LA RELIGION DES VOISINS D’ISRAEL
tion, le Aï Adoni. Avec des Fr à et des pointes, les qedeschim, au bruit de la flüte pleureuse, se lacé= raient le corps. Après les fêtes funèbres, tous, criaient à haute voix : « Adonis vit! » et, dans la joie délirante qui accompagnait. da résurrection du dieu, les femmes dont les cheveux n'avaient pas été coupés s’offraient sans pudeur, consacrant à Baal le prix de leur vertu. C'était d'Egypte qu'Adonis avait été importé en Phénicie. La, Osiris (le soleil couché), déchiré par Typhon (les ténèbres ou le mauvais principe), chaque année, était recueilli, mis dans un coffret et lancé dans la mer. L’hippogrife, animal fabuleux, était censé le transporter à travers les flots et le déposer sur le rivage sacré de Byblos. OR igus Égypte devenait l’Adonis phénicien.
Il y avait encore en Phénicie et du le pays kananéen des prêtresses-courtisanes, qui,le jour, séjournaient soit dans les temples, soit au loin, sur les che mins, et qu’on appelait qedeschot (les sacrées). Elles avaient des grottes ou des tentes richement tissées, ou même dans le temple des chambres, pour recevoir les adorateurs et peut-être les adoratrices de la bonne déesse. En l’honneur de la déesse se mutilaient, avec une frénésie sauvage, des adolescents et des hommes, qui prenaient ensuite des vêtements de femmes, On nommait ces eunuques qedeschim (les sacrés ). Sans doute un grand nombre de qedeschim encore intacts devaient servir aux joies connues de tout l'Orient.
Tel était ke culte des Phéniciens, au milieu desquels Israël s’installait, N'’était-ce pas une excitation continuelle à déserter la religion austère d’Iahvé?
Au nord et à l’est de la Phénicie, aux étages du Liban et de l’anti-Liban, séjournaient les Araméens (les gens du haut pays). Ils étaient parents des Israélites. Leur langue n’était pas si différente de celle des Hébreux que les deux peuples ne se pussent comprendre, Les Araméens bâtirent des villes, dont quelques-unes subsistent encore aujourd’hui, Au milieu d’un vrai paradis, ils élevèrent Damesseq (Damas) et
Hamat, près des flots de l’Oronte. Sur leur constitution politique on n’a pas beaucoup de lumière : ils avaient.des rois, ou plutôt des scheiks, et se divisaient en trois groupes : Aram-Zoba, Aram-Hamat et Aram- Damas. Leurs coutumes sOnt à peu près inconnues. Avec la mythologie phénicienne la leur avait de nombreux traits de ressemblance. Leur plus grand dieu semble avoir eu le nom de Hadad et désigné le soleilt, I1 était encore appelé Hadad-Mélek (Adramélek) ou plus brièvement Molok. Chez les Araméens, le culte se rapprochait beaucoup du culte phénicien. Dans les temps d’angoisse, comme les peuples de même langue que les Hébreux, ils offraient des sacrifices d’enfants ou d’hommes-au dieu Éhijun (Chaïvan, Kronos). La tribu de Naphtâli était toujours en contact avec les Araméens. LL
Dans le voisinage du pays plus tard habité par les Philistins, vivait une petite tribu, les Geschourites, probablement une branche, mais peu connue, des Ismadglites.
Les Amaléqites habitaient plus loin, à l’est, dans la contrée de Qedesch. C'était une peuplade nomade et pillarde, ennemie d’Israël, et qui l'avait attaqué dans le désert. On ne sait rien sur les coutumes des Amaléqites, comme des tribus situées, entre les côtes philistines et la Mer-Morte, dans le voisinage de l'Égypte. Leurs divinités, l’une mâle et l’autre femelle, étaient Urotal et Alilat (Lilit?), auxquels on rendait un culte voluptueux, -
À l’est étaient installés les Iduméens, que les Israélites semblent avoir moins souvent rencontrés devant eux que les Amaléqites. Le territoire des Iduméens s’érendait depuis la montagne de Séir jusqu'a la Mer- Rouge, grâce à laquelle ils purent, dès les temps les
1. Macrobe, Saturn. 1, 2251. — Plin., xxXVIT, 11. Le roi portait le titre de Hadad, ou Ben-Hadad, ou encore Hadad- Ézer.