‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 151 sur 244 · I. Sam., vur · texte numérisé non relu

I. Sam., vur

3. Guérin, Description de la Palestine, Judée, t, 1, p. 66 et suive

LES JUGES, SCHEMOUEL. 233

tout faire courber sous sa parole de fer pendant de longues années.

Comme celle de Schimschon et de tous les hommes prodigieux, sa naissance avait été pleine de merveilles. Un homme de Ramathaïm-Zophim avait deux femmes, Peninna et Hannaïf. Sa plus aimée, Hanna (la grâce), semblable à Rahel, ne lui avait point donné d'enfants. Quand Elqana (Dieu a acquis ) faisait à Schilo le sacrifice, il donnait plusieurs parts à Peninna, pour elle et ses enfants, mais une seule à Hanna, qui en était fort afligée. Chaque année, la voyant tout en larmes à Schilo, son mari lui disait : « Hanna, pourquoi pleures-tu? Est-ce ‘que je ne vaux pas mieux que dix fils? » — Un jour, à Schilo, elle se lamentait dans l’Ohel- Moëd et disait à Iahvé : « Si tu voulais donner à ta servante un enfant mâle, aucun rasoir ne passerait sur sa tête. » Éli observait cette femme, dont les lèvres remuaient; il la crut ivre et lui dit : « Jusqu'à quand montreras-tu ton ivresse? — Tu te trompes, mon maître: je n’ai bu ni vin ni liqueur férte, je n’ai fait qu’épancher mon âme devant lahvé; c’est par excès de chagrin que j'ai parlé jusqu'ici. — Va en paix, répondit Éli; et que l’Élohim d’Israël accorde ce que tu lui as demandé! » Elle s’en alla toute réconfortée. De retour à Rama, elle conçut un fils, qui devait être appelé Schemouël (Dieu a entendu).

Dès qu'elle l’eut sevré, elle le conduisit à Schilo, dans la maison d’Iahvé, avec trois taureaux, un épha de farine et un vase de vin. Là, elle présenta son fils à Éli, le cohène-hagadol, et laissa échapper , dans cette poésie, son enthousiasme religieux et maternel :

En Tahvé mon cœur tressaille ?, En lui s'élève ma force; Ma bouche s'ouvre contre mes ennemis,

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