LA RELIGION DES VOISINS D'ISRAEL, I8S
plus anciens, se livrer à la navigation et au commerce, De leurs montagnes ils savaient extraire l’or et d’autres métaux. Les Iduméens, dans lantiquité, jouissaient d’une grande renommée de sagesse : on parlait desvsages de Taman, leur ville principale. De bonne heure ils eurent des scheiks qui semblent avoir été électifs. Leur dieu, dont quelques-uns de leurs rois ont pris le nom, s'appelait Hadad, comme celui des Araméens. De leurs coutumes on sait) peu. de chose : elles se rapprochaient vraisemblablement de celles des Israélites, avec lesquels leur race était parente.
* Au nord de l'Idumée et à l’est de la Mer Morte habitaient les Moabites et les Ammonites, voisins des tribus de Gad et de Reôubèn. Ils offraient à Baal, sur la montagne de Péor, un culte voluptueux. Dans les pays voisins de la Palestine se répandit l’adoration de Baal-Péor, devenu Belphégor1. Près de lui, les Moabites avaient encore Kamosch, divinité guerrière, qui a des traits de ressemblance avec le dieu Bès, des Égyptiensÿdont Porigine sémitique a été reconnue. Comme Bès, Kamosch paraît avoir eu deux formes : celle de dieu de la guerre? et celle de dieu dela. joie. Sa divinité parèdre était Astarté3, Avant la bataille, Mescha invoque le dieu guerrier, et, d’un autre côté, la racine kamasch, d’où vient le nom de Kamosch (l'incube), marque l’acte même du plaisir.
Chez les Ammonites,,. Kamosch apparaît aussi; mais leur dieu principal. était Milkom ou Malkom. Quelle
ES ÿ Fa 1. Gesenius, Thesaurus, p. 693.
2. Inscription de Mescha, — Gützendienst und Zauberwesen. bei den alten Hebrüern und den benachbarten Vülkern, von D' Paul Scholz, 1877, p. 176-182.
3. Il y a une monnaie de Gaos avec le portrait de Belphégor. (De Luynes, Numismalique des satrapes achœménides, pl. 1v. — Collection de Luynes, cabinet de Paris.) — Il y avait l’Aschtor de Kamosch (stèle de Mesa).
était leur divinité féminine? Nous ne la connaissons pas plus que celle des Moabites.
Pressé par tant de voisins, Israël avait une existence bien difficile. À la mort d’Ioschoua, il n’y a plus de chef puissant et universellement respecté pour #relier ensemble les tribus et pour les conduire “contre l’ennemi commun. Fort heureusement pour Israël, les Kenaanites, dans l’intérieur du pays, étaient aussi dans un état complet de démembrement. Sans que personne pût lui porter secours, la ville de Laïsch} exemple, tomba aux maäins de six cents Danites, a l’inondèrent de sang. u
Ce ne sont pas “seulement des rapports d’hostilité que les Hébreux ont avec leurs voisins. Ils mouent avec eux des älliances, prennent leurs filles et leur donnent les leurs en échange. Dérces unions avec les Kenaanites à l’adoration de leurs dieux, il n’y avait qu’un pas pour Israël. Du reste, dans le pays dont il prend possession, les lieux eux-mêmes ne l’incitentils pas sans cesse à quitter.Jahvé? Beaucoup sont consacrés à des mythes Ou bien célèbres par d’an- -ciens pèlerinages. Le Karmel, la montagne charmante, a des prêtres avec des oracles ; 4e Thabor est un lieu saint; l'Hermon est plein du Culté qu’à ses pieds on a rendu à Baal-Gad ou Baal-Hermon. Longtemps on était allé en pèlerinage à Beth-el, à cause d’une pierre météorique qui, autrefois, y était tombée. Même dans le territoire qu'il habite, tout entretient Israël d’un autre dieu qu’Iahvé. Et, puis, qu’il était attrayant, sous les arbres saints, le cuite de Baal et d’Aschéral Les prostitulions sacrées inclinaient fortement loin d’Iahvé le cœur des Benê - Israël. Schilo, le centre du culte, après Guilgal, desservi par les Aharonides et par les lévites, n’était pas d’un facile accès aux tribus éloignées, Du reste, on se voyait avec peine obligé d'aller au milieu de l'orgueilleuse tribu : d’Éphraïm adorer Iahvé. Nétait-il pas plus commode et plus doux de se rendre auprès des prêtresses, sous les aschéras voisins? L’attrait sensuel, la disposi-