,009 hommes qui oectrpaient k | don s'étendant de da Salins de l'Artiboni te au haut des’ Liane les fimiies du Mirebalais.. Le ‘camp Flaville occupé par Mes, toyens de la Souffrière,. de, la Grande. Rivière, de la rivière ES H du Fond-Bleu, fournit quatre régimens: le 5°, colonel Moyse, le64 colonel Clervaux, le 7° colonel. Desrouleaux, Le 8° colonel Jean- Ban tiste Paparel. Ces deux derniers SE demeurè rent sous gs ordres du colonel Flaville. 4 Dans le courant du mois d'Août Ie reste du 82° asneRE anglais arriva au Port-Républicain : 980 hommes débarquérent en. pari santé; au bout de six semaines , n'en resta que 350 hommes : fièvre jaüne.- on. avait enlcvé 630. Ces troupes, moissonnées par maladie, abattues, découragées ne purent être d'une grande utilité. L gouverneur, NVil liamson , contrarlé par une peste aussi pour ne putrien entreprendre d'important. D'un caractère faible , ilse laissa” dominer par quelques personnes qui ne cherchant. qu'à satisfaire leurs intérêts privés lentrainèrent dans un système ruinéux -de dépenses. + Le vicomte :de Bruge qui commandait au Mirebalais obtint dé) Will hHamson ‘des ‘sommes considérables pour élever |, une fortification contre les agressions des républicains : il ne construisit qu'une redoute de péu d importance , en contraionant au travail les cultivateurss et les soldats , @t fit son profit de la total ité des sommes qu'il avait + reçues. Wilamson curieux de visiter ce fort qui avait nécessitémtam de dépenses, écrivit au vicomte de Bruge qu'il allait se rendre’au Mi rebaluis. Celui-ci, clreye d’une visite dont lé résultat eût été de faire découvrir toutes ses fraudes , “et apprenant qu'une faible colonne ré publicaine sé tait présentée dans les hauteurs du Mirchalais, fit sauter fa redoute qu'il avait élevée , évaéua le bourg, et rentra au Ports Républicain. ‘l annonça au: gouverneur anglais que menacé par. des forces eonsidérables. qui l'ivaient. déjà presque tourné, la prudence mis Htaire: avait obligé à abandonner le Mirebalais.. 6 - Toussaint apprenont lévacuation de cetle importante position, LA er : voya le lieutenant-colonel Paul Louverture son frère aui en!prit pose. session. Lescahebes tomba aussi au pouvoir, des républicains. WiHiamson eut a faiblesse de ne pas punir de Bruge.' ‘Isecontens ta d’ordonner de reprendre le Mirebalais. Doux celonnes anglaises $e 1 rent en niarche contre. ce bourg: l'une sortant du Port Républicain , | l'autre sous les ordres de L Lapointe sortant de l'Arcahaie. Après deux Jours de marche les troupes britanniques atteignirent le camp ichells Paul ÆLouvertüre vif à Ja rencontre de l'ennemi. Dès que les ANGES Je découvrirent , ils laneèrent contre lui les régimens deYorck et d ue Les républicains furent culbutés après une résistance opi niâtre.. Les hussords allemans, au service de l'Angleterre, ainsi qi Ja cavalerie d'Yorck, les poursuivi irent avec impétuoëité. Paul Louve ture n'évita les coups de l'ennemi qu'en se.sauvant à | Lravers les bois,
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fiprés avoir jeté son chapeau, son habit et sos épaulettes qui tombès Yent au pouvoir des Anglais. Ceux-ci rentrérent en triomphe au Mix -robalais. | | M … Pendant cet intervalle le major-général Forbes remplaça le gouvers uneur Williamson. Forbes parcourut les différents quartiers qu'occuepaient les troupes anglaises et y fit élever de nouvelles fortifications. 11 renforça toutes les garnisons des camps qui formaient le cordon “qu'avait établi son prédécesseur ; et il mit à couvert les frontières du. Mirebalais et de Banica afin de se ménager des communications avec la colon'e espagnole d'où il fit venir dans le quartier du Caul-de-Sac, de nombreuses bêtes-à -cornes. Le drapeau de S. M. B. flottait à Banica; des troupes anglaises européennes, des troupes coloniales, et quelques soldats espagnols, en formaient la garnison que commandait sir Wm Cookburn, …. Toussaint Louverture, de son côté, renforga tous les postes du cordon de l'Artibonite, et augmenta les fortifications de la Petite-Rivière, Lapointe qui vint l'atiaquer pour interrompre ses travaux, fut vigous reusement repoussé. £
En même temps, la division croissait sans cesse parmi les républi. cains de la province du Nord: les partisans de Villate travaillaient à abattre Foussaint Louverture devenu une arme terrible entre les mains de Laveaux; et celui-ci execitait Toussaint à détruire ceux des chefs noirs qui se montraient dévoués à Villate. Ces querelles faillirent faire éclater une guerre intestine dans le Nord.
Le colonel Joseph Flaville commandant du camp Flaville avait entière
ment mésonnu l'autorité de Toussaint Louverture; pour favoriser des com- Hunications qu il avait établies entre l'Acul et la Marmelade, Flavike avait mêmegaguné à son parti les troupes du régiment de Moyse, cantonnées au Mornet et aux Bonnets. Toussaint voulut le fare arrêter ; mais il se “retira au Cap, sous la protection de ‘Villate. Les ‘passions étatent irès-animées de part et d'autre: on allait en venir aux mains, quand Laveeux et Villate effrayés des maux que cetie guerre occasionnerait, s’entendirent pour mettre d'accord deux hommes qu'ils avaient euxmêmes divisés. Toussaint ne coansentit à oublier que Flaville avai mé. conau son autorité, que-lorsque celui-ci lui eût fait des .sxeuses par écrit.
Au milieu de 1795, la République française était presque partout triomphante sur le continent de l’Europe. La Prusse exténuée avait la première de toutes les puissances traité avec elle ; la Hollande avait été vaincue et soumise ; une tève avait suspendu les hostilités avec l'Autriche; la Vendée, après une lutte sanglante, après avoir ellleuré de sa baïonnette le sein de la patrie, avait été contrainte d'accepter un arrangement; et | Espagne ne pouvant résister à limpéluosité républicaine avait été obligée de renoncer à venger les Bourbons de
“France. Par le traité de. Bâle, conciu entre celte dernière puissance et là France, le 22 Juillet 1795, la partie espagnole de Saint-Dom.n-
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gue fut cédée à la République. La corvette la Vénus commandée par le capitaine Desagenaux arriva au Cap le 4 Octobre 1795 (12 Ven démiaire an 4) avec le décret du 5 Thermidor an 3 (23 Juillet 171953 ét avec le traité de Bâle. Aussitôt que Laveaux apprit l'arrivée den
la Vénus, il se transporta au Cap, et reçut les dépèches de Desa®
genaAUx : la Convention nationale avait décrété le 5 Thermidor an 3 , que les hommes armés dans la colonie de Saint-Domingue pour la défense” de la République avaient bien mérité de la patrie; que Laveaux ékaitm
romu au grade de général de division, et était maintenu provisoire-M ment dans es fonctions de gouverneur de Îa colonie; que Perroud l'était provisoirement dans celles de commissaire crdonnateur ; que des
brevets de généraux de brigade seraient expédiés à Viilate, à Tous saint Louverture , à Bauvais et à Rigaud ; et que, les autres «
, A LA grades donnés par le général Laveaux seraient provisoirement maintenus. j | | Laveaux reçut les brevets de Toussaint, de Rigaud et de Bauvais quil
leur fit parvenir. Le ministre Fauchet lui avait aussi expédié une
petite cargaison de poudre,
L'après le traité de Bâle, les troupes espagnoles devaient évacuer à
les places, les ports, et tous les points qu ‘elles occupaient, pour les
livrer aux troupes françaises : les places devaient être livrées avec leurs 1 canons, et toutes les munitions qui s'y trouveraient au moment que .
le traité arriverait dans la colonie ; les habitans espagnols qui aimeraient mieux aller vivre avee leurs biens dans les états du roi d'Espagne, auraient pour le faire un an, à partir de la date ‘du traité.
Ce traité qui devait être exécuté un mois aprés son arrivée officielle
dans la colonie, ne le fut pas, parceque le général Laveaux n'ayante
déjà pas assez ‘de troupes pour chasser les Anglais, ne pouvaiten-
core se dégarnir, en envoyant des régiments dans la partie espagnole: ÿ Les autorités de S. M. C. en attendant la prise de possession des vil-M les et bourgs qu'elles occupaient, s obligèrent à une parfaite neutralité .
entre la France et l'Angleterre,
LE gouverneur Laveaux, après avoir notifié le traité de Bâle au mar
quis de G%a Calvo gouverneur du Fort Dauphin, envoya auprès de lui, gomme agent de la République, le chef de bataillon Vital Grandet , en attendant la prise de possession de la place, au nem du gouverne
ment français. Cette notification officielle jeta le désespoir. parmi les chefs « noirs français qui avaient embrassé la cause du roi d'Espagne : ils voyaient leur avenir perdu. Quant à Jean François , il ne put se faire à l'idée de devenir républicain , de renoncer à ses titres de noblesse, à ses cordons , à ses croix. Sa présence dans la colonie devenait du reste nuisible aux iniérêts français ; il pouvait se jeter dans le parti anglais avee toutes ses bandes dont la force numérique était de plus de 10000
hommes. Vital Grandet négocia son embarquement avec Casa Calvo: il fut transporté à k Havanne d'où il se rendit en Espagne. En 1794
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