usToiRe D’HaTI.—( 1796 ) AU R S
eaux, des ‘différentes, actions où il s'était trouvé en personne, et de gon earaciére. Malgré le traité de Bâle les Espagnols continuaient à faire passer des bœufs aux Anglais; ils s’enrôlaient même dans leurs troupes. Tous: saint plusieurs fois en serait venu aux mains avec eux, si Laveaux ve lui avait ordonné sévèrement de respecter le traité. ‘Lapointe, de son côté, attaquait le bourg des Verrettes qui était peu fortifié ; cependant
Caze, Etienne Viart et Lacroix, Ils furent chargés de rendre compté & la Convention, de son administration, des services qu'il avait rem” dus à la patrie, de ses conquêtes sous les ordres du gouxerneur La
il échoua dans son entreprise. Toussaint mit ce.bourg ‘à l'abri d'un”
coup de main en l’entourant de fortes redoutes. Les Anglais enlevérent «
un camp sur la limite du Mirebalais; mais ils en furent chassés par
un renfort qui arriva au secours des républicains. Ils attaquèrent en-. suite un poste de la Petite-Montagne d'où 1lS furent repoussés avee
perte, après un combat de deux heures, des plus acharnés. Le gouverneur Forbes avait pris l'offensive sur tous les points. A fit attaquer Léogane par le major-général Bowyer. Cette place était commaudée par Renaud Desruisseaux. Le 22 Décembre 1795 ( {er Aivôse, an 4 ) une escadre anglaise qui vint canonner Île fort Ça-fra, fut repoussée avec perte, | | + En même temps, le gouvernenr Laveaux dont l'activité re se ralentissait pas, parcourait dans les premiers jours de Janvier 1796, ac-
compagué de Toussaint Louveriure, les quartiers du Nord et de
l'Artibonite où flottait le drapeau tricolore. {visita le cordon de l'Ouest. Toussaint ne le conduisit pas aux Verrettes dans la crainte que Lapointe, par un coup d'audace, ne l'enlevât. Laveaux retourna au Port-de Paix où 11 combla Toussaint Louverture de caresses ; il le plagait à table à $es côtés et prenait plaisir à le servir lui-méme. H lentretenait de Villate, et continuait à le lui représenter comme un cioyen dangereux. Il se préparait un auxiliaire puissant qu'il devait bientôt uuliser, car il avait pris la résolution de transporter le siège du gouvernement au Cap où il se trouverait face à face avec son rival. |
Profitant de l'absence de Toussaint, le colonel Dessources sortit de
St-Marc avec sa légion, prit le bourg des Verrettes, et l'incendia. H
livra égalementeaux flammes plusieurs manufactures de sucre, et six.
moulins à eau. Ce fut une perte pour les républicains de ce quartier, car ces manufactures subvenaient à une partie de leurs nombreux besoins. (Comme Dessourcesine pouvait se maintenir aux Verrelies, il se retira, brûlant et saccageant tout sur son passage. :
Toussaint ayant appris ses incursions, vint aux Verrettes avec un bataillon de la 4° coloniale. Comimne le bourg était dominé par plus sieurs mornes, il le transporta dans une vaste savanne, parfaitenent
découverte et traversée par un beau qunal. J fit creuser des fossés PA
Ed
Hisroire p'Haiti.—( 1796 } “#4i “les cultivateurs de cette paroisse autour des fortifications, et: les remplit d'eau. Pour mettre ses travaux à l'abri d'un coup de main deg Anglais qui tentaientde les interrompre, il fi élever un fort à l’entrég” du bourg , et envoya quatre compagniés de la 4° sous les ordres de Christophe Morney camper dans la montagne de S'-Marc. | Lapointe et Dessources, à la tête de plusieurs bataillons de l’Arcahaie, de Sant Marc et de la Croix-des Bouquets, marchèrent côntre … Christophe Morney Sur trois colonnes, el l'attaquérent vigoureusement. … Les républicams inférieurs en nombre supportèrent énersiquement le choc de l'ennemi jusqu à ce que Toussaint leur eût envoyé un renfort de 150 grenadiers commandés par Desrouleaux. Ou se battit pendant dix heures, avec le plus grand acliarnement: Les Anglais culbutés, serre. “tréreut en désordre, et Christophe Morney se maintint dans sa position: Les affaires de la République à S'. Domingue commençaient à pren-
le une tournure favorable. Cependant dans la province de l'Ouest;
la conduite que tenait Dieudonné avait failli livrer aux Anghis le quartier de Léogane et toutes les montagnes du Grand Fond. Nous … devons nous rappeler que Sonthonax en partant de la Coupe pour - Jicmel en 1794, avait «dit à Dieudonné en l'embrassant qu'il lui déléz « guail ses pouvoirs de eommissarre civil. Dès celte époque Dieudonné avait pris le titre de délégué de la Convention nationale, et ne re- … connaissait ni l'autorité de Bauvais ni celle de Rigud. Il occupait les mornes de ja Charbonnière et du Grand-Fond. Ses troupes étaient en grande partie composées de ces africains dont Sonthonax avait for- “mé au Port Républicuin le corps des Régénérés pour contrebalancer l'influence de la légion de l'Ouest dévouée aux anciens libres. Il avait pour lieutenans Pompé et Laplume; et son secrétaire était un blanc royaliste nommé Baudoin. se livrait à toutes sortes d'excès, ét avait , à l'instigation du baron de Montalémbert, égorgé beaucoup de mulâtres républicains. Jusqu'alors ceperidant Il n'avait pas arboré le pavillon de S. M. BR. Mais il avait refusé de secondér Bauvais et Rigaud lors de leur dernière attaque contre lefürt Bizoton. Ces deux bénéraux le voyant sur le point dembrasser la cause anglaise firent tous feurs. efforts pour l'en détourner. Is lui envoyèrent lé décret du “5 Thermidor et le traité de Bâle; il les fit lire et ies déclüra. Enfin dans les premiers jours de Janvier 1796, il reconuut l'autorité britañ- “nique et ouvrit aux Anglais un marché aux portes dusPort Répubiicain. Rigaud et Bauvais firent encore; avant de l'attaquer ; quelques “ientatives pour le ramener à la République. Ils lui envoyérent des députés auxquels il déclara, € qu'il he reconnaîrait jamais des « mulôtres pour chefs, quil ne voulait pas laisser exister un seul « mulôtre, quil les tuerait tous ; qu'il ny avait pas un seul nègre “« commandant. » Dieudonné .trompé par les royalistes, ignorait que Toussaint Louverture fut général; Moyse, Christophe Morney, Dessalt- -hes, çtç. eolonolë. : FA Rs
Bhirvaïé ét Rigaud l’atiaquérent vigoureusement et dispersérent ses | bandes; mais quand l'un se retira à Jacmel et l'autre à Léôgane, Dieu à . donné reprit ses anciennes positions. 3
Pendant ce temps, un corsaire dés (onaïves, longeant la côte À entre le Port Républicain et Léogane, découvrit quelques hommes nus armés de piques , au Morne à Büleau. 1 y envoya sa chaloupe: Cesm hommes étatent Dieudonné et ses principaux compagnons. Ils accueil lirent avec Âraternité et même avec atiendrissement les républicains qui avaient abordé au rivage. Ils leur dirent qu'ils ne s'étaient soumis | aux Anglais que parcequ'ils ne pouvaient supporter le joug des bon Ë mes de couleur. Les républicains retournèrent aux Gonaïves, et ane noncérent à Toussaint ce qu'ils avaient vu ei entendu. Celw-ci exe. pédia une goëlelte vers le Morne à-Baleau, afin d entrer én négociaa tions avec Dieudonné dans le but de le ramener au parti de la Rép blique, et de s'en-faire un zélé partisan, dans l'Ouest où il n'ét connu que par le bruit de ses fais d'armes. La goëlette fut prise. par les corsaires de Rigaud et conduite à Léogane. | Rigaud ne permit pas aux. envoyés de Toussaint de pénétrer jusqu'à Dieudonné, 11 rés pandit à la Charbonnière et au Grand-Fond des émissaires qui gagnè- 1 rent Laplume au parti de la France. Celui- ci tendit un piège à Dieu donné , le prit et le livra à Rigaud qui le fit périr comme traître à 14" Patrie. |
A là même époque un nommé Étienne Daty s'était soulevé dans les montagnes du Puort-de- Paix, ei y livrait tout à feu et à sang. Le général Pageot commandant de la province du Nord, aprés avoir déployé . toutes ses forces contre lui, avait été obligé de se renfermer au Ports. de-Paix. De nombreux colons blancs avaient été égorgés dans les came pagnes. Daty déclarait à tous les députés qu'on lui envoyait qu'il ne mettrait bas les armes que lorsqu on lui aurait rendu Sonthonax, Pau teur de la liberté des noirs. Laveaux ordonna à Toussaiut Louvérture de marcher contre lui. Geluïci apaisa là révolte par les voies de 1à persuasion. Laveaux se vit contraint de pardonner à Daty, et de lui confier le commandement du Moustique. ‘à
Pendant eet intervalle les Anglais qui désiraient s'emparer du Fort. Dauphin, Vi avaient pratiqué des intelhigences, par l'entremise de quels l ques émigrés français. Ïs avaient fait ‘entrér dans le port une goëleite M armée en guerre et un brick de 138 canons; et ils ténaient mouillés 4 dans là baie de Mancenille deux corveites, deux frégales et un Vaisseau de 74, Ils avaient établi un camp retranché à la pointe Isabellique: Le marquis de Casa Calvo, gouverneur du Fort-Dauphin, qui depuis 18m iraité de Bâle, avait Done d observer une parfaite neutralité, ne contrariait" cependant pas les opérations anglaises. Les émigrés français exeEitè= rent un noir nommé Titus, ancien lieutenant de Jean François à sou», lever les cultivateurs. Ils lui firent passer de la poudre, 1,200 fusils.
ek des pistolets. Titus alla camper au Magiharoux das Ja paroisse de 1
fs
(à Histoire D'HAITI.-en( 1796 } :"
Nalliére. Laveaux se plaignit à Casa Calvo des infractions faites au traité de Bâle. Célui-ei sengagea à faire respecter sa neutralité par “les Anglais ; mais 11 fui répondit qu'il ne eombattrait les révoltés que “sur linvitation du gouverneur de S"-Domingo, Laveaux ordonna au. …pénéral Vilate de marcher contre Titus. Vülate, # la tête de 1,000 4 fantassins ej de 200 cavaliers alla camper à Caracol. Le 21 Février, mil atiiqua Titus, dispersa sa bande, le fit prisonnier, et lexéeuta. Les Anglais déconcertés par la mort de Titus et par la sévère neutralité “de Casa Calvo, qui avait pris une attitude menaçante, se retirèrent, … Cepcndant le quartier du Fort-Dauphin fut encore ravagé pendant … quelque temps, par Cambelort et Rouvrai qui servaient dans Îles rangs anglais. | ;
Pendant ee temps , Bauvais et Rigaud résolurent d'envoyer en France plusieurs députés chargés de témoigner à la Convention nationale la res … connaissance qu'ils éprouvaient d'avoir été confirmés chacun dass le grade “dé générat de brigade , par le décret du 5 Thermidor an 3. Comme
il n'y avait pas aux Cayes de bâtiments de guerre, is envoyérent au » Cäp, Pinchinat, Sala et Fontaine , * qui devaient s embarquer pour France sur la corveite la Vénus, avec les commissaires de Laveaux et dé Villate. Le Gap se relevait de ses malheurs; la confiance et Île CofMmiéree y renaissaient par les soins et l'activité de Viliate: Laveaux abandouwna définitivement le Port-de Paix, et vint s’y établir avec Fors donnateur Perroud. Il y rencontra les commissaires de Bauvais et de Rigaud. | ARR Ocs deux généraux voulant resserrer de plus en plus les liens qui éxistaient entre les provinces où ils commandaient et fa métropole , demandèrent au gouverneur, d'après les avis qu'ils avaient reçus de Pinchinat, l'autorisation de convoquer des Assembiées primaires pour à nomination des députés à là Convention nationale; car jusqu'alors POuest et le Sud n'étaient pas représentés en France. En s'adressant # Laveaux, ainsi qu'à lordonnateur Perroud, ils se conformaient à la loi du % Thérmidor. Laveaux n’afréa pas leur demande: c'eût été donner en Europe, des organes trop directs aux anciens libres avee lesquels il était en hostilité. 1 se contenta d'autoriser Rigaud et Bauvais à envoyer en France des commissaires qui demanderaient à la Convention elle:mème la éonvocation des Assemblées primaires à S'.- - Domingue. Le 8 Février 4796, (19 Pluviôse), ces deux généraux lux -écrivirent de nouveau, et réitérèrent leur demande trés-énergiquement. “ Le gouverneur et le commissaire ordonnateur se virent dans lobliga- “ tion de rendre le 18 Février 4796, (29 Pluviôse) une ordonnance qui . portait : RER UE ' 10 1° Convocation des assembiées primaires dans les paroisses ou can tons des dépariemens de l'Ouest et du Sud, pour le premier Germi
"# Bixchinat , homme de couleur, Sala blanc, Fontaige , xoir.
D | tistoire D'tarti.—( 1496 ÿ
pal an 4 (21 mars 1196); 2 Désignation de la ville de Léogaté pol le siège de l'Assemblée électorale de Ouest , el de la ville des Cayes pour celui de l’Assemblée électorale du Sud : ‘3. Fixation du nombré es “députés à élire, à raison de trois. pour chaque département.
Dès que Toussaint Louverture reçut celle ordonnance @il écrivit à" Laveaux, qu'atiendu qu'il y avait dans le quartier de, ‘Artibonite une population plus forte que dans l'éténdue du commändement du général Bauvais, le siège de l'Assemblée électorale de l'Ouest ne être fixé aux Gonaives. Laveaux, en présence de ceite observatiôn dé son protégé, se détermina* à suspendre la convocation des Assemblées 4 primaires dans la province de l'Ouest; 0
Villale,, Pinchinat, Sala et Fontaine, se mnontrérent indigués de eette éclatante partialité du gouverneur en faveur de Toussaint Louver- £ ture. Ils se déterminérent à organiser une insurrection conire Laveaux, À à le déporter, et à hvrer, dans le Nord, la haute aulorité aux anciens … libres, eotnme ceux-ci l'exerçaient déjà presque sans contrôle dans l'Ouest et dans le, Sud par Bauvais et Rigaud. De toutes parts les anciens affranchis de la province du Nord vinrent s'entendre avec eux et recevox leurs instructions. J1 y avait au Cap trois régimens à troupes franches. Le premier de ees corps corses par un blanc nommé Rodrigue , était particulièrement dévoué à Villate, Les officlers qui en formaient l'état-major se livrèrent à ie sortes d'exi gences à l'égard de Laveaux. Hs lui demandérent la solde arriérée, « lui reprochant de donner aux troupes blanches du Port de-Paix, qui n'avaient pas mieux combattu qu'eux contré les Anglais et les Espagnols, une paie beaucoup plus élevée que la leur. Les officiers des deux autres régimens firent la même demande, Le colonel Rodri= pue se présenta au palais national, para au gouvérneur avec arrogance au nom des ofliciers, et soublia jusqu'à lui dire que son seul regret était d'être blanc, et que la colonie ne serait en paix que lorsqu elle serait gouvernée par un mulâtre. Laveaux se vit obligé de le faire … emprisonner. Mais quatre jours après 1l ie mit en liberté, cédant aux M clameurs des femmes noires et de couleur du Cap. En même temps Pinchinat, Sala et Fontaine lui déclarèrent qu'ils ne partiraient plus sur la corvette Ia Vénus, qu'ils avaient besoin de recevoir de nouvelles instructions de Bauvais et de Rigaud: il y avait déjà deux mois qu'ils étaient au Cap. Villate de son côté lui annonça qu'il retirait au eitoyen Hennequin le mandat qu’il lui avait donné de le représen-=« ter auprès de la Convention. Pinchinat, Sala et Fontaine , dont la présence devenait inutile au Cap , partirent pour Léogane le 21 Février, et y arrivèrent le 23 du même mois.
Le 28 Février (9 Ventôse) le gouverneur suspendit la convocalion | des Assemblées primaires, dans la province de l'Ouest jusqu’à nouyel« erdre. Cet acte fit naître contre lui au tou toute la fureur des anciens libres. Comme il voyait que la révolte était sur le point
tistoine p'warti—( 1796 ) 856
ivlater ; il sortit du Cap, pour s’efforcer de s’aboucher avec Tous- Louverture ou avec les autres chefs noirs qui lui étaient dévoués, ate réunit aussitôt ses troupes, prit possession du haut du Cap, “ordonna au commandant Edouard auquel il confia ce poste de faire u sur toutes les forces qui se présenteraient. Laveaux revint en ville ns obstacle , accompagné seulement du colonel Pierre Michel. H-y eut dans le Nord une quinzaine de jours de calme. …. Dans la nuit du 49 Murs, beaucoup d'homines de couleur et de Moirs entrérent au Cap: dans la journée, Viilate avait résolu l’arrespe de Laveaux. Le lendemain (30 Ventôse), le gouverneur. passa Jes troupes en revue sur la place d'armes. Après la parade pendant que Laveaux se reposait au palais national, une trentaine d hommes pénétrérent dans sa chambre, l'arrètèrent, le imaltraitèrent de coups, *t le conduisirent en prison. En même temps l'ordonnateur Perroud, ngénieur Gailey, et l'adjudant-général Fressinet étaient aussi brutaie- Sent arrêtés. La foule parcourait les rues, criant qu'on tenait Îa correspondance de Laveaux avec les Anglais, et qu'il avait à bord de ja corvetiela Hiéna, une soinme de cinq millions. Viilate qui préten- Wdit plus tard que le moutemeat avait éclaté à son insu, se tenait. Mchez lui, etne donnait aucun ordre pour arracher Laveaux de la bru- Mialité des soldats.-1i ne se présenta aux troupes que lorsque la Municipa: Élité eût arrêté qu'il remplacerait le gouverneur. Qu'avait-il a faire alors ? TI fallait décapiter Laveaux, ou le déporter sur-le champ pendant que Uses partisans étaient terriliés, el que Toussaint Louverture était à plus Me trente lieues du Cap. Mais Villate ordinairement si audacieux et si énergique, fut effrayé d'avoir porté la main sur le représentant de Ma france. On ne le vit pas se mettre à la tête du peuple, et diuiger. “en personne les opérations ; il laissa agir pour Lui, donnant des or- “dres vagues, voulant peulêire qu'on exéeutât ce quil B avait pas “l'énergie de commander. Alors le peuple eût commis ie crime ; lui même, “il l'eût déploré publiquement, el eût annoncé à la France que Laveaux “avait péri victime d'un mouvement populaire que rien n'avait annoncé. IL était presque le maitre de la ville. Mais les habitants du Cap “n'avaient pu gagner à ieur parti Léveillé colonel du 5° régiment. Celuimi Lenta envain de traverser kes barrières pour se répandre avec les siens dans les campagnes. Cependant il envoya une lettre, par un enfant, Mu colonel Pierre Michel qui ocupait le fort Bélair. Michel réunit es chefs noirs de l'Acul, du Port français, du Limbé, de la Marmejade, de Plaisance, et awgrtit Toussaint Louverture de ce qui se passait. Dans la nuit suivante, kes commandants Pierrot, Barthélemy, : Ro- “ main, Ignace, vinrent le renforcer. En même temps Léveillée et son fière Lechat parcouraient les rues, bravant la fureur du peuple, criant que Laveaux était le protecteur des noirs, que sil périssail, les mulâtres livreraient les nègres aux Anglais qui les replongeraient dans l'esclavage. Villate repris ua moment sou duergie ordinaire, fit battre la généra
ee
‘du haut äu Cap, où.Villaté l'avait envoyé au prés de Pierre Michelk 3 ?
‘5e livraient à aucun excès : dès lors son influence sur elles était til
26 Histoire »'Hairr.—( 1706 ÿ à :
LA
re
le, arrêter le colonel Lévoillé, et traîner sur la place de la i Foéseilé deux pièces de canon. La garde nationale marcha sur l'Arsertil qu'o ù cupait le 3° régiment de troupes franches. Ce corps ne consentit à en livrer l'entrée que lorsqu'on eût mis son colonel en liberté. Yeillé sorti de prison fut <e: isigné chez Villate qui se trouva maît de toute la ville. -
Toussaint était aux Gonaïves quand à reçut la lettre de Pierre Michel El entra dans une violente fureur: Laveaux était son protécteur, Villate son ennemi personnel. Il fit batire la générale dans tout quartier de l'Artibonite, et fit acheminer 6,000 hommes sur le Ca Ces troupes réunies à celles déjà campées autour du fort Bélair s'élese ront à 10,060 hommes. Pierre Michel envoya à la municipalité, pa le capitaine Christophe, une leitre dans laquelle il demandait lanmis en hberté de Laveaux. En même temps, le capitaine Ameécy qui venait
annonça à le municipalité déjà efrayée, qu'une armée était prête à fondre sur la ville, si le gouverueur n'était mis hors de prison. Villate or donna aussitôt de conduire tous les bourgeois bläncs à la grande caserne; distribua des munitions à ses net H ft répondre : re la municipalité, à la lettre de Pierre Michel, ainsi qu'il suit: «Nous espé: « rons que la journée de demain ne "se passera pas, sans que nous « vous donnions de nouvelles satisfactions. » - 4
À minuit arrive une lcitre de Toussaint Louverture qui produit une forte sensalion dans la ville. Il damaudait aussi èn termes énergiquess la mise eu liberté du gouverneur. Le 24 Mars, dans la journée, la mu hicipalité, sous l'influence de cette lettre menaçante- élargit Laveaux; Perroud, et les auires prisonnie?s.
Le gouverneur n'étant pas en sûreté dans une ville qui lui était si hostile, alla établir son quar Ré général an haut du Cap, aprés avoir confié le commandement de la place au colonel Lévetllé. tj
Villate, de son côté, menacé par des forces vingt fois supérieures aux siennes, sortit de la ville à ta tête de 600 bomieds traversa le bac, passa par la Petite-Anse, et se retira au fort de la” Martellière | Laveaux le fit poursuivre pour le fäire arrêter; mais personne n'osa exécuter. ses ordres. Les postes Admèt®, Limonade, du grand et du petit Caracol, les camps Sauvage, Lcirou et Lamartelliére-se remuez rent en faveur de Villate. Pierre Michel et Léveillé demandérents | Marcler contre lui; mais Laveaux redoutant les suites graves d'u bataille, se conténta d'embarquer à bord de la Hiéna plusieurs de s partisans. 4
Le 23 Mars, Toussaint Louverture entra au Cap à la tête de deux bataillons et d’une nombreuse cavalerie. La ville était déjà inondée dé troupes noires presque nués. (Ces masses que Toussaint dominait
Eaveaux redoutant ‘une iusurrection dans le quartier de Caracol s.
Dre le siège de son gouvernement à la Petite Anse, ‘pour pro: “éger le Cap. Toussaint vint 4y trouver avec deux bataillons et 800 hommes de cavalerie. El fut résolu qu'une députation serait envoyée É: Villate, pour linviter à venir au Cap. Les députés partirent sui- “is d'une centaine de femmes. Villate les accueillit avee brutalité, et “leur dit qu'il voulait que Laveaux fût égorgé par les noirs mêmes qu'il Caressait. Cependant 1! consentit à accepter une entrevue avec Teous- “saint Louverture, mais à condition qu'elle eût lieu dans la savanne de Caracol. Celui-ci craignant des embüches refusa de se rendre au rendez-vous. Les femmes noires qui avaient accompagné la députation avaient été gagnées par les soldats de Villate. Quand celles rentrèrent na Petite Anse, elles parcoururent le bourg , en criañt que Laveaux et Perroud avaient fait venir deux navires chargés de chaînes pour “remettre les noirs dans les fers. Aussitôt les soldats qui étaient ac- Courus au secours du gouverneur, se ruërent contre sa demeure, demandant sa tôte avec fureur. La maison qu'oceupait La- “veaux fut assaillie ; il allait être sacrifié, quand Toussaint se présenta à la foule, l'entraina vers le magasin général, lui en ouvrit les porles ,et,la init à même de s'assurer qu'il n’y avait pas de chaînes. “Laveaux fut sauvé par Toussaint de la fureur des noirs ‘quon avait Légarés. Ilse rendit au Gap le 4% Avril (42 Germinal). Le même jour il installa Toussaint dans les fonctions de lieutenant au gouvernement de St. Domingue, au bruit solennel du canon de tous les forts. Toussaint l'embrassa avec effusion, l’appela cent fois son père. __Laveaux , touché de reconnaissance, le proclama en présence du peuple et de l'armée, réunis sur la place d'armes, Ie sauveur des 4h le vengeur des autorités constituées. Il s'écria en le montrant du doigt: « Voilà ce Spartaeus, ce noir prédit par Raynal, %« dont la destinée était de venger los outrages faits à toute sa race. » Toussaint s’'éeriait de son côté : aprés le bon Dieu, c'est Eaveauæ. Le gouverneur éleva au grade de général de brigade, chacun des colonels Léveillé, Pierre Michel et Pierrot qui s'étaient montrés dévoués à sa cause. L'événement du 30 Ventôse, un des plus importass de notre histoire, veut pour résultat d'établir définitivement la prépondérance noire dans le Nord et dans l’Artibonite. Dès lors les hommes de céuleur n'exercé- - rent qu'une autorité subalierne dans ces deux provinces. D'un autre côté, l'autorité des agens de la métropole devint presque nulle. Laveaux ne ut plus rien refuser aux exigenees de Toussaint Louverture qui de Ron entiérement. : Chaque officier supérieur noir devint un cacique qui nese soumettait qu'aux volontés de Toussaint. Quant aux efliciers “blancs, ils n’exercérent plus aucune influence sur les troupes : le général Pageot se vit obligé de supporter la licence la plus effrénée au Port-de Paix, et même de grandes dilapidations. On enlevait des armes des arsénaux , des habillements des magasins du gouvernement, sans en rendre compte aux autorités constituées. |
ENT FE Hs # : JE D'un autre côté, les eultivateurs voyant un des leurs entrer d Je gouvernement eurent plus de confgice en la France, et trav lèrent avec ardeur. La culture reéommença à RES ro la perspective d'un peu d'ordre. | Mais Laveaux noublia jamais l'humiliation que lui avait fait subi les hommes de couleur du Cap. « Dès lors il résolut la perte des « mulâtrés: c'était le projet de déporter tous les hommes de couleur, « leurs femmes, leurs enfans, depuis l'âge de dix ans jusqu'à cin= « quanie ans, projet écrit en ent de ‘a main de Laveaux. » *. h. Le général Villate, de son côté, retiré au fort de la Martellière, main: tenait l'ordre autogr ‘de lui, faisait respecter les voyageurs, les citeyens et les propriétés. I'entretenait avec dignité des relations de bonne amitié avec je mafquis de Casa Calvo, gouverneur du Fort Dauphin. Toussaint partit du Cap et se rendit au Gros-Morne: I y réunit tous les cultivateurs de la commune, ainsi que les conducteurs def habitations, et leur donna lecture lui même des proclamations du gou verneur Laveaux. Il leur fit ensuite un sermon sur Jésus-Christ et da Sainte-Croix. H s’efforça d 'humilier les gens de couleur afin qu'ils tinssent des propos pour qu'il pût les faire fusiller. Mais ils, eurent assez de sang froid pour se contenir. Cependant il en: fit éniprs os quelques uns qui s'étatent réjouis de l'arrestation de Laveaux et de Per roud; et jt chassa de sa présence les femmes qui vinrent lui demande : laur.grâce. 11 rentra aux Gonaïves le 43 Avril. 1 reçut, en cette vi ile , plusieurs dénonciations contre les gens de couleur du Gr qui ne cher “chaient, fui cerivait on , qu'à le perdre. H écrivit à La veauv : « Bien leur vaudra de m ajuster , car sils me manquetit :& les raterai pas ; et s'ils réussissent, ma cendre sera doublements eu: Fyée par ceux qui naturellement doivent me succéder. » Il dé noncça à Laveaux des concitiabules qui se tenaient au Cap, chez Chan: latte, et l’'exhorta à bei avec ses complices auprès ‘de lui, au Gonaives,
* Bonnet. Éo j
LA
: Sommaire. La Convention nationale se sépare-—Constitution de l'an 3.—-£Le direc-
toire exécutif installé —Ea faetion coloniale lève la tête aux Conseils des 509.— Le directeire lui résiste — Liufay, député de St-Domingue fait adopter en principe la proposition du directoire d'envoyer de nouveaux agens à St-Domingue.— Décret qui autorise le directoire à envoyer des agens dans les eolonies. — Sonthonax, Julien
Raymond, Leblanc et Giraud nommés commissaires pour St-Domingue — Attaque
infructueuse des Anglais contre Léogane — Rigaud et Bauvais font nommtr des
“députés au corps législatif — Arrivé de Roume à Sto-Domingo.—Il réconcilie: :6s
chefs républieains.—Don Fernando-Portillo y Torrès archevêque de Sto Len 3.
»— Le général Forbes établit des fortifications dans les montagnes qui avoisinent
le Port-Républicain-—Arrivée au Cap des commissaires eivils Sonthonax, Julien Raymond, Leblanc et Giraud.— Sonthonax accusé de vouloir rendre St-Domingue indépendant de la France.—Villate déporté —T'oussaint général ?9 divisien.—Son-
: ; - a: US £ - d re .
Pthonax distribue 20,000 fusils aux nouveaux Hbres— [nsürrection. des anciennes
bandes de Jean François à la Grande Rivière. — Sonthonax établit des écoles au Cap.—Départ des fils de Toussaint pour Franee—Pièce jouée au Cap sur la liberté générale.—Sonthonax exhorte les nouveaux libres au travail.—Laveaux prend possession du Fort-Dauphin ou Bayaha qui reçoit le nom de Fort-Liberté. —Rochambeau déporté —Service funèbre à la mémoire de Polvérel.—Succès contre les révoltés de la Grande-Rivière.—Lettre de Sonthonax à Toussaint. — Projet de Sonthonux de mettre le peuple de St-Domingue à l’abri des réactions de la métropole contre la liberté générale —Mission dans le Sud, de Leborgne de Boigne, Rey et Kerverseau, délégués de la commission eivile— Conduite des délégués aux Cayes. —Rigaud attaque sans succès le fort des [rois —Désfourneaux battu au camp Raymond—Doyon bat les Anglais près du camp Desrivaux —Lettre de Sonthonax aux
délégués dans le Sud.—Affaire du 28 Août 1796 — Massacre des blancs dans les
gampagnes des Cayes—Les délégués quittent les Cayes —Mission de Chanlatte et de Martial Besse dans le Sud—Sonthonax accuse Rigaud auprès du directoire exécutif de vouloir se rendre indépendant de la Franee.—Mésintelligence entre Toussaint et Sonthonax—Flections au Cap des députés au corps législatif. —Sonthôtiax, Mer
240 é à prsromme p'rairi.—( 1796 rv
l'Onest pour France. 2 Mission de on Pinchinat, Road &e. sont Etes pri sonniers par les Anglxis— [Le directoire approuve la conduite de Sonthonax à St Domingue. a confirmé ob de sions mil est récompensé de sa con .
ne la conduite de Rigaud, et ue qu elle pe e correspondra. plus avec 40 Bi gaud rend compte de son administration à lagent Roume résidant à Sto-Dominzo
La Convention nationale avait terminé ses glorieux travaux : elle avait" siégé trois ans et trente cinq jours. Avant de se séparer elle avait rédigé la Constitution de Fan trois (28 Septembre 1795 ) que le peus ple français accepta. Ceite conslitution avait créé le Directoire exé cutif composé de cinq membres, le Conseil des Anciens .et celui 2 Cinq Cents. Ces deux conseils exerçaient le pouvoir législatif. Les Directoire exéeutif fut installé le 4 Novembre 1795. (13 Brumaire Fe 8), et les cinq premiers directeurs furent La Réveillère-Lepeauxs Letourneur, Rewbell, Barras et Carnot , ee dernier ci-devant membr du comité de salut publie. Les déput és deS!. -Domingue Dufay, Mars. Belley, Garnot passèrent au Conseil des 500. Depuis la chute de: Robespierre, le parti royaliste levait la tête; tout en prenant si formes révolutionnaires , il attaquait avee hardiesse la plupart de ces hommes désintéressés qui, par des mesures énergiques , avaient sauvé la nationalité feançaise et les principes de 89. "Au conseil des Cinq Cents se trouvaient aussi de nombreux colons royalistes; Vaublanc 1 plus ardent de tous attaquait sans ménagement les actes de Lex-commis salre civil Sonthonax, et le représentait comme un monstre qui s'était” plu à faire égorger les blancs par les noirs. Vaublanc était particulièm rement soutenu par Tarbé et Bourdon de I Qise, qui avaient fat depuis: longtemps de vains efforts pour se faire envoyer à. S'-Domingue, comme comissaires civils. Le Directoire exécutif résista énergiquement à toutes les attaques qu ils dirigérent contre ses agens à S°-Domingues
Les cinq directeurs qui avaient été de zélés révolutionnaires , “02 : prenaient combien les mesures: que condamnait le parti royaliste , a. vaient été salutaires à da liberté tant en France qu'à S'.- Done iis proposérent. au conseil des 509 une loi par laquelle” ils devaient. être aulorisés à envoyer de nouveaux commissaires dans les colonies."
Dufay appuya cette prapostian et a fit adopter en principe. Enfin le 25 Janvier 1796 (5 pluviôse an À) 6 Directoire fut autorisé par an loi à envoyer dés agens See les colonies. Sonthonax, Julien Ray mond, Leblanc et Giraud, malgré les intrigues opiniâtres du parti royaliste, furent nommés commissaires civils pour $'Domingue. Le général Ro= chambeau reçut le commandement en chef de la partie ci-devant espæs gnole (12 Février 4796). Nous devons nous rappeler que Julien Rays mond, victime des persécutions de Page et de Brull ey, avait été em prisonné sous la terreur; le 5 Avril 4793 il avait été mis en liberté, RreTHamament en vertu d'un décret; mais, d'après jun rapport,
TE à ” L :
.. “A HISTOIRE D'HAITI.—( 1796 j | EZT
“Aù nom de Ja commission des colonies , et des comités de salut pu= blic, de législation, de la marine réunis, par Garran Coulon, député du Loiret , le 13 Mai 1795, la Convention nationale avait décrété qu’il
My avait pas lieu à inculpation contre lui, et que la liberté qui lui avait été rendue provisoffement demeurcrait définitive. |
… Pendant ce temps, la guerre continuait avec fureur à S'Domingue endre les républicains et les anglais. Ceux-ci qui aväient reçu d'Europe
“de nouvelles forces se résolurent à attaquer encore Léogane dont les
intrépides corsaires nuisaient prodigieusement à la navigation de leurs bâtimens marchands. Les républicains avaient capturé plusieurs navires de l’Arcahaie. Quelques royalistes qui avaient été faits prisonniers séchappérent, vinrent au Port-Républicain et annoncèrent au général Jorbes que les anglais avaient à Léogane de nombreux partisans qui :
e la ville, si la place était attaquée, Ce rapport détermina Forbes à
Fr mentraient disposés à opérer une diversion en leur faveur au sein
“hâter le départ de son expédition. Du 47 au 18 Mars 1796, une di-
ision de troupes anglaises s’embarqua au Port-Républicain et fit voile
“pour Léogane. Le 18 elle débarqua à la Petite-Rivière, et se forma en
deux colonnes de 2500 hommes chacune. Léogañe était eommandée par Renaud Desruisseaux , et renfermait une garnison de 800 hommes de la légion de l'Ouest. Le fort Ça-Ira qui en protège la rade était com- -mandé par le lieutenant colonel Pétion de la légion de l'Ouest. La flotte anglaise, sous les ordres de l'amiral Parker, eanonna vigoureusement le fort Ça-lra, pendant que Forbes et Montalembert se dirigeaientsur là ville. Elle
“était composée de neuf bâtimens, la frégate la Cérès de 32 canons, capitaine
Newman, le sloop le Lark de 16 canons, capitaine Opily, la frégate l'Iphigé-
“nie, de 32 canons, capitaine Gardner, les sloops le Corniorant et la Sy-
rène; lé Serin, de 16 canons, capitaine Guérin, les vaisseaux le
“Swifisure de 74, le Leviathan de 74, l'Africa de 74, commandés par
les capitaines R. Parker, Duckworthi, et Rod. Home. *
Le Leviathan, l'Africa , le Swifsure, inalgré une canorinade soutenué de 4 heures contre le Ça-fra, ne purent éteindre le feu de cette redoute qui n'était armée que de 4 pièces de canon. Le commandant Pétion, dont l'artillerie était bien serie, répondit si heureuses nent au feu de l'amiral Parker, qu'avaüt la fin de la joürnée l'eséadre, profitant d'un vent de terre, rompit sa ligne d'embossage et älla mouiller au large. Le Leviathan compta cinq hommes tués et douze blessés ; l'Africa, un homme tué et sept blessés. Ges deux vaisstaux “avaient eu leurs mâts, leurs vergués si maliraités qu'ils firent voile pour le Port-Royal de la Jamaique: FD SMS | |
Pendant ce temips le général Forbes avait cerné Léogane. IL com-
“mandait en personne l'aile gauche de son armée, quis était établie à
“Dampus ; la légion d’York qui formait l'aile droite occupait les bois “de Delval, et était exposée au feu du poste Miton. Les Anglais étaient
. * Bulletins anglais, 6,
PTE : LOU | edit bhantiiet 1796 Le
les maîtres de toute la plaine. Le quatrième jour, après heu aupil quemènt ils dressérent contre la ville une batterie de 4 pièces de 24, et d’un obusier. Après une canonnade de moins d'une heure, le,
major Greem donna assaut au fort Laroche et fut repoussé avec pertes par le commandant Dupuche. Le troisiè®® baiaillon de fa légion de. l'Ouest fit une vigoureuse sortie, eulbuta les Anglais et leur enleva. deux pièces de canon; la cavalerie d’un autre côté chargea la légions d'York qui fut poursuivie Jusqu'à l'embarcadère de l'habitation Boss san. Au commencement de la nuit, 2,000 hommes de troupes eus ropéennes sortant du Port Républicain , vinrent déboucher dans la saw vanne de Dampus. Les Anglais renfor cés se disposaient à donner un assaut général à la place le lendemain, au point du jour, lorsqu'ils arrétérent un courrier venant du Sud dont les dépèches AU que Rigaud était arrivé au Petit-Goûve, à la tête de forces imposauss tes. Dans la nuit du 21 au 22 Mars y le général ne à leva le. siège ei se retira au Port- -Républicain. n À
Quoique le commandaut Pétion eût eu la plus grande He à la belle“ défense de Léogane, l'on ne fit aucune mention de lui dans la relation \ officielle de €e siège. Pétion s'était créé de nombreux ennemis ét condamnant la conduite que Villate avait tenue dans le Notd contre ï Vin gouverneur Laveaux. v n
Le jour qui suivit Ke départ des Anglais, le général Rigaud arriva | à Léogane. Bauvais parlii de Jacmei èt vint l'y rencontrer. Is réso Jurent de convoquer des Assemblées s primaires pour la nomination des" députés au corps législatif, quoiqu'ils n'eussent pas encore reçu ofli= <ciellement la Constitution de l'an HI. L'Assemblée électorale de l'Ouest se réunit à Léogane, et nomma deputés Reydelmas et Fontaine ; cat du Sud réunie äux Cayes le 9 Avril nomma Sala, blanc, Pinchinat ; Julien Raymond, Décand, blane, George Pierre noir, et Daniel Gélee, | mulâtre. Ces députés ne larderont pas à s’embarquer la plupart pour + la Métropole dont l'attention se ponait sérieusement sur $! Domirigue. \ Le directoire exécutif venait de nommer commissaire pour lan eienne colonie espagnole , ‘le citoyen Roume qui s'embarqua à Cadix, # et arriva à S° Doiningo le $ Avril 1796. I était chargé d'y repré- à senter la France, jusqu à ce que celle ei put en prendre possession , en Yu envoyant des forces. D'une humeur douce, sans préjugés de caste,sm il apprit avee douleur l'animostié qui régnait parmi les chefs républiss
* Je ne suis pas surpris que la fermeté et la franchise de votre caractère, votre entier dévouement aux organes légitimes des lois de la Républiquess vous aient. fait des ennemis. Je sais que depuis longtemps vous êtes sour# dément persécuté par les factieux; je m'ignore poiut que vous avez eu la “plus grade part aux succès contre les anglais au siège de Léogane en ger
.«minal dernier [ Mars ], et que par la plus injuste partialité , la relation de ce siège u'@fait aueune mention de vous. (‘Lettre de Sonthonax à Pétion "chef du bataillon d'artillerie ; à Léogane , 10 Nivôse an 5 .(20 Décembre 4796.) + +.
Do +.
5e nisrôtRe pravri—( 1796 ) $48
“cins , depuis l'affaire du 30 Véntôse. Il écrivit, en conséquence ; le …11Ma4796, aux genéraux Laveaux , Villate, Rigaud, Bauvais et Tous=° Saint Louverture, d'oublier le passé ét de fraierniser en bons républis cains. : Ces généraux envoyèrent à S Domingo des députés qui, en. “leur nom , jJurèrent entre les mains de Roume d'observer la plus par- “faite intelligence entre eux, et de diriger ensemble et de: bonne foi tous leurs efforts contre des Anglais; ils s’embrassérent. par l'entres mise de leurs représentans, = | | … Les nobles et lès prêtres espagnols voyaient avec douleur à Santo: “Domingo, le commissaire Roume dont le langage et les arrêtés ne pous vaient que nuire à leurs anciens privilèges. Don Fernando Portillo-ys - Torrès ; archevèque de Sto-Domingo, ordonna à tous les prêtres d’évaeuer Pile, -etvd'enlever tout le mobilier des églises et des communautés: - CéMne fut pas sans peine que Roume parviit à neutraliser de tels “ordres, et à érhpêcher les plus grands désordres. Il fut obligé de - flatier le clergé et de lui faire des concessions. > | y "Les républicains enhardis par les nombreux succès qu'ils avaient “obtenus, se répandaient déjà dans les montagnes qui avoisinent le Port- Républietin, et inquiétaient séricusement cette place. Le général Forbes sentit la nécessité de protéger la ville du côté des montagnes; il fit fortifier le morne Grenier à deux lieues du Port Républicain, la. Coupe et toutes les hauteurs environnantes; il établit des camps à St.-Laurent, à Boutillier , et employa plusieurs semaines à armer de “canons toutes ces fortifications. | spidhé Pendant ee temps des armemens assez importans se faisaient à Brest et à-Rochefort; et, dans les premiers jours d Avr“ 1796 une escadre française portant 4200 hommes de troupes tant de volontaires natiohaux.que d'artillerie, 20,000 fusils, 400,000 livres de poudre, douze piéces de campagne , partit des ports de France en deux divisions: lune commandée par le chef de division Henri Alexandre Théwenard, apparcilla de l'ile d'Aix le 6 Avril; elle était composée des vaisseaux le Fougueux et le Waiigny, de 74; de la frégate la Vengeance, de 40; et de la corvette le Berceau de 20; elle portait les 4 “Commissaires civils Sonthonax, Giraud, Raymond, Leblane, le gé: nérai Rochambeau, des adjudans:généraux Kerverseau, Duport du Tertre, les généraux de brigade Mirdonday, Desfourneaux , Martial Besse, “Bédos , Lesuire, le commissaire des guerres le Borgne et le général IChanlatte qui sortait des prisons d'Angleterre; et Hautre division na- Nale, commandée par le capitaine Guillaume Thomas, partit de Brest. lle était composée de la frégate la Méduse de 40, de la frégate l'Insur- “sente de 36, de la corveite la Doucereuse de 20, et 8 bâtimens de transport. “La concorde paraissait renaître parmi les chefs républicains. de ia “colonie: elle se fut peut être maintenue quelqne temps , si l'arrigée de “Sonthonax, moins conciliant que ERoume, de prinçipes plus sévères , Mn'avait de nouveau agité toutes les passions,
gif . ÉISTGIRE D'HAITT (1756 ) L'escadre traversa la mer sans PR et arriva à $S4, Domingie le 12 Mai. Les commissaires civils, d' après l’article 156 dela constilution, devaient exercer les mêmes fonctions que le Directoire ; tout en lui demeurant subordonnés. « Ils étaient chargés spécialement « d'anéantir les préjugés de couleur , et de réaliser dans la dispensa- « tion équitable des grades et des emplois , le grand principe de Lé-, « quité politique, et de purger la colonie des anglais et des émigrés. »
Dés que le vaisseau le Watigny mouilla dans la rade du Cap, le gouverneur Laveaux s’y rendit et eut une longue conférence avec Sons thonax. Dès lors la déportation du général Villate fut résolue.
On se rappelle que Sonthonax était parti de la colonie en 1794, plein d’indignation contre les anciens libres qui en grand nombre avaient embrassé la cause des Anglais. Il était revenu avec une idée fise cm celle d’anéantir :complètement la prépondérance politique des ne de couleur, et de confier toute l'autorité aux émavucipés de 1794, les jugeant seuls capables d'un sincère dévouement à la France répus | blicaine. |
Il ne songea jamais à l'indépendance de Si. Domingue , comme ilen a élé accusé par les colons, par Rigaud, par Toussaint lui-même dont % il contrariera l'ambition. 11 voulait que la colonie eût une constitution spéciale, et que. dans cetie constitution la liberté des noirs fut consacrée tellement que ceux-ci n’eussent pas à redouter les réactions de la métropole contre la liberté générale. Car il voyait le parti colonial déjà si puissant, en France, sous le Directoire, qu'il redoutait ce qui arriva, sous le Consulat, lorsqu’ en mai 1802 le corps législatif rétablit l'esclavage.
Il débarqua au Cap avec ses collègues, au milieu d'une grande S0- À Jennité. Les noirs se transportèrent en file au-devant de Jui, agi-M tant des palmes et aux cris de vive la République !vive la liberté gé« nérale ! vive Sonthonax ! Les nouveaux libres, en général , l'adoraient, le soir et le matin, dans leurs familles, ils apprenaient à leurs en fants à prier Dieu pour Sonthonax. |
Giraud et Leblanc, aussitôt après leur arrivée, commencèrent à s'é loigner de Sonthonax dont les passions violentes les effrayaient. Mais Raymond, homme de couleur et commissaire civil, en suivit- le systèe me politique. ï
Sur les plaintes de Laveaux, la commission civile a0pdis au Cap le… général Villate, pour qu'il rendit compte de sa conduite. Le peuple renorait les dispositions hostiles de Sonthonax à l'égard de ce général 1 Villate partit du fort de la Martellière, et vint au Cap avec quelques ofliciers. Dès qu'il se présenta aux portes de cette ville, quil «avai sauvée plusieurs fois par son grand courage, tous les anciens Libres noi el jaunes et presque tous les bourgeois blancs, se précipitèrents au-devant de lui, le pressérent, le couvrirent de lauriers , l’accompas. gnérent au Palais National , aveg de at acclamalions ; ek aux ais
éatéix
HISTOIRE D'HATTI.=—{ Fa ) 245
de Vive la Rép ublique , vivent les commissaires civils , vive Villate,
le sauveur du Cap! Ce fut pour Jui un vrai triomphe.
Cet enthousiasme, ces cris d'allégresse, attirèrent Eaveaux sur læ
place du gouvernement. Dans son indignation , il lança des dragons sur la fou le qui fut dispersée. Après avoir élé entendu. pendant deux
héures par la commission civile, Villate fut renvoyé à la Martcilicre, malgré les efforts de Sonthonax pour le faire arrêter.
Celui-ei déjà en mésintellisence: avec ses. collègues Leblana et Giraud, resserra ses liaisons avec Raymond, s’attacha l’adjudant-général Mentor, noir de la Martinique, d'un esprit cultivé, et les généraux de brigade Pierre Michel, et Léveillé. ;
Quant à Roume , aussi membre de la Commission , il devait se tenir
à S°-Domingo eomme nous l'avons dit, jusqu'à la prise de possession | # la colonie espagnole par les troupes françaises. À ". Sonthonax dominant au Cap, sans obstacle, se: laissa aller à toute
Panimosité qu'it entretenait contre les anciens libres et même contre les créoles blancs. Excité par Laveaux et Perroud, il ne craignit pas de casser la décision de la commission civile en faveur de Villate ; ‘et d'arrêter le 45 Mat (26 Floréal an 4) qu'il serait envoyé en arrestation à bord d’un des vaisseaux de la rade. Villate continua à demeu- - rer à la Martelliére. Alors Sonthonax le mit hors la loi, ape de lui courir sus et de l'emmener mort ou vif. | Ces mesures que les passions politiques dictaient , (car la première dégision de la commission civile devait être respectée), jetérent le dé- -sespoir dans la classe des anciens libres qui furent sur le point de courir aux armes. Sonthonax se vit contraint de révoquer sa proclamation. El réunit Îles. généraux Chanlatie, Laveaux , Toussaint, Pierre Michel, Léverllé, et après les avoir entendus, arrèta conjointemen tavee Raymond , le 18 Mai, que Villate serait arrêté @t conduit à bord du Watgny. Villate vint au Cap et se rendit à bord de la frégate la Méduse ; vingt huit de ses principaux partisans furent arrêtés et envoyés sur la corvette la Hiéna. Ils partirent pour France, et furent emprisonnés à eur arrivée à Rochefort. Tous ces événemens import ANS CU» rent lieu dans la semaine qui suivit le retour de Sonthonax à Saint. Domingue.
Pour récompenser Toussaint de la conduite qu'il avait tenue envers Laveaux, dans l'affaire du 89 Ventôse, et pour le mettre au-dessus de tous les officiers anciens ibres, la commission eivile le proclama "général de division. | Sonthonax fit distribuer aux nouveaux libres 20006fusils neufs. H disait à chacun d'eux en lui remettant une arme: « voici ta liberté que te donne Sonthonax ; celui qui t'enlèvera ee fusil voudra te rendie eslave. » Il disait aux cultivateurs: « travaillez; mais n'oubliez pas que personne n'a le droit de vous forcer à disposer de votre temps <ontre votre gré, » EH écrivit à lous Ics commandans d'arrondisse-
246 WISTOIRE D'HAITI.—( 1796 ).
mens et de communes de ne pas maltraiter les laboureuré,. de ne pas les enrôler , et de les laisser cultiver leurs champs. Par”un arrêté," il ordonna d’arracher une chaîne et un carean fixés dans une des mai: À “sons du Cap, afin quil n exislät ss dans la colonie aucun signe dem l'ancien esclavage. it 160
‘Il commit là faute de distribuer aussi des méritent à tous les culti- « vateurs de la Grande Rivière et de Vallière qui avaient formées bandes de Jean François, et étaient des ennemis acharnés de là Ré publique. Ces hommes ,. à linstigation des Anglais, se soulevérent dans les montagnes, et recommencérent une lutte sanglante contre autorité nationale. Ils firent aux républicains une guërre de parti sans portant le drapeau blanc, et prirent le nom de Vendéens de St. Domingue. À
Toussaint équipa avec les armes qui étaient arrivées de France dix demi-brigades qui fournirent un effectif de plus de 16,000 hommes 1 La 9° et la 10° furent organisées au Port-de- Paix et dans les mon- \ tagnes qui avoisinent le Mirebalais. | 14
Rigaud , de son côté, ayant appris la conduite de Sohthona à à . Pégard des hommes de couleur du Nord, se tint sur $es gardes, et. administra le département du Sud presque dans l'indépendance de l'au- + toriié du gouverneur Laveaux. {
Sonthonax établit au Cap des écoles que les jeunes gens noïrstet jau-" nes de toutes conditions fréquentèrent. Il les exhortait à s’instruire afin de se montrer dignes de la liberté dont ils jouissaient. On leur enseignait outre les élémens ordinaires, l'histoire grecque et la ro maine; ils employaient plusieurs heures , chaque jour, à chanterles » hymnes patriotiques. Il en envoya un grand nombre en France, qui M entrérent dans les écoles du gouvernement. Pour contraindre les noirs ? et les hommes de ‘couleur ci-devant esclaves à apprendre à lire et à écrire, il annonça qu'il ne délivrerait aueun brevet d’officier aux ci toyens qui ne pourraient signer une pièce queleonque. Alors dans chaque maison du Cap, on vit pour ainsi dire, une petite école, où des hommes même de 50 ans s'efforçaient d'apprendre à lire et à éerire.
Le citoyen Raymond se chargea particulièrement de tout ce qui é* tait relalif à l'instruction publique. On publia au Cap un journal officiel intitulé l'Impartial, dans lequel la commission fitimprimerses arrêtés et ses proclamations; et un comité d'instruction publique. fut établi, : Les cultivateurs qui comprenaient combien l'instruction était nécessaire à la conservation de la liberté, demandèrent à Sonthonax de jeunes enfans européens sachant lire et écrire; pour les instruire
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faites Hé RL ec EI T7
Toussaint envoya au Gap. son fils Isaac et son beau fils Placide , et . annonça à Sonthonax qu'il voulait les faire partir pour France le plus | tôt possible, pour qu'ils fussent placés dans les écoles nationalesM Le 12 juin, Sonthonax lui écrivit que ses fils ne partiraient pas sur la corveite la Hiéna , voulant qu'ils se rendissent en France sur ua”
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SE
HISTOIRE D'HAITI.—( 1796 ). oo $ bâtiment de fürce, afin que les enfans d’un des plus fermes soutiens de la libertés à St.-Domingue , ne fussent pas exposés à retomber dans l'esclavage: ile lui annonça qu'ils partiraient sur le vaisseau le Wati- Sony de, 74,.assez rédeutable pour forcer les lignes anglaises. En effet “quelques semaines après ce navire appareilla, et emporta ces. deux “jeunes gens qui furent placés en France au collège de Liancourt. … Sonthonax-fit jouer au Cap, dans une maison particulière, une piè- “cerintituiée la Liberté Générale ,, dans laquelle sl fit figurer Page, ; Brulley ; Earchevèque Thibaud qui avaient pris à Paris le titre de com- (émissaires de St. Domingue. (Ces personnages étaient représentés aux énouveaux libres comme les ennemis les plus implacables de leur liberté. “La plupart des blancs du Cap s'indignérent de cette représentation, “et prétendirent que Sonthonax voulait rendre: odieux’ aux noirs tous “les anciens propriétaires de St. Domingue, qu'il soufllait le poison dela “vengeance contre les malheureux. blancs, et appelait le poignard sur leurs têtes. Ils écrivirent en France quil excitait les noirs à la li- “cence, en faisait des vagabonds et des assassins. Cependant Sonthomax écrivait sans cesse aux commandans de sections, d'exhorter les cuitivateurs: au-travail, afin que les enfans de la liberté vinssent à “sentir qu'on ne peut la conserver qu'en gagnant de quoi la défene dre.* Il réprimanda plusieurs fois le colonel Moyse qui dans le quar- “tier où 11 commandait détournait les laboureurs de leurs travaux en “les enrdlant ; il refusa même de lui faire délivrer à l'arsenal du Cap, 300 fusils qu'il avait demandés pour armer de jéunes cultivateurs “eutrés dans la 5° demi-brigade coloniale. | - Pendant cet intervalle, 11 était arrivé au Môle St-Nicolas un renfort considérable de troupes ; il s'élevait à 4,000 hommes, sous les ordres “du brigadier-général Howe. Les Anglais profitant de l'arrivée de ces nouvelles troupes en dirigèrent une partie contre Bombarde. Cette “paroisse, parfaitement plantée de vivres de toutes espèces , devait être “dune haute importagce pour la garnison et la flotte du Môle. Bom. barde est à cinq lieues du Môle, et le seul chemin par où on peut y “aller avec de lPartillerie était rempli de barricades faites de, grands “arbres renversés et d'énormes pierres. Quand les Anglais se mirent- “en marche, le vent soulevait d'épaisses poussières dans le. grand cleminin. ls arrivèrent au nombre de 2,000 devant le fort qui protégeait Je bourg , à midi, à travers une atmosphère brûlante, sans avoirren; nm “contré une gouite d'eau. Bombarde était OCCUPÉ par 300 allemands “où sang-mélés d’allemands et d'africains qui en étaient les habitans. “Aprés une heure de combat la garnison capitula. (44 Juin 1796 ) Les “anglais compièrent 8 hommes tués tant officiers que soldats et 18 “blessés. Mais, peu de jours aprés, assaillis de toutes parts par Île b 2 | ( 4 * Lettre de Sonthonax à Noël, ‘commandant de la garde nationale du Don-
don — ses lettres à plusieurs autres officiers noirs,