‹ Histoire d'Haiti (volume 3)Chapitre 47 sur 57 · A, NACRE · texte numérisé non relu

A, NACRE

lorsque de plus heureuses. circonstances se présenteraient. On prétend qu'il redoutait alors prodigieusement le Directoire, Surtout depuis le débarquement du général Bonaparte en Egypte , débarquement que les Anglais n'avaient pu empêcher. +

Ce que nous avançons esl constaté par toutes nos traditions ; et ce projet de Toussaint de proclamer l'indépendance de St. Domingue est

la plus noble de ses conceptions aux yeux des haïtiens. Sa Constitution coloniale qui provoqua l'expédition de 1802, fut presque unacte d'indépendance; avec un peu plus de hardiesse, il eût enlevé à Dessalines toute sa gloire. Le général Pamphile de la Croix rapporte

dans ses mémoires qu'ii a lu au Palais national du Port-Républicain,”

lors de l'arrivée en cette ville de la division Boudet , le traité secret.

qui avait été fait entre Toussaint et Maitland.

Le général anglais retourna au Môle St. Nicolas au milieu des plus grands honneurs. Il fit passer dans les rangs de l'armée répubhi= caine toutes les troupes coloniales qu'il avait réunies au Môle St. NE colas, aprés leur avoir compié d'avance six mois de soide : elles devaient êtreemployées plus tard au triomphe des intérêts anglais. Toussaint les traita bien, s’en fit aimer, et grossit son armée de six mille

hommes de bonnes troupes que le général Rigaud avait dédaignées. Plus

tard, sous les ordres du chef noir, elles combattront le général de couleur.

Les vaisseaux anglais appareillèrent pour la Jamaïque. Beaucoup

de chefs noirs ét de couieur eniré autres Jean Kina et Lapointe éva= éuèrent St, Domingue avec les Anglais. Jean Kina fut magnifique: ment traité par le gouvernement britannique , ainsi que Lapointe. Mais celui ci, après avoir cissiné sa fortune , reviendra en Haïti sous le Président Pétion. Al y jouira de tous les droits du citoyen-haïtien,

en sa qualité de sang-mêlé. Quant à Maitiand, il se rendit en An-.

gleterre pour présenter à S. M. B. les bases d'un traité définitif avec Toussaint Louveriure. | L'armée républicaine prit possession du Môle qui était alors une ville riche et florissante ; eile ne s'y livra à aucun excès. Toussaint qui avait été séduit par le général Maitland , ne cessait de

répéter : « La République ne m'a jamais rendu autant d'honneurs que

a le roi d'Angleterre. » | 44 De 1793 à 1798 Îles Anglais avaient éprouvé des pertes considéra- Fables à St. Domingue. Des seize-mille hommes de troupes coloniales

qu'ils y avaient organisées , il ne leur était resté que six mille. Quant

aux troupes blanches, les maladies et le fer les avaient tellement moissonnées quelles s'étaient trouvées réduites au moment de l'évacuation à deux-mille hommes environ.

De 1793 à 1798, il était débarqué à St. Domingue , (outre plusi-.

eurs bataillons de la Jamaïque), les 81° et 96° régiments venant d'Irlande, le 82° régiment de Gibraltar; les 66° et 69° accompagnés de 450 artilleurs venant aussi de Gibraltar sous les ordres du général

Bowÿer; quatre regimens d'infanterie au grand complet , et de forts.

détachements de deux autres corps’ arrivés de Cork, sous les ordres.

du général Whyte ;. trois régiments de cavalerie allemande et hollan-.

daise, deux compagnies d’arullerie anglaise, et un détachement d’ar-.

tillerie hollandaise ; toutes ces troupes s'éleyèrent à 15,000 hommes, soldats européens,

HISTOIRE D'HAITI.—( 1798 ) sis

À peu près la moitié de «ces régimens périt victime de l'influence meurtrière du climat. Six-cent trente hommes du 82° régiment furent enlevés par la fièvre jaune peu de semaines après leur débarquement; le régiment de hussards qui s'élevait à 1000 hommes fut ré-

duit par la peste en moins de trois mois à 350 hommes; le 96° régi.

ment fut presque en entier enlevé par les maladies. En Septembre 4796, les registres de mortalité présentaient une diminution de 7530 hommes de troupes européennes seulement. Les Anglais n'avaient perdu dans les combats, dans un espace de cinq ans environ, que 5500 hommes , de troupes blanches. Quant aux troupes coloniales noires et jaunes recrutées à St. Domingue , elles perdirent une dixaine de mille hommes: elles formaient toujours la droite des colonnes anglaises.

De 1793 à 1798 , le gouvernement britannique dépensa vingt millions de livres sterlings et perdit vingt trois-mille homimes, enlevés par la peste ou. morts dans les combats, y compris les dix-mille hommes de troupes coloniales.

Le chiffre de son armée s'était élevé à trente et-un-mille hommes dont 15,000 soldats eurppéens , et 46,000 soldats noirs et jaunes.

Aussitôt après l'évacuation des Anglais Toussaint ordonna le désarmement des cultivateurs, afin disait-il que des hommes en général bornés , faciles à être égarés, ne pussent pass armer contre le gouvernement qui ne travaillait qu'à leur bonheur. IL avait pris cette mesure dans l'intérêt de la tranquillité publique. Le conducteur principal .de chaque habitation eut seul le droit d’avoir un fusil. Quand les circonstances le commandaient, il soulevait en masse les cultivateurs ct leur donnait des armes qu'il retirait ensuile,

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