‹ Histoire d'HaitiChapitre 16 sur 43 · COLBERT · texte numérisé non relu

COLBERT

visa Le TcLLicR ; et scellé du f rand sceau de cire verte , en lacs dt foie verte et rouge.

niSTOrRB D^HAITI. 4f t

Lu , publié et enregistré le présent édit, ouï, et ce requérante Procureur- Général du Roi , pour être exécuté selon sa forme et teneur; et sera à la diligence dudit Procureur Général , envoyé copies d*iceiui aux sièges ressortissants du conseil, pour y être pareil* lement lu, publié et enregistré. Fait et donné au conseil souverain de la côte de Saint-Domingue, tenu au PetitGoâva, le • Mai 1687.

Signé, MoRiCEAAj.

DISCOURS prononcés par MM. de Rotivrai ei de Tiïouzard , d VÀi^ semblée coloniale , relativement à Vénmncipation enuère des gens libres de couleur. (1791).

Je saisis, dit M. de Rouvrai , Toccasion qui se présente de dire mon avis. Je suis colon et propriétaire. J'ai Texpéiienq^des aflaiies, eelle surtout de la guerre, que j*ai faite ou étudiée tome ma vie. On en parle à son aise quand on n'a aucua danger à courir; il est facile de critiquer un commandant , mais il ne serait pas aussi aisé qu'on le croit de faire mieux que lui- à sa place. De ces vérités générales, trop méconnues aujourd'hui, je viens à la question pour laquelle nous sommmcs rassemblés. Je ne connais de remèdes aux malheurs qui nous accablent que ceux que nous pouvons tirer de la force, et où est la nôtre?

Qu'est la population blanche en comparaison delà multitude des esclaves révoltés? Ne -suffit il pas de cet ennemi, sans provoquer encore les gens de couleur? Mais dira-t on , faut-il céder aux menaces d'une oasle inférieure, l'admettre aux droits de cité, pour prix des maux qu'elle nous cause? Oui, messieurs, la politique doit ici faire taire le ressentiment, parce que vous ne pouvez pas vous flatter d'inspirer le \ôtre à la France. La philosophie du jour, qui do* mine dans ses conseils , le lui fera regarder comme injuste et barbare, quelque légitime qu'il soit etfectivement. Mais nous pouvons encore attendre la force , qui , sans doute, va venir à notre secours. Faible et décevante espérance I Je n'y compte pas beaucoup, et je ne sais

F as même si vous devez la désirer. . J'ignore à quel titre on vous accordera. Mais iîàt-elie entièrement à vosordies, lai métropole eût elle consenti i ne faire aucune condition, je ne crains pas de vous le dire, cette force serait encore insuffisante, six mille hommes De rétrabliront pas^la paix. L'insalubrité du elimat <^n aura fait périr la moitié avant trois mois de séjour dans la colonie.... Gardez-vous de. douter de ce que je vous annonce, et apprenez que des cla« ipeurs indécentes peuvent bien fercer au silence , mais no réfutent

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pas un raisonnement fondé sur ratitorité de rhistoire... Un jour peut- 4tre les ris de pitié dont vous payez les vérités importantes quej'ose ifous dire , se changeront en larmes de sang. J'ai pour moi l'expérience ; ses leçons valent bien Tabsurde orgueil des sophistes de nos jours. Je ne wux que veus citer un fait , il e^t frappant. Dans la guerre de 1750, l'Angleterre voulant s'emparer de l'Ile de Cuba , lord Àll^rmale eut ordre de faire le siège de la Havane ; il avait en débarquant une armée de dix huit-mille hommes; six mois après il n'en restait que dix huit cents. Le général, lui-même , avail lété Tune des victimes du climat. Méditez sur cet événement j lapplication n'en est pas difficile à faire. »

< Depuis trois mois, dit M. de Thouzard, la guerre dure avec les esclaves, et, malgré nossucpès, nous sommes moins avancés que le premier jour. Clîerchez quelle est la cause de cette espèce de problé- . ine, et vous la trouverez dans la pénurie de nos moyens, dans l'impossibilité où sont nos soldats de supporter les fatigues auxquelles ils «e voient coi^mnés. Nos braves volontaires succomberont victimes de leur dévoIRnent , et nous aurons eette perte de plus à nous Ve« procher. Les troupes de ligne seront épuisées avant d'atteindre Tennemi , dont la principale, je dirai m4me, la seule force , est la fuite. Il sagit donc moins de le combattre que de le harasser ; c'est en mettant à ses trousses des colonnes qui le menacent à toute heure , qui le poursuivent dans toue les lieux, que vous peuvez espérer de le réduire.

« A présent, je le demande , eu est l'armée capable de remplir ce but? Où trouver la cavalerie propre à ce genre de guerre? Les hommes faits au climat, endurcis à la fatigue, insensibles à Tintempérie de Pair et des saisons, qu'on peut loger, nourrir, équiper sans peine, sans soins, sans attirail de campagne, où sont-ils? En avez-vous d autres que Us mulâtres? Non. Eh bien i pourquoi rejetez-vous les secours qu'ils offrent , et préférez-vous ks voir parmi nos ennemis , à les compter au nombre de nos défenseurs? Pourquoi, enfin, par votre obstination à ne pas prononcer sur leur sort, justifiez vous, en. cjjuelque sorte, les crimes dont ehaque jour ils se rendent coupables?

« Je n'ai pas fini , je vous dois d'autres vérités , je vais vous les dire :

« La France a en ce moment les yeux fixée sur St Domingue* L'assemblée législative, qui a remplacé l'assemblée constituante» eomposée presque entièrement des plus redoutables adversaires du eystème colonial , sera charmée d'avoir un prétexte de s'en occuper. Vous le faites n^itre vous mêmes ce prétexte, en prolongeant une guerre 'que les intérêts les plus chers vous engagent à terminer. 11 est itnpesftible que les réciamatione des mulâtres lie eoieni pte

aisToiRB d'haiti,

écoutées en France; fussent elfoi injustes, elfes seront accueillies». Le décret constitutionnel, que yous supposez irrévocable, que vous, regardez comme votre palladium, sera infailliblement modifié; d'abord parce qu'il ne pwte pas sur le droit naturel , base de la ré«* Toluti^n française; ensuite parce q^u'il a été promulgué après Tachèirement de la constitution. Mais , sans recourir à toutes, ces sul^« tilités, qui vous a dit que la volonté nationale ne vous ft)rcera pas à quelques sacrifices pour le secours que vous lu avez demandé ?Qui \ous a dit môme qu'elle ne le fera pas servir à vaincre votre obs* tination ? Ainsi vous perdez une occasion unique de raifermir la constitution de St. Domingue et compromettez par- là son existence. Â\h messieurs, si des raisons aussi puissantes ne faisaient pas une vive impression sur vos âmes , s'il était possible que vous ne fussiez pas. effrayés du sort futur de la colonie , Mr. le Général qui m'enteâd» dont je crois deviner les intentions, est trop éclairé, trop sage, peur approuver votre arrêté. Quelque confiant et facile qu'il se soit montré envers vous , je ne crains pas de dire qu'il ne le sanctionnera pas. m

PROCLAMATION DE LA LIBERTÉ GÉNÉRALE (29 AOUT i793J^

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