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« pour æe plus les entendre; mais l'alguazil que je connaissais ainsi « que sa famille, qui est de Séville, pius cruel que l'oficier , refusa « de mettre fin à leur supplice; il leur enfonça des bâtons dans la « bouche pour les empêcher de crier, el fit attiser le feu , afin ae « redoubler leurs souffrances. J'ai vu bien d'autres moyens inventés, « pour faire mourir Îles Indieus. » Un chasseur Espagnoi en parcourant les bois vit que ses chiens avaient faim; il se saisit d'un. petit Indien qui le suivait pour l'aider, lui coupa les bras, et les dénna à manger à ses dogues. ir FAR Ce fut en vain que les moines dominicains , Montesino à leur tête, lancérent l'anathème contre les auteurs de tant de crimes. Aïbuquerque et les colons furent sputenus par les moines franciscains: Bas Casas faillit même d être victime de son zèle. Cependant 1 ne”sedécouragea pas; il se rendit en Espagne où il plaida la cause des Indiens devant une Junte présidée par Gharles-Quint, et triompha de leurs persécuteurs. Il fut protégé par le cardinal de. Ximenez de Gisneros, inquisiteur général qui administrait l'Espagne. Il revint dans là Gotonie avec le titre de Protecteur Universel des Indiens, et fit metire en. liberté tous ceux qu'on tenait encore dans la servitude. Il était arrné avec trois religieux de Saïnt-Jérôme, inspecteurs des Colonies, auxquels on avait adjoint uu avocat nommé Zuazo. Ces religieux, ainsi que Zuazo , se montrèrent complaisans envers les colons. Las Gasas indigné de leur conduite, s’embarqua pour l'Espagne , (7 Mai 1547) , et obtint que le surintendant de la colonie, ainsi que Zuazo , füt rappelé. Un Indien converti au christianisme, nommé Henri, élevé par les religicux* de Saint-François, habitait le bourg de Saint-Juan de là Ma guana. En 1519, un Espagnol, Valenzuela, hérita de son père d'un lot d'indiens auquel appartemait Henri. Il maitraita horriblement ses nouveaux sujeis. Ayaut inutilement demandé justice aux autorités du Heu, Henri se détermina à se venger. Il réunit un petit nombre des siens, et se retira dans les montagnes du Bahoruco où il se retrancha: Valenzuela vint Py attaquer avec douze espagnols. Henri, de sa main, tua Geux soldats, en biessa trois, contraignit les autres à prendre là fuite, et fit prisonnier Valenzuela. Il le renvoya généreusement. E’autorité envoya contre Henri d'autres forces qui furent toujours battues: Les Haïtiens dépouillant leurs ennemis s'armeérent de sabres, de lances, de boucliers et d'arquebuses. Ils adoptèrent la tactique européenne, et résisièrent toujours aux Espagnols. agé rl Henri, chrétien plein de zèle, disait chaque jour ses prières, jeünait le vendredi et surveillait sévèrement la conduite et les mœurs de ses sujets. Les Espagnols lui envoyérent un missionnaire qui l'exhona à mettre bas les armes. Il lui répondit qu'il n'attaquerait pas le gouvernement de la colonie, quoiqu'il fat à mème de venger son grand père et son père brülés vifs à Xaragua; mais qu’il dépendait des Espagnols de faire cesser celte guerre, en ne l'attaquant pas.eux-mêmes,
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ct en le laissant jouir de sa liberté dans ses montagnes. Il s’écoula ensuite treize ans, pendant lesquels , Henri devenu cacique fit respecter son petit État, comprenant le Bahorue co, la haute-plaine de Neybe, et léting qui pril de lui le nom de Henriquille. I avait 400 guerriers disciplines et srmés à l'européenne.
Eu 1533, le conseil dé Madrid envoya dans la colonie, Barrio-Nuevo, avec le titre de général, et avec des forces imposantes, pour éteindre . cetle insurrection, par nimporte quels sacrifices, ou par un traité avantageux aux deux parties. …
Barrio Nuevo, après plusieurs semaines de marches pénibles au milieu des montagnes, rencontra Henri, et [ui donna à fire ses pouvoirs. Henri, entouré de ses gUCFFIeFS ; accepta les conditions de paix que lu offrait
Charles Quint. ‘Le commissaire impérial se retira, après ‘avoir été par-
füitement accueilli. Comme le cacique n'osait pas trop se fier aux Es-
pagnols, et se rendre à Sto. Domingo, moe signer le traité de paix, on lui envoya Las-Casas, son ancien ami. Le dominicain enleva toutes ses craintes , et le conduisit à Azua avec les siens. Il en baptisa beaucoup en ce lieu, et les {it communier, après avoir dit la messe. Henri alla à Santo-Domingo où il signa le traité. Il choisit pour sa ré- . sidencerle canton.de Boya, dont il fut déclaré prince héréditaire, exempt de tribut. El fut suiM de tous les Iñdiens qui prouvèrent qu'ils descendaient des Aborigènes de l'ile. Au milieu du 18° siècle, leur sang s'était conservé, encore sans mélange, dans quelques familles. Lours chefs prenaient le tire de caciques ‘de ile d Haïti; ts jugeaient et condamnaient à mort; mais il ÿ avait appel à l’ Audience royale. Aujourd hui
il n'existe pas un seul Haïtien, mème dans Îles quartiers de Boya, de
Seybe et d'Higuey, qui apparlicnne directement à la race abori gène.
Quoiqu'il régnât à Hispognola une grande désolation, Ja ville de So. Domingo était dans une pi ‘ospérité qui allait jusqu'au luxe: là s'étaient concentrées toutes les richesses de fa colonie.
Peu de villes d Espagne étaient aussi brillantes. Toutes les corstructions étaient faites de pierre, et le palais qu'occupait le gouvereur élait d'une magnificence prodigieuse. - La Cathédrale, monument gothique qui existe encore, était richement ornée. La ville renfermait trois monastères dédiés à St. ‘Dominique, à St.- François, à Ste.-Marie, et un bel Hôpital. Ce fut vers ceite époque en 1566, que Las Casas mourut à Madrid, à l'âge de 92 ans. Il avait consacré 66 ans de sa vie à la défense des Indiens.
Trés-occupé en Europe , le gouvernement de Madrid négligea ses colomies , et la plus affreuse misère se répandit sur Hispagnola. Les mines d'or étaient presque épuisées, et les Espagnols ne se livraient pas à l'agriculture. La traite des Africains commencée vers 1517, dans le Nouveau Monde, était à cette époque particulièrement exploitée par les Génois. Cependant en 1562, John Haukins vint mouiller , avec une dotulle, sous pavillen Anglais, le leng des côtes de la Guinée, y CxeK-
HISTOIRE D'HAITI. 14 ça de grandes atrocités, enleva beaucoup de Noirs et les transporta en Amérique. Jen vendit trois cents. à Hispaïola. Dés lors. la traite prit un développement qui n'eut plus de bornes. <Èh 4
Elisabeth d'Angleterre résolut de détruire la prépondérance espagnole dans le Nouveau-Monde. En 1586, elle envoya aux Indes-Occidentales” sir Francis Drake avec une flotte. L'amiral anglais s'empara de Saint- Yago de Cuba, et de Carthagène. . Hi vint ensuite bombarder Santo- Domingo . dont il se rendit maitre. Ilen détruisit les principaux édifices et ne Févacua qu'après quil eut obtenu des habitans "8000: livres sterlings. a Re FA
Les colonies espagnoles, par le manque d'administration et par le système monacal, perdaient chaque jour de leur importance. Les habitans d'Hispañola aulieu de cultiver leurs champs , Se livrérent à la piraterie. La cour de Madrid, pour détruire ce fléau, ferma tous les - ports, excepté celui de Sto Domingo. Alors les côtes furent abandonnées, et les habitans retirés dans lintériéur vécurent dans: des ca= banes et devinrent de misérables pasteurs. Ils passèrent ainsr la fin. du 46°. siècle, eutiérement étrangers aux événemens qui se déroulaient autour d'eux. |
Les Européens se Hvrant au libertinage eurent par leurs relations avec les Indiennes et les Africaines des enfans de différentes couleurs: Ceite nouvelle race de’ sangs mélés, née dans la colonie, ne tarda pas à devenir nombreuse. Alors les préjugés de castes n’existaient” pas: beaucoup d'Européens épousaient des Indiennes et des Africaimes ;ek l'intérêt ne portait pas encore l'homme à déciarer que son semblable Jui était inférieur , pour avoir un prétexte d'être dur et impitoyable “a son égard. ; | #3 | | |
Nous avons vu dans ce chapitre, les Espagnols, sans de grands efforts, soumettre une population composée d'hommes faibles, défrcats et ignorants , | eXterminer en entier avec une féroeité inouie jusqu'alors, et fonder dans le Nouvean Moode la première colonie eurepéennen
Après ces massacres inutiles, nous avons vu. la misère la plus grande pénétrer à Hispañola, par Fabsence complète d'une administration intelligente, le littoral devenir désert, et pour ainsi dire de nouvellés tribus nomades de sang Iudien et Espagnol, parcourir les vastes plaines de l'intérieur. | RU L.4#
À la faveur de cette désorganisation sociale, des hommes dont l’audace, l'énergie, l'intrépidite, rappellent les incursions des Scandinaves dans le centre et au midi de l'Europe, s’établiront à Hispañola qu'ils nommeront Saint-Domingue, et répandront la erreur de leurs armes, parmi les Espagnols, eomme eeux-ci avaient jeté l’épouvanie parmi
les Aborfeènces. LA