Juges, 11 tout entier
LA RELIGION DES VOISENS D’ISRAEL. IGI
Zidonites, les plus antiques des Phéniciens,avaientatteint un haut degré de culture. De ces hardis navigateurs, les TSraélites apprirentàa construire des vaisseaux et à se transporter rapidement d’un point à un autre. Ils en reçurent encore, aussi bien que des Egyptiens, Varchitecture, l’art d'extraire les métaux des montagnes et d’en faire des objets charmants. Les arts mécaniques, l’arithmétique et surtout l'écriture, Israël put les emprunter aux Phéniciens. La langue de ceux-ci s'était enrichie par leurs relations avec tous les peuples. Elle n’a qu’une différence de dialecte avec celle des Hébreux, mais ne jouit pas de la même finesse : on y sent un peuple de marchands, dont les goûts d’artiste ne sont pas très raffinés.
Mais c’est la religion des Phéniciens et des Kenaanites qu’il importe surtout de connaître pour se bien rendre compte de l’histoire d'Israël à l’époque des Juges. Les Kenaanites adorèrent, comme l'Egypte, le soleil, ou plutôt l’être mystérieux qui lui donne sa puissance. L’astre prit pour eux le nom de Baal (seigneur) ou d’Adon, Adoni (maître). Mais, en Phénicie, le soleil brûlant détruit parfois les germes au lieu de les développer : alors on l’honora sous le nom de Molok (roi), et en son honneur on fit passer des enfants par le feu.
La lune est si belle sur la grande mer et sur les sables que le Phénicien lui adressa aussi ses hommages. Il l’adora sous. le nom d’Aschtoret, la déesse chaste qui répond à l’intègre Diane, et encore à lPIsis Égyptienne et à l’Ischtar des Assyriens., A côté d’Aschtoret, la Reine des cieux, le Phénicien adora Aschéra, déesse du plaisir. Sur deux monnaies d’Afrique, la . déesse phénicienne, sous son double aspect, chaste etvolupteuse, est représentée. Aschtoret, surmontée des cornes et du disque, a la tête modeste et voilée, tan-
1. Voir Movers, Die Phônizier, surtout le premier volume. — Renan, Mission de Phénicie. &
dis que le myrte de la volupté | ii ts tempes de la bonne Aschéra 1.
La Phénicie adora encore sept dieux (nombre égal À celui des corps lumineux), qu'elle appela Kabires (les . forts). Leur rôle planétaire apparaît clairement sur une monnaie d’Utique, en Zeugitane, où une étoile accom=
pagne les têtes de deux Kabires 2. |
Eschmoum (le huitième), un huitième Kabire, est parfois représenté sous la forme d’un serpent, parfois aussi Sous une forme humaine. Personnification de la sagesse, les Grecs l’ont honoré sous le nom d’Esculape, et sur un monument égyptien il est identifié - avec Im-hotep, le dieu sage, filéide Ptah3, le Vulcain de Mizraïm.
Il ne se peut rien imaginer #" plus voluptueux que le culte kananéen. Tout nur. à symboliser la fécondité. Sur les hauteurs, parmi les arbrès, étaient établis les sanctuaires. La, Îe grenadier riche en grains était consacré à Aschéra ; 7 des pieux, images du “phallus, étaient voués à Baal. À la fin du printemps et à la fin de l'automne, il y avait à Byblos des fêtes funèbres, pour célébrer la mort d’Adonis, le jeune homme divin tombé sous la dent du sanglier (l'été “dévorant ou le rude hiver) #. Pendant sept jours, on cherchait, pour la trouver enfin, l'image du jeune dieu. Les femmes s’arrachaient les cheveux, se déchiraient et se frappaient le sein’ en répétant la lamenta-
piubier, Numismatique de l’ancienne Afrique, t. III,
p. Later monnaie de Hippo Regius et Tipasa.— Ibid., monnaies de NuHiidie. cabinet de Paris, I-II, p. 79. — + la distinction à faire entre Aschéra et Astarté ou Aschtoret, voir The Religion of Israël, by Dt À. Kuenen, traduit du hollandais, t. I, p. 88-93.