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s'entendre pour combattre Îles tendances liberticides du Directoire, prôciamer l'indépendance de St-Domingue, et sisoler par ce grandacte des réactions qui déjà Sopéraient en France contre la liberté. gé-
nérale. Rigaud écouta favorablement le discours de Toussaint, si ce.
nest ce qui avail trait au projet d'indépendance. Il lui dit que la France ne rétablirail jamais l'esclavage. Quand ils arrivèrent sur Pha: bitaion d’'Héricourt dans le Nord, Toussaint réunit tous les cultivateurs de ce quaïtier, et leur présenta Rigaud comme un des défenscurs les plus ardens de leur liberté, celui qui devait le remplacer,
Enban ils entrérent au Cap. Hédouyille accueillit Rigaud’ avec la plus grande cordiaité; il eut des entretiens secrets avec lui, et: lui donna l'assurance de toute la sympathie du Directoire pour sa caste doni la fidélité à la France était à toute épreuve.
Rigaud, d'une taille ordinaire, était fils d'une noire et dun Ta
il avait le teint très-brun, des yeux noirs el vifs, des cheveux eré-
pus, * un caractère auda eux et chevaleresque.
Enthousiasnié d'Hédouville, il le cousidéra, ainsi qu'il le dit Juimême : « comme un homme exempt de passions et de préjugés, pés « nétré d'amour et de zèle pour la prospérité de la France , brûlant « de concouïtir au bonheur de tous ies babitans de Si-Domingue; un seru- « puleux observateur des lois, désirant établir l'ordre constitutionnel, « qui seul, pouvait abattre Thydie de l'anarchie, et mettre chaque ci: « toyen à ‘la place qui lur était assignée par la Voir
Il admira surtout en lui « une haine invincible p'ur tous les enne- « mis de la République, le désir "de briser le sce ptre de fer de FAns ce glais, et de bannir à jama’ ‘s du territoire de St Domingue ees infà- « mes émigrés qui, après avoir vendu et livré lour pays aux ennemis
« les plus cruels de la France, s'étaient rangés sous leurs drapeaux
« pour combattre la Hberté, qui avaient fait couler à grands flots le « sang de ses plus zciés défenseurs. »
Toussaint se montrait inquict des relations intimes qui existaient
entre Rigaud et Hédouville. I réitéra au gé inéral de couleur : les conseiis qu'il lui avait donnés , et lui proposa de nouveau de se détacer de ia France. Rigaud s'en montra indigné; il oblini une entrevue d'Hédouville. he -ci, pendant l'entretien ‘fit appeler Toussaint qui
ignorait que son rival fût dans ce moment au Palais National. Le gé-.
néral en chef fut'introduit, en attendant que l'agent du Directoire vint
le recevoir. dans un qui n'était séparé que par une cloison, de:
celui où se trouvait Rigaud. Ii entendii le général de couleur déclarer à Hédouville, qu ii fui avait proposé de se rendre indépendant de la France. Ri: gaud se retira, et Toussaint vit aussitôt l'Agent se présenter devant fui avec une physionumi Ie COUrTrOUCLE qui ie déconcerta. Toussaint se trouvait au pouvoir d Hédouvilie; il pouvait être enJexés
portait toujours une perruque de cheveux plats.
EN ch Fr n ».
“et jeté à bord d'un des bâtimens de la rade; il lui dit qu'il n'avait tenu ce langage à Rigaud qu'afin de sonder 5es.intentions. *
. Dés ce moment il n’y eut plus de rapprochement possible entre Toussaint et Rigaud, et la guerre civile devint inévitable : la mission d'Hé- , douville était accomplie. sh
Rigaud sincèrement français, incapable de trahir sa patrie, voyait “avec horreur le projet de Toussaint Louverture qu'il traitait d'ingrat. I ne concévait pas comment ji! pouvait songer à trahir fa France qui seule alors avait proclamé l'abolition de l'esclavage. H disait que « Parri- « vée d'Hédouville avait été l'aurore d’un beau jour ; qu’elle le comblait a dé la joie la plàs vive; qu'il croyait entrevoir un terme aux maux « jnfinis qui avaient affligé la colonie jusqu'alors. » | Pendant ce temps Toussaint excitait dans le Sud une révolte dans le but de faire massacrer les hommes de couleur les plus influents, de désorganiser le parti de Rigaud, et de lui créer dans ce département ‘assez d'ennemis pour qu'il nè put pas en sortir quand la: lutie s'engagerail. fl voulait lui enlever la faculté de marcher sur ses derrières pendant quil Vélancerait conire Hédouville. Des colons et quelques Bois noirs, d'aprés les ordres du général Laplume, s emparérent d'un petit fort dans la commune de l’Anse-à Veau. Is furent soutenus par. des affidés de Tonssaint, qui vinrent à PAnse-à Veau sur des barges sorties de lArcähaie. Mais les noirs du Sud} qui aina'ent Is hommes de couleur ne s’éhranlèrent pas. Les conspirateurs se dispérsérent à l'approche de la force armee. a Pendant cet intcrsalle Hédouville exaltait le patriotisme de Rigaud contre Toussaint qu'il lui peignait comme un‘lraitre qui s'était vendu aux: Anglais. Il lui coufia le commandement en chef du département … du Sud, le rendit indépendent de Toussaint déjà général en chef des armées de St. Domingue: le. conflit d'autorité devait ainencr 1 guerre civile. Il lui ordonna de le seconder vigoureusement dès qu'il commencerait ses attaques dans Îe Nord contre Île chef noir : Hédouviile et Rigaud gagnérent au parti de la métropole, le genérai Pierre Michel, commandant. du Limbé, Barthélemy, commandant du haut du Cap, Golart de Jean-Rabcl, Bellegarde, commandant du Môle St.-Nicolas où se trouvait en garnison la 3.” coloniale, el Daiban commandant du Fort-Dauphin, tous officiers d'une grande influence. © Beaucoup de cultivateurs de Bombarde, du Port de Paix, de Jean- Rabel et du Moôie furent aussi gagnés au pari de Rigaud. L'oflicier supérieur, dans le Nord, qui demeura le plus inébraniablement attaché au général en chef, qui repoussa toutes les séduelions , fut le colonel Maurepas, commandant du Port-de-Paix.
* Rapport de tous les vieux Huïtiens qui se trouvaient alors au Cap , particulièrement de ceux qui étaient employés daus les bureaux du Palus national.
Rigaud partit pour le Sud avee les instructions d'Hédouville, plein d'espoir, et considérant déjà le général Toussaint eomme perdu à tout
jainais. Sur son passage, aux Gonaives, à St-Marc, à l'Arcahaïe, il
organisa de fortes conspirations contre Toussaint Louverture. Son entrée au Port-Républicain où il arriva en voiture, produisit une forte sensation. : Presque toute la population noire et de couleur de cetie
ville lui témoignait de grandes sympathies. Le commandant de la plas
ce Christophe Mornay ne faissait pas Ignorer son dévouement à sa cause.
Il favorisa la sortie de Rigaud du Port-R épublicam , lois de l'arrêter,
comme il en avait reçu l'ordre. Quand Rigaud arriva à Léogase ül
fut magnifiquement fêté par la plupart des “citoyens. Il présida un banquet où il se montra aussi léger que l'avait jugé Toussaint Louverture. El faissa lai léchapper ces mots: « le fruit n’est pas encore
« mûr; soyons pallens; quand l'en sera temps nous le cueillerons, » Ces paroles furent rapportées au génégal Laplunie, commandant de
Léogaue, qui en averiit sur-le-champ Toussaint Louverture. Celui-ci
ordonna de surveiller activement les'suspects de Léogane. L'adjudant:
général Pétion attaché à la division Laplume, faisait clandestinemen(g
ja propagande en faveur dé Rigaud.
En rentrant dans le département da Sud, le général Rigaud pardonna à ous ceux qui s'étaient AT contre son : autorité dans la, commune de’ l'Anse-à-Veau.
Toussaint de son côté se rendit des Gonaïves au Môle St-Nicolas pour.
s'assurer de la fidélité de cette ville alors très-importante, I avait déjà ordonné au gencral Moyse , son neveu, de se tenir disposé à soulever le quartier du Fort-Liberté ;
Hédouville fui écrivit de nouveau de refuser ses faveurs aux émigrés
et au cicrgé, et de cesser de tenir une conduite qui étonnait tous Iles
bons français. Toussaint pour toute réponse ne craiguit pas de lancer une prockumation par iaquelle 1 lui prouva combien 11 méprisait les
instructions qu'il fut envoyait. El était dit dans un des passages de [au
proclamation : « Voici fa marche que nous devons tous suivre pour « attirer sur nous la bénédiction du Seigneur; J'espère que : vous ne « vous en (earlerez Jamais, et que vous rez poactucilement exécuter « ce qui SUIl* far 9 re
« Les chefs de corps sont chargés de faire dire aux troupes la prié s.re Îe matin.et le soir, selon que le service le permetira. Sitôt Ma «preinière revue, les génér aux commandant en chef feront célébrer une « grand messe et chanter un te- deuin, dans tous les lieux de leur ar- « rondissement , en action de grâce de: ce que le Ciel ait bien voulu « diriger nos dernières campagnes, permeltre que l'évacuation} de l’en- « nemi se soil fuite sans effusion de sang, protéger la rentrée parmi nous" « de plusieurs milliers d'hommes de Loutes couleurs jusqu'alors égarés , « ci rendre enfin plus de vingt mille bras à là cuiture. Le te-deum
« sera annoncé après une salve de vingt-deux coups de canon. » . Ge fut alors que les troupes républicaines, dans les départemens du Nord, de l'Artibonité et de l'Ouest, commencèrent à se rendre chaque dimarehe à L'église pour y entendre la messe. A l'élévation, elles s'agenouillaient au bruit solennel du canon et adréssaient des cantiques à | Eternel, Cette réaction vers l’ancien régime, quoiqu elle excitàt Pindignation d'Hédouville, le mit eependant dans la nécessité de noser s'en plaindre officiellement : il eût passé pour athée, s'il avait voulu empêcher le soldat d'entendre la ‘messe.
Toussaint s'apercevant que lopinion coloniale se prononçait en sa faveur, se détermina à porter le dernier coup à l'Agent du Directoire. …Hédouville avait publié « que tous les citoyens cultivateurs conti-
—« nucrdient leurs anciens travaux dont ie produit serail partagé de m« façon qu'un tiers tomberait à la République, un autre tiers aux “« cultivateurs, èt que le tiers restant serait pour Îles propriétaires des
« plantations ; que tous les employés blancs qui avaient été au service «des Anglais étaient congédiés, leurs biens et propriétés confisqués, —« ainsi que ceux des émigrés de la colonie. » n Toussaint qui jouait à St-Domingue le rôle que jouera plus tard Bo-
Lau
y avait une amnistie générale; qu'il n’y avait point d'émigrés parmi les colons et les habitans de l'île; que tous les propriétaires, qu'ils eussent été ou noi employés au service des Anglais, étaient tnvités à rentrer dans l'ile, qu'ifs y jouiraient de tôute protection ; qu'à la vérité les noirs étaient libres, mais qu'ils devaient encore continuer pendant cinq ans leurs travaux chez leurs anciens maitres, à condition de jouir du quart du produit, duquel quart néanmoins, les anciens maîtres pourraient défalquer les frais de leur nourriture et entretien. » i Toussaint entrait hardiment dans le système que voulaient établir les colons. Excité par Pambition, et voulant, par n'importe quel mo- » yen, éloigier Hédouville- de la colonie, il saerifiait momentanément les vrais intérêts des noirs à la cupidité coloniale. Ceux-ci néanmoins ayant dans le général en chef une confiance sans bornes, surtout parce qu'il était noir, ne virent dans la proclamation qu'avait publice Hédouville qu'un acte tendant au rétablissement de Fesclavage. Tant était grande leur défiance contre quiconque était blane. Hédouville, de son côté, songeail à détruire i
. naparte sur le plus grand théatre du monde, pubiia, de son eûté: « qu’il
enr
re absente à
la puissance de Toussaint au Fort Liberté. Moyse qui -en commandau l'arrondissement, exerçait la plus grande influence sur ia rectoire se d'termina à faire désarmer €e eorps. Eustruit des projets du général en chef, il voulait par celte mesure audacieuse, faire échouer l'insurrection qui était sur le point d'éclater. En même temps les passions pottiques s'animaient prodigieusement au Fort Liberté. Le colonel Dalban , oflicier européen, cn commandait Ja place. La 5
nn mes à “ac AS su nn dot DS us,
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5° coivnialé. L'Agent du Di-
coloniale fut aecusée par le capitaine Quayer Larivière, homme de cou“ leur , de vouloir égorger tous les blancs. Presque en même temps le colonel Grandet ; commandant de Ja place de Monté Christ , et Raffin, commissaire de l’Ageni du Directoire près l'Administration municipale du Fort-Liberté , arrivérent en cette ville; 1ls y avaient été envoyés pars Hédouville. Ils gagnérent à leur parti le juge de paix Manigat, noir ui le 24 Vendémiaire , (45 Octobre), reçut d'Hédouville: plein pouvoms de le représenter dans toutes sortes d opéralions. À neuf heures du soir du même jour, le colonel Grandet auquel Île commandement en chef de la partie de VEst avait été promis, confia à Manigat, au nom de l'Agent du Directoire, tous les pouvoirs civils et mititaires. Mamie gat devint la première autorité de la ville. Le 46 Octobre (25 Vendémiaire ), 1} lança uue proclamation par laquelle il ordonna le, désar-. mement de la 5° coloniale, après avoir accusé ce corps d'avoir mécon: nu les autorités établies, d'avoir résolu la mort des gens de bien et le pillage de leurs propriétés.
L'adjudant major de là 5, Fringnat qui avait été gagné par Raffin, fit savoir à Manigat que ce régiment n'avait pas de cartouches, qu il n'avait que fort peu de pierres à feu; et que pour l'affaiblir al avait délivré aux soldats plus de 200 permis. L'occasion de tenter le desarmement ne pouvait pas être plus favorable | Déjà le colonel Dafban, d'après les ordres de Manigat, avait réuni. devant le burea: de la place, les bataillons du Morbihan et du Kort- Liberié, les 84° et 106.° régimens européens, commandés par le co lonel Romain; la garde nationale, et ia geudarmerie sous les ordres de Quayer Larivière, et un corps de cavalerie espagnole que le colonel: Grandet avait fait venir de Monte Christ el de Laxavon. (Cinq pièces de canon chargées à mitraïile étaient braquées sur la place d'armes: Des cartouches furent distribuées à toutes cès troupes qui fournissaient une force de 3,000 hommes. Le général Moyse 6 était absent de la ville ; 1l parcourait les montagnes de la Grande-Rivièére , préparant les cultivaieurs à l'insurrection qu'il avait concertée avec Toussaint Louverture. Manigat ordonna à la 5.° coloniale d'aller se ranger en bataille devant la maison du général Moyse. Ce corps ne présentait qu'une force de 700 hommes, sans munilions ; et Manigat avait à lui opposer 3,000 hommes soutenus par une nombreuse artillerie. Les officiers de h 5.° tout en murmurant allèrent occuper la position qu'on leur avait assignée. Le découragement était peint sur la figure de tous les soldats qui voyaient devant eux une mort certaine. M." Moyse femme éner-" pique êt audacieuse, indignée de leur incertitude, sortit de chez elle, es harangua, releva leur courage , et entraîna tout le régiment à l'Ar= senal qui n’était occupé que par’ quelques hommes. Elle ouvrit ellemême aux soldats les caisses de cartouches; et la 5.° munie de prowisions de guerre vint reprendre sa position, mais avec une altitude fièreet, menaçante. D’après les conseils de Raflin, Manigat fil sommer la 5° de.
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mettre bas les armes. Le colonel Adrien refusa d'obéir. Le colonel Dalbatr it avancer le batailion du, Morbihan et le 106.° régiment : l'action com- mença aussitôt. Les troupes européennes firent de terribles décharges; mais la 5.° répondant vigoureusement à leur feu ne s’ébranlait pas. «Dalban lança contre elle le 84.° régiment qui fut repoussé avec perte: “Alors les cinq pièces de canon jouèrent contre elle; les soldats noirs “quoique horriblement mitraillés ne cédaient pas le terrain. Mais Quayer “Larivière les chargeant avec impétuosité, à la tête de cent cavaliers , rompit leurs rangs, les mit en pleine déroute, et les fit la plupart “prisonniers. Il tua de sa propre main un capliaine de grenadiers nommé Charles Zamore. Le colonel. Adrien et un chef de bataillon nom- -mé l'African furent aussi faits prisonniers. Le lendemain 47 Octobre (26 Vendémiaire) le général Moyse suivi de trois dragons se présenta aux portes. de la ville; 1l les trouva fermées. Le colonel Grandet les lui fit ouvrir. Moyse se rendit aussitôt chez lui pour s'instruire exactement de l'événement de la veille. Mais Ma- “nigat fui écrivit, que comme délégué de l'agent du Directoire, il avait “la force armée sous ses ordres, et qu'il linvitait à venir prendre des Drntons auprès de lui, le rendant personnellement responsable des désordres qui pourraient éclater dans la ville. Moyse fui répondit qu'il “ne refusait pas de concourir avec les autorités au maintien de l'ordre, “mais qu'il désirait l'entretenir du danger qui menaçait encore la ville, “puisqu'il voyait des canons toujours chargés à mitraiile braqués. sur la place d'armes, et la garde nationale, ainsi que les troupes européennes, “demeurer sur pied; que du reste il garantirait la tranquillité de la ville, si les troupes se retiraient dans leurs quartiers respecuifs. Manigat refusa de lui accorder l'entrevue qu'il demandait. Il lui ordonna de se prononcer contre Toussaint Louverture qui étai l'agent des Anglais et d'exécuter les instructions qui lui seraient données. Moyse refusa de prendre les armes contre le général en chef. Alors Manigat l'accusa. de vouloir faire égorger tous les blancs, et d'avoir crié aux armes quand. ilétait rentré en ville; il le destitua de ses fonctions, ordonna de lui courir sus, et de l'arrèter mort où vif. Moyse’fut obligé de prendre la fuite; il n'eut que le temps de se jeter dans la mer el d'atteindre les. mangliers de la rade, d'où au-travers de mille dangers, il se rendit au “Boisblanc. Le colonel Adrien et lé commandant l'Afrieain furent envoyés “au Cap, par mer, et Hédouville les fit mettre aux fers: sur une frégate. - - Moyse suivi des soldats de la 5 qui avaient échappé à la mort, par eourut les environs du Fort-Liberté, et jeta dans l'âme des cultiva “teurs toute la fureur dont il était animé. Les noirs, au, son lugubre du lambr, se levèrent en masse comme en 4791, s'élancè-: * rent de toutes paris sur les blancs en vociférant contre Hédouville qui, » croyaient-ils, voulaient rétablir l'esclavage. Le nom de Toussaint , le » gardien de leur liberté, dominait leurs cris affreux. En quelques jours , Linsurrection devint générale. La plaine du Nord fut inondée de ban-
tenir, au Fort Liberté, Manigat investi de tous les. pouvoirs civils et
té de résister à cette mulitude bien dirigée, et résolut de sauver la À ville du plus affreux carnage. 1
ga HISTOIRE D'HAITI— ( 1798 )
des furieuses; cîle fut livrée aux flammes; le poignard poursuivit les blancs qui étaient sur leurs habitations comme aux premières de s de la révolution. 6 ‘Pendant cet intervalle qécésotift Louverture était parti des Gonaives pour aller soi-disant, P'nne des instructions de l’agent du Directoire Mais il se rendait dans le Nord pour y donner le signe de l'insurrection. Il reçut en chemin l'ordre d'Hédouville de se rendre en toute hâte au Fort-Liberté pour étouffer la révolte qui venait d’éclater. Hédou= ville voulait le metire .en demeure de $e prononcer ouvertement contre la France, Mais Toussaint plein de perspicacité continua sa route vers | le Cap. Quand ïl atteignit l'habitation d'Héricourt, 1l vit arriverle gé*E $ néral Moyse couvert de poussière, en chapeau de paille ei presque nus. ne douta plus que l'Agent du Directoire n'eut été instruit de son projet d'insurreelion, et n'eut essayé de le déjouer. -Alorswil déclodiil hardiment aux bandes de cultivateurs qui l'entouraient et qui l'exhor= tient à les lancer sur le Cap qu Hédouville avait fait assassiner les bra ves soldats de la 5.° sl evaient défendu la République , et qu'il avait le projet de rétablir | esclavage. il revint ensuite sur ses pas et rentram F aux Gonaïves. Là il se mit à la tête de la 4. coloniale , et trompa les autorités dévouées à la Métropele en leur disant qu'il allait sous
LE
militaires par Fagent du Directoire. I partit des Gonaives, et quand ; il arriva de nouveau sur l'habitation d Héricourt, il apprit que les“ins surgés s'étaient ruës sur le Cup, brûlant et saccageant tout sur leur passage. Il craignit que cette ville ne fut Hivrée au carnage, et il fé mit pour les jours d'Hédouville; car son projet était de le déporter, mais » non de le faire périr: il ne voulait pas se compromettre à ce pointen vers la Métropole. Du reste 11 n'avouait pas cette insurrection qu'il. avait Jui même préparée. Il s'élança vers le Cap, et se présenta au milieu de ces bandes innombrables de cultivateurs armés qui s'étaient déjà emparés des “hauteurs de la ville, et du fort Bélair dont la gar- ÿ nison avait été passée au fil de l'épée. 11 fit tirer le canon d'alarme de nouvelles bandes se réunirent, et le Cap fut assailli. Les cites et les troupes de ligne s'étaient réunis sur le champ de mars; on était dans l'alternative de marcher: contre les insurgés ou d'envoyer une députation au général en chef. Mais Hédouville ne voulut pas traiter avec Toussaint Louverture; d'une autre part, il reconnut limpossibis
SC nu
Il ordouna en conséquence au citoyen Gasson sous-directeur de Vars. tillerie d’enciouer les pièces de l'arsenal et du fort Picolet afin: que LL ne pt pas tirer sur la"rade, et Sembarqua suivi de plus deux mile personnes qui furent distribuées sur trois frégates, ti
En appareillant, le 1er brumaire an 7 (22 octobre 4798), 1e lacs à une proclamation par ni il avertit les habitans de la colonie que
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? Toussaint s'était entendu avec le gouvernement fédéral des Etats Unis mot lencabinet de St-James pour se rendre indépendant de la France. Cette proclamation ne fut que fort peu répandue dans la colonie ; Toussaint en défendit la publication, et la plupart des babitans de “St Domingue en ignorérent l'existence. Cette circonstance nuisit consi- “dérablement à la cause de Rigaud; car les blancs européens véritable: ment dévoués à la Métropole ; considérerent Toussaint, après le départ “d'Hédouville, comme le réprésentant de la France, et ne purent lui refuser le concours de leurs armes et de feurs talens.
Aussitôt que Toussaint Leuverture apprit le départ de agent du Directoire , il caima la fureur de ses bandes avec autant de facilité qu'il l'avait excitée, et entra au Cap en triomphateur. Sa présence produis sitMa plus grande agitation ; on crut qu'un massacre allait commencer; les habitans saisis de terreur parcouraient les rues en criant aux armes : les troupes de ligne rangées en bataille avaient une attitude meinacante , et étaient prêtes à faire feu; un seul coup de fusil eût pro- “duit les plus grandes horreurs ; une catastrophe paraissait inévitable. . Cependant ke calme se rétablit par les énergiques protestations de débvouement de Toussaint à l'ordre publie ; et ces masses de cultivateurs s'écoulérent vers la plaine , se résignant aux ordres de leur chef, Toussaint fit aussitôt chantér un te deum avec la plus grande solen-
nité. Les colons ci-devant royalistes, aprés lui avoir rendu leurs hommages, le portèrent en triomphe comme un libérateur. Après la cérémonie, il offrit au peuple réuni autour de léglise de se démettre de -sa charge de général en chef, de demander sa retraite au Directoire, * ot de se faire remplacer par le général Rigaud. HE versa des larmes sur le sort des malheureux blanes qu'Hédouville avait fait massacrer parses imprudences, en songeant, disaitil, qu'on pourrait lui attri- * buer ces horreurs. Les planteurs l'exhorièrent, pour le bonheur des habitans de St-Domingue, à demeurer à la tête des affaires. Il fergnit - de se laisser vaincre par leurs instanecs.
Aussitôt après cet événement il écrivit au citoyen Roume, membre de la commission civile, qui se trouvait à Sto-Domingo, de venir remplacer: Hédouville. Roume, gran adinirateur de Toussaint , demeuré le seul agent du Directoire dans la colonie, vint au Cap, et prit. les rênes du gouvernement colonial; il condamna la conduite d Hédouville. Toussaint de son côté déclarait sans cesse que son dévouement à la France sa patrie était sans bornes. 5 :
Le 42/Novembre, il fit partir pour France le citoyen Caze son aidede-camp , et le citoyen Guibre son secrétaire. Hs étaient porteurs pour le Directoire exécutif d'un mémoire circonslancié Sur l'évènement du Fort Liberté, sur l’embarquement d'Hédouille. Toussaint s'efforçait
- de constater qu'il n'existait pas un meilleur français que lui. « Sans
« doute, dit-il, le premier mouvement du Directoire que je respecie ;
» een les voyant déposer unaninement contre moi, (Hédouville ei ceux
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qu'on saura qu'alors qu'on m'aceusait de vouloir faire scissionravee
qui laccompagnaient) sera d'appeler la vengoance-sur ma tête; celui"
du peuple français que j'aime, de me vouer à lexécration; celui des ennemis des noirs que je méprise de crier à l'esclavage; maislors=
la France, ma bienfaitrice, je répétais le serment de lui étre fi
« dèle. » Il annonça aussi au Directoire que le commissaire Rome"
était venu au Cap prendre les rênes du gouvernement. | Cependant les journaux anglais, le Times, de Noveinbre 1798, “et le Sun, « parlaient sur un‘ton satisfaisant des négociations sagement!
conduites par le général Maitland, négociations dont on représentait
le résultat plus favorable à" l'Angleterre que si l'on avait aequisen pro pre la -possession de St Domingue. Ils annonçaient d'une maniéren
positive que le général Maitland avait signé avec Toussaint Louverture une convention qui équivalait au traité de commerce le plus avantageux; que ceile convention était déjà munie de la raüfication du roi, et qu'un officier allait incessamment partir de Londres pourla porter à St.-Domingue. » |
Vers la fin de Décembre , le général Maitland envoyé par le gouverprétend qu'il annonça à Toussaint la ratification par le roi d'Angleterre des conventions arrêtées au Môle St Nicolas. Il était accompagné "de
plusieurs agens du Président des Etats-Unis d'Amérique. Toussaint
nement britannique, revint à St Domingue en simple particulier: On"
conclut, aux Gonaïves, avec ces derniers, un traité relatif au com-" merce avec les nations neutres, par lequel le cabotage de File fut per”
mis aux américains : le pavillon français seul, d'après les ordonnances
de la métropole, avait le droit de faire le cabotage. Il n'avait d'au"
tre but, en accordant cette faveur aux américains, que de s’approvisionner de munitions de tous genres. Aussi verrons-nous , péndantia guerre qui ne tardera pas à éclater entre Rigaud et Toussaint ; le’ gouvernement fdéral des Etats Unis, accorder toutes ses sympathies’ à ce dernier, et même le favoriser. à je" 2 Quaut à Maitland il demeura incognito dans la colonie, afin de suivre la marche des évènemens qui se préparaient. 4
L'autorité du général en chef était souveraine dans le Nord et dans
une partie de l'Ouest. Toutes les. populations paraissaient avoir accep"
té sa puissance. Cependant les officiers du Nord que le général Hé-
douville avait gagnés contre lui n attendaient que l'insurrection de RIM
gaud pour opérer une diversion en faveur de celui-ci.
Le département du Sud était florissant. Le système de culture établi dans le Nord et dans l'Ouest n’y était pas suivi: le système pra“ tiqué dans le Sud qui produisait d'aussi bons résuliats était plus doux. Dans ce département le cultivateur et le soldat n'étaient pas” frappés ; et le général Rigaud punissait sévèrement les gérans-etles’
ofliciers qui employaient ce genre de correction. Aussi était il chéri
de ses troupes et du peuple des campagnes. Le code rural de Pol”
La
Se tn "Edo
véreleétait en vigueur; ce code ayant pour titre réglement de police conceruant la culture et les cultiviteurs, avait été publié par Polvérel …|e 28 Février 4794 Le commissaire civil y condamnait le fouet; il voulait que l'existence et l'activité des établissemens ruraux dépendissent de bras libres et d’un travail volontaire. Le cultivateur ayant “une part dans les produits était indépendant du propriétaire, et même son égal. Le conducteur qui frappait un individu sous ses ordres où qui de son autorité privée le mettait aux®arrêts ou en prison, perdait son emploi et était déclaré incapable de commander à des hommes li- - bres. Ce règlement était expliqué: chaque dimanche aux cultivateurs, en créole, et était affiché dans les endroits les plus fréquentés. …. Dans les départemens du Nord et de l'Ouest on suivait un réglement que Toussaint avait publié le 3 Août 1798. Quoiqu'il y fût enjomt aux propriétaires eu gérans de se cohduire envers les cultivateurs comme
- des pères de famille, on ne les en exterminait pas moins SOUS les coups.
» ÆMarmée du-Sud. était alors composée de quatre régimens coloniaux . qui formaient la légion de ce département. Le 1.7 était commandé par le colonel Jean Cécile; le 2.° par le colonel Faubert; le 3.° par le colonel Dartiguenave Batichon, et le 4° par Île colonel Geffrard. Le. premier de ces colonels était noir, et les trois autres hommes de cou- » leur. Il y avait dans cetie armée qui ne fournissait qu’une force ef- » fective de 2,500 hommes, des ofliciers supérieurs et subalternes qui - s'étaient couverts de gloire en combattant les Anglais : les adjudansgénéraux Taureaux, Blanchet jeune, les colonels Tessier, Piverger, les commandans Gérin, Férou, Giles Bénèche, Bonnet, Compas , les Jean Louis François etc. Les cultivateurs du Sud n'étaient pas organisés en miliciens comme ceux. de l'Ouest et du Nord. Ce fut une faute très-grave que commit le général Rigaud: il eùt inspiré plus de confance aux eultivateurs, et eût pu mettre sur pied plus de 14,600 bom-
mes. Pendant sa lutte contre Toussaint Louverture, il s'en repentira maintes fois; mais il avait pensé que çeüt été détourner les cullivateurs de leurs travaux que de les appeler sous les armes. I avait cru qu'il eût pu résisier avantageusemeut avec deux ou trois mille hommes de bonnes troupes aux forces de Toussaint qui s'élevaient à plus de trente mille hommes, troupes régulières et milices.
A Jacmel le général Bauvais étail à la tête de la légion de l'Ouest dont les guerriers étaient les plus renommés de la colenie. |
Le général Laplume avait sous ses ordres, à Léogane, la 41° demi.
homme de couleur. L’au-
brigade commandée par le colonel Nérette, | à | s'étendait de Léogane au
torité de Laplume qui obéissait à Toussaint,
Petit: Goûve. | ba nes Le colonel Christophe Mornay avait Sous Ses ordres au Port Répu-
blicain la 8.° demi-brigade.
Les chefs de bandes Lafortune et Conflant occupaient les mornes de Baynet. lis obéissaiont à Bauvals, de.
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Les blancs républicains qui habitaient le département du Sud 'hræ ternisaient avec les noirs et les hommes de couleur et en étaient res-« pectés. Quant aux blancs colons royalistes, ils marchaient la tête basses ils étaient humbles et rampans, car Rigaud républicain ardent exécu-« tait à leur égard, sans pitié, les ordres du Directoire sur les énmgrés et les traîires à la patrie. ; A +1)
Dans le Nord et dans une partie de l'Ouest, les blanes royalistes étaient au contraire ficrs et “arrogans:; il8 ne parlaient que de lextermination des mulätres. Les europtens qui avaient servi dans les armées de la république faisaient des vœux pour le triomphe de Rigaud; mais ils étaient en petit nombre, isolés, et sans aucune influencé, tandis
que lancien parti @lonial qui renaissait malgré les coups violents que
blicain où ül ies réunit. (24 Janvier 1799).
tit-Goûve, le Grar ment du Sud.
lui avait poriés Sonthonax, était puissant par ses richesses.
Le général Rigaud refusa d'exécuter les instructions qu'il reçut de Toussaint après le départ d'Hédouville. Il ne voulut pas même recons naître son autorité s'appuyant sur la proclamation qu'avait lancée Hé douviils en s’embarquant. | Ni $
Le commissaire Roume voyant la guerre civile sur le point d’éclater résolut de rapatrier les deux rivaux. Il se transporta au Port-Répus Le général Bauvais y vint aussi. Dun caractère froid, plein d'impartialité, découvrant de grands 4 torts de part et d'autre, Bauvais se moutra disposé à garder la neutralité. | R
Roume s'efforça de persuader à Rigaud qu'il était de son devoir dese” soumettre à Toussaint disposé à faire tous les sacrifices” possibles pour ne pas en venir aux mains. Il lui proposa de laisser les choses dans l'état où elles étaient avant Farrivée d'Hédouville. Rigaud lui dit que le Petit-Goûve, le Grand-Güäve et Léogane devraient entrer dans lé: tendue de son commandement puisque ces villes faisaient partie du département du Sud ,* et qu'il ne pourrait recevoir les ordres d'un chef qui avait été signalé comme un traître par un agent de la France ; que du reste, pendant qu'il versait son sang pour la République, le général Toussaint combattait dans les rangs espagnols en faveur de la royauté contre la liberté générale. Cependant cédant aux instances dé Roume , il se montra disposé à se renfermer dans les anciennes limites du département du Sud, (du pont de Miragoâne à Tiburon.)
Néanmoins le général en chef vit clairement qu'il ne pourrait jamais s'entendre avec Rigaud pour réaliser le projet de l'indépendance de St. Domingue, que celui-ei français de cœur, et de principes révolution” naires, ne consentirait jamais à pactiser ni avec les Anglais ni avec les
- colons royalistes. Il résolut de déployer contre lui toutes ses forces et
* Nous avons vu que dans la dernière division territoriale de l’île le Peid Goève , Léogane et Jacmel faisaient partie du départeM
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toutes ses ressources afin de l’écraser comme de plus grand obstacle à Pindépendance des noirs: Quant à Rigaud il re voyait , dans son aveu glement, d'appui pour sa caste, que dans la France qui avait préparé d'une part sa rüine, de l'afftre l'affaiblissement de la puissance” de Toussaint, Rigaud pensait qu'il ne lui’serait resté aucune garantie
- si Toussaint et les colons ennemis implacables d8S hommes de couleur étaient parvenus à $e rendre indépendans. Représentant d'une faible portion de la population, privé de l'appui de là métropole, il craignait d'être tôt ou tard sacrilié. Son grand dévouement à la France avait son origine, prétendait-il, dans le vif intérèt qu ii portait à sa casie.
A cette époque les noirs et les hommes de couleur jouissaient pletnement, sous la domination française, de tous les droits civils et politiques. Toussaint, en excitant les passions des noirs contre les hommes de couleur, afin de parvenir à l'indépendance, ne cherchait “donc qu’à satisfaire son ambition personnelle, et à mettre les masses à l'abri des réactions qui pouvaient survenir en France contre la liberté générale. Quant aux inquiétudes qu'il éprouvait relativement aux réactions, elles étaient fondées , comme les évènemens postérieurs
- Pont prouvé; mais alors aucun acte du gouvernement franças ne les annonçait, et Rigaud, moins clairvoyant que son rival, pouvait bien ne pas les éprouver, avoir pleine confiance en la République, et croire sincèrement quil était de l'intérêt des jaunes, comme des noirs , de né pas rompre avec la métropole qui seule de toutes les puissances avait reconnu leur liberté.
Pendant que Rigaud se trouvait au Port-Répablicain une révolte éclaia contre lui au Corail, à sept lieues de Jérémie, dans le département du Sud. Elle avait été excitée parles agens de Toussaint Louverture. Elle fut plus grave que celle de lAnse-à-Veau. Le 40.
- régiment commandé-par le colonel Geffrard, et quelques cultivateurs avaient été séduits par des agitateurs qui leur- avaient insinué que le général Rigaud avait été arrêté, qu'il ne reviendrait plus dans le Sud, qu'il s'était, entendu avec Héduoville pour rétablir l'esclavage, que le régime des mulâtres élait passé, et que le général Toussaint allait tout dominér en souverain absolu. D'une autre part les riches colons de Jérémie , en répaudant un peu d'or parmi les soldats, avaient achevé d'ébranler leur fidélité. Ces soldats arrôtèrent dans le fort du Corail le cotonel Geffrard et le chef de bataillon Compas. Hs annoncérent que les noirs allaient se rendre indépendants de la France à l'aide de l'Angleterre. Les autres officiers de la 4e, la plupart hommes de couleur, se réunirent sur la place d'armes autour de l'arbre de la liberté, et se disposérent à résister. Mas les soldats tirérent-sur eux à mitraille. Les ofticiers furent contraints d'abandonner le bourg; ils se retirèrent au Camp Perrin avec les drapeaux du régiment. Gelrard et Compas dont l'évasion avait été favoriscempar
un des chefs des révoltés, ne tardèrent pas à venir les. yrjoindre”
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Les autorités qui commandaient aux Cayes en l'absence de RigaudAirent marcher des troupes contre le Corail. Après un combatnassez santlant le fort fut enlevé d'assaut. On y trouva des lettres dans lesquelles on annonçait aux révoltés que le règne des mulâtres était finis elles étaienffen outre pleines des propos les plus susceptibles de fanatiser les populations. Cependant les euliivateurs de ce quartier ne s'étaient pas remués. | "GE
Pendant cet intervalle Rigaud rentrait aux (Cayes. Il fit arrêter et déporter en grand nombre des colons royalistes de. Jérémie, qui
avaient été les principaux instigateurs de la révolte du Corail.Mbsse
prononça énergiquement contre les royalistes en exécutant les instructions d Hédouville. Il chassa de ses troupes les bläncs qui avuentt
servi sous les drapeaux Anglais, et séquestra les propriétés des”
émigrés.
Il envoya au Port-Républicain le colonel Renaux Desruisseaux. qu chargea de demander de nouveau à Toussaint Louverture la cessrom
‘du Petit Goâve ; du Grand-Goûve et de Léogane. Toussaint répondit,
comme il l'avait déjà fait, qu'il n’entreprendrait aucune, aggression contre le département du Sud, si les choses restaient telles qu'avant l'arrivée d'Hédouville. ‘Cette réponse rapportée à Rigaud le révoltar et le détermina à commencer la guerre. Cependant il replia tous ses
postes sur le pont de-Miragoäne, où commandait Renaux Desruisseaux,: -
pendant que Toussaint retournait dans le Nord. Il refusa de, met;
tre en pratique l'adresse de Toussaint à l'armée du Sud relative ànla religion. 11 prétendit qu'elle était l'œuvre d’un fanatique- et inconstitutionnelle. Ce fut en vain que Toussaint lui reprocha d'avoir com: mis une insubordination militaire. Il lui répondit par un écrit dontal inonda la colonie. « De quel droit le général Toussaint, s'énigetil « en pontif absolu d'une seule religion, tandis que la Constitution « laisse à chaque citoyen la liberté de conscience? De. quel droit
quel droit foule-t.il aux pieds tout ce que celte sublime Constitutution a de plus sacré aux yeux d’un vrai républicain ? De quel droit veutil forcer les consciences? S'il est pénétré de sa religions comme il veut le paraître, pourquoi l'expose-t-il à: la profanation 2 De quel droit impose-til à tous l'ebligation impérieuse d'assister à des mystères qui religieux pour les uns, paraissent vains el sus perflus aux autres? Pourquoi ne laisse-t-il pas à chacun ‘le droit