‹ Histoire d'Haiti (volume 3)Chapitre 7 sur 57 · LE · texte numérisé non relu

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beaucoup d'indigo, d’autres objets précieux et 3,000 esclaves noirs.

Le gouvernement anglais s'en vengea cruellement. En Juillet 1695, vingt-quatre voiles, tant anglaises qu espagnoles , débarquèrent 4,000 hommes le long de la baie de Maucenille. Cette armée fut renforcée de 2,000 hommes, sortis de Sto-Domingo. Elle culbuta les Français sur tous les points, s’'empara du Port-de-Paix, el ravagea toute,la pro= vince du Nord. er ab $ mr Ducasse retranché dans l’intérieur de la colonie avec 3,000 hommes, présenta aux alliés une attitude si menaçante, que des “angloespagnols , chargés de butin, se retirérent. | se

Ce fut après cet événement, quoique St-Domingue fut plongé dans la désolation, que les colons de Ste-Croix y furent transportés. Ducasse fit tous ses efforts pour recevoir convenablement ces nouveaux hôtes. : En 1697, une flotte sous les ordres de M° de Poinus, ailant attaquer la riche ville de Carthagène, relächa à St: Domingue. Pointis y recruta les derniers Flibustiers qui s'y trouvaient, et parlit. M° Ducasse avait confié le gouvernement de la colonie à M° Boissy êf avait pris part à cette expédition. Carthagène,fut prise ; et | on prétend que les Français ÿ firent un butin de plusieurs millions de piastres.

Pendant l'absence de Ducasse, 300 esclaves noirs, ayant formé le projet de tuer leurs maitres, se soulevèrent au Quarter: Morin de la- Petite-Anse, Boissy étouffa la révolte à la fin de Mai 4697. Les rigueurs de l'esclavage se faisaient déjà sentir d’une manière affreuse; et le code æmoir était foulé aux pics par la cupidité coloniale. js La guerre continuait avec fureur entre les Anglo-espagnols et les Français, quand la nouvelle de la paix de Riswich vint au Gap. Par ce traité conclu en 1697, entre la France, l'Espagne, la Hollande, PAL lemagne et l'Angleterre, toute la partie occidentale de St-Domingue,« fut cédée à la France, par la cour de Madrid, | | Pour hâter la prospérité de la colonie, la France abandonna pour 30 ans, à une compagnie dite ce St-Louis ou de I IHe-à-Vaches (1698)M la presqu'Ile qui forme aujourd'hui le département du Sud. d'Haïti. Cette compagnie, de son côté, s'engageait à la faire défricher, peupler, et à y envoyer dans l'espace de cinq ans, 1,500 blancs, et 2, 500 noirs. Chaque colon devait avoir une portion de terre à cultiver. Dès 1665, la compagnie des Indes occidentales, formée par un édit de” Louis XIV de 1664, avait considérablement aidé au développement de « St-Domingue. Ænfin en, 1701, à lavènement du duc d'Anjou, à la couronne d Espagne, une nouvelle ère de prospérité s’ouvrit pour St-* Doringue, mes L

En 4703, M'° Auger remplaga M° Ducasse que le roi avait nommé chef d'escadre. Ce fut sous son gouvernement que les fonctions civiles furent détachées des fonctions militaires, et que M'. Deslandes fut nommé commissaire ordonnaleur. à ane

L'année suivante les Jésuites vinrent s'établir à St-Domingue, ayant

HISTOIRR B’HATTR | -$1

pour supérieur le père Girard; ils n’y obtinrent jamais une grande in« fluence ; les mœurs des descendans des flibustiers ne purent s’accorder avec un système par lequel tout se fait dans l'ombre du mystère.

En octobre 4705, l'ordonnateur Deslandes mourut, et Mr Auger ne tarda pas à le suivre. Ce derrier fut enterré à Léogane , en 1706.

La même année le vaisseau le Prince, de l’expédition de Mr d’Iberville vint jeter l'ancre dans le port de l'Hôpital. Mr André qui comimandait ce navire, appela ce mouillage, Port-au-Prince. D'où est venu le nom de Port-au-Prince, donné à la ville qui ne tarda pas à être bâtie au fond du golfe du Cul-de-Sac. |

En 4707, le comte de Choiseul Baupré fut nommé gouverneur. Après avoir fait d'inutiles efforts pour raïlier les flibustiers et utiliser leur courage, en faveur de la France, il fut pris par les Anglais en retournant en Europe; mais grièvement blessé, dans le combat qu'il leur avaié livré, il fut conduit à la Havane où il mourut en 4711.

Il eut pour successeurs, Mr de Gabaret, le comte d'Arquin et en 1712, Mr Charles de Blenac, sous lequel finit entièrement la flibusterie. Mr de Blenac avait été nommé gouverneur en chef de l’île de la Tortue et de la côte de St-Domingue. Il futle premier qui reçut par eommission du roi, le titre de gouverneur général des îles françaises et de terre-ferme sous le vent.

Après la mort de M' de Choiseul, les derniers flibustiers se disper-sérent pour ne plus se réunir, et devinrent la plupart de paisibles planteurs, tant à Saint-Domingue que dans les autres Antilles.

Sous M° de Blenac, la colonie eut beaucoup à souffrir de la perte de ses cacaotiers qui périrent la plupart en 1716. On ne put serendre compte de ce phénomène. Mais en 1736 , le cacaoyer fut replanté sur l'habitation Spechhach , dans le quartier de Dame-Marie. 11 s'y développa extraordinairement, et atteignit à la hauteur de 80 pieds.

En même année Mr. de Blenac repassa en France, et fut remplacé par Mr. de Chateau Moraïd. |

En Avril 4747, on établit le premier impôt sur le tabac , plante indi: gène d Haïti. Depuis 4629 le tabac était en grande culiure à S'-Bomingue.

En 1718 , on nomma le premier Intendant de Justice , de Police , et de Finances, des îles sous le vent. Ce fut Mr. Jean-Jacques Mithon de Senneville ; et en 1749 , le Marquis de Sorel releva Mr de Chateau Morand. … De 1720 à 1724, la colonie fut gravement agitée par des troubles que fit éclater le privilège exclusif que possédait la compagnie des Indes de faire le commerce des esclaves. Les habitans se soulevèrent, brülérent les propriétés de la compagnie, tout en protestant de leur fidélité au Roi, et arrêlérent le gouverneur de Sorel. Ces troubles ne se calmèrent que par un traité signé à Léogane, le 27 Décembre 1722, entre le Gouverneur, l'intendant Mr de Montholon, d'une part; et les habitans soulevés, d'autre part; et par l’arrivée d'une escadre, sous es ordres de Mr de Champruélin, muni des pouvoirs de Louis XV,

22 ie HISTOIME P'HAITI.

‘pour mettre fin à l'insurrection. Cependant la colonie fut encore agitée jusqu’en 1728, alors que cessérent les privilèges des compagnies. Saint: Domingue marcha ensuite de. prospérités en prospérités.

Deux ieunes cafiers avaient été donnés à Louis XIV par le Hollan-

dais Pancras, intendant du Jardin des Plantes d'Amsterdam. Quelques années après ils furent transplantés à la Martinique par Deschieux. Ces

deux arbustes réussirent admirablement dans cette colonie; et peu de:

temps après, on transporta à Saint-Domingue de nombreuses pousses qui se propagèrent avec une rapidité étonnante. De Sant-Domingue, le cafier se répandit dans toutes les autres Antilles. |

Jusqu’alors les limites enire la colonie française et la colonie espas= gnole, n'étaient pas fixées. Les Français pénétraient chaque jour dans les possessions de Sa Majesté Catholique. Cependant le Ror de France avait ordonné à ses sujets de s'arrêter à la rivière du Massacre:

La société coloniale était établie. Le Blanc y jouissait de toutes sortes de privilèges, et la belle île où il dominait était à juste titre déjà appelée le Paradis des Français. Mais lesclave était confondu avec le bétail, et l'Affranchi de Couleur et Noir vivait sous le poids du mépris des Blancs. Les Affranchis étaient des Mulâtres la plupart issus de Biancs et de Noires, et des Noirs émancipés par leurs maîtres.

Dans les premièrs temps de la colonisation française, les préjugés «

de castes-étaient inconnus. Le flibustier n'établissait qu'une légère dif- ‘férence entre le nègre africain, et l'engagé européen, tant que ce der-

nier était dans la domesticité. La servitude était alors à peu prèstellem

que dans l'antiquité. Mais insensiblement les engagés sortirent de leur condition, et devinrent par le travail et l’économie les égaux des autres blancs; et comme les habitants de Dieppe cessèrent d'en transporter

- à St-Domingue, cette classe de serviteurs n'exisla plus. Ee noir né

sous Îles tropiques supportant mieux que l’engagé les travaux des champs, demeura seul attaché à la glèbe. Les cultivateurs ne se recrutant plus que sur les côtes de Guinée, on s’habitua à ne voir dans l’esclavage que des noirs ou quelques mulâtres ; et le colon oubliant l’état primi-

tif -de lAfricain, se persuada que la race noire était née pour Servir, «

et par conséquent dégradée: ainsi naquirent les préjugés. Aux yeux

du blanc, le noir devint une bête de somme, et le mulâtre, un monstre,

un mulet, produit du crime de bestialité. L'éducation coloniale avait | tcllement abruti ces malheureux, qu’ils voyaient réellement dans le blanc «

un être Supérieur; el ce ne sera que l'excès des tortures auxquelles ils seront livrés, qui les contraindra à revendiquer les droits de l'homme: alors ils auront été poussés au désespoir. (1) | | Avant de reprendre notre récit, jetons un coup-d'œil sur l'Etat, tant de la colonie française que de la colonie espagnole. L

(1) Voir la brochure de Mr. Linstant Pradine, sur la cause des préjugés dans les Colonies, JE

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BISFOIRE D'HAÎTI, 25 La partie de l'Est, s'appelait l'Audience espagnole. Il ÿ avait à Sto- Domingo un siège archiépiscopal ; le clergé y jouissait de grands bénéfices, et l'inquisition y exerçait ses rigueurs. En Janvier 1569, il avait été décidé que l'inquisition serait établie dans le Nouveau-Monde. En 1571, irois tribunaux de cet infâme système furent installés à Lima, à Mexico et à Carthagène. La colonie espagnole de St:Domingue relevait du tri: bunal de Carthagène. - | 4 # Chaque ville de l'Est avait sa municipalité. Le conseil royal et suprème des Iudes créé en 4524, prononçait en dernier ressort sur les décisions de la cour d'audience de la petite Espagne. Le chef du conseil reyal avait le titre. de Gouverneur ou de président.

Les habitants se divisaient en cinq classes: Espagnols purs nés en Europe, Créoles blancs, Métis nés d'Européens et d'Indiennes, Mu-

Jâtres nés d Européens et de Noires, et de Négres. Par la misère qui régnait dans la partie espagnole, la population blanche avait été réduite en 1730, à six mille àames.

Dans la colonie francaise, il y avait trois classes d'habitans: 1° Les Blancs; 2° les gens de Couleur ou affranchis comprenant le Négre et le Mulâtre libres; 3° les Nègres et les Mulâtres esclaves. La religion

. Catholique Apostolique et Romaine y était pratiquée par toute la Po. pulation.

Le Métis, comme dans la colonie espagnole, jouissait des mêmes privilèges que le Blanc, attendu qu'il n'avait pas dans les veines, de ce sañg africain, qui, aux yeux de FEuropéen aveuglé par d'infâmes préjugés, était dégradé par la servitude. | | “6

L'autorité militaire était confiée au Gouverneur général, ét l'autorité: civile à l'Intendant ; quand ils s’entendaient leur pouvoir devenait sans bornes ; et le colon qui ne dominait que par la mésintelligence qui pou- Vail exister entre eux était alors obligé de se soumettre à leur puissance. re

[ls nommaient à toutes les places. L'Intendant était spécialement chargé de l'administration des finances. Il ÿ avait une assemblée où se discutaient les intérêts généraux de la colonie; elle était composée du Gouverneur-général, de |Intendamt, des Presidens des Conseils de provinces, du Procureur-géneral, de l'Ordonnateur, et de plusieurs chefs de la milice. Cependant ies planteurs n'étaient pas représentés dans ces assemblées. Aussi nourrissaient-ils contre Îles agens de la Métropole une haine qui éelatera plus tard par des projets. d'indépendance,

La colonie était divisée en trois provinces: celle du Nord, chef-lieu, le Cap; ceile de l'Ouest, chef-Heu, Port-au-Prince; celle du Sud, cheflieu , les Cayes.. DE |

I y avait dans chaque province un lieutenant gouverneur, et dés tribunaux civils et militaires. Les jugemens qu'ils rendaient étaient soumis aux deux conseils supér@urs établis au Cup et au Port-au-Prince. y avait un comite d'appel composé de sept membres. Le Gouverneur

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pouvait arrêter les poursuites ; mais on appelait au roi en dernier ressoré. La France entretenail à St-Domingue trois mille hommes de troupes; et dans chacune des cinquante deux paroisses de la colonie, il yravait trois compagnies de miliciens: la première. de Biançs , la seconde d'hommes de Couleur, la troisième de Noirs libres. À Léoganelbautorité coloniale ne put jamais séparer les Noirs libres des hommes de w % Couleur. Celte milice n'était pas soldée; et tous les officiers en étaient Blancs. La Maréchaussée ou Gendärm£rie fut d'abord composée en. grande partie des hommes de Couleur qui étaient obligés d'y servir pendant trois ans. Mais on les en éloïgna peu à peu, parce qu'on s'était aperçu qu'ils y acquéraient le sentiment de leur force. Le Muätre était assujéti aux corvées; il était exclu des fonctions publiques; et les professions libérales telles que le barreau, la médecine, là prétrise, lex chirurgie , l'instruction publique , la pharmacie, lui étaient interdites. Gependant, comme il pouvait acquérir des terres, il devenait quelquefois très: riche. Alors en accordant secrétement des pensions aux agensde la Mé: tropole, il jouissait de quelque tranquillité, et mème de quelques faveurs.

Vers le milieu du 18° siècle, les produits de la colonie s'élevaient 480; 000,000 liv. tour. ; et on y importait pour 42,492,000 livres: On y comp: tait 592 sucreries, 63,000 chevaux et mulets, et 93,000 bêtes à cornes: . Les Affranchis qui contribuèrent si énergiquement, au milieudes orages de la Révolution française, au triomphe de la Liberté générale à St-Domingue, étaient nés, la plupart, comme nous l'avons vu, des. liaisons des Blans avec les Négresses, où des Nègres avec les Blanches, quoique les lois défendissent ces sortes d'alliances. Ces lois sont un témoignage du mépris que les Blancs déversaient sur la Race africaine:

Sous prétexte de mettre un frein à la corruption des mœurs, le code noir ou édit de 1685, condamnait à une amende de deux mille livres de sucre, le Blanc qui avait eu un ou plusieurs enfans de son concubinage avec son esclave; et par une autre ordonnance, la femme Bianche que la voix publique accusait de s'être livrée à un Nègre était déportée. Quand un Blane débauchait une esclave , la femme et ses enfans, par l'ordonnance de 1685, étaient confisqués au profit de | Hôpital des Pères de la Charité, sans pouvoir être jamais rachetés.

Les autorités n'exécutaient pas le code noir qui permettait de pours suivre par-dexant les tribunaux le Blanc qui eut tué injustement un esclave. Les préjugés et la puissance des planteurs inposaient silence à la lor.

Vers le milieu du 18° siècle, l'exeës de la douleur suggéra à de nombreux esclaves de la province du Nord, non seulement l'idée de la liberté, mais encore celle de l'indépendance. Les eruautés des Blancs

étaient devenues presque insupportables. Le colon paraissait pressentir la chûte prochaine de sa puissance , et se livrait à toutes les extravagances de la tyrannie. d u*

.. Une conspiration dirigée par un nommé Makandal, failht d'un seul qoup élouifer tous les Blancs, à LA

“NISTOIRE B'HAITR 25

Makandal africain et d'une illustre naissance, avait été élevé dans Ja relision Musulmane. 1} était instruit, et possédait trés-bien la langue Arabe.

Fait prisonnier de guerre dans son pays, 1l avait été vendu, comme “esclave, aux traitans européens qui Île transportérent à St- Dominaue. avait -acquis dans Îa province du Nord une immense influence sur Îles siens , en 6€ présentant à eux comme prophète ou sorcier. Pendant plusieurs années, il résista à toutes les attaques de la Maréchaussée ; mais il finit par tomber danSjdes embüches que lui avaient dresséés des esclaves dont il avait enlevé les femmes. 1H fut pris et livré à l'autorilé.

On découvrit qu'il avait conçu le gigantesque projet d'exterminer les Blancs’, et’ de proclamer la Liberté et l'indépendance de la Race noire à St-Domingue. Ii fut jugé, condamné à être brûlé vif par un arrêt du conseil de la province du Nerd du Mens On l’exécuta sur la - place du Cap, au milieu d'un peuple immense qu'il terrifiait encore, quoiqu'enchainé à un poteau au milieu du bûcher.

Sous les gouverneurs d'Estaing (4763), et Louis Constantin (1766 }s ilny eut aucun événement important dans la colonie, si ce n’esi l'ar” rivée à Saint-Domingue de plusieurs milliers d’ Allemands et d'Acadiens qui s'établirent au Môle, à Bombardo-polis et au Dondon.

Mais en 1770 , un violent tremblement de terre renversa de fondencomble le Port-au-Prinee, et tous les bourgs de la province de l'ouest.

Les secousses qui se muitiplièrent avec une effrayante rapidité, commencèrent le jour de la Pentecôte à sept heures du soir. (3 Juin A7 10). Les habitans qui se promenaient sous leurs galeries, se précipitérent dans les rues garnies d'ormeaux et larges comme aujourd hui. Pendant toute la nuit la terre fut flottante.

Le palais du gouverneur , l'Intendance , le conseil, l'Eglise , le magasin à poudre , les casernes , les maisons particulières, tout ne for ma quun monceau de ruines. Le comte de Nolivos, gouverneur-gé= néral, et le président de Bongars, Intendant, pour prévenir la disctte, ordonnèrent aux vaisseaux de la rade, de fournir du pain à la ville, jusqu'a ce que les fours fussent reconstruits. Tous les habitans des quartiers VOIsins envoyérent des vivres au Port-au-Prince , avec la plus grande générosité. Le nombre des morts s'éleva à 200 environ. Alexandre Péuon qui devint Président d'Haïti, était alors au berceau. Quand le tremblement de terre se fit sentier, sa mère l'oubliant se jeta dans larue; mais une femme Noire, sa nourrice, se précipita dans la maison qui s'écroulait et l’apporta sain et sauf à sa mère.

Toutes les manufactures de la plaine ‘du Cul-de-Sac furent renversées, et la Grande Rivière qui traverse cette plaine, après être demeurée à sec pendant seize heures, par l'effet du : tremblement de terre, vit ses eaux revenir tout-à-coup , et déborder avee une violence prodigieuse. La commotion sortie des profondes cavernes de la montagne de la Selle, s'était dirigée de l'Est vers l'Ouest. Le lieu que nous appelons le Gouffre, à la source des rivières du

Cul-de-Sac et de Léogane, fut le foyer du tremblement de trere; plusieurs fois pendant la journée on avait entendu des détonnations sous, terraines sortant de ce lieu. Pendant quinze jours, 11 y eul cenë $ecousses environ par jour. ee.

Les habitans du Portau-Prince véeurent plusieurs mois sous des tentes. Mais la ville se releva bientôt par des cénstructions toutes en bois, et n'ofrit plus aucune trace de ia catastrophe. sÂsé Quelques années après, par le traité du 3 Juin 4776, pendant que

le comte d'Ennery, successeur de M. de Vailière, gouvernait la cos,

lonie, les limites de la partie espagnole et de la partie française furent définilivement fixées. Ce fut après ce dernier traité que les Es pagnols poussèrent leurs frontières bien avant dans la partie occidentare de l'ile jusqu'au pied des versans orientaux des montagnes des Cahos. M. D'Ennery eut pour successeur M. D'Argout. ct

La France soutenait alors avec succès l'indépendance américaitecontre FAngleterre. Une foule de jeunes gens Noirs et de Couleur s'en gagèrent dans les troupes françaises et partirent pour le Conunent. lis se couvrirent de gloire au siège de Savanah sous les ordres du comte d'Estaing qui agissait de concert avec de général Lincoln. Deretour à St..Dominguc, ils demanderont pour leurs frères la jouissance des

droits politiques, comme Lafayette de retour en |France après cette”

guerre, réclamera les droits de l'homme en fave “opprimé par la noblesse et.le clergé. F

Partout le despotisme capitulait devant la liberté, qui seule enfante des prodiges, qui seule de sa main puissante et magique fait se lever un peuple pour Îa défense , soit de ses droits méconnus, soit de "son indépendance, et fait marcher l’homme avec bonheur et enthousiasme au milieu des plus grands dangers. En 1785, le gouverneur. de Bellecombe qui avait remplacé en 1781 Lous-Phiippe de Rigaud marquis

ur du peuple Français

de Vaudreuil, recounut l'indépendance d'un nommé Santiago , chef

d'une bande d'esclaves marrons, et lui abandonna sur les confins dela

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