‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 162 sur 244 · LI SAM UXX · texte numérisé non relu

LI SAM UXX

SCHAÔUL (sSAÜL). 257

dit le noble Ionathan, je t’en informerai. Qu’Iahvé t’accompagne ! Sois après-demain près d'Ében-Ezer. Ces trois flèches, je les lancerai. Si je dis à mon naär (enfant, serviteur) : « Les flèches sont en deçà de toi, ramasse-les, » c'est que tu n'auras rien à craindre de Schaôul; mais prends la fuite, dans le cas où tu m’entendrais crier au naär : « Les flèches sont au dela de toi.»

Le premier jour de la néoménie, Schaôul vit bien

que la place de David, à table, n’était pas occupée, mais il se tut. Le deuxième jour, il demanda où était lEphratite. Ionathan déclara qu’il l’avait laissé partir pour Beth-léhem, où il avait à offrir un sacrifice de famille, Alors éclata contre Ionathan la colère de Schaôul. Il appela son fils, « enfant de.coureuse, » , Jonathan, au moment fixé, se rendit près d’Eben- Ezer, lança ses trois flèches et dit au naär : « Elles sont au delà de toi. » Ayant éloigné le jeune écuyer, il eut un dernier entretien d’amitié avec David. Tous deux pleurèrent l’un sur l’autre, en se baïsant. « Vas en paix, dit Ionathan à son ami. Ce que nous avons juré tous deux, qu'Iahvé soit entre moi et toi, entre ma race et la tienne, que cela subsiste éternellement ! » Après cette touchante scène d’adieux, les deux amis se séparèrent, Ionathan pour rentrer à Guibeä, et David pour commencer sa vie fugitive.

Celui-ci tourna ses pas vers Nob (aujourd’hui Beith- Nouba), ville au nord-ouest d’Ierouschalaïm, et tenue par une famille lévitique dont Ahi-Mélek (mon frère, c'est Molok) était cheft. La, David, ayant faim, demanda pour lui et les siens les cinq pains de proposition, réservés aux cohènes. Après qu’il eut affirmé que lui et sa suite s'étaient, depuis vingt-quatre heures, abstenus de femmes, Ahi-Mélek lui remit les pains sacrés. Il prit encore la grande épée de Goliath, enveloppée derrière l’éphod. Dans cette même ville, David aperçut Doëg, l’intendant des troupeaux de Schaôul.

UD Son, XL I, 33

Instruit de tout par Doëg, l’Edomite, Schaôul appela le prêtre Ahi-Mélek et tous les cohènes de Nob. Sans crainte, Ahi-Mélek parut devant le roi et avoua tout ce qu’il avait fait pour David. « Tuez, dit le roi à ses coureurs,tous ces cohènes d’Iahvé. » Mais, parmi les Israélites, personne n’osa porter la main sur les prétres. Seul, l’étranger Doëg, l’Edomite, osa égorger les cohènes d’Iahvé. Sous ses coups, il en tomba ce jour-là quatre-vingt-cinq portant l’éphod de lin. Enivré par l’odeur du sang, l’étranger Doëg frappa la ville lévitique de Nob, n’épargnant ni les femmes, ni les enfants à la mamelle, ni même les troupeaux. Le bourg fut inondé de sang. Un fils d’Ahi-Mélek, Ebyathar, échappé au massacre, se sauva auprès de David, qui lui promit de venger les siens. Avec lui Ebyathar avait emporté l’éphod du cohène-hagadol, signe de prépondérance en Israël.

Mais Schaôul fit surgir un Aharonide qui pour lui porta l’éphod, Ahitoub2?, dont le fils Zadoq devint la souche d’une nouvelle famille de grands-prêtres:; Guibeôn remplaça Nob pour le culte d’Iahvé à.

Ce fut sans douteentre son voyage à Nob et le massacre des cohènes que David se rendit à Gath, auprès du roi pelischti Akisch (l'irrité). Là, il entendit murmurer autour de lui la fameuse chanson, cause de tous ses malheurs :

Schaôul a tué ses mille,

Et David ses dix mille.

C'était une terrible menace que cette chanson, rappelée en sa présence par les sars d’Akisch, Pour échapper au danger, le rusé fils d’Ischaï contrefit le fou et laissa couler sa salive sur sa barbe, Akisch alors se contenta de le chasser de sa maison.

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