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BISTOTRE D’HarTi.—( 1795 ) 227
il étalait à Madrid où: il était l’objet de la curiosité des habitans, um faste extraordinaire. Il vécut ensuite à Gadix entouré de toutes les … considérations dues à son rang de: lieutenant général des: armées du roi d'Espagne, ayant dix officiers. noirs à son service. Nous: devons nous rappeler que les commissaires civils Polvérel et: …Sonthonax, décrétés d'accusation, étaient partis de Jacmel pour France en. 1794, peu de jours aprés. la prise du Port-Républicain. par les Anglais. Ils étaient arrivés à Rochefort au moment que-la révolution . du 9 thermidor abattait Robespierre: Cependant: ils: demeurérent en prison , attendu. que le décret: d'accusation. laneé contre eux n'avait point été révoqué. Mais le parti girondin: ou des modérés reprenant … de: la: prépondérance: dans: les affaires, l'exécution de l'acte d'accusation … porté contre eux fut suspendu par un décret dela: Convention. ls - lurent provisoirement mis en: liberté. Le comité. de salut public, celui de-la marine, et celui: des colonies furent chargés de. faire un rapport sur leur conduite à S'.-Domingue. Leurs. accusateurs. de- - man(lérent à la Convention nationale qu elleles entendit,, ainsi que les commissaires civils, eontradictoirement, afin. que la vérité éclatât. au milieu des débats. D’après le rapport du: comité de salut public, de celui de sûreté générale, de celui de la marine el de celui des colonies, Ja Convention nationale déeréta qu une commission: de: neuf membres s oceuperait de l'examen et du rapport des événemens de S° Domingue. Pour former éette: commission, elle nomma au scrutin neufde ses membres qui furent d'abord: Garran Coulon, président, Marec, Lecointre, (des deux. Sèvres). secrétaire, Guyomard , Grégoire, Thibau- - deau, Fouché (de Nantes), Mazade, Castillon. Plusieurs. de ces mem- … bres furent remplacés plus tard par Dubray, Moilevauit , Lanthénas, et Merlino. Les principaux accusateurs. des commissaires. civils étaient Page, Brulley, Thomas Millet, Verneuil, Senac, Duny,. Fondeviole et Daubonneau , grands agitateurs à,S. Domingue, partisans de l'ese “clavage, ennemis aeharnés des: décrets de la Métrepole, qui. avaient pris à Paris les formes. républicaines. pour mieux perdre les vrais amis “ce la race fioire. -Les débats furent pleins de ehaleur. Les colons aceusaient les commissaires civils: d'avoir été les auteurs de tous les mailieurs. de S'. Domingue. - Polvérel et Sonthonax “ privés de leurs … notes, cijde toutes les pièces officielles qu'ils avaient apportées de la colonie, déployèrent un rare talent. en répondant, de mémoire et avec … succès à chaque accusation. | — Pendant les, débats, Polvérel qui était atteint d'une maladie de lan- - gueur , mPürut. Sonihonax, demeuré seul , triompha devant, une com- … mission impartiale de ses nombreux ennemis. La commission des coonies , réunie aux commissaires des comités; dé salut public, de lé- “pislation et de marine, après avoir entendu le rapport de Garran Cou- «lon sur les troubles de S'. Domingue , arrèta le 23 Octobre 1795 (1° MBrumaire an 4) qu'il serait présenté par Étienne Molievaut, ua 68
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à cette assemblée de déclarer qu'il n’y avait pas lieu à inceulpation contre Sonthonax, et d'ordonner que sa mise en hberté provisoire fut définitive. * SORT Le 25 Ociobre suivant ( 3 Brumaire) la Convention nationale , après avoir entendu le rapport de la commission, décréta que Léger-Féli-
cité Sonthonax, ex-commissaire civil à S'..Domingue, était définitive."
ment mis en liberté. AE
La Convention nationale ne peuvait, sans condamner elle-même tous les nobles principes qu'elle avait proclamés, ne pas élargir Sonthonax qui fit à S'. Domingue pour sauver la liberté ce que pratiquait en
France la révolution. Quand il vint dans la colonie en 479% avecses
collègues Polvérel et Aïlhaud, ïl la trouva déchirée par les faetions, et ravagée par la guerre la plus sanglante. La masse des noirs était soulevée; les hommes de couleur ou anciens libres n'avaient pas en: core obtenu pleinement la jouissance des droits politiques que les grands planteurs ou aristocrates et les petits blancs leur contestaient. Cinq semaines environ après leur arrivée au Cap, ils prononcent la dissolution de l’assemblée coloniale (12 Octobre 1792 ), assembléede factieux , d'aristocrates, d'ennemis de la liberté des noirs et des hommes-de couleur, ne travaillant qu'au rétablissement de l’ancien régime, tout en prônant la révolution française. Comme l'assemblée coloniale n'avait cessé de tourmenter S'. Domingue, tous les partis virent avec indifférence tomber sa puissance. Les petits blancs entourérent Nes commissaires civils, et leur demandérent à grands cris la ruine des grands planteurs, à la tête desquels étaient Cambefort, &e Thouzard, Cagnon. Sonthonax et Polvérel pour écraser ce premier obstacle à la liberté générale, réunirent les hommes de couleur et les petits blanes contre la vieille aristocratie eoloniale ; et dans la journée du 24 Octobre 1792, le parti des grands pass fut anéanti par l'embar-
quement de Cambefort, de Desparbés. Les petits blancs ou les prétendus patriotes de S'. PORRENE à après leur triomphe, refusèrent de «
fraterniser avec les anciens libres, et se montrèrent à leur tour aussi aristocrates à leur ègard que des planieurs l'avaient été envers eux.
Les commissaires civils virent s'élever un nouvel obstacle au triomphe L des principes révolutionnaires ; ils appelérent à eux les aneïens libres noirs et jauncs; et soutenus par les troupes patriotiques venues dem de France avec eux, ils écrasèrent le 8 Décembre 1792 le parti po-. pulaire ou des agitateurs, et embarquèrent Larcheyèque Thibaud ainsique«
la plupart des autres factieux. Après eette victoire les aMffanchis de-
vinrent tout puissans; ils purent jouir de tous les droits politiques com-« me citoyens français. Alors Sonthonax se résolut à proclamer la liberté”
* Arrêté de la commission signé de Garran, président, Mollevaut, La
“bray, Merlino, Grégoire, Lanñthénas, secrétaire, Î
ses membres à la Convention Nationale, et que celui-ci proposcrait
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a RESTE
……fénérale des esclaves. Mais il fut un moment arrêté par un autre m obstacle. Pendant qu'il était dans l'Quest, Galbaud nouveau gouvers … neur, républicain timide, égaré par kes restes des deux partis qui ve- — naiëent de succomber, réunit autour de lui les petits blancs et les grands. - planteurs. Il se rend maître de toute l'autorité dans le Nord , etse détermine à déporter Sonthonax et Polvérel. Ceux-ci volent au Cap, à
la tête d’une armée d'hommes de couleur, qui sont les seuls soutiens des commissaires civils et de l’autorité nationale. Galbaud est destitué:; il prend les armes ; et dans la journée du 21 Juin 1793, au milieu des ruines fumantes du Cap, les restes du parti eolonial rendent le dernier soupir. Dès ce jour le pouvoir échappe à tout jamais à l’aristoeratie
| blanche. Dix-mille noirs insurgés étaient aecourus au secours des commis. … Saires civils: ils sont déclarés libres. Beancoup d'affranchis, possesseurs d'esclaves ; voyant les commissaires se disposer à appeler les masses à la liberté; commencent à leur devenir hostiles ; ils se jettent en grand nombre dans le parti du roi d'Espagne ; et songent à se livrer aux Anglais. L’'intéret établit une alliance entre eux et les colons royalistes. Sonthonax voyant une foule d'affranchis * abandonner la République , appelle à li défense’ de là causé nationale là masse du
peuple de S'-Domingue en proclamant la liberté générale, le 99 Aoûs 1193; il saüve dans notre pays les principes de liberté et d'égalité, atiaqués par la coalition européenne dans le nouveau monde comme dans l’ancien. Les affranchis de FArtibonite livrent le quartier qu'ils bceupert aux. Anglais qui rétablissent l'esclavage: Sonthonax affrontant la mort, méprisant LES intérêts privés contraires au triomphe de la liberté ; marchant exposé à tous les poignards, met en pratique les mesures les plus énergiques. Les Bauvais, les Rigaud, les Pinchinai, les Chanlatte, les Monbrun, les Villate, quoique dévoués à la France, excitent ses défiances ; il craint qu'ils ne livrent aux Anglais le reste de da colonie; et pour assurer à la République sa domination , ül tente de livrer au chefs noirs, citoyens du 29 Août, la prépondérance politique. Le 4 Février 1794, la Convention nationale, par un décret rendu sur la motion de Danton, confirme Îa liberté générale
proclamée par les commissaires civils. Par la seule promulgation de ce décret, Sonthonax et Polvérel obtenaient là sanction de tous leurs ac- “tes. La masse du peuple d'Haïti qui a recueilli tous les fruits de no- “tre révolution , le jour qu'elle coñnaîtra son histoire seplacera à côté des fondateurs de notre liberté Sonthonax et Polxérel. On ignoraït encore à S'-Domingue l'installation du Directoire exécutif
(27 oetobre 1795). Toussaint Louverture, voulant remercier Ja Convention de lavoir promu au grade de général de brigade, se résolut à énvoyer à Paris, dans Îles premiers jours de décembre, trois députés,
# Nous devons ‘nous rappeler que Îles afrancihs étaient les hommes de couleur et les noirs libres avant Vaete de l'émancipation générale,