DÉCRET IMPÉRIAL
JACQUES, Empereur premier d'Haïti et Chef Suprême de l'ar* mée , par la grâee de Dieu et la loi constitutionnelle de l'Etat ,
Voulant remédier aux dommages que divers spéculateurs non autorisés apportent à l'exploitation des guildiveries de l'Etat ,
• Le sccrélîïire dt Pétion qui a plusieurs foii raconté ce trait devant mon père, a dit qu'il avait Tfcennu las assassins. Mais il ne voulut jama» les nommsr. Sans doute il craignait de flétrir certaines familles ( dont la plupart des membres étaient ^tranj^ers à ce crime , ) auxt^uellei appartenaiem les assassins.
ITft HitT*!» b*ha!ti.— ( 1806)
Décrète ce qui suit :
Art. ier. Toute guildive apptrtenant ou à TEtit ou aux particuliers , qui aura éié relevée ou établie antérieurement à rarrélé de ton Excellence le Ministre des Finances relatif à raflermage des g uildiveries , sera conservée et continuera de fabriquer.
Art. 2. Toutes celles qui auront été réparées ou entreprises par des particuliers , postérieurement i l'arrêté précité , sans une permission expresse signée <le ma propre, main ou de celle de Son Excellence le Ministre des Finances , seront considérées comme il* licites et par conséquent démolies.
Art. S. Dans un mois, à compter du jour de la publication dv présent décret, tous les entrepreneurs particuliers qui n'auront pat satisfait au désir de l'article 2 , teront pourtuitit extraordinaire» ment et auront leurt manufactures confisquées sgj profit de l'Etat.
Art. 4. Le présent sera lu , publié et affiché partout où be^ia sera, i la diligence des administrateurs.
Ordre aux généraux commandans de division et d'arrondissement, de prêter main forte i l'exécution du présent déeref.
Au palais impérial de Dessalines » le 2 Mai 1806, aa 3e. de l'indépendance, etc.
DESSALINES
Par l'Empereur :
Le Siêritain Général ,
Juste Chanlatte.
, Bans le département du Sud ,les autorités civiles et militaires qui étaient , la plupart , hostilet à Dessalinet , ne s'efforcèrent pu de faire exécuter ce décret ; let guildives continuèrent à fonction* ner , et Dessalines quand il se rendra dans le Sud, en Août, sera obligé lui même de les faire démolir par les officiers de son étatmajor ; le bois de campeche , qu'il avait aussi défendu d'abattre, continuait i être exploité, sans aucune opposition de la part desauterités. Le peuple commençait à témoigner hauiememt son mécontentement ; les fememes que Ton employait dans les travaux publics chantaient un carabinier dont le refrain était : « l'Empereur ménûgi mamans pitites (Empereur ménagez les mères de famille.) Le mécententement général loin de calmer Dessalines , Tirritait davan* tage. Un blanc français nommé Noblet , ancien trésorier i Miragoâne , sous Rigaud , était revenu dans le pays , après les massacres de 1804. Gomme il s'était montré partisan de la liberté générale» Dessalines lui avait accordé la vie. Mais vers cette époque , il fui mandé i Marchand , et il fut baïonnette pour avoir osé rentrer SB à Haïti , après la publication qui analhématistit les français»
nwToiRE d'iiaiti.— (1806) 8Td
La eonspiration qu'avoit ourdio le général GefTrard , conjointtment avec Christophe « devait ne pas tarder h éclater. Noua avons déjà vu que le séuéral Christophe avait fait proposer à GelTrard, par Bruno Blanchet, de renverser DessaHnes. GefTrard, de plus en plus mécontent de Teoipereur qu'excitail contre lui Boisrond Tonnëro , s'était résolu à se soulever sans plus tarder. Aussitôt après le retour en Haïti des co- •loneU Bigot et Dartiguenave, anciens officiers de l'armée du Sud, Boisrond Tonnère avait suggéré à Dessalines la pensée que Geffrard voulait favoriser la rentrée de Rigaud dans le pays. Dès cette époque l'empereur était devenu encore beaucoup plus hostile à Geffrard^
À la (in de Décembre it05, GefTrard s'était concerté avec Pétion sur les moyens d'abattre Dessalines. Ausssitôl après la prisa d'armes du Sud, l'Ouest devait se prononce aussi bien que le Nord. L'empereur , qui , par instinct , découvrait la conjuration , avait voulu faire arrêter GefTrard, en le man<lant à Marchand; mais il en avait 4té dissuadé par plusieurs des officiers qui formaient son entourage. £q retournant aux Cayes, en Avril 1806, Borgclla s'était arrêté au Port au Prince et avait été chargé par Pétion de transmettre,, verbalement , à GefTrard , ses dernières dispositions toutes favorables à Tinsurrection. Pétion venait aussi de s'aboucher, à St-Marc, par Tiatermédiaire de Boyer , sen secrétaire , avec Blancbet , l'agent de Christophe.
Les choses étaient dans cet état à la fin de Mai 1806. Presque tous les officiers subalternes et supérieurs, noirs et jaunes, de lai province du Sud , avaient été gagnés contre Dessalines. Le général GefTrard , tout en se livrant aux plaisirs , méditait profondément les moyens d'exéeuter son projet. Mais il fut atteint d'un ;violent iromissement , et , le 31 Mai , rendit la vie dans le sein de sa famille. Aussitôt on répandit qu'il avait été empoisonné par les ordres de l'empereufr : cependant aucune circonstance ne donnait quelquf fondement à ce bruit. Beaueeup de personnes des Cayes ont as« sure qu'il mourut d'un abcès à l'estomae, formé par seite d'unf chute de cheval survenue aux Piatons pendant une partie de chasse. La garnison et presque tous les habitans des Cayes assistèrent à sec funérailles qui furent célébrées avec la plus grande pompe. Sa mort répaâdit le deuil , de tous côtés, dans la province du Sud. Son eorps fut transporté dans la forteresse des Piatons et y fut enterré; ses enirailles furent déposées au centre de la place d'armes des Cayes à una l^ére distance , i l'Est, de 1 arbre de Liberté. Il avaît 45 ans.
Né en 1761 sur l'habitation Périgny , quartier de la plaine àPi« tre, hauteurs du camp Perrin , commune des Cayes , il avait pour père un homme de couleur, Nicolas GefTrard, et pour mère, une africaine sénégalaise, nommée Julie Coudro. Il grandit sur rbabiiation de son père, se livrant aux exercices de la chasse jusqu'au IQoiQeat qu'éclata la révplution. Par les soins de sa famille» il ap-
S74 a]8T0lB£ b'SAlTI.-^(1806)
prit k lire et à éerire ; il s^expriinait avec facilité , et quoique d*une humeur fougueuse , il était généralement doux et aimable dans ses relations. Sergent dans la compagnie Massé dès Taurore de la révolution (1790), il devint lieutenant en 179S, fit la campagne du camp Dérivaux dans les rangs républicains , sous les ordres du général Rigaud, entra dans la légion de l'Egalité, au grade de capitaine de chasseurs, prit part à plut^ieurs actions glorieuses contre les royalistes de la Grand'Anse et fut nommé, en Tan A , par le général français Deafourneaux , chef de bataillon et commandant du camp Périn. Il marcha en Tan 5 contre Jérémie , en passant par les mornes de Plymouth. Il fui élevé au grade de colonel, par le général Bigaud , pendant la guerre civile de 4799 et prit le commandemeBl du 4e. régiment du Sud. Il se fit toujours remarquer à la tète des troupes par un coup d'œil sûr, un grand courage, et une sévérité, à Tandroit de la.discipline, poussée jusqu'à la dureté. Au moment de la chute de Rigaud , il s'échappa , par un trait d'audace , des mains de Dessaiines, parût de Cavaillon, traversa les mornes de Plymouth, atteignit le Corail, puis Jérémie, et se rendit à Cuba, fuyant la proscription. Il demeura en cette tie, à St Yague, jusqu'à l'arrivée à St.-Domingue de l'expédition française de 1802. Il revint dans le pays avec les autres réfugiés rigaudins, mouilla au Port au- Prince, se rendit ensuite à St-Marc, s'enrôla simple soldat dans les troupes françaises, et combattit Toussaint Louverture, pendant toute la guerre de trois mois. Après la soumission de Toussaint Louverture, il s'achemina vers le Sud pour embrasser ses parents qu'il n'avait pas vus depuis la chute de Rigaud. Mais aussitôt après son arrivée à TAnse à Veau, il apprit que les colons, qui se redressaient, par le triomphe des armes françaises, projetaient de l'arrêter ; il se transporta au Capjoù, par ce qui se passa sous ses. yeux, il découvrit le projet du gouvernement de rétablir l'esclavage. Il le rallia à Pétion dès que celui-ci prit les armes contre les fran* çais, au haut du Cap. Dessalines, proclamé général en chef par les insurgés, le rétablit dans son grade de colonel et l'envoya porter la guerre dans le Sud contre les français. Après la prise de l'Anseà Veau, es Janvier 1803, il fut promu au grade de général de brigade. Il parvint à faire accepter Tautorité de Dessalines par les indépendans du Sud qui avaient en horreur le général en chef depuis la guerre civile entre Toussaint et Rigaud. Il conduisit la guerre qu'il fit aux français avec une rare habileté , loin des regards de .Dessalines , livré k ses propres ressources: il fut le héros de la guerre de rindépendancer dans le département du Sud. Quand la mort le surprit, il se disposait, comme nous l'avons vu, à prendre les armes contre l'empereur dont le système gouvernemental était contraire à ses principes. On a dit , sans raison , qu'il avait été empoisonné par les ordres de Dessalines. L'espèce humaine aemblc
HiSTorRE d'aAiTl.--(l806) Hé
toujours éroire, en -^fTet, qu'un 6lre extraordinaire ne puisse moù« tir naturetiement, par un simple accident de santé.
Après la mort de GefFrard, la conspiration dont il était l'âme dans le Sud, et qui défait éclater aux Cayes, à la première arritée dé J'empereur en cette ville, n'eut plus aucune suite. Les conjurés tremblant pour Idurs tètes cesièrent de se réunir; Tindiscrétion d'un seul pouvait les perdre toiis. Aucun d'eux ne se montra assez faible pour dévoiler à Tâutorilé les secrets de la trame. Cependant le général Horeau acquit la certitude^ par ses espions, qu*il y avait eu un projet d'insurrection.
L'empereur n'ignorant pas que son autorité fut ébranlée dans le Sud^ résolut de s'y transporter pour déjouer ses ennemis et les frapper ad cesur. Il partit de Marchand et parvint au Port au-Prinee, pleiri de fureur , paraissant ne voir auloûr de lui que des conspirateurs, et parlant de foudroyer ceux ((ni résisteraient à ses volontés. Peu dé jours après son arrivée , il reçut la nouvelle de la mort du général Geffrard; il parut en être aflligé, et le lendemain il fit chanter un service funèbre en la mémoire de ce général. Cependant dans la soirée qui suivit il donna un bal, prétextant qu'il avait besoin de quelques distractions pour chasser les chagrins dont il était assailli. 11 dit à ses favoris que Dieu, en enlevant Geffrard, avait été plus pressé. que lui. Du Port au Prince, il s'achemina sur Jacmel, tra« versa le morne Gampan, et s'arrêta sur le morne de la Crète à- Piton pour visiter les fortifications qu'il y avait fait élever. Delà îl atteignit Jacmel où il fut magnifiquement accueilli. Dans la semaine^ qui suivit le jour de son entrée en celte ville on lui dénonça Tho« mas Thuat,. qu'on accusait toujours de Se livrer à la contrebande. Après aveir fait faire une visite domiciliaire en sa demeure par des agens de police, Dessalines se convainifuit de la véracité des rapports *^ui lui avaient été adressés. Il fit assassiner , Thomas Thuat, p«»ndant «ne nuit , .par des officiers de son état major et par des dragons dé TArtiboniie qui l'escortaient. Les magasins de Thomas Thuat furent séquestrés au profit de l'État ; sa caisse pleine d'or et d'argent fut livrée à Desssaiînes ; lessommes que celui-ci en retira furent em()loyéè8 à créer une maison de commerce éphémère sous la raison sociale Innocent et C*. * Un citoyen de Jacmel (ut chargé par l'Empereur de gérer cette nouvelle maison. L'Empereur fit encore vérifier tous les titres de propriété même ceux des citoyens qui avaient déjà étéi régulièrement mis en possession de leurs biens. Il quitta Jacmel après avoir excité beaucoup de mécontentement, traversa le Grand Goàve -et le Petit Goftve sans s'arrêter. Il ne demeura quelques jours dans chacun! des quartiers de Miragoàne, de l'Anse-à-Veau , du Petit Trou , des Baradèr^s et du Corail que pour visiter les fortifications de l'intérieur.
• Noie fournie par Mr. toginac. Le prince Innocent était un fils de PEmperettrV
J76 VI8T0IEE D^HAÎTÏ.— (1806)
A TAnse-à-Veau , il avait ordonné de transporter au fort JOesboisles restes de Jean-Louis François déposés au* pied de l'arbre de ia Liberté qui s'élevait sur la place d'armes. De lacmel au Corail , il avait fait brûler plus de deux millions de bois de campâche , coupés, et mis en tas pour élre exportés, contrairement à ses arrêtés. Yayou et Lamarre avaient eux mêmes fait brûler iles bois coupés dans les
3uartiers de Léogane; mais partout ailleurs, l'Empereur, trouvant ans les populations 'une forte résistance à l'exécution de ses ordres et une mauvaise volonté bien marquée de la part des autorités locales y avait été obligé de les faire brûler par les officiers de son état-major. Il avait pris cette mesure parce jqjue dans la plupart de ces quartiers, on abandonnait les cultures principales celles du cacao et du café pour se livrer à la coupe des bois. Il disait dans ton indignation: « Je sais bien que les gens (la bas de la Côte '^ (du département du Sud) veulent se soulever contre moi ; eh bien ! je leur pousse Tépée aux reins pour les porter à prendre les armes; je ne les redoute pas; j'attends qu'ils campent pour que je les culbute; ce sont de mauvais indigènes; iU saeriiiont tout à leurs intérêts particuliers; ils veulent tout pour eux et rien pour les autres. Mais je les attends de pied ferme; je ferai rentrer dans les domaines beaucoup de propriétés dont on s'est rendu maître par des enquêtes que la mauvaise foi ou ia ^complaisance a formulées; je vois qu'ils sont courroucés; que m'importe! » Il entra à Jérémie sous l'influ- «nce de ces f&cheuses dispositions. 11 y apprit que le général Pérou , qui avait été l'ami et l'admirateur de GefTrard , avait trempé dans la conspiration que ce dernier avait organisée. Pérou commandait l'arrondissement delà Grand' Anse, dont Jérémie est le chef lieu. Comme il était alors malade , Dessalines en profita pour lui annoncer q^u'il avait besoin de quelque repos après les importans services qu'il avait rendus à la patrie. Il confia le commandement provisoire de l'arrondissement à Basile, colonel de la 18e., et celui, de la place & René, les seuls officiers sur le dévoûment desquels il pût compter. Il était toujours sous l'influence d une grande agitation d'esprit. Il s'écria, en traversant la place d'armes, à la vue de plusieurs groupes d'hommes de couleur et de noirs: quand donc ces conspirateurs se soulèveront ils? Exclamation qui peint bien l'impatience de son humeur, son peu d'aptitude tu gouvernement et ses tendan* ces k trancher toutes les difficultés par le sabre. Il était las des inénagemens qu'il était contraint d'observer, quoiqu'il fût certain de l'existence d'une conspiration; il eût préféré à ces sourdes m.enées une révolte qui lui eut fourni, a ce qu'il pensait, l'occasion de se défaire de ceux qui lui portaient ombrage. Il chargea Lhérisson ,
• Nous appelons vuîjrairement en Haïti le département du Sud , à Bas de U «é/ej parce que c'est la partio inférieure de i'ancieone partie française de notre lie.
niSToiRB ix'hâiti.— (1806) Ift
officier d'administration , homme de couleur, qui réunissait tout9 sa confiance, delà vérification des titres de propriété et des niisea^ en possession dans 1 arrondissement de la Grand' Anse, et partit de Jérémie, après y être demeuré iiuit jours, il prit la route des Gayes^ traversa les Irois, les Anglais , la Ghardonnière , le Port-à Piment , let Coteaux , et le Port Salut. Dans tous ces lieux il fit brûler tons les. bois de campèche que les habitans avaient coupés pour Texportation. Il entra aux Cayes le ier. Août, ayant laissé derrière lui des populations irritées contre son autorité. Le peuple de cette ville laccueiliit sans enthousiasme. Le désordre y était à son comble, ainsi que dans les campagnes environnantes; la police ne se faisait plus, le travail des champs était négligé; la discipline se relâchait dans les rangs dt^s troupes de la garnison ; la comptabilité des administrations irrégulièrement tenue était dans la plus grande confusion. I^ gén/ral Moreau Goco*IIerne commandait provisoirement la division depuis la mort del Geflrard ; Tadjudant-générai Papallier , retiré de l'administration des finances , était adjoint a larrondissement ; Tadjudant-général Bauregard commandait la place, le chef de bataillon Louis Boisquenez était administrateur des finances; Boisrond Ganal, frère de Boisrond Tonnère, était di« recteur de la douane, Eugène Hais, contrôleur, Labbé, gardemagasin, Gonstant, trésorier, Ghalviré, président .du tribunal de première instance.^ Les magasins de TEtat étaient vides de denrées, les caisses du trésor épuisées, et la plupart des domaines nationaux enlevés à l'Etat par des mises en possession irrégulières.
Aussitôt après l'arrivée de Dessalines, le général Mereau , qui ambitionnait le commandement de la première division du Sud , lui déclara qu'il avait la certitude que Christophe avait été en correspondance avec GefTrard pour renverser le gouvernement. L'empereur , pour s'en assurer , ordonna à Dupuy , un de ses secrétaires , de faire Tinv^taire des papiers du général Geffrard qui avaient été saisis. Dupuy trouva beaucoup de pièces pouvant compromettre de nombreuses familles , plusieurs lettres de Christophe. Il dit cependant à Dessalines que la correspondance de Geflrard élait toute d'amitié, et sauva ainsi un grand noinbre d'individus de tous grades et de toutes conditions. Les papiers furent disposés en liasses et déposés dans le cabinet particulier de l'Empereur. Geux de ses secrétaires que Christophe avait gagnés portèrent toute son attention sur le général Rigaud et lui persuadèrent que GefTrard avait formé le projet de le rappeler dans le Sud. Soupçonnant les principaux habitants des Cayes d'avoir été instruits de tout ce qui s'était tramé contre lui , il leur fit éprouver toutes sortes de vexations. Il chassa des régimens la plupart dea officiera et
* Yer9 le milieu de 1805, nous avons vu que Dessalines avait institué des tribunaux*
f78 HISTOIRE D'B4ITI.«-(lë06)
SOUS- officiers que le général Moreau lui désigna comme ayaût été dévoués à GetTraid , et fit passer d'un corps à un autre une foule de militaires. Il ne craignit pas d'humilier publiquement tout aeux qui avaient été attachés à la personne de GefTrard ; il fit sol* dats les ancienjs secrétaires de ce général , qui, d'après les règle* pens impériaux , avaient rang d'officiers dans l'armée , par assirnî* lation. Cette conduite excita d'autant plus l'indignation des citoyaM, qu'il avait donné des grades d'officier à tous ceux qui avaient été attachés au général Jean-Louis François , mèoie à ses serviteurs.
Dessalines voulant vécifier sévèrement les comptes de radmiaisfration , ainsi que les titres de propriété, envoya chercher Inginac qui était au Port au Prince , par une lettre en date du i5 AoAt , pour lut confier cette tflche difficile. Comme il avait besoin d'un citoyei) habile et dévoué , il ne pouvait mieux s'adresser qu'à Mr. Inginaa. Celui-ci avait déjà séquestré, au Port-au-Prince, 562 propriétés. Le 21 Août , Inginac reçut la lettre de l'Empereur. Le 2S du m&me mois , il alla saluer le général Pétion, commandanl de li^ division militaire , lui annonça son départ pour les Cayes \ lui recommanda sa famille et prit la roule du Sud , sous Tiiifluence de tristes pressentimens. Chemin faisant , il reçut une autre lettre de Dessalines ainsi conçue :
Au palais des Gajes, le 18 Août 1806 , an 3e de l'indépendance.
JACQUES , Empereur 1er. dUaiti , au Directeur des domaineê Ingînae, de la Se. division de l'Ouest, c Si vous n'avez pas reçu ma lettre du 15 eourant, laquelle vous fnjoignait de vous reedre ici immédiatement , vous voudrez bieo ^e pas perdre de temps à vous y rendre, attendu que j'ai ua pressant besoin de vous. »
Inginac aecéléra sa marche, et parvint aux Cayes le f6 Août dans Vaprès-midi. Après être descendu chez le chef d'escadron VoUaîre son ami , il alla rendra ses hommages à TEmpereur qui se mon* trait impatient de le voir. Celui ci Aè$ qu'il l'aperçut , s'approcha ^e lui et lui dit ^ « Je vous ai fait venir ici pour que .vous mettiez un ordre par&it dans l'administration des Onanees et celle des do« gaines ; si vous trahissez ma confiance « votre tète tombera comme celle d'un canard; ainsi prenez garde à vous; vous êtes ici dans4e pays des traîtres , des flatteurs, des séducteurs; je veux faire tnaison neUê dans toutes les administrations ; on vole , on pille l'Etat ; on conspire même contre moi ; tant pis pour ceux qui se mettront en évidence. » Cemme il se proposait de sévir contre le ch^ 4'escadron Voltaire , il ordonna à Inginac d'abandonner sa maison et d'aller prendre logement chez radjudant«»généra1 Papalier. QeUi«(
BisTaiBE ]>'haitx.~(1806) tn
ci ifivajt «n oiétintelligence avec In^nac ; Dessalinea les rapatria. Inginac sa retira cbaz Papaliar., et y établit ses bureaux après avoir pris lecture de la lettre suivante que lui avait adressée l'Empereur :
€ Monsieur le Directeur ,
« La confiance que j'ai en vous m'a fait vous appeler ici pour que vous fassiez rendre compte par l'administrateur Quenez de son administration » depuis Tépoque qu'il en a pris les rftnes. Etk conséquence veus vous ferez présenter tous les livres, pièces, etc. concernant cette affaire, afin-de travailler à leur dépouillement, eC de me dresser un compte qui doit me mettre sens les yeux l'étal des différentes brandies de ce service , avec les observations que TOUS croirez propres , en vous conformant aux lois et aux ordres qu'il vous predui'ra. Vous vous conformerez aussi à ma lettre du i6 courant. Rappelez vous que j'espère que ma confiance dans celle occurrence ne sera poial trompée.
« Signé, DESSAUNËS. »
L'arrêté de l'Empereur concernant les guildives en date du 2 Mat 'iBOe qu^ n'avait jamais été mis en vigueur dans, le Sud par le mauvais vouloir des- autorités et par les résistances des populations y fut alors rigoureusement exécuté. L'arrêté portait , comme nous l'avons vu, que les guildives appartenant à l'Etat ou aux particuliers qui auraient été relevées ou établies antérieurement -à l'arrêté du ministre des finances relatif à laiTermage des guildives, seraient conservées et continueraient à fonctionner; que celles qui auraient été réparées ou entreprises par des particuliers postérieurement à l'arrêté précité, sans une permission signée de la propre main de l'Empereur ou du ministre des finances, seraient cotisidérées comme illicites et par conséquent démolies. Cet arrêté avait pour but de contraindre les populations du Sud à abaadonner la eultgre de la cannèpouç^celle du*cif5^ Les produits de la canne^ tels que le sirop^ le tafia et un peu de sucre^ se consommaient dans le pays et ne fournissaient rien à jf^aTsse publique par rexportaiLoiU L'Empereur, mal conseillé, donna un effet féïrôactTf au décret, et fit détruire toutes les guildives, même celles qui existaient depuis plus de dix ans avant l'arrêté du ministre des finances et qui appartenaient à des ofYiciers supérieurs influens. Il souleva de toutes parts le plus grand mécontentement. En cette circonstance il n'eut aucune considération pour personne. Cédant d'abord aux instances de mademoiselle Euphémie, sa maltresse, il lui avait fait la promesse de respecter une guildivo qu'elle possédait non loin de la ville; mais pendant un bal qu'elle^ lui donna, alors qu'il dansait avec elle, ses soldats, par ses ordres^ lillêreat démolir l'établissement» En se séparant d'elle, après lafêl^
980 BI6T0IRB 0'HAITI.— (1806)
il Ini annonça que si guildive avait été délruite. Plusieurs homme» ardents s'étaient présentés dans le bal pour Tassassiner. Soit qu'ils fussent déconcertés à Taspecl du fondateur de l'Indépendance , soie qa'ils ne trouvassent pas une occasion favorable , ils ne tentèrent môme pas l'exécution de leur projet. Depuis l'arrivée de TEmpe* reur slutl Gajes, des (êtes étaient célébrées chaque jour, par les autorités; les officiers supérieurs des quartiers environnants affluaient en ville, accompagnés de leurs maîtresses ou amies ^ et en grand forlège. DeJ^ftaliiies se promenant, une après-midi, sur le balcon du palais des Cayes, porta ses regards vers les Quatre Chemins , et découvrit un nuage de poussière qui rcTulait avec rapidité vers la ville. Peu à peu le nuage se dissipa, et il aperçut une dame richement parée, en voilure, accompagné^ de vingt cavaliers tous officiers soit supérieurs soit subalternes. Il s'informa avec étonnement de ce que pouvait être cette dame qui faisait cet étalage de toilette et d*équipage. On lui dit que c était fimie du général Guillaume Xafleur commandant de l'arrondissement d'Aquin, qui arrivait aux Cayes pour assister i une fêle. 11 fut très mécontent de ce que des officiers de l'empire accompagnassent lt% maîtresses de ses généraux ; il dit que c était avilir Tépauletle. Il dépécba aussitôt au» devant de la cavalcade un officier avec ordre de la dièj)efser. L'officier partit et atteignit le cortège ; aussitôt ceux qui le for* maient tournèrent bride vers Aquin, et l'amie du général Lafleur entra seule en ville. Dessalines, quoiqu'il donnât l'exemple de ces*^ scènes scandaleuses , les condamnait quand ses généraux l'en rendaient témoin.
Inginac avait ouvert son bureau de vérification en la demeure de Tadjudant-général Papalier. Les livres des administrations de la lëre division du Sud étaient dans le plus afTreux désordre; des hAtimens étrangers avaient appareillé du port des Cayes , chargés de nos denrées, sans avoir payé aucun droit à TEiat , et cependant ce fait n'a- Yait pas été dénoncé à Dessalines par les autorités ; le droit sur le cabotage ne figurait nulle part; les magasins de denrées et d'approi^isionnemens étaient entièrement dégarnis ; il n'y avait pas de numéraire au trésor ; on n'y trodvait que des bons souscrits , par divers, en faveur de l'Ëtat ; il n'existait pas de registres de douane, 6t il n'y avait pas de cadastre pour les domaines; la confusion régnait de toutes parts, et cependant tes employés étaient nombreux dans chaque administration ; des magasins de denrées avaient été vidés par la fraude, et les employés disaient que le café avait été enlevé par la crue des eaux. Le bureau de vérification était composé des citoyens Frémont, administrateur d'Aquin, Avignon, garde-
• Nous avens vu qu'à cette époque on disait Mlle. ••• Tamie de tel général, l^otir 448igQer la xx^attresse 4e se général.
HISTOIRE d'HAITI.— :(ia06) S8I
magasin des doni aînés des Gaycs, Malval atné, chef de bureau de l'adminislralîon des Coyes, Bruno Pic de Père, chef des bureaux du coD(r6le, Uassieu, préposé de Tadministralion des Coteaux, Jacques Flon, employé des bureaux d'Inginao. Il fonctionnait de huit heures du matin à midi, et d'une heure de relevée h six heures du soir. Boisrond Canal, directeur de douane , frère de Boisrond Tonncre, fut accusé (Cavoîr été Fauteur de la plupart de ces prévarications par sa profonde corruption; il fut consigne chez lui; les scellés furent apposés sur ses papiers et son mobilier , et il fut remplacé par le citoyen Sully. Boisrond Canal ne trouvait pas de commisération devant rCmpercar, parce que Boisrond Tonnère Tavait accusé d'avoir trempé dans la conjuration de Geffrard. Ce dernier avait tenu, à son égard, cette infâme conduite, parce que Canal avait refusé de faire honneur a plusieurs de ses mandats.
Inginac était aussi chargé d'anéantir les donations , testamens , ventes , faits par les blancs en faveur des indigènes.
Dessalines, agissant sous Tinfluence de son entourage, attirait sur sa tète la foudre qui devait Técrascr. La plupart des officiers de «on état major avaient Tespoir de jouir des propriétés qu' Inginac ferait rentrer dans les domaines. Mentor était bien d'opinion qu'on annulAt les contrats passés par les blancs en faveur des indigènes , mais il avait conseillé à Dessalines de partager les biens domaniaux entre les soldats et les laboureurs, au lieu de les livrer en jouissance aux principaux officiers , ses favoris. Lorsqu'un peuple a conquis par les armes , sur ses oppresseurs , sa liherié et son indépendance, les propriétés des anciens dominateurs doivent ètreparta* gôes entre tous les guerriers au lieu d'appartenir exclusivement au gouvernement fondé par le nouvel ordre de choses: tel était le raisonnement de Mentor. Les opinions de Mentor sur la propriété que Dessalines n'accuillait pas étaient justes et raisonnables : la masse de la nation eût dû, dès lors, être propriétaire, comme elle le devint en 1811 sous le Président Pétion , car il y avait en la possession de TEtal assez de terres pour satisfaire chaque guerrier , sans fouler aux pieds les droits des anciens propriétaires noirs et jaunes.
Pour exécuter les ordonnanoes de TEmpereur il fallait léser les intérêts de presque tous les citoyens propriétaires. Tout annonçait que cette vérification ferait nattro un -soulèvement. Dessalines qui ne craignait pas de le provoqiier , en éprouvait cependant de vagues inquiétudes. Se promenant, un soir, >vers la tin d'Août, sur la place d'armes des Cayes , accompagné des généraux Martial Bessa , Bazelais, Guillaume Lafleur et d'Inginac, directeur des domaines de rOuest , il demanda à ce dernier ce qu'il avait remarqué de sail< lant depuis qu'il avait commencé ses opérations de vérification tDginac lui dit que les prévaricateurs n'avaient nul amour de l'in* dépendance, qu'ils ne songeaient pas à transmettre une patrie ^
leui^s desccndans ; qu'ils ne rêvaient qu'aux moyem de s'enrichir pour se retirer ensuite à l'élrangâr. Dessalines répondit : quel remède à tout ce mal ? J'écraserai les os à tous ces gens là, c'est ce que
^ je suis décidé à faire qu'en pense/ vous, Messieurs? N'eet ce
p9s la terr<^ur seule qui les contiendra? Martial Besse et Bazelais lui di/enl, qu'au lieu de mettre toujours en pratique la terreur, ilYaudfriit mieux moraliser le peuple, l'instruire,- le porter à un travail régulier; ([u'il vaudrait mieux ne plus enrôler indistinctement tous les jeunes gens qui souvent , dans les casernes , se corrompent par le jeu eC les liqueurs fories. Dessalines soutint que les indigènes no comprentiraient rien à toutes ces choses. Alors ceux qui loocompagnaient lui dirent : puisque vous avez formé des soldats qui ont vaincu les héros ô^s P}'ramides et de Marengo, pouWjuoi ne formeriez vous pas des citoyenti instruits et de moralité. Dessalines, flatté d'entendre vanter SCS talents militaires, promit de réfléchir aces conseils. 11 demanda au général Guillaume Lufleur son opinion. Celui ci lui dit: € Je ne contrarierai pas votre manière de voir; mais vos commères, vos amies, vos Vaquais s'engraisseni, tandis que vos pauvres soldats ont le ventre plat et sont tout nus. » Dessalines demeura fortement frappé de ces df rnières réflexions ; il déclara qu'au premier Janvier 1807 les abus (io tous genres cesseraient; que les fends publics ne seraient plus fol* l'Htènt donnés aux courtisanes, qu'alors il habillerait l'armée , la parerait régulièrement et suivrait un tout autre système; il leur laissa cntfndre qn il avait besoin, avant celte époque, de se défaire de quelques hommes qui conspiraient et le gênaient. Mais le Destin avait' (ixé le terme de sa carrière au il Octobre 1806. Il rentra au palais satisfait de sa promenade.
Néanmoins, persistant dans son système- de vérification des titres de propriété ,• il rendit, quelques jours après, un décret relatif aux testamens et aux autres actes portant donation de biens fonds.
JACQUES 1", Empereur d'Haïti , «t chef suprême de l'armée, par la grâce de Dieu et la loi constitutionnelle de TÉiat ;
Considérant que les tribunaux ont jusqu'à ce jour homologué^ îndistinetement tous les teitamens qui leur ont été présentés ;
Considérant qu'au mépris de l'ordonnance du sept Février 1804 qui fixe l'époque qui annulle les ventes , testamens et donations faites par les blancs, ces tribunaux n'ont cessé depuis leur instaUatioa d'homologuer et insinuer de tels actes , Décrète :
Art. ier. A l'avenir lorsqu'un testament ou tout autre acte portant donation aura été présenté soit à Thomologation i soit à l'insinuation , le tribunal civil , avant de faire droit , donnera connaisjNtnce à l'adoiinistrateur priacipal de la division , de la demande ei|
HISTOIRE d'haï TI,— (1806) 283
homologation dûdit testament, à Teffet de s'assurer si l'état n'est pas fondé à réclamer contre ladite demande.
Art. 2e. A l'avenir » aucun notaire ne pourra p;)sser des actes portant vente ou donation, qu au préalable le vendeur ou le donateur n'ait produit outre ses titres de propriété, un certificat de l'adminiatrataur principal de la division qui atteste que ledit donateur ou vendeur est le légitime propriétaire, et que le bien qu'il veut vendre ou donner n'appartient ni en tout ou en partie aux domaines de l'Etat.
Art. 3e. Dans aucun cas le tribunal ne pourra homologijcr ou insinuer au^sun acte portant donation que le requérant en justice n'ait produit le certificat mentionné en l'article précédent.
Art. Ae. Les dispositions du présent décret s'étendent sur les actes même passés entre Haïtiens, etc., etc., etc.
Donné aux Cayes le ier Septembre 1806, an 3e de l Indépendance et de notre régne le second.
Signé: DESSALINES.
Par l'Empereur :
Pour le secrétaire général absent ,
Signé: Boisrond TONNÈRE.
Le lendemain (2 septembre), l'Empereur fit publier un décret relatif aux droits d'importation et d'exportation et aux rétributions accordées aux directeurs de douane, capitaines de port, commissaires de marine, trésoriers et interprèles. Le même jour fut publié le tarif des prix annuels et mojens des marchandises importées dans Tempire d'Haïti, et des productions territoriales exportées des ports dudit empire. Ces décrets furent les derniers de l'Empereur.
Dessalines destitua ensuite plusieurs bons fonctionnaires. Il confia provisoirement, au général Moreau, le commandement de la premiè* re divisipn du Sud; à l'adjudant-général Papalier, le commandement de l'arrondissement des Cayes, et maintint le colonel Banregard au commandement de la place. Ces officiers reçurent pour instructions de visiter ou de faire visiter scrupuleusement tous les navires qui entreraient dans un des ports de la première division du Sud, et de trancher la tète au général Rigaud sur le pont du navire qui le ramènerait. H craignait qu'il ne fut délivré par le peuple ou les troupes si on lui donnait le temps de débarquer.
Pendant cet intervalle, les opérations de la vérification des comples administratifs et des titres de propriété continuaient activement.
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Inginac suivait les instructions de l'Empereur avec la plus sévère exactitude. Beî^icoup de titres qu*il trouvait irrégnliers étaient anéantis. Le mécontonteraent était général , mais il se témoignait sourdement. Néanmoins sa demeure était sans cesse rempli* de flatteurs et de dénonciateurs; il était accablé de prévenances et de cadeaux de tons genres; chacun s'efforçait de le. gagner pour sauver sa propriété. Des hommes liés d'une vieille amitié se dénonçaient mutuellement pour se faire bien venir. Pour mieux procéder à ses opérations , il fil dresser un cadastre général des propriétés urbai'» nés et rurales. Il se procurait des renseignemens de tous cdtés. Bêgon, c\u\( de division de la marine, commandant du port, lui remit une note exacte des bâlimens qui étaient entrés dans la rade des Gayes et qui en étaient sortis. Dessalines signala à (nginac la maison indigène Barreau, et la maison étrangère Mftkintosh, comm^ ayant fait de fortes contrebandes et lui enjoignit de s'occuper par liculicrement de celle de Mr. Mokintosh. Il lui écrivit à cet effet les. lettres suivantes :
Au palais impérial des Cayes, la 6 septembre i806.
JAf.OUES I.", Empereur d'Haïti , au Directeur des Domaines Tnginac, duivgé de la vérification de la comptabilité de la 1ère division du Sud^
« Je reçois à l'instant, mon&ieur, le compte des droits dus par monsieur Borrcau, néfjociant en colle ville, s'clevant à3,940gour* des. J'en fais mon allaire et le garde pour en ordonner le recouvrement.
€ Signé: DESSALLNES. »
Au palais impérial des Cayes, le 8 Septembre <806.
JACQUES !.•% Empereur d*HaUi^ à M'. Ingmac, vérificateur des comp^ tes de l'administration de la ière division du Sud.
« J'ai de grands renseignemens, citoyen vérificateur, sur les livres et comptes de la maison Mackintoch, américaine; .ainsi ne lui donnez pas de quartier, et mettez toute votre application à cette vérification. Je veux avoir à me réjouir en apprenant par vous la somma kn* portante qu*il aura à restituer à l'Etat.
« Signé, DESSALINES. *
Inginac s'occupa aussitôt de la maison Mackintoch qui restitua à l'Etat plus de cent-vingt mille gourdes. La maison Hopsengartner fut contrainte dé restituer plus de 69,000 gourdes de droit d'entrée «t de sortie. NéaDmoins cette sévérité exercée envers Macktotoeb