XVE
SCHAÔUL (SsAÜL). 261
mélancolie profonde. Il y avait dans cet homme, merveilleusement beau, une âme sensible aux charmes de la musique. Pour le distraire dans ses heures sombres, on imagina de lui amener quelqu'un habile à pincer le kinnor (harpe).
Un de ses serviteurs lui dit : « Je sais qu’Ischaï, le Beth-léhémite, a un fils qui sait jouer du kinnor; c'est un jeune homme vigoureux et brave, subtil en paroles, très beau de visage, et avec qui réside Jahvé, » Mandé par le roi, le jeune pasteur vint sur son âne. Schaôul l’aima, pria Ischaï de le lui laisser et en fit son écuyer. Aux heures tristes, quand le noir démon de la mélancolie tourmentait le roi, le jeune homme, prenant sa harpe, l’apaisait. Aux accents mélodieux du kinnor, une douce lumière pénétrait peu à peu l’esprit de Schaôul.
Ce n’était pas seulement la harpe que savait manier le Beth-léhémite. Cet artiste était encore un bras vaillant, On s’en aperçut bien dans les éternelles luttes avec les Pelischtim. Voici un fragment, en opposition avec le précédent, qui nous présente David à son début, la première fois qu’il se montre aux yeux de Schaôüul. . Les Pelischtim campaient entre Soko et Azeqà, à Ephès - Damim, non loin des lieux où paissaient les troupeaux d’Ischaïi, Sur la hauteur voisine, séparés seulement de l’ennemi par la vallée du Térébinthe, se tenaient les Israélites. Un géant d’une stature tout à fait prodigieuse et rappelant les Rephaïm mythiques du pays de Kenaan, Goliath, sortit des rangs ennemis pour jeter le défi à Israël. Sur la tête il portait un lourd casque d’airain; sa cuirasse d’écailles pesait cinq mille sicles d’airain. À ses jambes étaient collés des cuissards d’airain prodigieux; un javelot d’airain sonnait sut ses larges épaules. De la main il brandissait une lance dont la pointe pesait six cents sicles de fer et dont le bois ressemblait à une ensuble de