‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 141 sur 244 · Talmud de Jérus,, Schebiit, 1x · texte numérisé non relu

Talmud de Jérus,, Schebiit, 1x

2 H11MeSt impossible d'accepter le chiffre de quarante-deux mille hommes qui, d’après le Livre des Juges, auraient été, en cette journée, retranchés d’Éphraïm,

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lui dit l’enfant ; seulement je te prie de m’accorder deux mois, pour que j'aille sur les montagnes pleurer à cause de ma virginité avec mes amies. » Et son père lui répondit : « Va! » et il lui laissa deux mois. Et elle alla, elle et ses amies, pleurer à cause de sa virginité sur les montagnes. Et, au bout de deux mois, elle revint vers son père, qui accomplit en elle le vœu qu'il avait fait, si bien qu’elle ne connut pas d'homme.

Et ce devint une coutume, qu’à des jours fixés, les filles d'Israël allaient faire la lamentation sur la fille d’Iphtah le Guileädite, quatre jours chaque année. Ce qui ressort de ce récit, c’est qu’il semble que ce fut seulement à la virginité, honteuse en Israël, que fut condamnée la fille d’Iphtah,

Le héros fut schofète pendant six années.

Après lui parurent des chefs qui n’ont pas laissé de traces dans l’histoire d’Israël : Ibezan (d’Iehouda, sept ans); Eiïlon, de Zeboulon (dix ans); Abdon, de la tribu d'Éphraïm (huit ans), Nous ne savons d’eux que Ile nombre de leurs fils : Abdon eut quarante fils et trente petits-fils, chevauchant sur soixante-dix anonss

Pendant que le héros de Guileäd combattait contre Ammon, les trois tribus d’Iehouda, de Dan, de Beniamin, avaient à se délivrer d’un ennemi autrement redoutable, les Pelischtim. Ce n'étaient pas, comme les autres peuples de la Palestine et des environs, d’anciens habitants du sol. Venus probablement de l’île de Crète, ils s'étaient installés sous Ramsès III (XX° dynastie) dans la scheféla (plaine) au sud-ouest de Kenaan. Ce fut d’eux que le pays tout entier tira son nom (Palestine). Ils possédaient cinq villes importantes : Egron, bâtie en briques, aujourd’hui A’kez, village ou les maisons sont comme celles de l’ancienne cité, faites avec des briques séchées au soleil; Aschdod (de Schadad, force), ville et port, à laquelle succède. la bourgade actuelle d’Asdoud; Aschgelon (Ascalon), port également, dont les environs portent encore le chypre d’où l’on tire le bon vin d’Ascalon. La qua-

trième ville philistine était Gath (le pressoir des raisins), aujourd’hui Khirbet-Dikrin; il y a là de grandes ruines et de belles citernes, restes de l'antique cité. Quant à l’autre ville avec son port, Gaza (la forte), c’est Gazeh qui la remplace aujourd’hui; elle est tout entourée de beaux vergers protégés par des haïes puissantes où, parmi les arbres communs en Palestine, apparaissent même quelques pommiers; des sycomores, des acacias mimosas, des palmiers dominent les arbres à fruit. L'intérieur de la ville répond à sa ceinture. Avec ses beaux bazars, Gazeh est encore une des cités les plus vivantes et Jes plus riches de la Palestine.

Etablis dans ces villes, les Pelischtim s'étaient mélés, par des mariages, à la population kananéenne, en avaient adopté la langue et les dieux. Sous le nom de Dagon (le poisson), le dieu moitié homme et moitié poisson (l’Oannès kaldéen), honoré à Aschdod et à Gaza, ils adoraient la force de reproduction. Le complément féminin de Dagon était Tirata (Tergata, Atergatis ou Derketo) (porte, ouverture), qui avait la tête charmante d’une jeune femme et le corps d’un poisson. Non loin d’Aschgelon se dressait son temple. Dans un temple près d’'Egron, les Pelischtim offraient leurs hommages à Baal- Zeboub (Beelzébud), le dieu-mouche, Il devait avoir pour rôle de protéger contre les moustiques, si malfaisants sous le soleil d'Orient. Un scarabée de jaspe vert, d’origine phénicienne, nous donne Ja forme sous laquelle ordinairement on se représentait le seigneur-mouche.

Comme l’indique le v° chapitre du I‘ livre de Samuel, les cinq villes philistines formaient une confédération. Dans un grand péril, leurs chefs particuliers se réunissaient pour prendre une résolution commune. Quand ils n'étaient pas en guerre avec Israël, les Pelischtim forgeaient pour lui, comme pour le reste de la Palestine, des socs de charrue et des armes; ou

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5, On la voit sur les monnaies de Gaza.

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bien sur leurs vaisseaux légers, s’élançant des ports d’ Aschgelon et de Gaza, ils allaient capturer les riches navires phéniciens; une de leurs principales industries était celle d’écumeurs de mer. Hardis et entreprenants, ils en vinrent même à s’emparer un jour de Zidon.

Les tribus du Sud avaient en eux des voisins fort peu pacifiques. Ce qui les excitait encore particulièrement contre Israël, c’est qu'ils avaient accueilli des Iebousites dépossédés par Iehouda et Schimeün, et avec lesquels ils s’étaient unis par des mariages.

Déja Schamgar avait dû déployer beaucoup d’héroïsme pour sauver des Pelischtim le peuple d’Iahvé. Mais le héros dans la lutte contre la Pentapole fut Schimschon.

Les événements de sa vie sont tellement prodigieux, qu’on a voulu de lui faire un mythe solaire, comme d’Hercule, de Melqart et d’Izdoubar.Son nom même, Schimschon (le soleil), fait incliner tout d’abord vers une interprétation mythique.

Cependant, dans les histoires d’Israël, on n’aperçoit Schimschon que comme un personnage ayant réellement foulé le sol de la terre promis 3. II a vécu comme tous les autres héros. Ce qui paraît le plus certain, c’est que Schimschon a été entouré d’une légende pour la formation de laquelle on a emprunté quelques traits mythiques. Le lion est, dans toutes les mythologies, une image de l’astre brûlant qui dévore les plantes. Cependant du soleil naissent souvent les douces choses. Du fort sort la douceur, Le miel cueilli par Schimschon sur le lion mort ne rappelle-t-il pas les abeilles d’Aristée sorties des entrailles corrompues du taureau, animal solaire comme le lion? Le renard ou le chacal, succédané du renard, appartient également au mythe. Pour les anciens, il symbolisait, grâce à sa couleur fauve, la rouille funeste aux blés. Ovide rapporte l’histoire du renard lâché, la queue enroulée de paille enflammée, à travers les moissons, qu il consume. Aux fêtes des céréales, on brûlait, en expiation

des moissons incendiées, un ou plusieurs renards!. Mais tous ces éléments mythiques n’ont été pris que pour la formation de l’haggada ou légende morale. Dans la maison, le père racontait à ses enfants l’histoire embellie du fils de Manoah, pour les exciter à la fois à l’amour de la patrie et à la fuite de la courtisane. On a donné des formes prodigieuses au kéros populaire, et en même temps on a voulu faire de sa légende une leçon de morale, C’est le vri® chapitre des Mischlé- Schelomo (Proverbes de Salomon) mis en action et présenté sous la forme la plus vive :

Par la fenêtre de ma maison j'ai regarde.

Je voyais au milieu des insensés, |de raison. Et je remarquais, parmi les jeunes gens, un adolescent dépourvu Il marchait dans les rues près de leurs angles, Et gagnait le chemin de sa maison.

C'était le crépuscule du soir.

Il faisait noir, et c'était l’obscurité.

Voici qu’une femme vint au-devant de lui,

Avec un ornement de courlisane el un cœur feint. Agitée el inquiète est-elle toujours ;

Aujourd'hui devant sa porte, demain dans les vues; Et dans sa maison ses pieds ne se peuvent ose. Pres de tout angle elle dresse ses embüches.

Elle le (le jeune homme) saisit et l'embrasse,

Et d'un visage impudent lui dit :

« Je devais les sacrifices pacifiques,

Aujourd’hui j'ai rempli mes vœux 2,

C’est pour cela que j'ai paru devant toi;

J'ai cherché lon visage, et je l'ai trouvé.

De tapis j'ai couvert mu couche,

De tissus colorés faits avec le lin de Mizraïm. J'ai parfumé mon lit de myrrhe,

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