À Sam., xiv
nant : « C’est un sacrilège! apportez-moi une grosse pierre. » Sur cet autel élevé à Iahvé, les Benê-Israël vinrent égorger leurs victimes, dont ils ne mangèrent plus le sang.
Pour savoir s’il était opportun de continuer la poursuite des Pelischtim, Schaüul voulut encore consulter Elohim. Mais Élohim ne parla pas. Sans doute quelque péché en était la cause. Mettant le peuple d’un côté, lui et son fils Ionathan de l’autre, Schaôul essaya, par le sort, de connaître le coupable. Lui-même fut désigné avec son fils Ionathan. Alors le jeune homme avoua que, malgré la malédiction de son père, il avait mangé du miel dans le bois. « Me voici, ajouta-t-il, je mourrai. — Oui, lonathan, tu dois mourir, » s’écria Schaôul. Mais le peuple entier éleva une voix menaçante : « Jonathan mourrait! lui qui a donné cette grande victoire à Israël! Par Iahvé, pas un cheveu ne tombera de sa tête sur le sol, » joignant l’action aux paroles, la foule enleva Ionathan à la main fatale de Schaôul.
Il yeut, dans la vie de ce premier roi juif, quelques heures glorieuses. Ammon, Moab, Edom, Aram, les pillards d’Amaleq connurent la vigueur de sa lance. Pour le seconder, il avait, outre ses fils, le valeureux Ionathan, lischvit et Malkischoua, un sar d'armée fort habile, Abner (père de lumière), son neveu.
‘ Au milieu de cette famille guerrière se développaient deux jeunes filles de Schaôul, Mérab et Mikal. Richement parées des dépouilles d’'Amaleq, vêtues de pourpre et d’or, elles étaient l’amour de la jeunesse d'Israël.
Dans une chronique recueillie au chapitre xv, on assiste aux différentes luttes énoncées seulement dans le fragment qui précède. Schemouël fait sa réapparition dans l’histoire d’Israël. Au nom d’fahvé, il ordonne à Schaôul d’aller attaquer Amaleq et de n’en laisser subsister ni l’ombre d’un homme ni celle d’un troupeau. Les enfants à la mamelle eux-mêmes devaient tomber sous le fer d'Israël. Sans doute, par leurs in-
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cursions, les bandes pillardes des Amaléqites avaient ruiné le pays. Après avoir averti les Qénites de prendre leurs sûretés, Schaôul tomba sur Amaleq, mais il en épargna le roi Agag et les meilleures pièces des troupeaux ; ce qui était mauvais seulement fut voué.
Prévenu de ce qui s'était passé, le rusé Schemouël, malgré son âge avancé, partit de Rama pour aller trouver le roi. Il le rencontra dans Guilgal. « Que Iahvé te bénisse! lui dit Schaôüul en l’apercevant ; j'ai exécuté l’ordre d’Élohim. — Et que signifient, s’écria le prophète, ces bêlements de moutons qui fr appent mes oreilles, et ces bœufs dont j'entends les meuglements ? » Le roi essaya de s’excuser. Inflexible, le vieux nabi lui répondit, comme il avait coutume de le faire, dans cette forme poétique qu’il attache à son prophétisme :
Tahvé at-il agréables les holocaustes et les sacrifices, Comme l’obéissance à sa voix ?
Écouter vaut mieux que le sacrifice,
Mieux que la graisse des béliers.
Car elle est semblable à la sorcellerie, la rébellion ; Et comme l’iniquité des teraphim est la désobéissance…
À Schaôul il jeta enfin cette effrayante parole : « Puisque tu as repoussé l’ordre d’iahvé, lui aussi te rejette comme roi. » Et comme Schemouël se mettait en marche pour partir, le roi, terrifié, lui prit le pan de son manteau et le lui arracha. « lahvé, lui cria Schemouël, t’arrache en ce jour la royauté, et la donne aun autre qui vaut mieux que toi. »
Tragique et farouche, le vieux nabi fit approcher Agag, roi des Amaléqgites. Agag, à la vue effrayante de Schemouël, ne put s'empêcher de dire : « Certes, la mort est amère. — Ton épée, lui cria le prophète, a fait bien des mères sans enfants; c’est à ta mère maintenant à être sans fils. » Et, sans pitié, il massacra le roi amaléqite devant Iahvé, à Guilgal.
Après cet acte impitoyable, Schemouël revint à Rama,
et Schaôüul dans son pays de Guibeä,en Beniamin. Ces deux hommes ne se devaient plus retrouver jamais. L'âme du prophète était fort attristée de voir Schaôul dominer sur Israël. Entre l’oint et celui qui l'avait sacré, la rupture était désormais accomplie.
Mais lahvé dit à Schemouël : « Jusques à quand pleureras-tu Schaüul, que j’ai rejeté? Remplis ta corne, et va chez Ischaï,le Beth-léhémite, car j'ai choisi pour roi un de ses fils 1, » Quand il parut à Beth-léhem, les anciens du bourg accoururent inquiets au-devant de lui. « Est-ce du bien que présage ta venue? » Jui demandèrent-ils. Le redoutable nabi les convoqua pour un sacrifice.
C’est dans la maison d’Ischaï qu’il semble avoir reçu l'hospitalité. 11 avait dû déclarer à celui-ci qu’un de ses fils était destiné à la royauté. Le père lui présenta d’abord Eliab. Emerveiilé de la belle taille du jeune homme, Schemouël eut tout d’abord la pensée que c'était l’élu d’Iahvé. Mais un instinct divin l’avertit que ce n'était pas sur cette belle tête que devait couler l'onction royale, Ischaï fit passer devant le vieux nabi un autre fils, Abinadab. « Jahvé n’a pas davantage choisi celui-la, » dit le prophète. Six enfants d’Ischaï parurent ainsi devant Schemouël. « Sont-ce là tous les jeunes hommes? demanda le nabi, — Reste encore le plus petit, répondit Ischai; il fait paître le menu troupeau. — Envoie-le chercher, nous ne commencerons pas le festin qu’il ne soit là.» A peinele petit pasteur David eut-il paru avec son visage coloré et charmant, que Schemouël reconnut en lui l’élu d’Iahvé. Prenant sa corne pleine d’huile, il l’oignit devant ses frères, Le sacre accompli, le vieux Schemouël reprit la route de Rama.
Accablé par sa royauté nouvelle, ému peut-être des . objurgations de Schemouël et de ses lugubres prophéties, Schaôul était tombé, semble-t-il, dans une