‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 131 sur 244 · LA RELIGION DES VOISINS D'ISRAEL · texte numérisé non relu

LA RELIGION DES VOISINS D'ISRAEL

tion des lieux, toutes les circonstances extérieures poussaient les Bené-Israël vers les cultes étrangers plutôt que vers le culte sévère né sur le Sinaï.

Du reste, il y avait comme des souvenirs inconscients d’une époque antérieure, qui entraînaient , Benë-Israël vers ces dieux et vers leur culte. Du même berceau que les peuples qui le pressaient, lagob était sorti. C'était de l’Arabie moyenne et septentrionale que s'étaient élancés les différents rameaux de la famille sémitique, Les sémites du sud, Arabes, Ethiopiens, Hymiarites, n'avaient guère altéré leur nature primitive; mais le groupe des sémites du nord, Babyloniens, Assyriens, Araméens, Hébreux, encore enfants, avaient, en émigrant , stationné dans la vallée de l'Euphrate, où régnait la civilisation akkadienne 1.

Comme une nourrice, cette civilisation avait pris ces peuples enfants sur ses genoux et les avait enchantés avec ses contes ; elle avait peuplé pour longtemps leurs naïves imaginations de son polythéisme, à la base duquel semblait assis le dieu Ilou (EI des Kenaanites et des Hébreux). Thérah, le grand-père d'Abraham, était un idolâtre, à genoux devant le Panthéon akkadien.

En entrant dans le pays de Kenaan, les Hébreux y trouvèrent une langue qui était la leur, et une religion dans laquelle leur enfance avait été bercée et qui les attirait avec la puissance des premiers souvenirs. Voilà ce qui explique mieux que tout le reste leur

1. Schrader, Die Abstammung der Chaldüer und die Ursitze der Semiten, dans la Zeitschrift der deutschen Morgenländischen Gesellschaft, t. XXVNIL, p. 397-424. — Semitismus und Babylonismus, zur Frage nach dem Ursprunge der Hebraïsmus, dans les Jahrbücher für protest. Theologie. 1 Jahrgang, p. 117 et suiv.— Congrès des orientalistes, 1873, t. II, p.149 et suiv. Sur le nom de Tammouz, par M. Lenormant. — M, Ja Soury a résumé ces travaux dans: Études historiques: sur les religions, les aris.…... de l'Asie antérieure et de la Grece,

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inclination vers l’idolâtrie, dont le mosaïsme monothéiste les avait détournés.

Les tribus du nord adorèrent Baal et Aschtoret ou bien les dieux araméens 1; au delà de l’Jardèn, les Hébreux adoptèrent parfois Kamosch et Milkom, dieux de Moab et d'Ammon; les tribus établies au milieu du pays se tournèrent vers Dagon et Tirata, qui seront les dieux des Philistins, mais qui appartenaient au vieux panthéon sémitique ou akkadien. Dans certains endroits de Kenaan, la divinité était honorée sous la forme d’un serpent d’airain et avec le nom de Nehouschtan (l’airain). Des dieux domestiques, appelés Teraphim (probablement de la racine arabe farafa, p'ospérer), étaient chargés de présider au foyer et de le rendre prospère. On aperçoit, chez les Israélites, les Teraphim araméens, à tête d'homme, sorte de dieux lares, sans que la Bible jamais en approuve la présence 2,

Dans tous les cas, le monothéisme mosaïque d'Israël va être,"à certaines heures, profondément troublé par les dogmes qui l’assiègent. Les cultes des peuples voisins émousseront aussi le sentiment de moralité, si fin et si exquis, dont lahvé avait pourvu son peuple.

Mais jamais aucun souffle étranger n’approcha de la colline de Schilo, où la barque d'alliance, les tables de la loi et la pureté du culte étaient gardées par la famille d'Aharon. Là reposait toute la force d’Israël.

Bienheureux les peuples qui ont ainsi une citadelle inexpugnable! Aux jours mauvais, le génie national, l’âme de la patrie, y trouve un refuge où elle se peut conserver entière, avec toute sa flamme, pour des heures plus heureuses.

Le premier schofète ou héros à qui fut donnée la

1, Grœtz, Geschichte der Juden, t. 1, p. 90-106. 2. I Sam., xix, 13. — Gôtzendiensit, von Paul Scholz,

pe 127-133.

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