‹ Histoire d'HaitiChapitre 13 sur 43 · BI8T0HLB D'HAITI.— ,(1807) 4SI · texte numérisé non relu

BI8T0HLB D'HAITI.— ,(1807) 4SI

^t et d*acliarneiD€nt contre Christophe se réunirent en ville. Mais on àe tarda pas à apprendre au Port-de Paix que Bazelais occupait In Gonaïves. Nicolas Louis en* partit aussitôt avee le colonel Ga« hriel, et marcha contre Thabitation Daussinj, au Grès Morne, pour fercer le cordon ennenni et entrer* en eommunicatioa avec les républicains, maîtres des Geoaives. IL assaillit les troupes de Chris* tophe , et allait s'emparer d'une forteresse où elles s'étaient rélpgiées, lorsqu'un corps de cavalerie apparut sur le champ de bataille, et le •força à la retraite. Il fut contraint de rentrer au Port de Paix.

A TArtibonile , il y avait aussi une forte agitation en faveur de la République. Le commandant militaire Guillaume Prunier tenta de se soulever contre Christophe ; mais il fut arrêté et décapité par le colonel Cottereau. Son secrétaire subit le même sort que lui.'

Sur ces entrefaites ^ l'avant garde de l'armée de la République , «commandée par Yayou ayaht sous ses ordres le général Wagnac» était parvenue au Boucassin le 26 Mai dans l'après-midi. Yayou* iit aussitôt attaquer un fort qu'occupait^'ennemi , par le colonel Vaocol, à la tète de la 17e., mais il fut repoussé.

Le lendemain , 26 , le président Pétion sortit du Port-au Prince avec le reste de l'armée, à trois heures du matin, «et arriva sur l'habitation Prince , à 10 heures du même jour. Il bl&ma le général ¥ayou d'avoir fait attaquer le fort du Boucassin , sans ses ordres. A une heure de Taprès midi, toute l'armée était réunie ^u Boucasein.

La Ile. demi brigade, commandée Dar le brave colonel Métellus, se porta en avant et culbuia les pretpers postes ennemis. Le g^. néral Pierre Toussaint, oflicier de Christophe, d'une rare intrépidité, commandait dans le fort qui s'élevait sur une éminente dominant la rivière d«s Dételles, à deux portées de fusil du camp républicain. Un bataillon de la 4e l'occupait ; Potion le lit étroitement cerner.

Le 28, l'ennemi en sortit et attaqua résolument la Ile républicaine. En même temps un* feu vif d'artillerie fut dirigé sur lobtee les positiens qu'occupaient les troupes de Pétion. Sur les instances du chef d'escadron Boyer et du g<^néral Bonnet , Pétion assailli par la mitraille , alla prendre une position moins exposée aux projectiles. La lie., de son côté, refoula dans le fort le bataillon de la 4e. et lui fit éprouver quelque perte.

Le 29 , Pétion résolut de couper à l'ennemi toute communication avec Teau de la rivière. Pour obtenir cq résultat , il fallait expédier un corps de troupes derrière la chaîne de mornes qu'occupaient les troupes de l'Artibonite. Il enjoignit au général Wagnac qui avait eous ses ordres les gardes nationaux de la campagne , eommandéi par le colonel Jean Dugetier , d'exécuter cette opération. Wagnao partit et se rendit maître] de l'eau des Bételles.

Le 30 , les chasseurs républicains vinrent annoncer à Pétien Tap*

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BèsTaurorede la réirolutîoQi ils s'étaient montrés dévoués au xpriaci* pas républicain, cohtrairementjà la plupart des autres habitans du Nord ijui avaient défendu la cause royaliste. Sous Laveaux, le Port de Paix avait été le boulevard de la liberté; sous Toussaint, il avait fallu toute Ténergie de Maurepas pour le -contenir. Les sympathies de cette ville étaient pour les institutions établies dans TOuest. Jacques Simon , intendant de la première division du Nord , y exécu* tait les instructions de Christophe avec une rigidité extrême. La Oe. demi brigade , recrutée et cantonnée dans cette paroisse, supportait le joug avec impatience. L'eitprit de la population du quartier avak été travaillé, après la bataille du^er Janvier i807, en faveur de la République, par le citoyen Pierre Thimothé^ député à la Constituante en 1806. Thimothé , pour pouvoir retourner dans le Nord et y préparer un mouvenient insurrectionnel, avait signé la protestation contre Ja Constitution, du 27 Décembre tô06.

Il y avait dans If s rangs de la 9e. tin grenadier , connu par «on énergie, très insubordonné , aimé de ses camarades, et exerçant sur eux une grande influence. C'était Jean Louis Rébecca , natif du •quartier du. Port*de Paix. Bien pénétré des idées démocratiques que Pierre Thimothé avait répandues dans sa paroisse ,^il se détermina à

J)orter à la révolte, contre Christophe, toute la 9e. et i reconnaître e gouvernement établi au Port au Prince. Il insinua à tous ses compagnons l'esprit d'insurrection dont il était animé.* Il avait été ad« judant souserficier dans son corps, mais son colonel que son carrière impérieux offensait , l'avait dégradé et l'avait remis soldat.

Le général Guillaume, mettant aussi rigoureusement en pratique les ordres de Christophe , commandait l'arrondissemenl du Porl-de-Paix^ Les troupes qu'il maltraitait souvent l'avaient pris en exécration. Le treize du mois de Mai , tous les soldats et sous-officiers de la 9e. excités par Rébecca , lui demandèrent avec menaces trois gourdes par revue, au lieu de deux. Le général Guillaume s'y refusa. Quelques heures après, les soldats , conduits par Rébeeca qui entrete^ nait l'insubordination parmi eux, envahirent le palais du gouvernement «t cherchèrent en vain le général pour lui couper la tête : il s'était caché k l'approche des séditieux. Après ètiH demeuré renfermé plufieurs jours , il apprit que reffervesoence s'était calmée ; alors il revint occuper le palais du gouyernement , passa les troupes en re%ue, (1? Mai), ^ et fit donner trois gourdes à chaque soldat. Aus-^ sitôt après la revue, les troupes le huèrent, et preclamèrent Tinstirrection aux cris de vive le Président Pétion ! ^^ vive la République! Elles mirent i leur tête le grenadier Rébecca et lui conférèrent le droit d'exercer l'autorité suprême. Rébecca se disposait à faire ar- . rèter le général Cuillaume lorsque celui ci prit la fuite et s'achemina sur le Cap. Le même jour , poursuivant son projet ^ il chassa

* Balleua de Christophe. — ** MclaraUoo de Jacques Simon.

du eorps, sans eiercer sur eux aucun a^ da Yia1eiic«i tous Tar officiers qui au formaient Télat raajor, s'empara du Grand Fort à la tète des 4cr et 2a. bataillonsde la* 9e., tira sur la ^illa i boulets^ abandonna ensuite la fortificatian , apris an avoir enlevé toutes laa munitions, se j>ta dans le chemia des Trois. Rivières, puis danscelui du Gros Morne. Après avoir traversé Thabiiation Aubert , il alla se retrancher au fort des Trois Pavillons et expédia aussitôt dlas dépêches au Président Pétion, lui demandant de prompts secours. Aussitôt après l'arrivée au Gap du général Guillaume , Christophe avait envoyé k Pourcely , colonel de la De., le brevet de général de brigade, ainsi que le commandement de i'arroadissement du Port de- Paix. Les officiers de la 9e. , chassés du corps par les soldats, s'étaient réunis, au palais du gouvernement , autour de Pourcely. Le troisième bataillon de la demi brigade^ dont le drapeau était dépasé au bureau de l'arrondissement , n'avait pas suivi Rébecca , quoiqu'il fût animé du même esprit que les deux autres ; mais il n'avait pas voula abandonner San drapeau; il occupait, en ce moment, tous les postes de la ville. Le' lendemain du -jour de la sortie de la place des deux premiers bataillons , un soldat arriva da la montagne des Trois Pavillons , se présenta devant Pourcely et lui remit une lettre de Sébacca. Ella était conçue en ces termes i

GénéraT , En nous insurgeant, nous n'avons pas été guidés par l'ambition f nous . réclamons nos droits qui sont méconnus par Christophe ; noua demandons à être libres; venez vous joindre à nous , général , emmenez avec vous tous les ofAciers, qu'ils viennent reprendre leurs rangs, à notre tète; nous sommas tous frères; ne combattons pas les uns contre les autres ; Christophe est notre ennemi commun ; aujourd'hui il dépouille le peuple , demain ce sera le tour des chefs.

Après la lecture de cette Ifttre, an présence du colonel Jacque» L,ouis, un des favoris intimes de Christophe, Pourcely dit au messager : « Allez faire savoir à Rébecca qu'il est. un brigand, et. que je n'entrerai jamais dans le parti des rebelles. » Le soldat partit aussitôt pour les Trois Pavillons. Les officiers de la 9t. sortirent du gouvernement ; Pourcely entj'a dans sa chambre et s étendit sur son lit. L*adjiidant de place Alain, ancien adjutiatit- major de la 9e. demi brigade , s'approcha de lui el'^Mui dit: < Général , pourquoi ne ^ous mettez vous pas i la tète de la 9e. ? Rébecca , par sa lettre ; ne vous reconnatt^il pas pour son chtf? Faisons la guerre à Christophe, pendant qull en est temps encore^ car plus tard, amis ou ennemis, noua serons tous ses vietiaies. » Pourcely réfléchissait et. ne répondait pas. Au même instant le colonel Jacques Louis entra dans la chambua ; il avait tout entendu. Il jeta sur Alaia ua t%r

430 «I8T01RE D*BÂITI.--(1807)

BèsTaurorede la réYoluUon, ils s'étaient montrés déyouésauiprinci* pas républicains, cohtrairement{â la plupart des autres habitans du Nord qui avaient défendu la cause royaliste. Sous La veaux, le Port de Paix avait été le boulevard de la liberté; sous Toussaint, il avait fallu toute l'énergie de Maurepas pour le contenir. Les sympathies de cette ville étaient pour les institutions établies dans TOuest. Jaoques Simon , intendant de la première division du Nord , y exécutait les instructions de Christophe avee une rigidité extrême. La Oe. demi brigade , recrutée et cantonnée dans cette paroisse, supportait le joug avec impatience. L'esprit de la population du quartier avail ^té travaillé, après la bataille du^er Janvier i807, en faveur de la République, par le citoyen Pierre Thimothé, député à la Constituante en 1806. Thimothé , pour pouvoir retourner dans le Nord et y préparer un mouvement insurrectionnel, avait signé la protcstatioo contre Ja Constitution, du 27 Décembre iSOê.

Il y avait dans If s rangs de la 9e. un grenadier , connu par toii énergie, très insubordonné , aimé de ses camarades, et exerçant sur eux une grande influence. C'était Jean Louis Rébecca , natif du <iuartier du. Port-de Paix. Bien pénétré des idées démocratiques que Pierre Thimothé avait répandues dans sa paroisse ,*il se détermina à

Î)orter à la révolte, contre Christophe, toute la 9e. et é reconnaître e gouvernement établi au Port au Prince. Il insinua à tous ses compagnons Tesprit d'insurrection dont il était animé.* Il avait été ad« judant sous officier dans son corps, mais son colonel que son caraietère impérieux offensait , Tavait dégradé et l'avait remis soldat.

Le général Guillaume, mettant aussi rigoureusement en pratique les ordres de Christophe , commandait l'arrondissement du Port-de-Paix« Les troupes qu'il maltraitait souvent l'avaient pris en exécration. Le treize du mois de Mai, tous les soldats et sous-officiers de la 9e. excités par Rébecca , lui demandèrent avee menaces trois gourdes par revue, au lieu de deux. Le général Guillaume s'y refusa. Quelques heures après, les soldats , conduits par Rébeeca qui entrete^ nait l'insubordination parmi eux, envahirent le palais du gouvernement «t cherehèrent en vain le général pour lui couper la tète: il s'était caché i l'approche des séditieux. Après étiH demeuré renfermé plusieurs jours , il apprit que l'effervescence s'était calmée ; alors il revint occuper le palais du gouyernement , passa les troupes ea revue, (17 Mai) , ^ et fit donner trois gourdes à chaque soldat. Aussitôt après la revue, les troupes le huèrent, et proclamèrent l'insurrection aux cris de vive le Président Pétion ! ** vive la République! Elles mirent à leur tète le grenadier Réb/'cca et lui conférèrent le droit d'exercer l'autorité suprême. Rébecca se disposait à faire ar- . rèter lé général Cuillaume lorsque celui ci prit la fuite et s'achemina sur le Cap. Le même jour , poursuivant son projet ^ il chassa

* Balletia de Christophe. — ** ^éclaraiioo ds Jacques Simon,

HISTOIRE d'haiti.— (180T) 4*1

^u eorps» 8dns exercer sur eux aucun a^ de vielence, tous Ter officiers qui en formaient réut-raajor, s'empara du Grand Fort à la tète des 1er et 2e. bataillons de la* 9e., tira sur la ville à boulets^ abandonna ensuite la fortification, apris en avoir enlevé toutes les munitions, se ji^ta dans le chemin des Trois. Rivières, puis dans celui du Gros Mornè- Après avoir traversé rhabitation Aubert , il alla se retrancher au fort des Trois Pavillons et expédia aussitôt du dépêches au Président Pétion, lui demandant de prompts secours. Aussitôt après l'arrivée au Gap du général Guillaume , Christophe avait envoyé A Pourcely , colonel de la 9e., le brevet de général de brigade, ainsi que le commandement de Tarr^^ndissement du Port de- Paix. Les oflicicrs de la 9e. , chassés du corps par 1<?8 soldats, s'étaient réunis , au palais du gouvernement , autour de Pourcely. Le troisième bataillon de la demi brigade, dont le drapeau était dépesé au bureau de l'arrondissement, n'avait pas suivi Rébecca , quoiqu'il fût animé du même esprit que les deux autres ; mais il n'avait pas voulu abandonner sen drapeau; il oecupait , en ce moment, tous les postes de la ville. Le* lendemain du-jour de la sortie de la place <lee deux premiers bataillons , un soldat arriva de la montagne des Trois Pavillons, se présenta devant Pourcely et lui remit une lettre dd Eébecca. Elle était conçue en ces termes:

Généraf , En nous insurgeant, nous n'avons pas été guidés par l'ambition f nous réclamons nos droits qui sont méconnus par Christephe ; nous demandons à être libres; venez vous joindre à nous, général, em« laenez avec vous tous les ofAciers, qu'ils viennent reprendre leurs rangs, à notre tète; nous sommes tous frères; ne combattons pas les uns contre les autres ; Christophe est notre ennemi commun ; aujourd'hui il dépouille le peuple , demain ce sera le tour des chefs.

Après la lecture de cette If tire, en présence du colonel Jacque» L,ouis, un des favoris intimes de Christophe, Pourcely dit au messager : « Allez faire saveir à Rcbecca qu'il est. un brigand, et que je n'entrerai jamais dans le parti des rebelles. • Le soldat partit aussitôt pour les Trois Pavillons. Les officiers de la 9e. sortirent du gouvernement ; Pourcely enl/*a dans sa chambre et s'étendit sur son lit. L'adjudant de place Alain, ancien adjudant- major de la 9e. demi brigade , s'approcha de lui el^^ lui dit: < Général , pourquoi ne Vous mettez vous pas i la tète de la 9e. ? Rébecca , par sa lettre ; ne vous reconnatt-il pas pour son cluf? Faisons la guerre à Chriaiophe, pendant qull en est temps encore^ car plus tard, amis ou ennemis, noue serons tous ses victimes. » Pourcely réfléchissait et. ne répondait pas. Au même instant le colonel Jacques Louis entra dans k chambne ; il avait tout entendu. 11 jeta sur Alaia ua E«r

430 «I8T01RE d'bâiti.— (180T)

Bès l'aurore de la révolution, ils t'étaient montrés dévoués aui principes républicain» , cohtrairementjâ la plupart des autres habitans du Nord <]uî avaient défendu la cause royaliste. Sous La veaux, le Port de Paix avait été le boulevard de la Ifberté; sous Toussaint, il avait fallu toute l'énergie de Maurepas pour le <x)n tenir. Les sympathies de cette ville étaient pour les institutions établies dans TOuest. Jao* ques Sianon , intendant de la première division du Nord , y exéculait les instructions de Christophe avee une rigidité extrême. La Oe. demi brigade , recrutée et cantonnée dans cette paroisse, supportait le joug avec impatience. L'e^tprit de la population du quartier avait ^té travaillé , après la 4)ataille du^er Janvier i807, en faveur de la République, par le citoyen Pierre Thimothé^ député à la Constituante en 1806. Thimothé , pour pouvoir retourner dans le Nord et y préparer un mouvement insurrectiennel, avait signé la prolestatioa contre Ja Constitution, du 27 Décembre tô06.

Il y avait dans Us rangs de la 9e. un grenadier , connu par aoB énergie, très insubordonné , aimé de ses camarades, et exerçant sur eux une grande influence. C'était Jean Louis Rébecca , natif du •quartier du. Port-de Paix, fiien pénétré des idées démocratiques que Pierre Thimothé avait répandues dans sa paroisse ,*il se détermina à

Î)orter à la révolte, contre Christophe, toute la 9e. et i reconnaître e gouvernement établi au Port au Prince. Il insinua à tous ses compagnons l'esprit d'insurrection dont il était animé.* Il avait été ad« judant sous officier dans son corps, mais son colonel que son caraietère impérieux offensait , l'avait dégradé et l'avait remis soldat.

Le général Guillaume, mettant aussi rigoureusement en pratique les ordres de Christophe , commandait l'arrondissement du Port-de-Patx« Les troupes qu'il maltraitait souvent l'avaient pris en exécration. Le treize du mois de Mai, tous les soldats et sousofBciers de la 9e. excités par Rébecca , lui demandèrent avee menaces trois gourdes par revue, au lieu de deux. Le générai Guillaume s'y refusa. Quelques heures après, les soldats , conduits par Rébeeca qui entrete* nait l'insubordination parmi eux, envahirent le palais du gouvernement «t cherehèrent en vain le général pour lui couper la tête : il s'était caché i l'approcha» des séditieux. Après ètiH demeuré renfermé plusieurs jours , il apprit que l'effervescence s'était calmée ; alors il revint occuper le palais du gouyernement , passa les troupes en revue, (17 Mai), ^ et fit donner trois gourdes à chaque soldat. Aus-^ sitôt après la revue, les troupes le huèrent, et proclamèrent Tinstirrection aux cris de vive le Président Péiion ! ** vive la République! Elles mirent à leur tète le grenadier Rébocca et lui conférèrent le droit d exercer l'autorité suprême. Rébecca se disposait à faire ar- . rèter lé général Cuillaume lorsque celui ci prit la fuite et s'achemina sur le Cap. Le même jour , poursuivant son projet ^ il chassa

* fialletiu de c3hristophe. — ** ^éclaraiioo ds Jacques Simon.

HISTOUll d'haiti.— (180T) 4«I

du eorpSi Sans eiercer sur eux aucun a^ de vUIence, tons 1%9 officiers qui en formsienl l'état major, s'empara du Grand Fort à la tèie des icr et 2e. bataillonsde la* 9e., tira sur la ville i boulets^ abandonna ensuite la forlificatien , apris en avoir enlevé toutes les munitions, se ji^ta dans le chemin des Trois. Rivières, puis dans, celui du Gros Morne. Après avoir traversé Fliabîtation Aubert , il alla se retrancher au fort des Trois Pavillons et expédia aussitôt àê% dépêches au Président Pétion, luideipandanf de proiqptsseeours. Aussitôt après l'arrivée au Gap du général Guillaume, Christophe avait envoyé à Pourcely , colonel de la 9e., le brevet de général de brigade, ainsi que le commandement de Tarreadissement du Port de- Paix. Les officiers de la 9e. , chassés du corps par les soldats, s'étaient réunis , au palais du goavernement , autour de Pourcely. Le troisième bataillon de la demi brigade» dont le drapeau était dépasé au bureau de l'arrondissement , n'avait pas suivi Rébecca , quoiqu'il fût animé du même esprit que les deux autres ; mais il n'avait pas voulu abandonner San drapeau; il occupait, en ca moment, tous les postes de la ville. Le* lendemain dujour de la sortie de la place <le8 deux premiers bataillons , un soldat arriva de la montagne des Trois Pavillons, se présenta devant Pourcely et lui remit une lettre de l&ébecca. Elle était conçue en ces termes:

GénéraT , En nous insurgeant, nous n'avons pas été guidés par l'ambition f nous . réclamons nos droits qui sont méconnus par Christophe ; noua demandons à être libres; venez vous joindre à nous , général , em« menez avec vous tous les officiers, qu'ils viennent reprendre leurs rangs, à notre tète; nous sommas tous frères; ne combattons pas les uns contre les autres ; Christophe est notre ennemi commun ;. aujourd'hui il dépouille le peuple , demain ce sera le tour des chefs.

Après la lecture de cette Ifttre, an présence du colonel Jacquea L,ouis, un des favoris intimes de Christophe, Pourcely dit au messager : « Allez faire savoir à Rébecca qu'il est. un brigand, et que je n'entrerai jamais dans le parti des rebelles. • Le soldat partit aussitôt pour les Trois Pavillons. Les officiers de la 9t. sortirent du gouvernement ; Pourcely %nWk dans sa chambre et s'étendit sur •on lit. L'adjudant de place Alain, ancien adjutJaiit- major de la 9e. demi brigade , s'approcha de lui el^Iui dit : < Général, pourquoi na ^ous mettez vous pas à la tète de la 9e.? Rébecca, par sa lettre; na vous raconnatt*il pas pour son cluf? Faisons la guerre à Christo* phe, pendant qull en est temps encore^ car plus tard, amis ou ennemis, nous serons tous ses victimes. » Pourcely réfléchissait et ne répondait pas. Au même instant le colonel Jacques Louis entra dims la chambne ; il avait tout entendu. 11 jeta sur Alaia un car

4«8 HISTOIRE d'iIAITI,

pour sft prononcer , Rigaud opéra une scission et se déclara indépendaift de Pétion. Cette scission eAt anéanti la Républiqno , si Pétion , par une sagesse plus qu humaine , n*avait évité d*en venir aux mains avec Rigaud : Christophe réunissait déji ses forces pour pénétrer dans TOuesl à la faveur de la guerre civile qui y paraissait inévitable.

A la mort de Rigaud survenue en 18il, le général Borgeilii lui succéda au commandement du Sud ; il se rallia à la République en 1812, pendant que Christophe, devenu rai, marchait sur le Port-au prince,. Celte ville fut assiégée; mais le roi Henri l.erfut contraint d'en lever le siège par la défection d'une forte lUvision de ses troupes, celle de lArtibonite. Les luttes intestines cessèrent par la lassitude des parties belligérantes. Le président Pétion mourut en 1818 , et fut remplacé par le général Jean- Pierre Boyer. Son système démocratique, le partage des terres entre les cultivateurs et les soldats, avaient ébranlé la monarchie de Christophe dans sa base, te colosse se tenait encore debout, mais la moindre secousse devait le renverser. Royer étouffi, en 1819, la révolte de Goman, pacifia la Grand'Anse, pénétra dans le Nord en 1820, aussitôt après la mort violente de Christophe, le rallia à la République, prit possession de Tancienne colonie espagnole en 1822 , et fit flotter le drapeau haïtien sur tous les points de I ile. La République dut à ia prodigieuse rapidité de ses marches et à ses combinaisons habiles la réunion, du Noid et de la partie de l'Est. Si son entrée au Cap avait été retardée de quelques jours , le Nord eut conservé son indépendance, et peut être le gouvernement monarchique y eut-il été rétabli! Quanta la partie de TEst .elle avait proclamé la République Dominicaine, et sa Constitution de Décembre 1821 stipulait simplement qu'il n'existerait entre elle et la République ct'Haiti qu'une alliance offensive et défensive en cas d'agression étrangire. Néanmoins il existait à S^'^Domingo quatre partie: le premier et le plus nombreux était celui de 1 indépendance, le deuxième se prononçait pour la réunion à la République d'IIaïLi, le troisième voulait d un lien fédéral avec la Colombie, le quatrième et le plus faible était celui du Roi d'Espagne. Ce dernier parti avait demandé assistance aux gouverneurs des lies françaises du vent. Si le Président Boyer, à la tète de 20,000 hommes, n'avait pas précipité sa marche , il eût rencontré les Français à Sto. Domingo et eût été contraint den faire le siège , car pendant qu'il y pénétrait, Tamiral Jacob parvenait à Samana et y débarquait des soldats. Boyer se Midi d'acheminer sur Samaqa une division de larmée haïtienne. Â la vue de nos troupes , Tamiral Jacob acquit la certitude que loccupalioa de Sto. Domingo était un fait aocompli, et appareilla pour les Iles du vent.

En 1825, à la suite de diverses négociations, l'Indépendance de Tancienue partie Française de St. Domingue fut reconnue par Clur*

les X^ moyennant une indemniié de 450 millions de francs. MaiX par cette • Ordonnance , l'Indépendance d'Haïti était reconnue condr^ tionnellement. Le défaut de paiement devait naturellement rétablir les choses telles qu'elles étaient avant 1825: Haïti indépendante de fbit y mais demandant à l'ancienne métropole la reconnaissance de son existence comme nation.

L'acceptation de T Ordonnance de Charles X, à des conditions sL onéreuses, répamlit dans le pays un mécontentement qui se témoi* gna par plusieurs conspirations, dont la plus importante fut celle de 4827, dans laquelle étaient entrés les généraux les plus iniliiensde la République. Le Présidenti Royer surmonta) tous les obstacles à la^ tranquillité publique. Mais il reconnut qu'Haïti ne pourrait payer ecttc énorme indemniié. H obtint de la France qu'elle traitât avec la République de nation à nation. MM. La$;oases et Baudin, plénipotentiaires de S. M. le Roi d<^8 Français arrivèrent au Port au-Prince en 1838. L'Indépendance d'Haïti fut de nouveau reconnue solennellement, sans indemnité aucune , par un premier traité ( la France dune part, la République d'Haïti d'auU*e part: ce n'était plus une Orilonnance octroyée à une colonie); et par un second traité, simplement financier, Haïti s'obligea à payera la France la somme de ^ 60 millions en 30 ans , pour indemniser les colons de la perte de leurs biens (principe de l'inviolabilité de la propriété)^ L'indemnité de 1S25, qui, à l'arrivée de MM. Laseases et Baudin , était déjà, réduite à 120 millions , demeura iixée à 60 millions de francs. Ainsi l'Indépendance d'Haïti fut reconnue sans Indemnité par le premieit traité. Les haïtiens n'ont consenti à payer aux colons les 60 millions qu'en considération du principe de rinviolabilitc de la propriété. Ha n'ont donc rien supputé pour leur lilferté. Ep eifel, dans aucua cas , l'homme ne peut être la propriété de son semblable. Quand il brise les chaînes dont l'a chargé la force ou la ruse , il a pour lui le droit naturel, il a pour lui Dieu qui punit les maîtres, il est vrai par fois tardivement » mais toujours.

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