‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 106 sur 244 · LES FÊTES · texte numérisé non relu

LES FÊTES

Telle était cette joyeuse panégyrie sous les tentes

de feuillages. Comme aux jours antiques, Israël, en chantant, s’étendait, pendant sept jours, sur le sein de la nature, si bonne et si prodigue, et qui lui avait donné, avec tant d’abondance, le froment et le vin nouveau. C'était l’heure même des fêtes d’Adonis, à Byblos, où, pendant sept jours, déliraient les filles phéniciennes, en attendant les joies de la huitième journée. Plutarquet a pu confondre la fête des Soukkoth avec celles de Bacchus. Mais, tout en se reposant avec tant d’ivresse sur le sein de la mère universelle, Israël n’oubliait ni sa dignité ni la présence d’Iahvé.

Le jour qui suivait la fête des Soukkoth était tout entier consacré au repos. On l’appelait le jour d’Azereth (assemblée). Dans l’Ohel-Moëd, on faisait les mêmes sacrifices qu'aux fêtes ordinaires ?,

À ces riantes panégyries, si peu en rapport avec le caractère sombre que l’on a prêté souvent. à la religion d’Israël, venait s'ajouter cependant une fête triste, celle des Expiations.

L’Iom Kippour (jour de l’expiation) tombait le dixième jour du septième mois, peu avant la fête des Soukkoth. C'était un jour de repos complet et de grand jeûne, où la communauté d’Israël s’efforçait d’expier ses fautes. Le cohène-hagadol accomplissait lui-même à l’Iom Kippour les cérémonies saintes. Après s'être baigné et revêtu de ses habits sacerdotaux de lin blanc, il immolait d’abord, pour lui et pour la famille sacerdotale, un jeune taureau. En entrant dans le Saint des saints, il jetait, sur une cassolette où flambaient des charbons de l’autel, deux poignées d’encens; la fumée odorante qui montait lui voilait le Kapporeth (couvercle de la barque d’alliance), là où était censée reposer la Divinité. Alors,prenant du sang de la victime expiatoire, il en aspergeait une fois la surface du Kapporeth et sept fois l’espace qui était

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