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Soumis de même à l'élection, les schoterim (scribes) avaient aussi leur entrée dans les grandes assemblées, C'était la corporation savante, tenant le calame ou le stylet, comme les scribes égyptiens. Ils étaient attachés aux anciens et aux juges, tenaient le rôle des généalogies, et, dans les guerres, servaient de hérauts aux commandants de l’arméel. A la tête des scribes, il semble qu’il y ait eu'un chef investi de certaines prérogatives dont ne jouissait pas le reste de la corporation ?,
D’après la Thora, un homme, dont le mode d’élection ne paraît pas déterminé, se plaçait au-dessus des zeqénim, des nassi, des schofetim et des schoterim.
Telle était la constitution idéale d'Israël. En réalité, il n’y eut guère de chef suprême pour toute la nation que Mosché et Ioschoua. A l’époque des juges apparaissent des héros dont la vaillance les fait acclamer, pour un temps, de quelques tribus. De lieutenant d’lahvé, universellement accepté, depuis Dan jusqu’à Beerschéba, on en chercherait vainement dans l’histoire d’Israël.
Droit civil, — Afin de mieux assurer l'égalité des droits pour tous les Hébreux, la Thora avait voulu établir entre eux, autant que possible, V’égalité. des fortunes. Tous les cinquante ans, à l’Iobel, les biens aliénés devaient retourner à leurs anciens possesseurs; mais cette prescription ne semble guère avoir été observée. Le commerce et l’usure, sources principales du déplacement des fortunes, la Thora les exclut, en faisant d’Israël un peuple d’agriculteurs. À ces obligations Israël échappa bientôt.
I y a, chez Hébreu, un mélange d'idéalisme et de sens pratique fort surprenant et qui explique en lui bien des contradictions. Encore aujourd’hui, aux conceptions les plus hautes et aux plus nobles senti-
1, Il Chron. exxNINar, 2 LOUE SN ARNe
ments, le Juif sait unir, à un degré prodigieux; les préoccupations les plus terrestres. Tout ce qu’il y avait d’idéalisme dans la pensée d'Israël, la Thora l’a recueilli. Mais combien la vie de l'Hébreu a été loin de ressembler toujours à son livre!
L’étranger ou colon n’était pas maltraité en Israël : « N'’affligez pas et ne déchirez pas l’étranger, vous souvenant que vous-mêmes avez été étrangers dans lepays de Mizraïm. » La Thora assure au colon,comme à l’Hébreu, la protection des tribunaux 1. Sa bienveillance envers le Kenaanite, envers les fils d'Ammon et de Moab, n'allait cependant pas très loin. Elle les exclut à tout jamais du titre de citoyen. Pas plus que l’eunuque ou le bâtard, ils ne pourront se présenter dans l’assemblée d’ Jahvé?. Mais, à la troisième génération, les fils d'Édomet de Mizraïm seront admis au milieu d’Israël, pourvu toutefois qu’ils se soumettent à la cérémonie par laquelle l’Hébreu se distingue des goim (gentils), . la circoncision. Edom était le parent d’Israël., Mizraïm n’inspirait pas à l’auteur de la Thora la même répulsion que Moab et Ammon : dans son culte, il n'avait pas ces prêtresses courtisanes qui enlaçaient de leurs bras les fils d’Israël et les tenaient enchaînés dans les bocages sacrés et dans les temples d’Aschtoreth. Aussi l'Egyptien, pour un autre motif que l’Édomite, mais tout comme lui, est-il susceptible de devenir fils d’Iahvé et membre du peuple élu.
Quelle est la pensée de la Thora sur la famille? e comment l’organise-t-elle? Le mariage, elle le considère comme une obligation rigoureuse à laquelle nul ne se peut soustraire, Cette idée a été certainement une des causes de la moralité et de la puissance d'Israël.
La femme n’est pas, pour la Thora, un être inférieur : c’est une partie de l’homme, qui s’en est un