ABI-MÉLEK
« Et maintenant, si vous avez agi avec sincérité et droiture en choissisant pour roi Abi-Mélek, si vous avez bien agi envers Ierou-Baal et sa maison... (en choisissant l’assassin des fils de Guideün), réjouissez-vous d’Abi-Mélek et qu’il se réjouisse de vous.
Sinon, que le feu sorte d’Abi-Mélek,
Et qu’il dévore les maîtres de Schekem et Beth-Milo!
Et que le feu sorte des maîtres de Schekem et de Beth-Milo, Et qu'il dévore Abi-Mélek!
Après avoir jeté cette fable si poétique et si charmante,dans laquelle il flagelle, aussi bien qu’Abi-Mélek et Schekem, l’idée même de la royauté, Iotham (Iahvé est intègre) s’enfuit jusqu’à Beéra, en Beniamin, L’allianceentre Abi-Mélek et les Schekémites ne dura guère que trois ans. Ce que ceux-ci voulaient, ce n’était pas se donner un roi, mais attirer à eux la maison de Guideôn et son prestige, Mais Abi-Mélek désirait régner. Peu confiant dans les Schekémites, il alla bientôt résider à Arouma,
En même temps, la ville d’Ioseph se mit à détruire la sécurité des routes et à piller les : caravanes de marchands. Sur elle Abi-Mélek avait établi, pour la tenir en respect, un de ses fidèles chefs de bande, Zeboul (la demeure), Cette mesure avait encore aigri la ville contre le fils de Guideôün, sans que toutefois il lui fût possible de secouer le joug. L'occasion d’une révolte s’offrit plus tard. À Schekem était venu, sous la protection de Baal-Berith, un étranger, Gaäl (le dégoût), avec ses proches. Il excita la population contre Abi-Mélek, Dans l'ivresse de la vendange, au milieu des fêtes joyeuses qui accompagnent les flots de sang jaillissant du pressoir, les Schekémites entonnèrent, contre leur maître, une chanson moqueuse improvisée par Gaäl, fils d'Ebed :
Qu'est-ce qu'Abi-Mélek, et qu'est-ce que Schekem, Pour que nous le servions
N'est-ce pas le fils d’Terou-Baal
Servez les descendants de Hamor, père de Schekem. Est-ce à nous d’être esclaves ?
Que ce peuple soit dans ma main,
Et je chasserar Abi-Mélek.
Ce chant de provocation et de moquerie fut rapporté par Zeboul à Abi-Mélek. Celui-ci fit quatre troupes de ses bandes, s’embusqua, la nuit, dans le voisinage de la ville, et, au lever du soleil, descendit des coilines où il était caché. À la vue de cesbandes, Gaäl et les Schekémites restèrent stupéfaits. « Où est ton audace? » dit Zeboul à Gaäl. Après une sortie, les Schekémites rentrèrent en désordre dans la ville, laissant derrière eux un grand nombre de cadavres. Ils chassèrent Gaäl avec ses frères.
Une nouvelle sortie aussi malheureuse que la première livra la ville à Abi-Mélek, qui en fit raser les murs et sema du sel sur ses ruines. Les restes de Schekem se retirèrent dans un endroit voisin très fortifié, Migdad-Schekem (tour de Schekem), d’où ils gagnèrent bientôt la forteresse de Bethel-Berith. Alors, avec tous ses gens, Abi-Mélek monte à la colline de Zalmon, où, sur son ordre, chacun coupe une branche d'arbre. Mettant tout ce bois autour de la forteresse, ils l’allumèrent. Environ mille Schekémites furent étouffés dans les flammes. Abi-Mélek assiégea ensuite plusieurs bourgs éphraïmites, mais trouva sa fin devant Thébez (auiourd'hui Toubas), à r 3 milles de Naplousel. Toute la population de la ville s'étant réfugiée dans la forteresse, Abi-Mélek la voulut brûler comme le peuple de Schekem. Il s’approcha de la tour pour l’incendier; mais une femme lui jeta sur la tête une meule de moulin qui lui brisa le crâne. Appelant aussitôt un de ses
1. De Saulcy, Dictionnaire topographique, p. 306. — Van de Velde, Memoir to Accompagny the Map of the Holy Land,