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général Pageot qui commandait au Port-de-Paix , ils farent d'évacuer le bourg, après avoir perdu 400 hommes. ; En même temps, “le gouverneur Laveaux se rendait avec quelques trou à pes au Fort- -Dauphin ou Bayahaà, et en prenait possession au nom de la Ré publique, le 44 Juin (26 prairtal an 4). La commission civilearrêta que Fort” Dauphin serait appelé Fort-Liberté. Cetie nouvelle dénomination plut aux noirs de cette ville qui donnèrent de magnifiques fêtes au gouverneur Laveaux. Cêlui-ci arma aussitôt le fort Labouque , ainsi que“ la batterie de l'Anse. Le jour qui si l'entrée des républicains (154 Juin) les troupes espagnoles évacuérent la place; elles s'embarquérent pour S° Domingo, sur quatre vaisseaux de l'escadre du marquis d'EEN Socorro- ‘4 Peu de jours après la commission civile se détermina à envoyer la général Rochambeau prendre possession de S.° Domingo , à la tête de quelques forces. Celui-ci avait été nommé, comme nous l'avons vu 4 commandant en chef de la partie espagnole, par le directoire exécutif, à le 42 Février 4796. Sonthonax écrivit au général Bauvais ,à Jacmel, ; de tenir, aux ordres de Rochambeau, 200 hommes d'infinieis de lé F légion de l'Ouest; et à Rigaud, dans le Sud, de faire partir pour len Cap, 800 grenadiers de là lésion du Sud, destinés à aller tenir gare nison à S.° Domingo. Ces deux généraux se montraient peu disposés \ à exécuter les ordrés du commissaire civil qui, pensaient ils, VOUlait les affaiblir pour mieux les écraser ; ils lui avaient même fait des. observations au sujet de ces envois de troupes, quand une sérieuse mésintelligence éclaita entre Rochambeau et la commission civile. Ro ehambeau ne voulait pas, en se rendant dans la partie espagnole , frois-« ser des populations déjà hostilét , en y implantant les lois et les usa | ges de la République. Sonthonax voulait que les aristocrates de cette colonie fussent traités eomme ceux de tous les autres points de lam République ; ; que l'autorité y fut livrée aux esclaves dont la liberté se rait proclamée. Ce fut en vain que Rochambeaugui fit observer que 3 la Politique exigeait une manière d'agir moins violente. Il finit par refuser d'accepter le plan de conduite que lui avait tracé [a commus- À sion civile. Il excita contre lui:même le général Toussaint en letrai-. tant d'ambiteux, d’ennemi des blancs ; il se plaignit des dilapidations des chefs noirs et de couleur qui, disait. il, disposaient des hommes et des choses dans tous les arrondissements où ils étaient de véritables caciques ; et il accusa Sonthonax de favoriser les nouveaux libres au détriment des blanes. Le 21 Juillet, la commission civile arrêta que Donatien Rochams« beau, général dixisionnaire , serait à l'instant arrêté et conduit à bord de la Corvette le Berceau, -pour y être détenu, à la disposition de las commission jusqu'à ce qu'il en fut autrement ordonné, sous la respons sabilité personnelle du capitaine de cette corvette. Rochambeau s'em “barqua, et partit pour France ie 26° Juillet. Quand il arriva à Bor=« deaux, il fut emprisonné au Ghateau du Hà. Il fut mis en liberté"
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HISTOIRE D'HAITI.-—{ 1796 } 249 “après n'y ètre resté que douze jours. Sonthonax écrivit au commissaire civil Rôume à S°-Domingo quil allait envoyer Laveaux prendre possession de ectie ville. | La commission civile fit célébrer au Cap, une grande solennité fumébre à la mémoire de Polvérel. Le gouverneur Eaveaux fi battre la générale; tous les citoyens prirent des armes, et le service fut chanté, au milieu des détonnations de l'artillerie et des acclamations du peuple qui laissa éclater un enthousiasme presque aussi grand que le jour de la proclamalion de la liberté générale. Déjà le général Bauvais avait fait célébrer un pareil service à Jacmel.
Pendant ce temps le délégué de la commission civile au Port de-Paix, Albert, s’efforçgait à porter les cullivateur$ au travail, poursuivait avec acharnement les agitateurs. Toussaint de son côté, enlevait Banica aux
Anglais; et la corvette la Méduse, en croisière, Fentrait au Cap avec “cinq prises anglaises, 450 prisonniers, 2,400 fusils, ‘et de nombreux habillémens de troupes. Les frégates. la Raiileuse, la Renommée, J'Insurgente , l'Harmonie, la Méduse, croisaient alternativement. Moline, homme de couleur, armateur et corsaire, Inquiôtait considérablement le commerce anglais le long des côtes de la colonie.
Les révoltés de la Grande Rivière qu'armaient et que soudoyaient les Anglais, pénétrèrent à S' Rose, assassinèrent Gagnet, le commandant du bourg , et se livrérent aux plus grands oxcès. En même temps les Anglais prirent sur les républicains Banica et Lescahobes, et massaererent la plupart de leurs prisonniers. Moyse assailli au Dondon, par les insurgés de la Grande Rivière, s’y maintint avec péine étant privé de munitions. Les généraux Pierre Michel et Léveillé, après avoir combiné leurs opérations marchérent contre les révoltés, les culbutèrent, les repoussérent au loin, et leur enlevèrent le camp Charles Scc.
Cependant Toussaint était un peu découragé ; ses soldats abattus par les privations de tous genres, allaient au feu sans enthousiasme ctétaient depuis quelque temps souvent batius. I se plaignit à Sonthonax de la détresse de son armée. Le commissaire civil lui répondit: « L'é- « at de détresse que vos troupes éprouvent en ce moment est. une
suite malheureuse, mais inévitable des guerres que la liberté soutient contre le despotisme. S'il était nécessaire de vous citer des exemples à l’appui de cette vérité, j'en trouverais à cliaque page de lhistoire de tous les peuples qui ont combattu pour leur indépendance. À Suratoga, 2,000 Américains, sans habits, sans bas, sans souliers, ont, sous les ordres du général Gates , fait prisonniers 9,000 Anglais commandés par Burgoyne. A la retraite de Charlestown , les Anglais suivaient les Américains et Washington à la trace du Sang de leurs pieds. Les Français dans la lutte terrible qu'ils ont eu à soutenir contre l'Europe entière ont supporté tout le poids de ia guerre et toute la rigueur-des saisons, presque nus, sans argent et souvent sans vivres; l'armée du Nord a fait au milieu de l'hiver
«le plus cruel la conquête de Ja Hollande, bivotiaquant. toile les. « nuits sur les neiges et sur les glaces. Notre révolution, cénemll »i « est remplie de ces traits sublimes de dévouement; ce nest pas pour « Vous que je les rappelle, accoutumé depuis longtemps à à tout souf.… frir pour la cause de la liberté; quelques sacrifices que la Palriat vous demande encore , ne a pas capables. dé. vous. arrêter au milieu de vos glorieux. travau 4 « Mais rappelez- -les, ces ete, héroïques , AUX républicains que Fous à « commandez ; qu ils servent à soutenir leur courage, et à leur faire. « attendre avec une nouvelle constance l'instant où ils poursall jouirtw
« d'un sort plus heureux.
« Nous aimons à le croire; il n’est pas éloigné ce | moment or aE 4 « et combien alors ils SCHONE fiers de Îcurs sacrifices , tandis que. les.
« Jâches, vendus aujourd'hui aux ennemis de la liberté, ne- recueille“
« vont dautre prix de leur confiance que l'esclavage et la hainede 2 « leurs. fiéres. Le titre dé congos lout nus que leur donnent Îles sas « lolites de l'Angleterre , loin de les avilir,. les honore; les soldats « des despotes aussi trailaient de carmagnoles , de sans culottes ceux de 4 « Ja République, qui ont immortalisé, le nom français. ÿ ete
Toussaint grandissait chaque jours son UE s'était prodigieusez. ment développée; il désirait secrètement remplacer Laveaux gouverneurs
et conmandant en chef des troupes. de la. colonie. Sonthonax qui evoyail pouvoir en faire: l'instrument de sa politique, entretenait som «
ambilion en la flattant; il lui laissait entrevoir la possibilité de parvenir à la première dignité coloniale; mais, il rencontrera en lui un obs=s
tacle d'autant plus dif ficile à surmonter -que les colons l'auront dressé
en haïne-des p rincipes révolulionnai: res.
Sonthonax qui sacrifiait tout à la liberté des noirs, lanes et Dep [4 mes de couleur, commençait déjà à parler à Raymond , son collägue. { d'une Constitution coloniale par laquelie S°- Domingue se régirait selon .
ses mœurs, ses localités, son climat. La France n’eût exercé qu'une:
suzeraineté sur la colonie, et eût été obligée de respecter les dignités” . qui eussent été conférées par l'Assemblée coloniale. Les nouveaux li-« bres inhabiles dans l'administration des affaires publiques, auraientew,
besoin d'être guidés dans le nouvel ordre de choses , qui pouvait s'établr; une. tutelle leur serait devenue néce essaire ; on ne peui 5 empés cher de reconnaître que Sonthonax eül voulu exercer celte tuteiles Mais Toussaint qui comprenait fort bien ce qu 1 y avait d'avantageux
pour sa castle dans l'exécution de ce projet, se sentit capable de lac M complir. Son ambition contrariée par -eelle de $Sonthonax fera naître la fplus grande animosité entre lui et le commissaire civil, quicédant à la force numérique se verra contraint de quitier la colenie. Déja le
* Lettre de Sonthonax à Toussaint, RO D A À